Pierre Sage, une âme bien née sous le signe de la passion
Vice-champion de France derrière le PSG et en quête de la première Coupe de France de son histoire, ce vendredi face à L’OGC Nice, le RC Lens doit ce parcours exceptionnel à un entraîneur amoureux de son sport, qui s’est construit sur le long terme.
22 May 2026 - L'Humanité
ÉRIC SERRES
Pierre Sage, entraîneur du RC Lens, qui jouera ce vendredi la finale de la Coupe de France face à L’OGC Nice au Stade de France (21 heures, France 2), est un personnage singulier, bien loin des flonflons… Avant d’être élu meilleur entraîneur de la saison de Ligue 1, l’originaire de Lons-le-Saunier (Jura) a eu un parcours atypique. Gardien de but dans son enfance, il a très vite compris, malgré sa passion, que les portes du professionnalisme ne s’ouvriraient pas. C’est donc très tôt et naturellement qu’il s’est dirigé vers l’analyse du jeu, et tout ce qui touche à l’entraînement. « L’espoir de devenir un footballeur professionnel est tombé très vite ; rapidement je me suis mis à entraîner très régulièrement. Dès que j’ai pris des équipes à 11, j’ai compris que je préférais coacher plutôt que jouer », explique-t-il
Après des expériences dans plusieurs clubs français de tout niveau, le plus souvent en tant qu’adjoint, il a occupé le poste d’entraîneur de l’Olympique Lyonnais de novembre 2023 à janvier 2025, puis, en juin 2025, il a été nommé entraîneur du club de l’artois. Mais rien ne s’est fait comme cela. Le chemin a été long avant d’être définitivement reconnu par ses pairs.
L’ART DE L’ENSEIGNEMENT
En 2013, c’est au Chambéry SF qu’il fourbit ses armes, puis de 2015 à 2016 au FC Annecy, adjoint des U19. La liste est encore longue puisque, pour la saison 20182019, il est de nouveau adjoint, cette fois-ci à Lyon-la Duchère, avant de s’occuper des U16, jusqu’en 2022, de l’olympique Lyonnais. Et puis, nouveau départ, pour la banlieue parisienne et le Red Star FC, où il devient l’adjoint d’habib Beye. La suite, c’est un retour à Lyon pour occuper le poste de directeur du centre de formation. Mais en cours de saison il s’installe dans le fauteuil d’entraîneur de l’équipe première en lieu et place de l’italien Fabio Grosso, remercié pour mauvais résultats. Un sort qu’il connaîtra plus d’un an plus tard. Et donc cette saison le RC Lens.
Ironie ou pas, cela aurait pu être le FC Nantes, fraichement relégué en Ligue 2, si la direction du club ligérien avait eu du pif. C’est donc le club artésien qui a fait la bonne affaire et profité de la science du football du Jurassien. Car, avec Pierre Sage, on peut parler réellement de philosophie de jeu. Interrogé sur ses priorités, voilà ce qu’il disait : « Mes convictions s’articulent autour de trois axes. Le premier, faire progresser le ballon proprement, afin d’exploiter les différents espaces que nous avons réussi à nous créer en manipulant l’adversaire. Ça, c’est la préparation du jeu ! Ensuite, déséquilibrer l’adversaire en attaquant sans cesse la profondeur. L’adversaire doit se sentir menacé dans son dos. Enfin, quand il y a perte, récupérer le ballon le plus rapidement possible. » Tiens, tiens, en voilà des principes qui rappellent un certain Raynald Denoueix, champion de France avec le FC Nantes en 2001. Dans un documentaire sur la Chaîne l’équipe retraçant la carrière de l’entraîneur nantais, Pierre Sage ne cachait d’ailleurs pas son admiration pour le personnage et ses méthodes.
Rester humble en toutes circonstances et transmettre passion et savoir : « Jouer au football, c’est une chose ; apprendre le foot, c’en est une autre. Ce n’est pas parce qu’on a été un grand joueur qu’on peut enseigner. Pierre a l’art de l’enseignement », affirme Helder Esteves, qui a eu Pierre Sage comme adjoint lorsqu’il dirigeait les U19 du FC Annecy.
Commenti
Posta un commento