Paul Seixas, l’étincelle attendue pour réveiller le Tour


PAPON BERNARD / PRESSE SPORTS
Paul Seixas est actuellement 6e du classement général avant l’arrivée dans les Vosges.

Le leader de l’équipe Decathlon CMA CGM peut électriser un événement au suspense assoupi.

18 Jul 2026 - Le Figaro
Jean-Julien Ezvan Envoyé spécial à Belfort

Dans sa bulle. À Dole, au départ de la 13e étape, blanc comme un cierge, Paul Seixas sort du car de l’équipe Decathloncma CGM, lâche un frêle sourire à destination des supporteurs venus l’encourager, sa seule fantaisie. Le reste est millimétré, un bidon, un échange rapide avec un assistant et le prodige français plonge dans une nouvelle journée de découvertes. Il traverse la chaleur sans ciller, fend la foule. Les cris, le bruit, l’événement glissent sur sa silhouette longiligne. Maître de ses gestes, de ses mots et de ses émotions. Protégé, couvé par son équipe. Il cristallise les regards, aimante les questions. Au sujet d’un futur qui donne le tournis aux rumeurs du marché des transferts. Au coeur de la bataille pour le podium à Paris. Sixième du classement général (à 4’35 de l’intouchable Tadej Pogačar; à 59’’ seulement de la 2e place du friable Danois Jonas Vingegaard), deuxième du classement du maillot blanc de meilleur jeune (à 13’’ de l’espagnol Juan Ayuso).

Le Lyonnais s’est, à 19 ans (plus jeune coureur au départ depuis 1937) hissé à la hauteur de l’événement lors du contrela-montre par équipes d’ouverture à Barcelone, sur le premier sommet (4e aux Angles), face aux géants du Tour (5e de l’étape ayant escaladé les cols d’aspin et du Tourmalet sur la route du cirque de Gavarnie), avant de décrocher son premier podium sur une étape du Tour (3e) au Lioran dans le Cantal au terme d’une étape furieuse qui n’offrait pas le moindre centimètre de plat et n’a pas libéré un souffle d’air. Avant cela, il ne s’est pas affolé quand une crevaison l’a contraint à une folle course-poursuite dans les rues de Barcelone (2e étape) et qu’il a senti perler les sueurs froides dans la touffeur. Il a évité les pièges, digéré les efforts, vécu en quinze jours ce que les livres et les longues séances d’entraînement ne peuvent raconter. Et donné l’impression d’une montée en puissance pleine de promesses.

Lui qui n’avait jamais dépassé les courses par étapes de huit jours se frotte au tourbillon d’une épreuve qui ne débranche jamais, procure une énergie folle dont il faut se méfier. La fatigue peut tomber d’un seul coup, la disperteurs sion est un piège qui a avalé ceux qui ont été prompts à se laisser étourdir par l’exposition et la folle et éphémère notoriété d’un été. Paul Seixas reste à distance. Par précaution, il a, durant quelques jours, porté un masque FFP2. Loin des étapes, le Lyonnais s’applique à rester à l’ombre de l’événement tant qu’il peut. Pour ne pas se brûler les ailes. Concentré sur une idée, une envie. Briller. Sans attendre. Il voulait vivre le Tour. Sans se contenter de l’accompagner. Il sait que le plus dur l’attend. Avec un week-end nature truffé de difficultés, d’abord dans les Vosges ce samedi, par l’inédit col du Haag pour atteindre le Markstein (une arrivée qui avait vu le Tour pleurer à chaudes larmes pour accompagner le dernier passage de Thibaut Pinot en 2023) avec 3 800 m de dénivelé positif, puis le lendemain, sur le plateau de Solaison, en Haute-savoie (3 950 m de dénivelé positif). Avant la troisième semaine de tous les dangers, avec le contre-lamontre (Évian-Thonon-les-Bains), une arrivée symbolique à Orcièresmerlette et deux étapes accrochées au sommet de l’Alpe d’Huez, précédant le défilé sur les Champs-élysées et le désormais traditionnel passage dans la côte de la butte Montmartre.

« On va rester assez humble par rapport à nos objectifs. On sait qu’il y a des étapes importantes qui arrivent. On fera bien sûr un bilan comme à chaque fois à l’issue de cette deuxième semaine. On ne se projette pas du tout en se disant qu’il y a peut-être une belle opportunité de monter sur le podium. On connaît l’intensité du Tour de France, on connaît cette fameuse troisième semaine. Paul, lui, ne connaît pas. On ne va pas s’affoler et se voir plus grand qu’on l’est. On reste bien les deux pieds sur terre. Les sensations sont bonnes. Les étapes de sprinteurs se sont bien déroulées, pas de problème, pas de chute. On va vraiment faire un focus sur samedi et dimanche », détaille Julien Jurdie, l’un des direcintérieure sportifs de l’équipe Decathlon CMA CGM. Avant d’ajouter : « Pour l’étape de samedi qu’on a reconnue avec Paul début mai, on ne part pas dans l’inconnu. C’est une étape difficile. On est dans un massif intermédiaire, les Vosges, mais ce sont des cols. Le Markstein, honnêtement, pour l’avoir reconnu, c’est vraiment un col difficile qui est très irrégulier sur des petites routes, même si l’arrivée ne se situe pas à son sommet. On pourra faire un vrai bilan à l’issue de ces deux étapes de montagne. »

