DES ACHARNÉS


LE WEEK-END DES CADORS

Mauro Schmid a réglé Harold Tejada au sprint et une échappée de fous furieux pour remporter l’étape de Belfort, au terme d’une course bouclée à 50 km/h de moyenne. Il en faut vraiment beaucoup pour exister dans ce Tour.

18 Jul 2026 - L'Équipe
ALEXANDRE ROOS

BELFORT – La journée a été laissée aux échappés, mais elle va faire mal à tout le monde, alors que s’avancent deux des étapes les plus dures du Tour de France, le plateau de Solaison demain, et aujourd’hui un bijou de tracé dans les Vosges, qui empruntera une portion de la magnifique route des Crêtes et dont on a eu un avant-goût, hier, dans le Ballon d’Alsace, avec son odeur d’herbe chaude et de résineux.

Il y avait un monde fou, notamment beaucoup de supporters de Florian Lipowitz venus de l’autre côté du Rhin, tous ces visages d’été et de vacances, amassés au bord de la route ou allongés dans des vans aménagés. On se disait qu’ils étaient les mêmes que ceux de leurs parents, il y a plus de cinquante ans, là, au même endroit, sur le même versant, pour voir passer Eddy Merckx en tête, en 1969, et qu’on pouvait remonter l’arbre généalogique comme cela jusqu’à 1905, quand le Ballon fut le premier col franchi de l’histoire du Tour de France et René Pottier, le premier coureur à y passer au sommet.

Pour Jayco AlUla, une stratégie au millimètre

Des lieux de mémoire qui tissent de multiples filiations, relient les périodes, les champions mais aussi qui nous rapprochent des nôtres. À l’époque, il n’y avait pas encore la mode de toutes ces banderoles, « Spätzlepower » dans un virage qui nous a rappelé une saveur chaude et réconfortante de l’enfance, ou de ces virages avec chants et têtes découpées de coureurs, hier celle du local Romain Grégoire, dans une des épingles de la montée où le Cyclo Club des Ratons mettait le feu. Cela n’a pas beaucoup ratonné hier, c’est le moins qu’on puisse écrire, dans l’étape la plus longue de cette édition (205,8 km), avec 2400m de dénivelé positif, les ascensions du col des Croix et du Ballon donc, le tout avalé comme si le peloton avait roulé en plaine, à la moyenne hallucinante de 50 km/h.

C’est ce qui fait craindre des lendemains qui déchantent, d’autant que Tadej Pogacar a encore souligné, hier soir, qu’il aimait beaucoup l’étape du jour, la promesse d’une nouvelle punition à venir et de tout le monde qui halète dans son sillage. Hier, la baston a encore été démentielle, 35 bornes pour qu’un premier paquet de 37 coureurs se détache, 80 de plus pour qu’un second groupe de 20 les rejoigne, au terme d’une bataille où les intérêts de ceux qui visaient l’étape et des sprinteurs intéressés par le sprint intermédiaire au bout de 138 km, chez Thibaut Pinot à Mélisey, se mêlaient pour produire des étincelles.

Le peloton avait dévidé une bobine de près de huit minutes, qui n’allait pas beaucoup bouger, même si les LidlTrek et les Bahrain Victorious roulèrent un temps pour protéger des positions au général car il y avait Tom Pidcock à l’avant, une mauvaise nouvelle pour Lenny Martinez, car le feu follet a besoin de liberté dans ce Tour pour exister, pas de la camisole d’une hypothétique 8e place à Paris.

Le Ballon allait écrémer le gros groupe de fuyards, clarifier la situation, et les accélérations de Luke Plapp, puis de Pidcock à 800 m du sommet allaient isoler les dix plus costauds, ces deux-là, mais aussi les deux UAE Emirates-XRG Tim Wellens et Brandon McNulty, Maxim Van Gils, Harold Tejada, Mauro Schmid, les Français Kévin Vauquelin, Clément Braz Afonso et Jordan Jegat, alors que Romain Grégoire avait coincé bien plus tôt, au pied de l’ascension. La stratégie au millimètre des Jayco AlUla allait faire le reste. Les Australiens avaient, dans un premier temps, placé quatre pions à l’avant – Plapp, Schmid, Matthews, O’Connor –, puis ils avaient imprimé un tempo mollasson dans le Ballon pour tenter de favoriser les desseins de Matthews en cas d’arrivée d’un petit groupe au sprint et une fois ce plan en échec, ils avaient verrouillé le remuant Pidcock dans la montée notamment grâce au boulot de Plapp.

