Coupe du monde : quels Bleus pour l’amérique ?
Didier Deschamps, le sélectionneur de l’équipe de France, dévoile ce jeudi soir sa dernière liste de (a priori) 26 joueurs pour le Mondial 2026. Il y aura des heureux et des déçus…
14 May 2026 - Le Figaro
Baptiste Desprez
L’été se rapproche et l’annonce de la liste de Didier Deschamps, ce jeudi au «20 Heures» de TF1 est un avantgoût de ce qui attend les 68 millions de sélectionneurs dans moins d’un mois. Du 11 juin au 19 juillet, la planète football offre ce qu’elle a de plus beau, de plus grand, de plus majestueux, avec la 23e Coupe du monde de l’histoire, au Canada, au Mexique et aux États-unis. Vice-championne du monde après la finale légendaire contre l’argentine en 2022 au Qatar, l’équipe de France débarquera le torse bombé - pas trop quand même - avec le statut de favori qu’elle partagera avec d’autres nations (Espagne, Argentine, Portugal…).Daniel Derajinski/icon Sport Secondé par Guy Stéphan (à gauche), Didier Deschamps (ici, en mars, à Foxborough) tirera sa révérence à l’issue de la compétition, après quatorze années de service en sélection.
Dans la quête d’une troisième étoile qui renforcerait sa place au panthéon du football français, et avant de tirer sa révérence après quatorze années de service en sélection, Didier Deschamps dévoile ce jeudi soir les élus chargés de faire vibrer et rêver tout un pays cet été. Un passage obligatoire et indispensable qui en dira long sur la future aventure des Bleus. État des lieux sur une liste très attendue. Qui fera des heureux… et des déçus.
Gardien de buts : un poste de numéro trois qui fait parler
Dans une liste qui devrait, selon nos informations, concerner vingt-six éléments (compétition longue, risques de blessures, match à 15-16 heures sous la chaleur locale, distance en cas de rappel d’un autre élément…), le nombre de gardiens de but ne changera pas. Ils seront trois à monter dans l’avion pour Boston - lieu du camp de base des Bleus durant le Mondial - le 10 juin prochain. Mike Maignan (AC Milan) et Brice Samba (Rennes) sont partants certains, sauf blessure, bien entendu. Pour le poste de numéro trois, habituellement peu sujet aux débats sur la place publique, il n’aura jamais été autant discuté. Le staff des Bleus a été surpris de voir le nom d’hugo Lloris (39 ans) resurgir dans L’équipe ces derniers jours. Le recordman de sélections en équipe de France (145 capes), qui a pris sa retraite internationale après la finale contre Lionel Messi il y a quatre ans, n’a pas démenti l’information.
Du côté de Didier Deschamps et Guy Stéphan, son adjoint, l’idée d’un retour de l’actuel gardien du Los Angeles FC ne serait pas sur la table. Qui, alors, en numéro trois ? L’autre nom qui revient est celui de Lucas Chevalier (24 ans). Appelé en mars dernier pour la tournée américaine sur la politique de la main tendue, le Parisien, blessé à l’ischio, n’a plus joué un match depuis le 23 janvier 2026. Une éternité. Selon nos informations, Alphonse Areola (West Ham, 5 sélections), qui n’a plus été vu sur un terrain depuis le 31 janvier, mais qui a l’avantage d’avoir connu ce statut en 2022 et 2024 et Robin Risser (RC Lens), élu meilleur gardien de Ligue 1, pourraient être l’élu. Jean Buttez (Côme) semble partir de trop loin.
Défenseurs : la surprise avec neuf éléments
Du côté de la ligne de défense, et dans la quête de Didier Deschamps de tripler chaque poste, l’idée du sélectionneur est de partir avec neuf éléments et non huit comme le plan initial. Dans ce secteur de jeu, l’incertitude est réduite au quasi-néant. À droite, Jules Koundé (Barcelone) et Malo Gusto (Chelsea) seront là, sachant que Warren Zaïreemery (PSG) s’avance aussi comme un sacré concurrent qui peut bousculer la hiérarchie après ses performances à ce poste. Jonathan Clauss (Nice) a perdu trop de terrain.
