Du travail de pros


L’arrière centrafricain de Santa Clara, Thierry Darlan, est devenu le 
premier joueur à fouler un parquet NCAA après avoir joué en G-League.

La March Madness, le tournoi universitaire américain, démarre aujourd’hui au bout d’une saison où la NCAA a mené une bataille judiciaire. Sa cible : les joueurs de G-League ou de NBA tentés par un retour lucratif dans le monde amateur.

19 Mar 2026 - L'Équipe
SAMI SADIK

Sous le soleil de Floride, les fans de l’équipe de basket de l’université d’Alabama ont reçu deux douches froides. Avant ses premiers pas dans la March Madness, vendredi à Tampa, le Crimson Tide a perdu pour de bon deux joueurs majeurs. Le premier, Aden Holloway, a été arrêté pour possession de drogue.

Le second, Charles Bediako, a jeté l’éponge après une bataille devant les tribunaux pour y réclamer… le droit de jouer. Car le natif de l’Ontario a commencé la saison avec Detroit en NBA avant de revenir en Alabama, où il avait passé deux ans avant de se présenter à la draft 2023.

« Charles a signé un contrat two-way ( entre NBA et G-League) en 2023-2024 et des contrats pour les camps d’entraînement, mais il n’a jamais joué un seul match NBA. Et même s’il l’avait fait : la NCAA (National Collegiate Athletic Association, l’organisme qui gère les compétitions universitaires aux États-Unis) a accepté plus de 100 joueurs européens qui ont déjà joué en pro chez eux » , défend auprès de L’Équipe son agent Daniel Green.

Le ping-pong a d uré une bonne partie de la saison avec un premier round pour Bediako, autorisé à rejouer pendant cinq matches par un tribunal de l’Alabama en janvier. Mais le juge s’est ensuite récusé : il était un proche de l’université. Et la NCAA a gagné aux points le reste du combat, jusqu’à la Cour suprême de l’État, le 26 février.

L’exemple de Nnaji, pivot de Baylor après avoir joué au Barça

« Le sport universitaire est pour les athlètes-étudiants, pas ceux qui en sont sortis pour devenir pros et qui veulent y revenir » , s’est félicité Charlie Baker, le patron de la NCAA. Mais plusieurs digues ont sauté. 

« Nous avons présenté nos arguments: cette Ligue n’est pas un échelon professionnel, elle s’appelait la D-League, ligue de développement, avec des équipes qu’on pourrait comparer à la réserve du Real Madrid » , glisse Todd Ramasar, l’agent de Darlan, qui n’a jamais signé de deal avec une équipe NBA contrairement à Bediako.

L’autre domino est à chercher au Texas. James Nnaji, le pivot de Baylor, a obtenu quatre années d’éligibilité en NCAA après avoir pourtant été sélectionné en 31e position lors de la draft NBA 2023. Du jamais vu. « Nnaji a aussi joué en Euroligue au niveau professionnel (51 matches avec le FC Barcelone). Quand il a obtenu son ticket pour l’université, nous l’avons aussi vu comme une opportunité pour Charles Bediako. Mais la NCAA prétend que les compétitions européennes ne comptent pas comme niveau professionnel » , poursuit Daniel Green.

« Je pense qu’un joueur NBA aurait un bon argument juridique pour redevenir éligible » , assurait Mit Winter, un avocat spécialisé cité par ESPN. La théorie devrait vite être testée : Amari Bailey (22 ans, 10 matches en NBA) et Trentyn Flowers (21 ans, 2 matches en NBA) rêvent d’un retour àl’université.sar. « Nous ne donnerons aucune éligibilité à un joueur ayant signé un contrat NBA » , a prévenu Baker.

Une manne financière XXL

Car loin d’un contrat précaire en NBA, le retour sur les bancs de l’université est un choix gagnant pour le portefeuille. Désormais autorisées à rémunérer leurs joueurs via le système NIL (*), les principales facs des États-Unis ont lancé une invraisemblable course aux armements. L’effectif de Kentucky serait rémunéré à hauteur de 22 millions de dollars ! Avec une pression maximale sur les épaules du coach.

« Quand ils nous ont dit qu’on pouvait recruter des joueurs de G-League, j’étais contre. Mais s’ils vous disent de rouler à 80 km/h, il faut le faire. Si vous roulez à 70 km/ h, vous allez être largués » , justifiait Scott Drew, le coach de Baylor. « Pourquoi recruter des lycéens américains si on peut prendre des joueurs en NBA, en G-League ou des gars de 28 ans en provenance d’Europe ? » , dénonçait John Calipari, son homologue d’Arkansas.

D’autres batailles judiciaires attendront sans doute la NCAA à la reprise de la saison 2026-2027. « Un joueur drafté devrait pouvoir rester en université, toucher l’argent du NIL et se développer en attendant le bon moment pour partir en NBA » , propose Todd Ramasar.

La NCAA, elle, compte sur un allié de poids pour préserver un système plus strict. Au milieu d’un agenda très chargé (guerre au Moyen-Orient, élections de mi-mandat…), Donald Trump a promis le 6 mars de prendre un décret pour résoudre « tous les problèmes du sport universitaire » . Sans plus de précision. 


(*) Pour « Name, Image and Likeness ». Depuis 2021, les étudiants-athlètes de la NCAA, longtemps défenseuse de l’amateurisme, peuvent désormais être rémunérés.



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