La revanche de la Primavera


La lumière du bord de mer, la tension qui monte après une si longue attente, le relief apporté par 
Tadej Pogačar et Mathieu van der Poel, tout concourt à faire désormais de Milan-San Remo (ici 
le peloton dans le Capo Berta l’an dernier), l’une des classiques les plus attirantes de la saison.

Le premier Monument de l’année, longtemps raillé pour son ennui, retrouve des couleurs depuis l’an dernier dans le sillage de la bataille entre Tadej Pogačar et Mathieu van der Poel.

«Elle est née plutôt pour les sprinteurs, 
mais laisse aussi de l’espace 
et de la liberté d’interprétation pour un grimpeur»
   - VINCENZO NIBALI, VAINQUEUR EN 2018

«L’envie de Pogačar de gagner cette course 
et la difficulté qu’il a à la remporter font 
que c’est probablement la chose la plus attrayante, 
la plus excitante du cyclisme»
   - FILIPPO POZZATO, VAINQUEUR EN 2006

«Même si les sprinteurs ont moins de chance, 
je trouve toujours que c’est une course merveilleuse»
   - ERIK ZABEL, VAINQUEUR EN 1997, 1998, 2000, 2001

20 Mar 2026 - L'Équipe
DE NOS ENVOYÉS SPÉCIAUX THOMAS PEROTTO et ALEXANDRE ROOS

SAN REMO (ITA) – Le haut patronage a beau être serti de noir et blanc, il porte parfois en lui une bonne teinte de contemporanéité. « Ce n’est plus une course, c’est une acrobatie » , maugréait Jacques Anquetil. « Il est scandaleux d’engager plus de 250 coureurs sur les routes du littoral, lui emboîtait, quelques années après, Felice Gimondi. Nous passons tout notre temps à éviter la chute, la peur au ventre. Le moindre incident a pour effet de vous projeter dans les profondeurs et il faut ensuite multiplier les pirouettes pour revenir en bonne position. »

Le Français n’a jamais gagné Milan-San Remo (10e en 1958 pour meilleur résultat), l’Italien l’a domptée en 1974, mais tous deux soulignaient le caractère imprévisible du premier Monument de l’année. Loin des procès en ennui et langueurs distillés ces dernières années ou décennies.

La Primavera était cette lointaine cousine, sujette aux moqueries, celle qu’on regarde d’un oeil un peu distrait en mars parce qu’il faut bien trouver une occupation pendant que le ragù e la polenta mijotent sur le feu. Tapis dans l’ombre, ses défenseurs étaient et demeurent nombreux. « C’est la course la plus tendue de l’année, une des plus bandantes franchement. C’est un mythe et il ne faut surtout ne pas y toucher, sinon ça va perdre sa magie », s’enthousiasme Marc Madiot. San Remo, c’est magique, quel que soit le coureur qui gagne, tu as le frisson. C’est irremplaçable. » « Ça a toujours été la course de mes rêves d’enfant, celle que je regardais avec mon père, souligne Alessandro Petacchi, vainqueur au sprint via Roma en 2005. Je suis tout de suite tombé amoureux de la Primavera, où tout se jouait à la fin, au bout du bout des 300 kilomètres. Et quand j’ai compris que j’avais de la chance de la gagner, j’en ai été encore plus amoureux… »

« Une des plus belles classiques dans l’absolu, assure aussi Vincenzo Nibali, qui a triomphé en solitaire en 2018. C’est une course née plutôt pour les sprinteurs, mais qui laisse aussi de l’espace et de la liberté d’interprétation pour un grimpeur. Donc même un coureur comme (Tadej) Pogačar, un coureur de grands Tours, peut réussir à gagner Milan-San Remo. »

Pogacar… Son nom est pour beaucoup dans le regain d’intérêt pour le Monument italien du printemps. Deux fois vainqueur du Tour des Flandres, trois fois du Tour de Lombardie et cinq fois de Liège-Bastogne-Liège, le Slovène bute encore sur Milan-San Remo (deux fois 3e en 2025 et 2024), comme il a buté sur Paris-Roubaix l’an dernier pour ses débuts sur les pavés du Nord.