Dans l’axe, le quatuor Dayot Upamecano (Bayern Munich), William Saliba (Arsenal), Ibrahima Konaté (Liverpool) et Lucas Hernandez (PSG) peut dormir tranquille. Maxence Lacroix (Crystal Palace), bizuth de mars et bluffant contre la Colombie (3-1), a marqué des points et peut être le 9e élément. Il est en bagarre avec Pierre Kalulu (Juventus) pour monter dans l’avion. Auteur d’une mauvaise saison à L’OM et perdu de vue, Benjamin Pavard (55 sélections) n’a aucune chance. À gauche, aucun suspense avec Lucas Digne (Aston Villa) et Théo Hernandez (al-hilal).
Milieux de terrain : Camavinga recalé ?
Désireux de partir en Amérique en gardant le même système de jeu (4-2-3-1), Didier Deschamps pourrait ne convoquer «que» cinq milieux de terrain. Dans cette optique, il y a les incontournables, comme Aurélien Tchouaméni (Real Madrid), Adrien Rabiot (AC Milan), N’golo Kanté (Fenerbahçe), Manu Koné (AS Rome) et Warren Zaïre-emery (PSG). Et derrière? L’hypothèse Eduardo Camavinga (Real Madrid) a perdu de sa superbe au regard des récentes prestations de l’international de 25 ans, en club et en sélection. Lancé par Deschamps en 2020 et promis à un immense avenir, l’ancien Rennais n’a pas (encore?) répondu aux attentes.
Derrière lui, Corentin Tolisso (Lyon) risque de rester à quai. Auteur d’une grande saison avec son club, le champion du monde 2018 (31 ans) n’a plus été vu en équipe de France depuis… le 23 juin 2021 à l’euro contre le Portugal. Une autre époque. D’autres candidatures (Kamara, K. Thuram, Guendouzi, Fofana…), sauf blessure, n’ont aucune chance d’être retenues.
Attaquants : une force de frappe incroyable
Ce n’est pas une nouveauté, mais, malgré le forfait d’hugo Ekitiké (rupture d’un tendon d’achille contre le PSG en quarts de finale de la C1), Didier Deschamps possède un réservoir offensif qui fait saliver tous les sélectionneurs. Cela ne garantit rien non plus : rappelezvous 2002 avec la présence des meilleurs buteurs de France (Cissé), d’italie (Trezeguet) et d’angleterre (Henry) … Résultat : zéro but, 1 point et une piteuse élimination au premier tour de la Coupe du monde. En 2021, malgré Griezmann, Mbappé, Benzema, la sortie de route s’était produite dès les 8es de finale de l’euro contre la Suisse. Espérons que tout soit différent en 2026. Devant, il y a les habitués que sont Kylian Mbappé (Real Madrid), Ousmane Dembélé, Désiré Doué, Bradley Barcola (PSG), Rayan Cherki (Manchester City), Michael Olise (Bayern Munich) et Markus Thuram (Inter Milan).
Reste à savoir comment le sélectionneur parviendra à trouver la meilleure formule entre un capitaine qui a fait ses preuves en Coupe du monde (victoire en 2018, triplé contre l’argentine en 2022, 6e meilleur buteur de l’histoire) et des associés comme Dembélé, Ballon d’or 2025 et double finaliste de la Ligue des champions avec le club parisien… au poste de Mbappé. Une répartition des rôles qui sera savamment scrutée. Ici résidera sans doute l’une des clés du parcours des Bleus. Dans le reste de la liste, le forfait d’ekitiké libère une place. Dans sa quête d’un groupe sain de 26 éléments, le sélectionneur apprécie Randal Kolo Muani (Tottenham), qui réalise une mauvaise saison avec les Spurs (32 matchs, 5 buts), mais a des états de service en équipe de France (32 sélections, meilleur buteur des Bleus à l’euro 2024) qui plaident pour lui. L’autre place pourrait concerner Maghnes Akliouche, dont le profil plaît au staff, par son volume, sa technique et sa polyvalence. Exit dans ce cas les pistes Mateta, Lepaul, Nkunku ou encore Thauvin. Réponse ce jeudi après 20 heures.
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CALENDRIER
28 mai
Début du rassemblement de l’équipe de France à Clairefontaine.
4 juin
Match amical contre la Côte d’ivoire (Nantes).
8 juin
Match amical contre l’irlande du Nord (Villeneuve-d’ascq).
10 juin
Départ pour Boston.
16 juin
Premier match : France-sénégal (Metlife Stadium de New York).