Mauro Schmid allait poser la cerise sur ce chef-d’oeuvre, d’abord en flinguant au bas de la descente, à 16 km de la ligne, en compagnie de Tejada. Puis en jouant avec les nerfs du Colombien, à qui il refusa des relais dans le final, au risque de laisser la meute revenir. Ce dernier lança son sprint finalement un peu trop tôt, Schmid le sauta sur la ligne et cela valait bien une petite roue avant décollée pour célébrer cela. Peut-être le Suisse avait-il appris de son sprint perdu l’an passé face à Jonas Abrahamsen dans l’étape de Toulouse. Il a en tout cas fait déjouer Pidcock (3e de l’étape) et qui se consolera avec sa remontée au général (4e désormais), ce qui n’a pas lieu d’inquiéter les autres favoris, car le Britannique a déjà montré des limites en montagne depuis le départ de Barcelone et qu’il risque de payer les efforts du jour.

Mads Pedersen a illuminé toute la journée

Mauro Schmid est en tout cas un sacré client, un monstre de persévérance et c’est ce qu’il faut dans ce Tour de France, où il n’y a aucun temps mort, pour exister. Michael Matthews nous rappela également à quel point il est un méchant guerrier, lui qui revient à son meilleur après s’être brisé les deux poignets début mars, une chute qui avait encore repoussé son rêve de remporter Milan-San Remo. Et que dire de Mads Pedersen, qui a illuminé toute la journée, acharné parmi les acharnés? Le maillot vert a dû rétablir une situation mal embarquée, car les gremlins de Lidl n’étaient pas présents dans le premier groupe, et le Danois dut sprinter pour attraper le second, à la toute limite.

Il mena ensuite le combat pendant plus de 35 kilomètres dans le paquet de contre, pour grignoter cinq secondes par cinq secondes, puis eut encore les ressources pour disputer le sprint intermédiaire, 2e derrière Jasper Philipsen, et consolider son maillot vert. Et quand il avait « fini » son étape, éjecté au pied du Ballon d’Alsace, on le vit encore tendre des bidons à son leader du général, Juan Ayuso, dans le peloton, l’asperger et offrir un dernier relais, au bout de la souffrance, en tête de groupe. Mads Pedersen est un coureur de classiques de premier rang, un acteur majeur du Tour de France, un équipier admirable. Il est la quintessence du coursier, une raison formidable d’aimer le cyclisme.

***

GLI IRRIDUCIBILI

IL WEEK-END DEI GRANDI

Mauro Schmid ha battuto allo sprint Harold Tejada e un manipolo di fuggitivi scatenati, aggiudicandosi la tappa di Belfort al termine di una gara disputata a una media di 50 km/h (49, 999 km/h ndr). Ci vuole davvero molto per lasciare il segno in questo Tour.

18 luglio 2026 - L'Équipe
ALEXANDRE ROOS

BELFORT – La giornata è stata dominata dai fuggitivi, ma metterà a dura prova tutti, in vista di due delle tappe del Tour de France più dure: domani l’altopiano di Solaison e oggi un percorso da incorniciare nei Vosgi, che percorrerà un tratto della magnifica Route des Crêtes e di cui abbiamo avuto un assaggio, ieri, sul Ballon d’Alsace, con il suo profumo di erba calda e di conifere.

C’era una folla straordinaria, in particolare molti sostenitori di Florian Lipowitz venuti dall’altra sponda del Reno, tutti quei volti estivi e vacanzieri, ammassati sul ciglio della strada o sdraiati in furgoni attrezzati. Ci si diceva che fossero gli stessi dei loro genitori, più di cinquant’anni fa, proprio lì, nello stesso posto, sullo stesso versante, per vedere passare Eddy Merckx in testa, nel 1969, e che si poteva risalire l’albero genealogico in questo modo fino al 1905, quando il Ballon fu il primo passo superato nella storia del Tour de France e René Pottier il primo corridore a raggiungerne la vetta.

Per la Jayco AlUla, una strategia millimetrica

Luoghi della memoria che intrecciano molteplici legami, collegano epoche e campioni, ma che ci avvicinano anche ai nostri cari. All’epoca non era ancora di moda usare tutti quegli striscioni, «Spätzlepower» in una curva che ci ha riportato alla mente un sapore caldo e confortante dell’infanzia, né di quelle curve con cori e ritagli di corridori, ieri quello dell'enfant du pays Romain Grégoire, in uno dei tornanti della salita dove il Cyclo Club des Ratons ha infiammato la scena. Ieri non è andata proprio a gonfie vele, per usare un eufemismo, nella tappa più lunga (205,8 km), con 2400 m di dislivello positivo, le salite del Col des Croix e del Ballon, il tutto divorato come se il gruppo avesse pedalato in pianura, alla media sbalorditiva di 50 km/h (49,999 kmh, ndr).

