Coquard: « Il fallait que je trouve un truc à croquer »
Mathys Rondel s’est montré à son aise, hier, sur les pentes du Blockhaus.
Bryan Coquard, ici lors de la Flèche Brabançonne mi-avril,
est sous contrat avec Cofidis jusqu’en 2027.
Sprinteur tout au long de sa carrière, le coureur de Cofidis a décidé cet hiver de se réinventer sur des arrivées plus punchy pour continuer à gagner.
"Je vais toujours vite et si je dois remplir ce rôle de sprinteur,
je serai là"
- BRYAN COQUARD
16 May 2026 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS
Au milieu de la rue Stang-Bihan, juste devant le siège social du mythique club de Quimper Kerfeunteun FC, Bryan Coquard lèvera peut-être les bras samedi, comme au bon vieux temps, surlad e r ni èrepartieplane, à 100 mètres de la ligne d’arrivée du Tour du Finistère. Mais c’est juste avant, dans le raidard de 700 mètres (à 6,8 %), que le coureur de Cofidis (34 ans) aura probablement réalisé la différence, comme Aubin Sparfel l’an passé.
L’homme aux 55 victoires professionnelles a décidé, l’hiver dernier, de se réinventer, de laisser la baston aux grosses cuisses et de viser des courses pour puncheurs. « On en avait discuté il y a quelques années mais cet hiver, c’est revenu, expliquait-il en mars. Cédric (Vasseur, l’ancien manager de la formation nordiste) m’avait fait resigner pour être le poisson-pilote de Milan (Fretin), ce qui signifiait que j’arrêtais le sprint, j’étais d’accord avec ça. Puis au stage d’octobre, on discute avec Raph’ (Raphaël Jeune, successeur de Vasseur), les directeurs sportifs et la question était : “Qu’est-ce qu’on fait de moi ?” (Sourire.) Il était hors de question qu’on me cantonne à un rôle de poisson-pilote, j’ai donc évoqué l’envie de pouvoir tirer mon épingle du jeu quand c’est en petit comité ou que c’est plus difficile. J’ai toujours couru pour la gagne, il fallait que je trouve un truc à croquer. »
Le comble, c’est qu’il a attaqué sa saison par une victoire sur le plat, au Grand Prix La Marseillaise. Pas un accident, plutôt une opportunité : « Je vais toujours vite et si je dois remplir ce rôle de sprinteur, je serai là, j’ai encore les moyens d’en gagner quelques-unes. » Il a remis le couvert un mois plus tard, le 28 février en Grèce (sur le GP Visit South Aegean), au bout d’un final plus pentu cette fois.
Pour modeler un style et un corps propre à ce type d’effort, il a changé ses habitudes, ses entraînements: « L’âge fait que cela devient plus ou moins naturel de me mettre au service de Milan. Il est plus rapide que moi à plat. J’aurais aimé qu’on le fasse plus pour moi avant, c’est pour ça que j’ai à coeur de le faire. »
Le Belge, vainqueur de la 3 étape du Tour d’Andalousie cette saison (sans le Français), 4 de la 1re étape de Paris-Nice (avec le « Coq »), apprécie que l’aîné transmette son savoir, sans chouinement ni aigreur: « Quand j’ai des questions, Bryan est toujours ouvert. Ça montre quel type de coureur il est. Si tu lui demandes quelque chose, il ne se plaint jamais. C’est vraiment agréable que ces gars-là veuillent rouler pour toi. Ça te donne des ailes. » Fretin a parfaitement intégré la répartition des rôles: « Je suis davantage fait pour les sprints rapides et les arrivées massives, Bryan peut mieux passer les étapes vallonnées et les journées difficiles. » Avec 2317 mètres de dénivelé sur l’épreuve bretonne, Coquard retrouve le petit faible qu’il a toujours eu pour ces arrivées en pente, « plus prestigieuses » .
Mais il ne regrette pas de ne pas avoir basculé plus tôt, entre ses obligations vis-à-vis de son équipe ( « Je faisais ce que mon employeur me demandait » ) et ses propres ambitions, lui qui a remporté neuf succès d’étape à Bessèges, six sur les Quatre Jours de Dunkerque. « Est-ce que j’avais la maturité physique? interroge-t-il. Il y avait le risque de travailler mes points faibles et donc de moins gagner. »
Un choix guidé aussi par son rôle de père
À 34 ans, père d’un garçon et d’une fille, il ne se voyait plus prendre des risques inconsidérés : « Les sprints massifs, j’aime moins ça. Il y a aussi une forme d’appréhension, c’est inconscient. » Avec 55 succès, il estime avoir « moins à perdre » , tout en ayant conscience des limites de cette nouvelle approche alors que le peloton regorge de profils de son type, en plus fort encore: « Mais une étape de la Vuelta, j’aimerais bien, j’ai envie d’une première victoire sur un grand Tour. » D’ici là, il ne s’interdit rien, à commencer par ce Tour du Finistère où l’arrivée peut se régler dans l’ultime bosse ou dans les cent derniers mètres à plat. Les deux lui vont bien.
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