Il a planté quelques incertitudes et charrié son lot d’excitation et d’attentes. « Une course fascinante mais celle qui était la moins adaptée à mes qualités, sourit Michele Bartoli (55 ans), qui a, à ce jour, remporté les mêmes Monuments que Pogačar. Les autres étaient des courses où l’athlète pouvait inventer des choses, avoir de la fantaisie. Milan-San Remo se jouait tout le temps au même endroit, il y avait de l’ennui, un manque de suspense. Avec Pogačar, on a le sentiment que ce n’est plus le cas. Ce n’était pas le Monument que je cochais en premier sur l’agenda mais là, c’est peut-être différent… »

« Je pense que Pogačar a beaucoup changé les choses à ce niveau, approuve Filippo Pozzato, qui avait succédé à Petacchi en 2006. Son envie de gagner cette course et la difficulté qu’il a à la remporter, en raison de ses caractéristiques physiques, font que c’est probablement la chose la plus attrayante, la plus excitante du cyclisme en ce moment. Il a un rival comme (Mathieu) van der Poel, qui lui tient tête et qui a montré qu’il est peut-être le seul à pouvoir avoir un petit quelque chose en plus dans ces courses. Ça devient vraiment beau à regarder pour tout le monde. »

« Ces deux dernières années, c’est devenu une course atypique car Pogačar, un coureur incroyable, peut décider à tout moment de l’endroit où la course se gagne, alors qu’il n’y avait pas beaucoup de scénarios différents avant, analyse Petacchi. J’ai toujours regardé mais je comprends que d’autres se sont remis à l’aimer depuis peu. »

Au point d’être présentée comme la plus sexy de l’année 2026, à égalité avec Paris-Roubaix, pour son côté instant suspendu et incertain ? « L’excitation est là aussi parce qu’à part quelques coureurs, tous les champions sont là. Et la veulent. Le timing est millimétré » , observe Laurent Jalabert, vainqueur en 1995.

« C’est la course la plus longue de l’année, mais elle passe vite et elle se joue sur quelques secondes, rejoue Madiot (8 participations, 10 en 1984). Et tu ne sais pas où. Tu penses que ça va se jouer en haut du Poggio ou dans le sprint, ou dans la Cipressa, mais ça peut aussi se passer dans le Turchino, parce que si ça se passe mal, si la descente est mouillée, si ci ou ça… Tu n’es jamais sûr de rien. Tout Pogačar qu’il est, il peut avoir une merde à un mauvais moment, même si je ne le souhaite pas. Tout van der Poel qu’il est, ça peut lui riper des mains. C’est un coup de millimètre. »

Pur sprinteur, quatre fois vainqueur de la Primavera (1997, 1998, 2000, 2001), Erik Zabel a constaté une évolution dans le profil des tout meilleurs. « San Remo a changé et il me semble que c’est aujourd’hui beaucoup plus contrôlé par les équipes des grands favoris, UAE pour Pogačar, Alpecin pour van der Poel, voire parfois Visma pour Van Aert, décrypte l’Allemand. Même si les sprinteurs ont moins de chance, je trouve toujours que c’est une course merveilleuse. Parce que l’essence de la course n’a pas tant changé. Pour un certain type de sprinteurs, forts et puissants, avec beaucoup de muscles, c’est devenu presque impossible de survivre jusqu’à la via Roma mais d’autres le peuvent, comme Jasper Philipsen (vainqueur en 2024). C’est toujours palpitant de voir parmi les sprinteurs qui peuvent passer avec les meilleurs. »

Entre Pogačar qui s’y voit déjà, van der Poel qui s’y voit toujours et tous les autres qui s’y verraient bien, San Remo fait frétiller du monde. Un goût de revanche loin d’être usurpé. 

***

La luce del mare, la tensione che sale dopo una così lunga attesa, il contributo dato da 
Tadej Pogačar e Mathieu van der Poel: tutto concorre a rendere ormai la Milano-Sanremo (qui 
il gruppo sul Capo Berta lo scorso anno) una delle classiche più avvincenti della stagione.

