Magnier: « Je n’ai pas envie de m’arrêter! »


Paul Magnier au milieu de ses équipiers après sa 
deuxième victoire d’étape sur le Giro, dimanche à Sofia.

Lors de la première journée de repos, hier en Calabre, le sprinteur français est revenu sur son début de Giro exceptionnel, riche de deux victoires en trois étapes, et sur les ambitions qu’il continue de nourrir en Italie.

"Quand Vingegaard vient me voir dans le peloton pour me féliciter, c’est vraiment cool"
"Je sais que ça sera difficile de pouvoir faire mieux"
"La sensation de victoire me procure toujours plus d’émotions que de porter un maillot"

12 May 2026 - L'Équipe
JULIEN CHESNAIS

CATANZARO (ITA) – La veine du mollet bien saillante et en short, Paul Magnier nous a reçu, en fin de journée, après le massage, dans le hall de son hôtel à Catanzaro, en Calabre, d’où partira aujourd’hui la 4e étape du Tour d’Italie. Le Français y est arrivé dimanche soir, accueilli par l’ensemble du staff après son vol depuis Sofia. « Ils avaient sorti une table, raconte le sprinteur de Soudal - Quick-Step. On a ouvert une bouteille de champagne pour boire un coup. »

Il s’est même servi une deuxième coupe – « car ça fait mieux dormir » – pour fêter dignement sa deuxième victoire d’étape en trois jours, avant d’observer une première journée de repos pour permettre à la caravane d’arriver de Bulgarie, théâtre du Grand Départ. S’Il savoure bien sûr, le porteur du maillot cyclamen (classement par points), à 22 ans, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

- De quelle manière savourez-vous ce début de Giro en fanfare?

Je ne pouvais pas rêver mieux. C’est un début de Giro exceptionnel, mais c’est dur de prendre le temps de réaliser car il faut toujours être focus sur la journée d’après. Je prends toujours un peu de temps pour en profiter. Mais j’essaie de penser au lendemain. Si je commence à ne dormir que cinq heures par nuit pendant trois semaines, je ne vais pas finir le Giro! Mais c’est quand mêmeexceptionnel. Pouvoir aussi porter un maillot distinctif, c’est vraiment fou. Et j’attends vraiment de courir en Italie pour sentir l’atmosphère du cyclisme dans le pays. En Bulgarie, il y avait quand mêmebeaucoup de gens, mais ce ne sont pas non plus des grands fans de cyclisme. Je pense qu’en Italie, ça va être exceptionnel, vraiment spécial.

- Votre statut a-t il chang'é?

Oui, c’est sûr. Quand ( Jonas) Vingegaard vient mevoir dans le peloton pour me féliciter, c’est vraiment cool. Après, dans le sprint, c’est toujours pareil, tout le monde se bat, ça ne change pas vraiment grand-chose d’avoir gagné le jour d’avant. Le statut change un petit peu. Mais il ne faut pas vraiment y penser et toujours se focaliser sur le prochain sprint.

- Quelle est votre relation avec Jonathan Milan, que vous avez devancé dimanche à Sofia?

Ça reste quand mêmeunadversaire. Mais je pense qu’on se respecte tous les deux. C’est l’un des meilleurs sprinteurs du monde. Il a eu des erreurs de timing sur les premiers sprints, mais il a montré hier (dimanche) qu’il était vraiment très fort. Ça va être une belle bataille jusqu’à Rome.

- Comment la voyez-vous, justement, cette bataille pour le maillot cyclamen?

C’est encore tôt pour le dire. J’ai augmenté monavance (41 points sur Milan), mais il y a encore énormément de points à prendre. Il faudra voir aussi qui récupère le mieux dans les étapes de montagne. Ça sera très important. Romeest encore loin. Le maillot cyclamen ne reste encore qu’un rêve.

- Le prochain sprint, ce sera à Naples (6e étape)?