È questo che fa temere giorni futuri deludenti, tanto più che Tadej Pogačar ha sottolineato ancora una volta, ieri sera, quanto gli piacesse la tappa di oggi, la promessa di una nuova punizione in arrivo e di tutti che ansimano sulla sua scia. Ieri la battaglia è stata ancora una volta pazzesca: ci sono voluti 35 chilometri perché un primo gruppo di 37 corridori si staccasse, altri 80 prima che un secondo gruppo di 20 li raggiungesse, al termine di una battaglia in cui gli interessi di chi puntava alla tappa e dei velocisti interessati allo sprint intermedio al km 138, a Mélisey, a casa di Thibaut Pinot, si sono intrecciati dando vita a scintille.

Il gruppo aveva accumulato un distacco di quasi otto minuti, che non sarebbe calato di molto, anche se la Lidl-Trek e la Bahrain Victorious hanno pedalato per un po’ per proteggere le posizioni in classifica generale, dato che in testa c’era Tom Pidcock: una brutta notizia per Lenny Martinez, poiché il “folletto” ha bisogno di libertà in questo Tour per poter dare il meglio di sé, non della camicia di forza di un ipotetico ottavo posto a Parigi.

Il Ballon avrebbe poi sfoltito il folto gruppo di fuggitivi, chiarendo la situazione, e le accelerazioni di Luke Plapp, seguite da quelle di Pidcock a -800 m dalla vetta, avrebbero isolato i dieci più forti: quei due, ma anche i due dell’UAE Emirates-XRG Tim Wellens e Brandon McNulty, Maxim Van Gils, Harold Tejada, Mauro Schmid, i francesi Kévin Vauquelin, Clément Braz Afonso e Jordan Jegat, mentre Romain Grégoire era rimasto indietro molto prima, ai piedi della salita. La strategia millimetrica della Jayco AlUla avrebbe fatto il resto. Gli australiani avevano inizialmente piazzato quattro uomini in testa – Plapp, Schmid, Matthews, O’Connor –, poi avevano imposto un ritmo moderato sul Ballon per cercare di favorire le intenzioni di Matthews nel caso in cui un gruppetto fosse arrivato a giocarsi la volata e, una volta fallito questo piano, avevano bloccato l’irrequieto Pidcock in salita, in particolare grazie al lavoro di Plapp.

Mauro Schmid stava per mettere la ciliegina sulla torta di questo capolavoro, prima sferrando un attacco in fondo alla discesa, a -16 km dal traguardo, insieme con Tejada. Poi giocando con i nervi del colombiano, al quale ha negato i cambi nel finale, rischiando di far rientrare il gruppo. Quest’ultimo ha lanciato lo sprint forse un po’ troppo presto, Schmid lo ha superato sul traguardo e ciò gli è bastato per mettere davanti la ruota per festeggiare. Forse lo svizzero ha imparato dalla sconfitta subita lo scorso anno contro Jonas Abrahamsen nella tappa di Tolosa. In ogni caso ha sventato i piani di Pidcock (3° di tappa), che si consolerà con la sua rimonta in classifica generale (ora 4°; sei posizioni guadagnate, ndr), il che non deve preoccupare gli altri favoriti, poiché il britannico ha già mostrato dei limiti in montagna sin dalla Grand Départ di Barcellona e oggi rischia di pagare caro lo sforzo di ieri.

Mads Pedersen ha illuminato l’intera giornata

Mauro Schmid è comunque un osso duro, un mostro di tenacia, ed è proprio ciò che serve in questo Tour de France, nel quale non c’è un attimo di tregua, per farsi valere. Anche Michael Matthews ci ha ricordato quanto sia un guerriero agguerrito, lui che sta tornando al meglio dopo essersi fratturato entrambi i polsi all’inizio di marzo, una caduta che ha ulteriormente rimandato il suo sogno di vincere la Milano-Sanremo. E che dire di Mads Pedersen, che ha illuminato l’intera giornata, tenace tra i più tenaci? La maglia verde ha dovuto rimettere in sesto una situazione che si era messa male, dato che i suoi compagni della Lidl-Trek non erano presenti nel primo gruppo, e il danese ha dovuto lanciarsi in volata per raggiungere il secondo, proprio all’ultimo momento.