La rivincita della Primavera

La prima Monumento dell’anno, a lungo derisa per la sua noia, sta ritrovando smalto dallo scorso anno sulla scia della battaglia tra Tadej Pogačar e Mathieu van der Poel.

«È nata piuttosto per i velocisti, ma lascia anche spazio 
e libertà di interpretazione per uno scalatore»
   - VINCENZO NIBALI, VINCITORE NEL 2018

«La voglia di Pogačar di vincere questa gara 
e la difficoltà che ha nel conquistarla fanno 
sì che sia probabilmente la cosa più attraente, 
la più emozionante del ciclismo»
   - FILIPPO POZZATO, VINCITORE NEL 2006

«Anche se gli sprinter hanno meno possibilità, 
trovo sempre che sia una gara meravigliosa»
   - ERIK ZABEL, VINCITORE NEL 1997, 1998, 2000, 2001

20 mar 2026 - L'Équipe
Dai nostri inviati speciali THOMAS PEROTTO e ALEXANDRE ROOS

SANREMO (ITA) – Per quanto il patrocinio sia intriso di bianco e nero, a volte racchiude in sé una buona dose di contemporaneità. «Non è più una gara, è un’acrobazia», brontolava Jacques Anquetil. «È scandaloso far gareggiare più di 250 corridori sulle strade del litorale», gli faceva eco, qualche anno dopo, Felice Gimondi. «Passiamo tutto il tempo a evitare la caduta, con la paura nello stomaco. Il minimo incidente ha l’effetto di proiettarti nelle retrovie e poi bisogna moltiplicare le piroette per tornare in buona posizione».

Il francese non ha mai vinto la Milano-Sanremo (10° nel 1958 come miglior risultato), l’italiano l’ha domata nel 1974, ma entrambi sottolineavano il carattere imprevedibile della prima Monumento dell’anno. Lontano dalle accuse di noia e languore diffuse negli ultimi anni o decenni.

La (Classicissima di) Primavera era quella lontana cugina, oggetto di scherno, quella che si guarda con un occhio un po’ distratto a marzo perché bisogna pur trovare qualcosa da fare mentre il ragù e la polenta cuociono lentamente sul fuoco. Nascosti nell’ombra, i suoi sostenitori erano e rimangono numerosi. «È la gara più tesa dell’anno, una delle più eccitanti, francamente. È un mito e non bisogna assolutamente toccarla, altrimenti perderà la sua magia», dice entusiasta Marc Madiot. La Sanremo è magica, chiunque la vinca, ti dà i brividi. È insostituibile.» « È sempre stata la gara dei miei sogni da bambino, quella che guardavo con mio padre», sottolinea Alessandro Petacchi, vincitore in volata in via Roma nel 2005. «Mi sono subito innamorato della Primavera, dove tutto si giocava alla fine, proprio alla fine dei 300 chilometri. E quando ho capito che avevo la possibilità di vincerla, me ne sono innamorato ancora di più… »

«Una delle classiche più belle in assoluto», assicura anche Vincenzo Nibali, che ha trionfato in solitaria nel 2018. «È una gara pensata piuttosto per i velocisti, ma che lascia spazio e libertà di interpretazione anche a uno scalatore. Quindi anche un corridore come (Tadej) Pogačar, un corridore da grandi Giri, può riuscire a vincere la Milano-Sanremo».

Pogačar… Il suo nome ha contribuito in modo determinante al rinnovato interesse per la Monumento italiana di primavera. Due volte vincitore del Giro delle Fiandre, tre volte del Giro di Lombardia e cinque volte della Liegi-Bastogne-Liegi, lo sloveno continua a inciampare sulla Milano-Sanremo (due volte terzo, nel 2025 e nel 2024), così come ha fatto sulla Parigi-Roubaix lo scorso anno al suo debutto (da professionista, ndr) sul pavé del Nord.

