« Un talent exceptionnel » : Michael Olise, le joyau français du club munichois


« Il est introverti, ce n’est pas lui qui va faire de longs discours, 
détendre l’atmosphère dans le bus ou faire marrer la galerie, 
il laisse ça aux autres. Michael parle avec le ballon. 
C’est son langage. Sa vie »
    - Un proche de la sélection de l’équipe de France

8 Apr 2026 - Le Figaro
Baptiste Desprez

Pas une semaine ne passe sans que Michael Olise ne reçoive les louanges de sommités du football. C’est devenu monnaie courante. Et cela plante le décor quand il s’agit d’évoquer le niveau du joueur cette saison. Proche du soleil. Ces derniers jours, Luis Figo, Ballon d’or 2000 et vainqueur de la Ligue des champions, ou encore Oliver Kahn, gardien mythique aux 632 matchs et champion d’europe 1996 (entre autres), sont tombés sous le charme du Français. Les qualificatifs ne manquent pas - talent, classe, technique incroyable, beauté du geste et les deux hommes placent même le natif de Londres en haut de la pile dans la course au Ballon d’or. La route est encore longue. La concurrence féroce (Dembélé, Yamal, Mbappé, Kane…). Et les occasions de briller nombreuses. Mais Olise a son rond de serviette à la table des fauves.

Le rendez-vous des demi-finales de Ligue des champions face au Paris SG s’avance comme une nouvelle scène grandiose pour briller de mille feux. Tant mieux car Michael Olise (prononcez «olissé») adore enfiler le costume d’artiste. Sa nature profonde. Et sa raison d’être. Après la double confrontation face au Real Madrid (1-2, 4-3) en quart de finale, séquence qu’il aura marquée de son empreinte avec un match grandiose à l’aller (une passe décisive) et un retour plus discret, mais un but délicieux en fin de rencontre pour sceller la qualification bavaroise, le jeune homme de 24 ans n’en a pas rajouté. Pas le genre de la maison. Auteur d’une immense saison (46 matchs, 19 buts, 25 passes décisives avec son club), il ne rêve que d’une seule chose : remporter les plus grands titres et marquer l’histoire. Les suiveurs du ballon rond le connaissent déjà par coeur. Le grand public risque, lui, d’en prendre plein les yeux. Le show Olise fascine. Subjugue. Et ne laisse personne indifférent. Un esthète.

L’histoire est connue depuis sa médaille d’argent glanée avec l’équipe de France olympique aux Jeux de Paris sous les ordres de Thierry Henry, mais cela ne fait pas de mal de la rappeler. Né d’un père anglo-nigérian et d’une mère franco-algérienne à Londres, dans le quartier de Hammersmith, Michael Olise aurait pu jouer pour quatre sélections. Il a choisi la France. Parce qu’il le voulait depuis son plus jeune âge, bercé par des voyages dans l’hexagone, une mère qui lui parlait français, la nourriture et l’admiration d’une légende comme Thierry Henry. Exit l’algérie, le Nigeria et les rivaux de la couronne. « Ma mère vient de France, quand j’étais petit je venais ici, j’avais la connexion à la France, lâchait-il avec un accent british bien perceptible lors de sa première convocation en A en septembre 2024. C’est grâce à cela que j’ai choisi la France.»

Ne lui en demandez pas plus, car il ne vous donnera rien. Taiseux, timide et peu enclin à s’épancher face aux micros, l’ailier droit du Bayern Munich est plus à l’aise dans la langue de Shakespeare. Ce n’est pas pour autant qu’il se livre sans concession avec nos voisins britanniques. Sur ce point, tout le monde est logé à la même enseigne. Quasiment aucune interview donnée et quelques mots - pas de phrases - délivrés lors des obligations face aux diffuseurs médias. «C’est un joueur très attachant, mais surtout exceptionnel, témoigne au Figaro Gérald Baticle, actuel sélectionneur des Espoirs et adjoint de « Titi » Henry lors des JO de Paris 2024. Il a un amour du maillot bleu incroyable, car il a d’abord été dragué par l’angleterre, mais il a résisté aux pressions, car il voulait représenter la France. Son coeur lui disait de porter le maillot bleu…»

Avant les JO, Michael Olise se sait observé et promis à un gros transfert après une saison réussie à Crystal Palace. Le Bayern remportera la mise contre un chèque de 60 millions d’euros (hors bonus). Baticle raconte : «Son club anglais n’était pas chaud, comme beaucoup d’autres, pour qu’il fasse les Jeux. Le Bayern l’a acheté et voulait vite le récupérer pour qu’il s’intègre. Michael a calmé tout le monde en répétant son intention d’être en bleu pour les Jeux et de représenter la France. Face à des pressions folles, il n’a pas subi et a su faire preuve de détermination. C’est grand. À la hauteur du garçon qu’il est. » Résultat : médaille d’argent et une belle aventure olympique malgré la défaite en finale contre l’espagne au Parc des Princes (3-5, a.p.) avec les Doué, Cherki, Akliouche ou encore Mateta, qu’il côtoie désormais chez les A. Le début de l’aventure en équipe de France.