Ha poi guidato la battaglia per oltre 35 chilometri nel gruppo di inseguimento, guadagnando cinque secondi alla volta, per poi trovare ancora le energie per disputare lo sprint intermedio, arrivando secondo dietro a Jasper Philipsen e consolidando la sua maglia verde. E quando aveva «terminato» la sua tappa, staccato ai piedi del Ballon d’Alsace, lo si è visto ancora porgere borracce al suo leader della classifica generale, Juan Ayuso, nel gruppo, spruzzarlo d’acqua e offrire un ultimo turno di cambi, al culmine della sofferenza, in testa al gruppo. Mads Pedersen è un corridore di prim’ordine da classiche, un protagonista di spicco del Tour de France, un gregario ammirevole. È la quintessenza del corridore, un motivo formidabile per amare il ciclismo.

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Parfaitement à l’heure

Mauro Schmid a remporté, hier à Belfort, sa première étape sur le Tour de France. Derrière son apparente décontraction se cache un vrai mordu de vélo et un coureur méticuleux.

18 Jul 2026 - L'Équipe
ÉLOI THOUAULT

BELFORT – Une fois de plus, hier matin, Mauro Schmid a pris son temps. Après le petit déjeuner à l’hôtel, le Suisse est arrivé le dernier au bus, comme souvent. Une scène presque devenue un petit rituel chez Jayco-AlUla. « Dernier mais toujours à l’heure, à la seconde près ! » , insiste Michael Matthews, son équipier australien qui a partagé avec lui une bonne partie de la journée à l’avant de la course. Steve Cummings, son directeur sportif, connaît aussi le refrain par coeur. « Parfois, on l’appelle notre “Suisse Colombien”, parce qu’il est toujours le dernier au petit déjeuner, le dernier à monter dans le bus. Mais ce qui est dingue, c’est qu’il n’est jamais en retard. »

Il faut croire que cette fameuse « montre suisse » , comme l’ont baptisé certains chez Jayco-AlUla, dont le champion d’Allemagne Felix Engelhardt, fonctionne plutôt bien. Battu d’un rien l’an passé à Toulouse par Jonas Abrahamsen après un sprint à deux, Schmid a, cette fois, choisi le bon moment pour appuyer sur le bouton dans les ultimes mètres et décrocher, enfin, sa première victoire sur le Tour de France devant Harold Tejada (XDS Astana) au bout de l’étape la plus longue de cette Grande Boucle (205,8 km).

Un coureur « détendu, mais dans le bon sens »

Parce que, oui, le Suisse (26 ans), vainqueur d’une étape sur le Giro en 2021, aime prendre son temps. Luimême le reconnaissait en conférence de presse, il apprécie « vraiment dormir tard » . Habituellement, le garçon, champion national en 2024 et 2025, est plutôt du genre à arriver dans les derniers sur la ligne de départ. Hier matin, à Dole, il avait pourtant décidé de bousculer un peu ses habitudes. « Aujourd’hui (hier), j’étais même parmi les premiers, parce que je savais qu’il fallait être placé devant, a-t-il raconté après sa victoire. Les premiers kilomètres étaient déjà très sinueux et, pour être dans l’échappée, il fallait être bien positionné rapidement. »

Une petite entorse à son traintrain quotidien qui raconte aussi l’évolution d’un coureur longtemps résumé à son côté « détendu, mais dans le bon sens » , comme le décrit son directeur sportif Mathew Hayman. Un garçon capable de prendre les choses avec recul, parfois même trop, puisqu’il reconnaissait lui-même ne pas avoir « toujours été capable par le passé de [se] battre jusqu’au bout » . Mais derrière cette nonchalance apparente se cache un vrai mordu de cyclisme.

Du VTT à la route en passant par la piste

À quinze kilomètres de Zurich, dans sa Suisse natale, Schmid a grandi dans une famille où le vélo faisait déjà partie du décor. Son père, Pius, était un excellent coureur avant de ranger le vélo à 23 ans pour reprendre une concession automobile. Mauro, lui, n’a jamais vraiment réussi à décrocher. Petit, il passe des heures sur un VTT, découvre la route vers douze ans, puis tombe amoureux du cyclo-cross. Il goûte même à la piste chez les juniors, une parenthèse qui l’emmènera jusqu’aux Jeux Olympiques de Tokyo.

Même lorsqu’il commence un apprentissage de mécanicien dans l’entreprise familiale à seize ans, il trouve toujours un moment pour enfourcher sa bécane. Une quarantaine d’heures par semaine à réparer des voitures, puis des sorties tôt le matin ou après le travail. Un forcené de travail et surtout « très calculateur en course » selon son directeur sportif Cummings. « Mauro aime énormément les détails, pour suit-il. Si vous allez au fond des choses avec lui, vous pouvez construire un processus : comment gagner cette étape ? Comment travailler sur ce point ? » . À force de peaufiner chaque détail, le Suisse a fini par régler l’heure de sa victoire.