Graine de star

Paul Seixas porte l’ambition d’une équipe solide, soudée qui a brillé au sprint (le Néerlandais Olav Kooij, vainqueur d’étape à Pau ; 3e à Bergerac, 2e à Nevers et Chalon-sur-saône). Un groupe complet avec le Belge Tiesj Benoot, les Français Aurélien Paret-Peintre et Nicolas Prodhomme et l’italien Matthew Riccitello. Julien Jurdie assure : «C’est important d’avoir un groupe fort autour de Paul durant ces deux étapes difficiles. Je pense que le groupe est performant. La confiance est là aussi. On voit que Paul récupère très bien, avance bien dans ses objectifs. Ça met tout le monde en confiance. On vient de faire trois podiums sur les trois premières étapes de la seconde semaine. On est optimiste. Ça se passe plutôt bien et collectivement, on a hâte de batailler samedi et dimanche .»

Une impatience incarnée par Paul Seixas, qui veut poursuivre l’aventure dans un événement qu’il suivait enfant à la télévision avec son grand-père. Bien décidé à agiter l’espoir, pour laisser filer un immense courant d’air frais sur un Tour souffrant de l’extrême domination de Tadej Pogačar et de son équipe UAE Team Emirates. Paul Seixas va se poser, visage fermé, regard déterminé au pied des neuf jours les plus exaltants de sa jeune carrière. Il va s’appliquer, fidèle à ses habitudes, à ne rien changer. Obsédé par l’envie de bien faire. Et de le faire vite. Graine de star. Le Lyonnais, néophyte, efface les obstacles d’un Tour qui restera dans les mémoires. Pour les dix jours de canicule, la première étape de l’histoire raccourcie en raison des fortes chaleurs (Malemort-Ussel, 9e), la moyenne record enregistrée sur une étape en ligne (50,9 km/h entre Vichy et Nevers lors de la 11e étape remportée par le Norvégien Soren Waerenskjold, effaçant les 50,36 km/h réalisés en 1999 entre Laval et Blois)… Et pour les débuts attendus d’un phénomène.

Le dernier podium d’un Français sur le Tour de France date de Romain Bardet, 3e en 2017 (il intégrera en janvier l’organigramme de l’équipe savoyarde). À distance de Tadej Pogačar qui fonce ventre à terre vers le record des cinq Tours de France victorieux (pour rejoindre Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain), le Lyonnais peut viser le podium sur les Champs-élysées le 26 juillet. Et déclencher, peut-être, la frénésie qui a pu accompagner sur les routes Richard Virenque, Thomas Voeckler, Julian Alaphilippe ou Thibaut Pinot. Paul Seixas veut surtout que ses résultats parlent pour lui. Pour prendre date. Avant, très bientôt, de viser plus haut…

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Premier succès pour le Suisse Schmid

18 Jul 2026 - Le Figaro
Gilles Festor

Les Français attendront encore pour ouvrir leur compteur de victoire dans la 113e édition du Tour de France. Entre Dole et Belfort, Mauro Schmid (Jayco-alula) s’est adjugé son premier succès dans la Grande Boucle en s’imposant au sprint devant le Colombien Harold Tejada (XDS Astana Team). À 16 kilomètres de l’arrivée, les deux hommes sont parvenus à s’extirper du groupe d’échappés au sein duquel Kévin Vauquelin (Netcompany Ineos) et Jordan Jegat (Totalenergies), tous les deux très en vue, s’étaient glissés. Le peloton et les favoris ont coupé la ligne avec 7’ 33” de retard à l’issue d’une étape menée à un rythme d’enfer.

Après le record signé jeudi (entre Vichy et Nevers à 50,9 km/h), le vainqueur a parcouru les 206 km à la moyenne vertigineuse de 50 km/h, malgré l’ascension du Ballon d’alsace.

Classement 13e étape :
1. Schmid (SUI/JAY) les 205,8 km en 4 h 06’ 58”. ; 
2. Tejada (COL/XAT) à 0”. ;
3. Pidcock (G-B/Q36) 2”...

Classement général : 
1. Pogacar (Slo/ UAD) 47 h 18’ 31”; 
2. Vingegaard (Dan/ TVL) à 3’ 36”; 
3. Evenepoel (BEL/RBH)… 

14e étape, samedi (13 h 30) : Mulhouse-le Markstein Fellering (155,3 km). 
15e étape, dimanche (13 h 20) : Champagnole-plateau de Solaison (183,9 km).ot Well Writtn

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