Depuis, et malgré des premiers matchs très poussifs, il n’a pas quitté la sélection de Didier Deschamps (15 sélections, 11 titularisations, 4 buts), qui en a fait l’un de ses hommes de base, celui qui doit apporter cette touche technique égarée avec la retraite d’antoine Griezmann. « Il a un potentiel énorme, mais il ne recherche pas la lumière », témoigne le patron des Bleus, qui apprécie, au-delà de ses qualités connues de tous, son sérieux et son professionnalisme. À l’entraînement, il séduit par sa précision et son souci du détail. Dans la vie de groupe, Michael Olise, qui alterne entre le français et l’anglais avec ses partenaires et le staff, s’est parfaitement intégré. Souvent considéré comme une jungle où les ego s’observent et les faibles se font croquer, le vestiaire a rapidement compris la personnalité du garçon et l’étendue de son talent. « Il fait l’unanimité par sa subtilité, sa créativité, son volume de jeu et sa capacité à répéter les efforts», plante un proche de la sélection. Un autre abonde : « Oui, il est introverti, ce n’est pas lui qui va faire de longs discours, détendre l’ambiance dans le bus ou faire marrer la galerie, il laisse ça aux autres. Michael parle avec le ballon. C’est son langage. Sa vie. »

Sous le charme, Gérald Baticle est sur la même tonalité : «Michael, c’est la locomotive de l’amour du foot. Il regarde les autres, les matchs, réfléchit à ce qui va se produire et, dès qu’il a toutes les infos, il est prêt et va à la guerre. » Sur le parcours de vie du nouveau joyau du football français, le regard est intéressant : « Avant, les anciens, on allait dans le village d’à côté, c’était bien. Après, on a évolué, on pouvait aller dans la région d’à côté. On était fiers de traverser la France en voiture. Aujourd’hui, ces garçons sont des citoyens du monde. Ils vont et communiquent à une vitesse grand V avec le monde entier, avec une ouverture d’esprit beaucoup plus large. Michael a ça dans ses racines, tout en adorant la France. C’est un symbole de l’évolution de la société.»

Homme au parcours déjà bien rempli, entre Arsenal et Chelsea, chez les jeunes, puis Reading, Crystal Palace et désormais le Bayern Munich, Michael Olise a marqué les gens qu’il a croisés durant sa jeunesse anglaise. «C’était un talent exceptionnel et un joueur que l’on prenait autant de plaisir à regarder à l’époque qu’aujourd’hui », témoigne Brian Mustill, coach des moins de 10 ans de Chelsea, qui a eu l’international français sous ses ordres. Autre formateur chez les Blues pendant quinze ans au sein des équipes jeunes, Sean Conlon abonde : « Michael était destiné à devenir un footballeur d’exception. Quand il était jeune, le jeu lui semblait facile grâce à ses capacités physiques exceptionnelles, à sa coordination et à ses mouvements précis et fluides dans la manière dont il touchait le ballon. La façon dont il contrôle la balle aujourd’hui sur son pied gauche est imparable. Il faisait déjà la même chose à 7 ans. Il trouvait toujours le moyen de placer le ballon dans la lucarne. Il y avait une telle élégance dans ses schémas de mouvement et il se déplaçait avec une efficacité totale grâce à sa mécanique corporelle. » Un discours que pourrait tenir Vincent Kompany ou Didier Deschamps aujourd’hui.

«Pour moi, il a tout pour devenir le meilleur joueur du monde», plante Conlon, désormais établi en Floride et PDG de We Make Footballers. « Il a tout pour entrer dans le coeur des Français, renchérit Baticle. Moi, il est déjà entré dans le mien et, quand je le vois avec un ballon, ça fait chier de ne plus jouer. Putain, que le foot est beau avec un Olise. » Profitons-en, la Ligue des champions s’apprête à délivrer ses plus belles histoires. Et la Coupe du monde sera le feuilleton de l’été. Avec Michael Olise, le nouveau joyau français.

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