Indispensable Bouaddi


Le Lillois Ayyoub Bouaddi à la lutte avec les Rennais 
Valentin Rongier (à gauche) et Mahdi Camara, dimanche (2-1).

À seulement 18 ans, le milieu est devenu un joueur clé de Lille. Il a même dépassé Benjamin André en nombre de ballons récupérés, même s’il n’a toujours pas marqué avec son club.

“Il a une intelligence que peu de joueurs ont"
    - ALAIN ROCHE, CONSULTANT POUR CANAL +

19 Mar 2026 - L'Équipe
HERVÉ PENOT

Il est passé dans les couloirs du Roazhon Park avec ce sourire un peu timide plaqué sur son visage juvénile. Plus tôt, à la mi-temps, près d’une galette saucisse, des suiveurs rennais avouaient leur méconnaissance teintée d’admiration. « Le gars avec les cheveux longs bouclés, c’est un phénomène ! » Ayyoub Bouaddi n’est pas passé inaperçu à Rennes (2-1) dimanche. Son abattage, sa constance dans les efforts, à l’image d’un ultime sprint de dératé, et sa palette technique ont déstructuré le milieu rennais.

Ces dernières semaines, une douleur à un genou, depuis un coup reçu à Strasbourg le 25janvier, l’avait pourtant contraint à une gestion de ses mouvements. Ses performances s’en étaient un peu ressenties, même si une IRM n’avait rien décelé de grave. Bruno Genesio l’a ainsi laissé souffler contre Nantes (1-0), le 1er mars, une rareté. Bouaddi a déjà disputé 29 rencontres comme titulaire cette saison, soit plus que les deux précédentes réunies (7 puis 19), le deuxième total nordiste dans le champ derrière Hakon Haraldsson. L’entraîneur a tellement confiance qu’il l’a utilisé comme latéral droit et plus haut sur ce côté, ce qui n’est pas sa tasse de thé.

Ses stats disent aujourd’hui beaucoup de son impact et un peu de ses manques: il possède le record de ballons récupérés au LOSC – loin devant Benjamin André (166 contre 150), ce qui n’est pas une mince affaire –, le record de tacles (39 contre 38 à André), mais l’international Espoirs (8sélections) n’a jamais connu la joie du buteur. Une prochaine étape à franchir. Ce que Benoît Cheyrou, consultant pour Ligue 1+, lui a déjà glissé: « Je lui dis souvent: il faut que tu marques plus. À Rennes, il a été bon, il aurait été très bon s’il avait ajouté ça. Il a tout, la technique, la puissance. Il est devenu plus costaud mais maintenant, il faut qu’il fasse un peu plus de stats.»

Bouaddi en est conscient. Mais il reste un phénomène de précocité, le troisième plus jeune de la génération 2007 (et après) en temps de jeu derrière Lamine Yamal et Pau Cubarsi dans les cinq grands Championnats, loin devant ses suiveurs (Ethan Nwaneri et Luka Vuskovic). Alain Roche, consultant pour Canal+, a connu cette lumière très jeune. Il s’avoue impressionné par sa gestion. «Ce qui est fort, c’est que Bruno s’appuie sur lui, il s’est rendu indispensable. Moi, j’étais celui que les anciens aidaient. C’est différent. Et il a une intelligence que peu de joueurs ont. Bruno m’a dit qu’il n’y a pas besoin de lui répéter deux fois.»

« Il courait toujours avant mais là, il ajoute une touche offensive, Et quand on a cet âge, on peut jouer souvent, mais il faut faire attention parfois au contrecoup, comme (Warren) Zaïre-Emery. » Pas simple d’aligner autant de soirées aussi rapprochées en gardant un niveau de performance élevé. Le joueur timide du début prend, en tout cas, de plus en plus de responsabilités.

Il suscite les convoitises, notamment du Maroc

« Ayyoub, c’est un talent horsnorme, Il n’y en a pas beaucoup dans le monde des gars comme lui. Il ne se cache jamais et a, en plus, une super mentalité. S’il continue comme ça, il aura un grand avenir. On est surtout contents de l’avoir dans l’équipe. » Avant son envol programmé. Car Bouaddi suscite toutes les convoitises, notamment celles du Maroc.

Walid Regragui (l’ancien sélectionneur) l’avait déjà rencontré pour lui proposer le projet des Lions de l’Atlas. Fouzi Lekjaa, le président de la Fédération, et Mohamed Ouahbi, le nouveau sélectionneur, sont revenus le voir la semaine dernière. Le postado a été touché par cette visite, mais il n’a pas encore décidé de son avenir, obnubilé d’abord, dit-on, par son club.

Il prend son temps alors que les Bleus peuvent aussi s’avancer dans un futur plus lointain. Il écoute les avis divers, même au sein du club. « Et si Zidane prend l’équipe de France et lui dit : “Je te veux pour l’après”» , sourit Roche. En attendant, Bouaddi voudra démontrer ce soir à Birmingham, face à Aston Villa, qu’il peut résister à tout. À la pression, à l’impact. Et il le faudra pour rêver en grand dans ce combat européen.

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