Oui, mais il va falloir essayer demain (aujourd’hui). Le vent, qui viendra de la mer et sera de côté, risque de rendre la course plus difficile, plus nerveuse. Si Vingegaard est dans la première bordure et arrive à distancer ( Egan) Bernal, ils feront la montée à bloc pour essayer de lui prendre un maximum de temps. Et ça ne sera pas à monavantage. Si la bosse est vent de dos, ça ne sera pas à monavantage non plus. Mais j’ai fait un bon stage en altitude. Je ne mesens pas si mal en montagne.

- Vous avez donc l’espoir de passer ce Cozzo Tunno (14,5 km à 5,9%), situé à 44 km de l’arrivée?

Il faut y croire, sinon il n’y a aucune chance. J’essaierai. Mais je sentirai assez vite si ça peut passer ou pas.

- Quand avez-vous commencé à songer à ce Giro?

Dès l’année dernière en le quittant. J’ai dit que j’y reviendrai avec une meilleure forme, des meilleurs équipiers. Et c’est ce qu’on a décidé de faire cette année. Une fois le planning établi en décembre, j’ai dit que je voulais faire un stage en altitude pour préparer le Giro et avoir une belle équipe autour de moi. Il n’y avait plus qu’à bien travailler.

- Ces deux premières victoires en grand Tour reflètent-elles aussi une maturité nouvelle?

Oui, j’essaie de medévelopper de plus en plus. Il y a la course en elle-mêmeet beaucoup de choses autour. Un grand Tour, c’est trois semaines. Il faut gérer beaucoup de choses, les médias, le sommeil, la récupération. Les deux semaines du Giro, l’an passé, m’ont servi à apprendre. Et je peux vraiment beaucoup apprendre de ( son équipier) Dries Van Gestel ( 31 ans). Il a une très longue et très belle carrière. Et il est encore très motivé à m’aider.

- Le considérez-vous comme un grand frère?

Oui. On est en chambre sur le Giro, comme sur presque toutes les courses. Il a vraiment l’expérience et la maturité pour meguider. Il est très humble, très calme. Il m’aide aussi à mecalmer un peu le soir. Quand tu gagnes ta première étape sur le Giro, que tu as le maillot rose, c’est quelque chose d’exceptionnel. Il y a du bruit, des encouragements toute la journée. Quand tu rentres dans ta chambre d’hôtel, ça fait un peu bizarre. Le fait qu’il soit là, à côté, pour mecalmer, c’est vraiment cool.

- Que vous a-t-il dit, le premier soir?

Qu’il fallait en profiter, mais que le Giro était encore long. Qu’il n’y avait que trois jours passés. Et qu’il fallait continuer à croire qu’on pouvait faire encore mieux.

- Car vous ne voulez pas vous contenter de deux victoires…

Non, je n’ai pas envie de m’arrêter! Je sais que ça sera difficile de pouvoir faire mieux. Mais il y a une bonne atmosphère dans l’équipe et on a juste envie d’écrire l’histoire encore un peu plus.

- Votre père dit que vous deven'ez' inarrêtable quand commencez à gagner…

Oui, j’ai vu l’article ce matin ( rires)! C’est une réalité. Sur les dernières courses par étapes que j’ai faites, une fois que j’en ai gagné une, j’en ai gagné beaucoup. La confiance est très importante pour le sprint. Mais c’est vrai aussi que, quand un sprinteur gagne, tous les équipiers ont envie de se donner à 110 %. Être équipier dans un sprint, c’est prendre énormément de risques. Ça va extrêmement vite, c’est extrêmement dur, il faut arriver à sentir les mouvements du peloton. Mais savoir que le sprinteur a des chances de gagner, ça aide vraiment les équipiers à se donner à 110 %.

- À choisir, vous préférez gagner une 3e étape ou finir avec le maillot cyclamen?

Ah! ( Il réfléchit.) Pour finir avec le maillot cyclamen, je pense qu’il faudra gagner une nouvelle étape! Mais à choisir, la sensation de victoire meprocure toujours plus d’émotions que de porter un maillot. »

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