Comment le PSG de Luis Enrique a (vraiment) lancé sa saison
« Aucun mérite pour le coach.
Ils sont motivés naturellement.
C’est un groupe de joueurs spécial.
Un vrai plaisir »
- Luis Enrique entraîneur
du Paris Saint-Germain
19 Mar 2026 - Le Figaro
Christophe Remise
Et, à la fin, c’est Luis Enrique qui avait raison… Ces dernières semaines, le PSG semblait à bout de souffle, à court d’idées, promis à une sortie de piste rapide en Ligue des champions. «La confiance ne s’achète pas à Monoprix », disait encore récemment le coach espagnol, admettant que « son » PSG était « clairement en difficulté». Il est néanmoins resté sourd aux « bruits » et au pessimisme ambiant. Chelsea a payé pour voir. L’europe est prévenue.
Vainqueurs 5-2 à l’aller, au terme d’un match qui n’a basculé que dans le dernier quart d’heure, les Rouge et Bleu ont donné une leçon de réalisme aux joueurs de Liam Rosenior mardi (victoire 3-0), au retour, à Stamford Bridge.
« On a presque tout bien fait », souligne Luis Enrique, encore plus «fier de la manière que du résultat ». « On a marqué deux fois très vite, c’était la clé », ajoutet-il, mettant en avant la « précision » chirurgicale de ses joueurs.
« Défensivement, on a été costauds », relève pour sa part Marquinhos, soulignant l’assurance que Matveï Safonov (9 arrêts) diffuse au sein de l’équipe.
« J’ai reçu le prix de meilleur joueur du match, mais il lui revenait», souffle « Kvara », buteur à l’aller et au retour, comme Bradley Barcola, sorti blessé à la cheville mardi. « C’est impossible de gagner à l’extérieur en C1 sans un gardien de haut niveau », résume Luis Enrique, dont le pari de privilégier Safonov à Lucas Chevalier porte ses fruits. Il a aussi tiré sur les bonnes ficelles avec son trio d’attaque. Et a su titiller l’ego de ses troupes avec ses déclarations sur les « difficultés », avant d’instaurer le calme nécessaire pour affronter Chelsea.
Master class du technicien espagnol, qui a renvoyé sans ménagement Liam Rosenior à ses chères études.
«Ces dernières semaines, on parlait beaucoup de physique, du fait que l’équipe n’était pas encore prête ou au niveau de la saison dernière. Aujourd’hui, on a montré qu’on peut faire tourner les choses très vite», lâche Marquinhos, évoquant une « équipe qui a toujours faim», mais aussi la « confiance retrouvée lors de ces deux matchs ». Essentiel.
La confiance, c’est ce qui permet d’être précis, de prendre des risques. Bref, de jouer. «On a encore montré qu’on est une vraie équipe qui peut jouer de différentes manières et toujours imprévisible », jure le coach asturien.
En interne, on n’a toutefois pas vu de changement particulier dans le management, le discours ou la méthode du staff. Luis Enrique a dit avoir soufflé « des choses importantes » à ses joueurs dernièrement. Et il y a eu les mots d’ousmane Dembélé sur «le collectif qui doit être au-dessus de tout ». « Ça a porté ses fruits », glissait-il malicieusement lundi. En tout cas, l’appétit est toujours là, le plaisir aussi. « Aucun mérite pour le coach. Ils sont motivés naturellement. Après l’entraînement (lundi, NDLR), ils ont continué à côté de la pelouse ! C’est un groupe de joueurs spécial. Un vrai plaisir », savoure « Lucho ».
Reste à savoir comment ce groupe, qui n’a pas eu de préparation estivale, a pu retrouver du jus. Miraculeux? Oui et non. L’aspect mental est primordial. Pour le reste, Luis Enrique et son staff avaient en tête un plan au début de la saison : planification, gestion de la charge de travail, temps de repos dès que le besoin s’en fait ressentir. Une sorte de contrôle continu. En effet, « Lucho » et ses adjoints sont convaincus que le schéma à l’ancienne d’une grosse préparation estivale n’est plus forcément adapté au football moderne. Bingo.
En clair, l’ex-coach du Barça s’est appuyé sur ses certitudes. Envers et contre tout, envers et contre tous. Comme toujours. Pour ce qui est du terrain, les Parisiens savent ce qu’ils font et font ce qu’ils savent faire. Ils sont « experts » en phase à élimination directe de C1, dixit leur coach. «Ce qui fait de nous une grande équipe depuis l’année dernière, c’est qu’on a cette mentalité pour gérer les moments difficiles et profiter des temps forts de l’équipe.
On n’est pas venus pour rester derrière, on n’a pas l’équipe pour ça. On est venus chercher la victoire », décrypte « Marqui ». «L’important, c’est la mentalité, et la clé, c’est notre style de jeu, notre manière de jouer. Ça a été une clé par le passé et on espère que ça le sera à l’avenir », ajoute Luis Enrique.
Cette fois, la saison du PSG est lancée. L’europe est en alerte. Face à Liverpool ou Galatasaray, en quarts, Paris partira favori. Avec le test ultime programmé pour les demies, face au Bayern (qui jouera le Real en quarts). «On va affronter de grandes équipes jusqu’à notre grand objectif, la finale et le titre. Il faut y aller pas à pas », promet Marquinhos. Pas de géant.
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