Grégoire : « Pourquoi pas moi ? »


Romain Grégoire, vainqueur de la Drôme Classic, rêve de Milan-San Remo.

Après sa 4e place sur les Strade Bianche, le leader de Groupama-FDJ United revient sur Milan-San Remo avec l’espoir de basculer avec les cadors, en haut de la Cipressa. 
L’an passé, il avait été le dernier à craquer à la suite de l’attaque de Tadej Pogačar

"L’objectif est de faire comme l’an dernier, 
essayer de basculer avec eux, quitte à exploser"
   - ROMAIN GRÉGOIRE

20 Mar 2026 - L'Équipe
JULIEN CHESNAIS

SAN REMO (ITA) – Vainqueur de Liège-Bastogne-Liège chez les espoirs, Romain Grégoire s’est orienté naturellement vers les Ardennaises à ses débuts en World Tour, en 2023. Ce printemps, le Français de 23 ans s’aventurera pour la première fois sur les Flandriennes, un terrain où son punch, son agilité et sa vista devraient pouvoir tout aussi bien s’exprimer.

Mais avant cela, demain, il y a Milan-San Remo, un monument qui l’attire depuis gamin et dont « il fantasme », assure même son manager Marc Madiot. « Je la regardais tous les ans car c’est une super belle course et il peut se passer pas mal de choses dans le final, nous confiait le leader de Groupama-FDJ United, avant-hier, après avoir reconnu les quarante derniers kilomètres.

Il y a quelques années, il n’aurait pourtant même pas songé à y participer « vu mon profil et alors qu’il s’agissait d’une course plutôt promise aux sprinteurs. Mais l’évolution du peloton fait que ça devient de plus en plus dur, de plus en plus typé pour les puncheurs. C’est pour ça que je me retrouve, aujourd’hui, à disputer cette course-là. »

Ainsi, dès sa découverte de la Classicissima, l’an passé, il fut le dernier mortel à s’accrocher dans la roue des trois titans qui s’étaient envolés dans la Cipressa, Mathieu van der Poel (1er), Filippo Ganna (2e) et Tadej Pogačar(3e). Un coup d’éclat qui pèse bien moins dans son esprit que sa 30e place au bout de la Via Roma, l’ancien champion d’Europe juniors ne jurant que par le prisme froid du résultat. « Pour lui ça a été une déception, une frustration » nous rapportait, en décembre, son entraîneur Maxime Latourte. « Je trouve que ça a fait beaucoup de bruit pour ce que ça a été », confiait alors Grégoire. J’ai juste suivi 30-40 secondes avant d’exploser comme tous les autres. Bien sûr, ça m’a aidé, non pas à me décomplexer, mais à me dire que j’étais capable de les suivre sur une attaque. Mais j’ai vu aussi qu’il m’en a manqué. Ça m’a poussé à vouloir me remettre dans cette situation-là pour essayer d’aller plus loin. »

C’est ce qu’il a su faire, ensuite, sur le Tour de France, en finissant dans la roue des cadors à Boulogne-sur-Mer (4e) et Rouen (5e). Et il a franchi un nouveau cap, le 7 mars, en terminant 4e des Strade Bianche, un résultat qui lui donne l’envie « d’aller chercher plus haut ».

Depuis, le Bisontin s’est réfugié dans son nouveau pied à terre, à Nice, pour se reposer en vue de la Primavera. « Les Strade m’ont donné pas mal de confiance, mais San Remo est une course bien différente, s’avance-t-il prudemment. C’est un combat d’une tout autre nature. Il faut être capable de mettre un coup de kick après 290 kilomètres. Mais je pense que quand la forme est là, les mêmes coureurs sont devant. Donc pourquoi pas moi ? »

Ses jambes répondent bien, « tout est en ligne », assure le vainqueur de la Faun Drôme Classic. Au point de se sentir capable, cette fois, de résister jusqu’au bout à l’attaque attendue de Pogačar? « Je ne sais pas, répète-t-il deux fois. J’espère, mais je ne vais pas dire que oui, c’est bon, ça y est, cette fois je suis prêt. J’aimerais bien réessayer en tout cas. Je n’ai aucun regret de ce qu’il s’est passé l’an dernier. Si c’était à refaire, je ferais la même chose. L’objectif est de faire comme en 2025 , essayer de basculer avec eux, quitte à exploser. Ce ne sera pas chose facile. Mais pour gagner, c’est la seule solution. Quand Van der Poel et Pogacar sont en tête, on ne les a jamais vus se faire reprendre. » Il ne s’attend pas à un autre scénario que celui de l’an passé. « Son équipe va encore vouloir monter le plus vite possible la Cipressa pour lancer Pogačar. Après, j’ai du mal à croire qu’ils soient cinq ou six UAE au pied. C’est juste impossible, le placement en vue de la Cipressa est sûrement le plus difficile de l’année. Mais dans tous les cas, ça va monter vite. Et Pogacar voudra déclencher la course tôt. »

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