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Les coulisses de la dernière liste de Didier Deschamps
« Dans ma tête, tout est bouclé,
mais comme personne ne peut rentrer dans ma tête,
personne ne saura.
Après, il y a toujours deux-trois situations qui m’amènent à réflexion.
Il reste des matchs, on ne sait jamais ce qui peut se passer »
- Didier Deschamps sélectionneur de l’équipe de France
14 May 2026 - Le Figaro
B. D.
Une ultime liste teintée d’émotions. Même si Didier Deschamps s’en défend depuis l’annonce de son départ de l’équipe de France à l’issue de la Coupe du monde (11 juin19 juillet), le sélectionneur des Bleus vivra un moment singulier, ce jeudi soir au « 20 Heures » de TF1. Un cérémonial qu’il connaît par coeur, depuis sa prise de fonction en 2012, et qu’il maîtrise avec aisance. Cette fameuse liste, qui devrait être composée de vingt-six éléments (lire ci-dessus), le patron de la sélection y pense depuis des mois. Interrogé sur la question lundi soir aux Trophées UNFP, il en a dit un peu plus sur son état d’esprit du moment.
«Dans ma tête, tout est bouclé, mais, comme personne ne peut rentrer dans ma tête, personne ne saura, souriait-il après avoir reçu une standing ovation de la part de l’assistance. Après, il y a toujours deuxtrois situations qui m’amènent à réflexion. Il reste des matchs, on ne sait jamais ce qui peut se passer.»
Une manière de noyer le poisson, car Didier Deschamps sait déjà qui composera son groupe dans la quête d’une troisième étoile cet été en Amérique. Au lieu de l’émotion ressentie avant de quitter les Bleus par la grande porte, le principal intéressé, imperturbable et rompu à la pression (populaire, médiatique…), préfère évoquer l’« adrénaline » avant l’événement planétaire.
Signe d’une quiétude à toute épreuve, « DD » n’a rien changé de ses habitudes avant cette liste qui sera suivie par des millions de téléspectateurs jeudi soir. Après les Trophées UNFP, il est reparti mardi matin dans le sud de la France, où il réside, avec son adjoint Guy Stéphan. Avant de revenir à Paris mercredi, où il s’est enfermé avec son staff technique (Franck Raviot, l’entraîneur des gardiens, Cyril Moine, le préparateur physique) dans une salle de réunion au siège de la Fédération française de football dans le 15e arrondissement de Paris. Entre plateau-repas et secret bien gardé. L’idée n’était pas de dire qui serait dans la fameuse liste, mais plutôt d’affiner les ultimes détails et de trancher. Là aussi, les méthodes ne diffèrent pas : le quatuor réuni, face à un tableau où sont affichés les noms de joueurs répartis à chaque poste.
Au programme, des échanges sur l’état de forme, le profil, les récentes performances, ou encore les derniers retours sur d’éventuelles questions extra-sportives. Sur ce dernier point, qui peut paraître anodin, Didier Deschamps récolte, avec sa garde rapprochée, toutes les informations qui peuvent s’agréger à leur réflexion. L’attitude, la vie en groupe, la vie de famille, les possibles écarts… Par son réseau et ses années d’expérience entre Nantes, Marseille, Turin ou encore Londres et Valence, sans oublier Monaco, le sélectionneur jouit d’un éventail d’interlocuteurs qui a peu d’égal. « Il sait tout sur tout, c’est assez bluffant», répètent souvent des agents d’internationaux.
À la suite de ces discussions entre mercredi et jeudi, où chaque adjoint a pu se faire entendre, Didier Deschamps tranche et appose le fameux coup de tampon sur la liste. Les noms sont validés et le précieux sésame est transmis au chef de la communication, Raphaël Raymond, qui les délivrera aux équipes de TF1 pour préparer les visuels en vue de la grand-messe du «20 Heures». Deschamps et son staff n’appellent quasiment jamais les principaux intéressés, sous peine de fuite, sauf cas exceptionnels. Le retour de Karim Benzema en 2021 ou la surprise N’golo Kanté en 2024 n’avaient fuité qu’en fin de journée. Une méthode qui a porté ses fruits jusque-là. Quatorze ans à la tête des Bleus : trois finales (2016, 2018, 2022, dont le sacre de Russie) sur les cinq dernières compétitions internationales (Euro, Coupe du monde). Dont deux finales lors des deux derniers Mondiaux. Jamais deux sans trois ?
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