Paul Seixas, le premier grand coup d’éclat avant de défier Pogačar
Le Français a marqué les esprits en remportant la Faun-Ardèche Classic, à l’issue d’un raid solitaire. Il va retrouver le Slovène samedi.
2 Mar 2026 - Le Figaro
Thibaud Jouffrit
Une facilité déconcertante, 41 km en solitaire, les premiers poursuivants relégués à presque deux minutes… Paul Seixas a osé imiter la recette gagnante de Tadej Pogačar, ce samedi, à Guilherand-Granges. Auteur d’une démonstration de force, le coureur français de 19 ans a remporté haut la main la Faun-Ardèche Classic. Son deuxième succès, déjà, sur le circuit professionnel après celui acquis la semaine passée lors de la deuxième étape du Tour de l’algarve. La saison 2026 à peine lancée, le jeune leader de la formation Decathlon-cma CGM marque les esprits. Et repousse ses limites sans attendre. Conquis, le public ardéchois - qui l’avait vu grimper sur le podium des championnats d’europe en octobre dernier, derrière Pogačar et Remco Evenepoel - était une nouvelle fois aux premières loges pour assister à son récital.
Dans l’ultime montée de Saintromain-de-lerps (6,4 km à 7,5%), personne n’a pu résister à l’accélération du phénomène Seixas. Son compatriote Lenny Martinez (Bahrain Victorious), l’américain Matteo Jorgenson (Visma-Lease a Bike), le Suisse Jan Christen (UAE Emirates-XRG) ou encore le Danois Mattias Skjelmose (Lidl-Trek), têtes d’affiche d’un joli plateau au départ de la course, ont rapidement rendu les armes. «C’était incroyable, j’avais des sensations de dingue. Tout s’est déroulé à merveille. Je me suis dit que, sur un très grand jour, je pouvais tenter un raid solitaire, mais franchement je n’y croyais pas trop », s’est réjoui à l’arrivée le vainqueur du jour.
Seul sur sa planète, il aura donc passé les quarante derniers kilomètres en tête, à appuyer fort sur les pédales pour accroître son avance. Un privilège presque exclusivement réservé ces dernières années aux ogres Tadej Pogacar et Mathieu van der Poel, sur des épreuves encore plus relevées (classiques World Tour et Monuments). «L’hiver s’est très bien passé, donc ça m’a permis de passer un bon cap. Aujourd’hui, je valide tout ce travail, je sens que je monte encore en puissance, a promis le natif de Lyon, aussi habile sur sa selle que devant les très nombreux micros lui faisant face à chaque sortie désormais. Je me sens vraiment très, très bien. C’est aussi le boulot de l’équipe qui paie. Ce n’est pas seulement un coureur, c’est toute une équipe derrière. C’est ça qu’il faut voir. »
Les pieds sur terre
Couvé du mieux possible par sa formation, mais placé inévitablement sur le devant de la scène, Paul Seixas ne cache pas ses ambitions depuis plusieurs mois, tout en gardant les pieds sur terre. Un équilibre difficile à trouver quand son nom dépasse déjà les frontières sur la planète cyclisme. En Espagne, le jeune adulte est déjà qualifié de « nouvelle idole » du cyclisme français, pour qui « le ciel est la limite», selon le journal AS. L’autre grand quotidien madrilène, Marca, évoque même «une nouvelle ère» alors que le Tricolore avait déjà marqué les esprits en bouclant le Tour de l’algarve à la deuxième place du général, à seulement 14 secondes du meilleur coureur espagnol, Juan Ayuso.
Six jours de course en 2026, deux victoires au compteur et l’impression visuelle qui va avec, le grand espoir du vélo français affiche un niveau déconcertant. Il brûle les étapes à vitesse grand V. Du jamais-vu pour un cycliste de son âge, avancent certains. Il y a de quoi être optimiste pour la suite. Et en attendant de savoir s’il prendra le départ du Tour de France l’été prochain, il a rendez-vous dès ce samedi (7 mars) sur les routes italiennes des Strade Bianche. Face à lui, on retrouvera les cadors Isaac Del Toro, Wout Van Aert, Thomas Pidcock, Ben Healy et surtout… Tadej Pogacar. Le double tenant du titre effectuera sa course de rentrée. Nul doute qu’il voudra, d’entrée de jeu, taper du poing sur la table. Y compris devant Paul Seixas, qui passera, lui, un nouveau test grandeur nature. Avec l’ambition de gagner, évidemment.

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