Ha seminato qualche incertezza e portato con sé la sua dose di eccitazione e aspettative. «Una gara affascinante, ma quella meno adatta alle mie qualità», sorride Michele Bartoli (55 anni), che, a oggi, ha vinto le stesse Monumento di Pogačar. Le altre erano gare in cui l’atleta poteva inventare qualcosa, dare sfogo alla fantasia. La Milano-Sanremo si giocava sempre nello stesso punto, c’era noia, mancanza di suspense. Con Pogačar, si ha la sensazione che non sia più così. Non era la Monumento che segnavo per prima in agenda, ma ora forse è diverso…».

«Penso che Pogačar abbia cambiato molto le cose a questo livello», concorda Filippo Pozzato, che nel 2006 era succeduto a Petacchi. «La sua voglia di vincere questa gara e la difficoltà che ha nel conquistarla, date le sue caratteristiche fisiche, fanno sì che sia probabilmente la cosa più affascinante ed emozionante del ciclismo in questo momento. Ha un rivale come (Mathieu) van der Poel, che gli tiene testa e che ha dimostrato di essere forse l’unico in grado di avere quel qualcosa in più in queste gare. Diventa davvero bello da vedere per tutti».

«Negli ultimi due anni è diventata una gara atipica perché Pogačar, un corridore incredibile, può decidere in qualsiasi momento dove si vince la gara, mentre prima non c’erano molti scenari diversi», analizza Petacchi. «L’ho sempre seguita, ma capisco che altri abbiano ricominciato ad amarla solo di recente.»

Al punto da essere presentata come la più sexy del 2026, a pari merito con la Parigi-Roubaix, per quel suo momento sospeso e incerto? «L’emozione c’è anche perché, a parte pochi corridori, tutti i campioni sono lì. E la vogliono. Il tempismo è millimetrico», osserva Laurent Jalabert, vincitore nel 1995.

«È la gara più lunga dell’anno, ma passa in fretta e si decide in pochi secondi», ripete Madiot (8 partecipazioni, 10^ nel 1984). «E non sai mai dove. Pensi che si deciderà in cima al Poggio o nello sprint, o sulla Cipressa, ma può succedere anche sul Turchino, perché se le cose vanno male, se la discesa è bagnata, se questo o quello… Non sei mai sicuro di nulla. Per quanto sia Pogačar, può avere un problema nel momento sbagliato, anche se non glielo auguro. Per quanto sia van der Poel, può sfuggirgli dalle mani. È una questione di millimetri.”

Velocista puro, quattro volte vincitore della Primavera (1997, 1998, 2000, 2001), Erik Zabel ha notato un’evoluzione nel profilo dei migliori. «La Sanremo è cambiata e mi sembra che oggi sia molto più controllata dalle squadre dei grandi favoriti, la UAE per Pogačar, la Alpecin per van der Poel, a volte persino la Visma per Van Aert», spiega il tedesco. «Anche se i velocisti hanno meno possibilità, continuo a ritenerla una gara meravigliosa. Perché la sua essenza non è cambiata poi così tanto. Per un certo tipo di velocisti, forti e potenti, con molta massa muscolare, è diventato quasi impossibile resistere fino a via Roma, ma altri ci riescono, come Jasper Philipsen (vincitore nel 2024). È sempre emozionante vedere quali velocisti riescono a stare al passo con i migliori».

Tra Pogačar, che si vede già lì, van der Poel, che ci si vede sempre, e tutti gli altri che ci si vedrebbero volentieri, la Sanremo sta facendo fremere il mondo. Un desiderio di rivincita tutt'altro che infondato.

***

PEDERSEN DE RETOUR

Six semaines après sa chute au Tour de Valence (fracture au poignet gauche et à la clavicule droite), Mads Pedersen (30 ans) fait son retour à la compétition demain sur Milan - San Remo. « Honnêtement, je n'avais pas prévu de courir à San Remo mais après quelques entraînements intenses, nous pensons que c'est une bonne décision d'enfiler le dossard et de me remettre dans le bain de la compétition. C'est un bon point de départ avant les classiques belges », a indiqué le Danois de Lidl-Trek, 7e de la Primavera l’an dernier.

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