À l’heure suisse


Tadej Pogacar s’apprête à découvrir le Tour de Romandie cet après-midi, 
accompagné notamment du Français Pavel Sivakov (à gauche du champion du monde).

Deux jours après son triomphe à Liège en conclusion de sa campagne de classiques, Tadej Pogačar s’élance cet après-midi sur le Tour de Romandie, sa première course par étapes de l’année et le début de sa bascule vers la Grande Boucle.

28 Apr 2026 - L'Équipe
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL PIERRE MENJOT

BLONAY-SAINT-LÉGIER (SUI) – Acte II, scène 1, on change tous les décors, les seconds rôles mais l’acteur principal, lui, est toujours là au centre de la pièce. Tadej Pogačar a découvert la Romandie hier matin, lors d’une balade autour de Lausanne où il prit le temps de faire quelques selfies avec les gamins du coin. « Un bel endroit », disait-il. L’herbage moelleux tacheté de petites fleurs jaunes, les montagnes en fond et les voitures qui semblent tout juste sorties du lavage, le coin a son charme et l’ambiance dépareille un tout petit peu avec Liège et ses effluves de bière où le Slovène venait de conquérir un troisième Monument en 2026, au bout du quai des Ardennes, la veille.

Jamais, depuis qu’il a quitté la catégorie junior, il n’avait aussi peu couru arrivé fin avril. Cinq jours de vélo pour autant de courses d’un jour, 200 kilomètres minimum, les Strade Bianche pour se chauffer début mars, puis trois Monuments remportés (Milan-San Remo, Tour des Flandres, Liège) et un quatrième frôlé (2e de Paris-Roubaix derrière Wout Van Aert). « Je n’ai pas couru tant que ça et, pour chaque course, j’avais le temps de me concentrer, de me préparer mentalement et physiquement, a-t-il rembobiné hier. Chacune était un objectif et j’avais toujours l’espace pour un reset, me préparer pour la suivante. »

« Un ou deux kilos » gagnés pendant l’hiver

Une machine parfaite, à l’image des engrenages fixés au mur de son hôtel décoré à la façon du film les Temps modernes de Charlie Chaplin. Où deux, trois boulons vont devoir être reconfigurés pour basculer en mode course par étapes, gestion de la récupération et journées à l’économie.

Car, si le champion du monde n’avait jamais couru aussi peu, jamais il n’avait enchaîné après la Doyenne. Ainsi, il a avoué hier « avoir gagné un peu de muscles pendant l’hiver, un ou deux kilos » , qu’il perd normalement en vue de l’été et du Tour de France (4 au 26 juillet), mais qu’il devra donc traîner le week-end prochain, lors des deux plus dures étapes de la semaine. « Mais je suis assez optimiste, le muscle est toujours le bienvenu », rassurait-il.

À la question de savoir si cette course était nécessaire à son calendrier, pour reprendre le rythme des épreuves par étapes, Pogacar a honnêtement résumé le pourquoi il serait au départ du prologue, cet après-midi, à Villars-sur-Glâne : « Je ne dirais pas que c’est absolument nécessaire, je pourrais aussi rester à la maison et me reposer, m’entraîner. Mais l’équipe me paie aussi pour courir, je ne peux pas rester toute l’année à la maison et revenir pour le Tour (sourire). J’aime aussi courir, c’est parfois dur de seulement s’entraîner pendant de longues périodes, donc c’est bien d’avoir une course comme le Tour de Romandie à cette période. »

Le glouton d’UAE Emirates-XRG (27 ans) a, au passage, un palmarès à garnir : « Chaque course où je suis au départ, c’est pour la gagner. Il n’y a pas de secrets, on veut gagner ici. Et si je ne gagne pas, ce n’est pas la fin du monde. Mais chaque victoire est, comment dire… le résultat de beaucoup de travail, de dévouement, donc gagner ici serait quelque chose de grand. En cyclisme, comme dans beaucoup de sports, c’est dur de gagner, alors je veux saisir chaque opportunité, que ce soit le Tour de France, de Romandie ou le critérium. » De quoi alimenter son compteur, actuellement à 112 succès. Mais c’est à peu près tout pour la colonne des « + ». À part ça, le quadruple vainqueur du Tour n’a rien à gagner, plutôt pas le droit de perdre, en réalité, avec un parcours qui lui convient (pas de contre-la-montre, contrairement à d’habitude, seulement un prologue) et l’absence de rivaux majuscules en dépit d’adversaires costauds. « C’est l’heure de la Suisse cette année, avec la Romandie et le Tour de Suisse plus tard ( en juin) » , se marrait-il hier.

Redescendre du tourbillon du printemps

La tranquillité qui entoure l’épreuve est aussi un bon moyen de redescendre doucement du tourbillon du printemps, et le numéro 1 mondial est apparu particulièrement détendu et souriant hier, même quand il fut interrogé à trois reprises sur Paul Seixas, son dauphin liégeois dont il avait chanté les louanges, mais qu’il n’avait apparemment pas très envie d’évoquer, cette fois. « Oui, c’est un challenge pour les années futures, de devoir rester à mon niveau voire de m’améliorer, a-t-il consenti. Il est plus impressionnant que moi à son âge, je pense qu’il va encore s’améliorer un peu et ce sera une bonne motivation pour tout le monde. »

La prochaine confrontation avec la pépite française est normalement prévue pour juillet, sur les routes du Tour de France (la participation de Seixas devrait être officialisée début mai). Un horizon encore lointain, mais vers lequel le Slovène, à partir d’aujourd’hui, va commencer à se projeter en poursuivant sa moisson de victoires.

***

Tadej Pogačar si appresta a debuttare al Tour de Romandie questo pomeriggio, 
affiancato in particolare dal francese Pavel Sivakov (alla sinistra del campione del mondo).