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Puntuale come sempre

Mauro Schmid ha vinto ieri a Belfort la sua prima tappa in carriera al Tour de France. Dietro la sua apparente disinvoltura si nasconde un corridore meticoloso e vero appassionato di ciclismo .

18 luglio 2026 L'Équipe 
ÉLOI THOUAULT

BELFORT – Ancora una volta, ieri mattina, Mauro Schmid se l’è presa comoda. Dopo la colazione in hotel, lo svizzero è arrivato per ultimo all’autobus, come spesso accade. Una scena che è quasi diventata un mini-rituale alla Jayco-AlUla. «Ultimo ma sempre puntuale, al secondo!», sottolinea Michael Matthews, il suo compagno di squadra australiano che ha condiviso con lui gran parte della giornata in testa alla corsa. Anche Steve Cummings, il suo direttore sportivo, conosce bene la storia. «A volte lo chiamiamo il nostro “Svizzero colombiano”, perché è sempre l’ultimo a fare colazione, l’ultimo a salire sull’autobus. Ma la cosa pazzesca è che non è mai in ritardo».

A quanto pare, quel famoso «orologio svizzero», come lo hanno soprannominato alcuni alla Jayco-AlUla, tra cui il campione nazionale tedesco Felix Engelhardt, funziona piuttosto bene. Battuto per un soffio l’anno scorso a Tolosa da Jonas Abrahamsen dopo uno sprint a due, Schmid questa volta ha scelto il momento giusto per dare il massimo negli ultimi metri e conquistare, finalmente, davanti a Harold Tejada (XDS Astana), la sua prima vittoria al Tour de France al termine della tappa di questa Grande Boucle più lunga (205,8 km).

Un corridore «rilassato, ma nel senso buono»

Perché, sì, lo svizzero (26 anni), vincitore di una tappa al Giro nel 2021, ama prendersela comoda. Lo ha ammesso lui stesso in conferenza stampa: gli piace «davvero dormire fino a tardi». Di solito, il ragazzo, campione nazionale nel 2024 e nel 2025, è piuttosto il tipo che arriva tra gli ultimi sulla linea di partenza. Ieri mattina, a Dole, aveva però deciso di stravolgere un po’ le sue abitudini. «Oggi (ieri) ero addirittura tra i primi, perché sapevo che bisognava stare davanti», ha raccontato dopo la vittoria. «I primi chilometri erano già molto tortuosi e, per entrare nella fuga, bisognava posizionarsi bene fin da subito».

Una piccola deviazione dalla sua routine quotidiana che racconta anche l’evoluzione di un corridore a lungo descritto come «rilassato, ma nel senso buono», come lo definisce il suo direttore sportivo Mathew Hayman (vincitore della Roubaix 2016, ndr). Un ragazzo capace di prendere le cose con distacco, a volte anche troppo, dato che lui stesso ammetteva di non essere stato «sempre in grado, in passato, di lottare fino alla fine». Ma dietro questa apparente nonchalance si nasconde un vero appassionato di ciclismo.

Dalla mountain bike alla strada, passando per la pista

A quindici chilometri da Zurigo, nella sua Svizzera natale, Schmid è cresciuto in una famiglia in cui la bicicletta faceva già parte del quotidiano. Suo padre, Pius, era un ottimo corridore prima di appendere la bicicletta al chiodo a 23 anni per rilevare una concessionaria di automobili. Mauro, invece, non è mai riuscito davvero a staccarsi da questo mondo. Da bambino trascorreva ore in sella a una mountain bike, ha scoperto la strada intorno ai dodici anni, per poi innamorarsi del ciclocross. Ha persino provato la pista nella categoria juniores, una parentesi che lo porterà fino alle Olimpiadi di Tokyo 2021.

Anche quando, a sedici anni, inizia un apprendistato come meccanico nell’azienda di famiglia, trova sempre il tempo per salire in sella alla sua bici. Una quarantina di ore la settimana a riparare auto, poi uscite la mattina presto o dopo il lavoro. Un maniaco del lavoro e soprattutto «molto calcolatore in gara», secondo il suo direttore sportivo Cummings. «Mauro ama moltissimo i dettagli», continua. «Se vai a fondo delle cose con lui, puoi costruire un percorso: come vincere questa tappa? Come lavorare su questo punto?». A forza di perfezionare ogni dettaglio, lo svizzero è riuscito a fissare l’ora della sua vittoria.

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