Bardet: «Être un point de repère pour les coureurs»


L’ancien cycliste a officialisé et détaillé son retour à partir de 2027 chez Decathlon CMA CGM, l’équipe de Paul Seixas, dans un rôle de manager sportif.

“Après avoir fait le deuil de ma carrière, j’ai pris du recul avec d’autres points de vue d’acteurs du milieu, du côté de l’industrie, des médias…
“Ça sera la bonne mesure entre une équipe qui reste avec un ADN fort, historique, une certaine composante familiale, tout en ayant pris le virage de l’internationalisation ''

19 Jun 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX

Retiré du cyclisme professionnel depuis juin 2025, Romain Bardet va retrouver cet univers dans l’équipe de ses débuts, Decathlon CMA CGM (ex-AG2R La Mondiale), comme annoncé par L’Équipe dimanche. Officialisée hier, sa prise de poste interviendra le 1er janvier 2027. Deuxième du Tour de France 2016 et troisième en 2017, l’Auvergnat (35 ans) deviendra manager sportif, un rôle « pas uniquement autour de Paul ( Seixas) » , insiste son équipe.Romain Bardet a quitté le peloton en juin 2025.

Pourriez-vous préciser les contours de votre futur poste?

C’est un nouveau poste, ce sera tout le secteur sportif, en collaboration avec la direction générale, Dominique (Serieys) et Mathieu (Charpentier). Il concerne la formation, la composition de nos effectifs de l’équipe New Gen et de l’équipe World Tour, le développement des plans des coureurs et toute la structure de performance. Ces nombreux départements travaillent de concert et j’aurai cette vue d’ensemble pour définir nos priorités et où on veut aller. Main dans la mainavec la direction générale, qui aplus la vision d’entreprise àlong terme sur les budgets, etc.

À quoi ressembleront les prochains mois?

Ils seront déjà tournés vers l’appréhension decenouvel environnement. L’équipe s’est considérablement structurée. Donc j’aborde avec beaucoup d’humilité cet apprentissage des méthodes de travail et la façon dont sont ordonnancées les choses.

Il était important pour moi d’avoir du recul sur cette année complète (depuis sa retraite sportive en juin 2025), non seulement pour être sûr de mes choix futurs mais aussi pour avoir un vrai impact quand je serai “promu”, sans être dans la découverte.

Irez-vous sur des courses dès cette année?

Il y a beaucoup de choses à assimiler en back office, sur les process internes et d’où vient la création de performance. La course, c’est la vitrine, où les choses se passent plutôt bien si on regarde le nombre de victoires à mi-saison. Je neserai pas directeur duracing. C’est vraiment unrôle plus général. Donc il n’est pas prévu pour l’instant que je me rende sur des courses.

Votre carrière de gravel…

(Il coupe). Je n’ai jamais eu de carrière de gravel (il sourit).

Elle s’arrêtera en fin d’année?

Oui, ça n’ a jamais été dans un but de reconversion. C’ était une année pour prendre l’ air, du temps en famille et de réflexion sur mon avenir à court ou moyen terme. Et elle a été très fructueuse.

Au début de votre retraite, vous souhaitiez rompre avec la sphère professionnelle et médiatisée pour retrouver une forme de “légèreté”. Ce nouveau poste a-t-il fait l’objet d’une longue réflexion?

Je ne vais pas retrouver unevie d’ancien professionnel. Dans ce rôle, j’ai été frustré de ne pas avoir entête toutes les composantes d’une situation, comprendre l’architecture globale du process de performance et organisationnel. Après avoir fait le deuil de ma carrière, j’ai pris du recul avec d’autres points de vue d’acteurs du milieu, du côté de l’industrie, des médias… Mais je vibre toujours pour la performance et le cyclisme sur route.

Vous retrouverez une équipe qui a beaucoup changé depuis votre départ en 2020. Est-ce une situation idéale?

Latemporalité des choses est surtout favorable. Face aux changements ducyclisme detrès haut niveau, la structure asuprendre ce virage et des personnes ont réussi àassimiler denouvelles ambitions, denouveaux process pour les soutenir. Casera la bonne me sure entre une équipe qui reste avec un ADN fort, historique, unecertaine composante familiale, tout en ayant pris le virage de l’internationalisation et la mise en process des choses pour avoir une organisation robuste, prête à affronter les défis pour être plus compétitif auplus haut niveau.

À quel point connaissez-vous l’environnement actuel?

Je connais encore pas mal de personnes, même s’il y a de nouveaux membres de l’encadrement. Et j’ai couru avec la plupart des coureurs, sans forcément être coéquipiers, mais onaeuunrapport direct.

Votre retour est-il aussi un signal envoyé à Paul Seixas pour l’inciter à rester dans l’équipe?

Letravail est très bien fait autour de Paul Seixas. Lamanière dont tout est organisé autour delui pour essayer dele préserver physiquement et psychologiquement est déjà detrès haute qualité.

Vous avez été en contact direct avec lui ces derniers mois?

Non. Là, on est un peu en avance dans le timing pour une prise deposte en 2027, mais mon idée première est de prendre de l’information et de ne sur tout pas commencer à modifier des équilibres en place, qui fonctionnent plutôt bien. Monrôle, cette année, est simplement consultatif et enpériphérie.

Que pensez-vous pouvoir apporter?

Unevision, j’espère, unpragmatisme, avec une vue d’ensemble pour être unpoint derepère pour les coureurs. »

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