L'ora della Svizzera

Due giorni dopo il trionfo alla Liegi, che ne ha concluso la stagione delle classiche, Tadej Pogačar prende il via questo pomeriggio al Tour de Romandie, la sua prima corsa a tappe dell'anno e l'inizio della sua transizione verso il Tour de France.

28 aprile 2026 - L'Équipe
DAL NOSTRO INVIATO SPECIALE PIERRE MENJOT

BLONAY-SAINT-LÉGIER (SUI) – Atto II, scena 1, cambiano le scenografie, i comprimari, ma il protagonista è sempre lì, al centro della scena. Tadej Pogačar ha scoperto la Romandia ieri mattina, durante una passeggiata nei dintorni di Losanna, dove si è preso il tempo di scattare qualche selfie con i ragazzini della zona. « Un bel posto», ha detto. Il prato soffice punteggiato di fiorellini gialli, le montagne sullo sfondo e le auto che sembrano appena uscite dall’autolavaggio: la zona ha il suo fascino e l’atmosfera è un po’ diversa da quella di Liegi e dai suoi profumi di birra, dove lo sloveno aveva appena conquistato la sua terza Monumento nel 2026, in fondo alla Quai des Ardennes, il giorno prima.

Da quando ha lasciato la categoria juniores, non aveva mai corso così poco alla fine di aprile. Cinque giorni in sella per altrettante gare di un giorno, tutte di almeno 200 chilometri, la Strade Bianche per riscaldarsi all'inizio di marzo, poi le tre Monumento vinte (Milano-Sanremo, Giro delle Fiandre, Liegi) e una quarta sfiorata (2° alla Parigi-Roubaix dietro Wout Van Aert). «Non ho corso poi così tanto e, per ogni gara, ho avuto il tempo di concentrarmi, di prepararmi mentalmente e fisicamente», ha ricordato ieri. «Ognuna era un obiettivo e avevo sempre lo spazio per un reset, per prepararmi alla successiva. »

« Un chilo o due » guadagnati durante l’inverno

Una macchina perfetta, proprio come gli ingranaggi appesi alla parete del suo hotel, arredato nello stile del film « I tempi moderni » di Charlie Chaplin. Dove due o tre bulloni dovranno essere riconfigurati per passare alla modalità corsa a tappe, gestione del recupero e giornate all’insegna del risparmio.

Perché, se il campione del mondo non aveva mai corso così poco, non aveva mai concatenato gare dopo la Doyenne. Così, ieri ha ammesso di «aver messo su un po' di muscoli durante l'inverno, un chilo o due», che normalmente perde in vista dell'estate e del Tour de France (dal 4 al 26 luglio), ma che dovrà quindi portarsi dietro il prossimo weekend, durante le due tappe più dure della settimana. «Ma sono abbastanza ottimista, i muscoli sono sempre benvenuti», ha rassicurato.

Alla domanda se questa gara fosse necessaria nel suo calendario per riprendere il ritmo delle corse a tappe, Pogačar ha sintetizzato con sincerità il motivo per cui sarà al via del prologo, questo pomeriggio, a Villars-sur-Glâne: «Non direi che sia assolutamente necessario, potrei anche restare a casa a riposarmi e ad allenarmi. Ma la squadra mi paga anche per correre, non posso stare tutto l’anno a casa e tornare solo per il Tour (sorride). Mi piace anche correre, a volte è dura allenarsi solo per lunghi periodi, quindi è bello avere una gara come il Tour de Romandie in questo periodo».

Il corridore della UAE Emirates-XRG (27 anni) ha, tra l’altro, un palmarès da arricchire: «Ogni gara a cui prendo il via, la corro per vincerla. Non ci sono segreti, vogliamo vincere qui. E se non vinco, non è la fine del mondo. Ma ogni vittoria è, come dire… il risultato di tanto lavoro, di dedizione, quindi vincere qui sarebbe qualcosa di grande. Nel ciclismo, come in molti sport, è difficile vincere, quindi voglio cogliere ogni opportunità, che sia il Tour de France, il Tour de Romandie o il Critérium (l'ex Giro del Delfinato, ndr)». Abbastanza per alimentare il suo palmarès, attualmente a quota 112 vittorie. Ma questo è più o meno tutto per la colonna dei « + ». A parte questo, il quattro volte vincitore del Tour nulla ha da guadagnare, anzi, non può permettersi di perdere, in realtà, con un percorso che gli si addice (nessuna cronometro, a differenza del solito, solo il prologo) e l’assenza di rivali di primo piano, nonostante gli avversari di tutto rispetto. «Quest'anno è il momento della Svizzera, con la Romandie e il Tour de Suisse più avanti (a giugno)», ha scherzato ieri.

Uscire dal vortice della primavera

La tranquillità che circonda la gara è anche un buon modo per scendere dolcemente dal vortice della primavera, e il numero 1 al mondo è apparso particolarmente rilassato e sorridente ieri, anche quando per tre volte gli è stato chiesto di Paul Seixas, il secondo classificato alla Liegi e di cui (Pogačar) aveva tessuto le lodi, ma che apparentemente (lo stesso Tadej) non aveva molta voglia di menzionare, questa volta. «Sì, è una sfida per gli anni a venire, dover mantenere il mio livello o addirittura migliorarmi», ha ammesso. «È più impressionante di me alla sua età, penso che migliorerà ancora un po’ e sarà una buona motivazione per tutti».

Il prossimo confronto con il giovane talento francese è previsto per luglio, sulle strade del Tour de France (la partecipazione di Seixas dovrebbe essere ufficializzata all’inizio di maggio). Un orizzonte ancora lontano, ma verso il quale lo sloveno, a partire da oggi, inizierà a proiettarsi continuando la sua serie di successi.

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