Les braves d’Heart


Mercredi, Heart a entretenu son rêve de titre 
en s’imposant (3-0) à la maison face à Falkirk.

Contre toute attente, les joueurs de Heart of Midlothian se retrouvent à un point du titre de champion d’Écosse. Aujourd’hui, au Celtic Park, l’équipe d’Édimbourg pourrait mettre fin à quarante et un ans de domination des deux clubs de Glasgow.

16 May 2026 - L'Équipe
MATIAS ARCHAMBEAU

Douze minutes. C’est le temps durant lequel Heart a tenu le titre entre ses mains mercredi soir. Puis le Celtic a égalisé avant d’arracher la victoire sur penalty au bout du temps additionnel sur la pelouse de Motherwell (3-2). « J'ai entendu parler d’un penalty à la 96e minute, je n’avais pas besoin de demander pour qui », a lâché Derek McInnes, entraîneur de Heart of Midlothian, vainqueur facile de Falkirk dans le même temps (3-0). Un point sépare désormais les deux clubs. Tout se jouera à Celtic Park ce samedi (13h30).

Depuis 1985, le titre de champion d’Écosse n’a jamais quitté Glasgow. Celtic et Rangers se le partagent avec 22 et 18 titres chacun sur cette période, pour les deux géants qui en recensent 55 au total. Heart en compte 4, le dernier remontant à 1960. Briser cette hégémonie relèverait d’un séisme footballistique. D’autant plus que le club d’Édimbourg a terminé 7e la saison passée, à 42 points du champion, avec un budget sans commune mesure avec celui du Celtic.

L’outsider et les algorithmes

Cette ascension doit beaucoup à Tony Bloom. Le propriétaire de Brighton et de l’Union Saint-Gilloise a engagé une participation minoritaire dans le club l’été dernier, y important Jamestown Analytics, son système de data parmi les plus avancés du football mondial.

Bloom avait affiché ses ambitions sans détour : « Je crois fermement en la capacité du club à briser la domination qui règne depuis bien trop longtemps », avec l’objectif de décrocher un titre dans la décennie. Ses algorithmes ont scruté là où peu s’aventurent: la Deuxième Division norvégienne pour Claudio Braga (14 buts cette saison), les tréfonds du Championnat slovaque pour Alexandros Kyziridis (4 buts, 7passes décisives).

Relégué en 2020 et remonté deux ans plus tard, le club a bâti la meilleure défense de Premiership (31 buts encaissés, 17 cleansheets) et bouclé la saison invaincu à domicile. « Atteindre les 80 points avant même la dernière journée, c’est incroyable », soufflait McInnes après le match.

En face, malgré une saison de chaos – trois entraîneurs, une élimination en barrages de Ligue des champions en août et la possibilité de finir sous les 80 points pour la première fois depuis 2021 –, le Celtic a fini par inverser la dynamique. Distancé de 9 points à l’automne, le champion sortant a passé la saison à chasser le leader sans jamais parvenir à le dépasser. Six victoires de rang et un sans-faute en playoffs : cette équipe-là sait gagner quand il le faut. Et aujourd’hui, devant un Celtic Park à guichets fermés et plus de 60000 supporters, elle jouera avec une seule obligation: s’imposer pour conserver sa couronne. Tout autre résultat suffira à Heart of Midlothian.

Le fantôme de 1986

Pour le capitaine Lawrence Shankland, la lecture est limpide. « C’est une finale de Coupe de quatre-vingt-dix minutes. Si on nous avait proposé ça au début de la saison, on aurait signé immédiatement. » Heart se présente avec un bilan appréciable : 2 victoires, 1 match nul, 7 buts à 4 en cumulé contre le Celtic cette saison. « On y a déjà gagné plusieurs fois depuis que je suis ici, rappelle Shankland, deuxième meilleur buteur de l’histoire du club avec 19 réalisations cette saison. Oui, il y aura de la nervosité. On reste des êtres humains. »

Cette nervosité-là coule dans les veines des supporters de Heart depuis des décennies. En 1986, le club abordait la dernière journée avec un simple nul à obtenir à Dundee FC pour être sacré. À sept minutes de la fin, le scénario tenait encore. Puis 2 buts encaissés, 1 défaite, et le Celtic était sacré dans le même temps grâce à une meilleure différence de buts. Ce samedi, Heart se trouve à quatre-vingt-dix minutes d’écrire l’histoire. « Tout va se jouer lors du dernier match, lâche McInnes. Quel match ça va être… »

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