LES COUPS TACTIQUES DE LUIS ENRIQUE


Luis Enrique, le 11 mars, lors de la victoire 
des Parisiens en huitièmes de finale aller (5-2).

17 Mar 2026 - L'Équipe
EMERY TAISNE et LOÏC TANZI (avec J. Ba.)

Lors du huitième de finale aller contre Chelsea, l’entraîneur parisien a fait le choix de mettre Achraf Hakimi en individuel sur Enzo Fernandez. Ce n’était pas la première de ses innovations à l’occasion d’un match de Ligue des champions.

Ne lui parlez pas de système, mais plutôt de structure et d’animation. À première vue, le 4-3-3 de Luis Enrique semble immuable. En réalité, l’entraîneur espagnol (55 ans) le fait évoluer en permanence. Par petites touches. Des ajustements, des déplacements spécifiques, des façons de presser ou de défendre qui varient selon l’adversaire.

La philosophie de jeu du PSG, elle, reste stable. Mais l’adaptation est constante chez Luis Enrique. Lors de sa première saison parisienne, en 2023-2024, les « coups tactiques » étaient fréquents. Ils le sont un peu moins aujourd’hui, notamment après certaines remontées de joueurs parfois déboussolés par des consignes annoncées à la dernière minute. Le technicien considère toujours que ses hommes doivent être capables de s’adapter à toutes les situations.

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Hakimi, chien de garde de Fernandez

C’est un ajustement auquel Luis Enrique a déjà eu recours : amener de la densité dans le coeur de jeu pour perturber les circuits adverses. Identifié par le staff parisien comme le moteur de Chelsea, celui autour duquel s’articule le jeu des Blues, Enzo Fernandez s’est vu imposer un marquage individuel d’Achraf Hakimi dès les premières phases de possession londoniennes la semaine passée.

Le Marocain l’a suivi à la trace sans parvenir à annihiler son influence. Sur une touche vite jouée, l’Argentin a profité des erreurs de placement des Parisiens pour délivrer une passe décisive, avant de s’illustrer lui-même en transition. La séquence du deuxième but des Blues a exposé le revers du choix de Luis Enrique : Marquinhos a été beaucoup trop exposé.

La vitesse de Pedro Neto, notamment, a fait souffrir le Brésilien. Sans conséquence néfaste sur le scénario. Pendant que Fernandez s’éteignait peu à peu, Hakimi offrait à Kvaratskhelia le cinquième but parisien.

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Araujo ciblé au Camp Nou et... expulsé

Même saison, un tour plus tard. Encore un match retour à l’extérieur. Cette fois, Luis Enrique cible un point faible du FC Barcelone : Ronald Araujo. Le défenseur uruguayen n’est pas le relanceur le plus à l’aise de son équipe. L’entraîneur parisien l’a identifié. Quelques jours avant le match, il glisse l’idée à son staff: « On laisse sortir Araujo avec le ballon. Il va finir par le lâcher et on le presse. » Le message est répété aux joueurs lors de l’ultime réunion d'avant match : « À chaque fois qu’il a le ballon, on y va. » Une consigne donnée sans avoir travaillé ce schéma à l’entraînement. Le plan fonctionne. Sur une relance, le défenseur se manque et se retrouve obligé de faire faute sur Bradley Barcola, juste devant la surface, en position de dernier défenseur. Expulsion. Le Barça termine la rencontre à dix. Alors qu’ils menaient 1-0, les Catalans encaissent finalement quatre buts et quittent la compétition. Les Parisiens s’arrêteront à l’étape suivante.

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Dembélé au coeur du jeu à Saint-Sébastien
Real Sociedad-PSG : 1-2, le 5 mars 2024 (8es de finale retour)

Un peu plus de deux heures avant le coup d’envoi, dans une salle de leur hôtel de Saint-Sébastien, Luis Enrique réunit les joueurs du PSG pour le dernier discours et l’annonce de la composition. En espagnol – il ne maîtrise pas encore suffisamm entle français – , l’Asturien annonce une légère modification tactique. Sur la télévision installée dans la pièce apparaît l’organisation habituelle. Puis il précise alors que son schéma se met en mouvement: « On va faire quelque chose qu’on n’a jamais fait. Kyky (Mbappé) et Bradley (Barcola), vous allez vous écarter. “Ous” (Dembélé), tu vas redescendre. Faux numéro 9, meneur de jeu… Appelez ça comme vous voulez. » Une option intéressante sans le ballon, où le Français s’est montré précieux, mais moins convaincant avec.

Elle a toutefois eu le mérite de perturber la défense espagnole dès le début de la rencontre avec un pressing beaucoup moins efficace.

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Vitinha, sentinelle inattendue à Dortmund
Borussia Dortmund-PSG : 1-1, le 13 décembre 2023 (phase de groupes)

Il est devenu, au fil de son parcours parisien, un élément dont Luis Enrique ne se passe (quasiment) jamais. Même lorsque le contexte inviterait à la ménager. Vitinha, dans son rôle de sentinelle, a su se rendre indispensable, au point de faire oublier qu’il y a eu une vie où il n’y était pas destiné. C’est à Dortmund, le 13 décembre 2023, que la bascule a eu lieu. Avec une titularisation inattendue du Portugais en position de numéro 6.

Ce n’était pas vraiment le sens de l’histoire : l’été précédent, l'Uruguayen Manuel Ugarte avait précisément été recruté au Sporting Portugal pour cinqans et 60M€ afin d'évoluer dans ce registre.

La propension de Vitinha à ralentir parfois le jeu de son équipe n’en faisait pas non plus un candidat de choix pour le poste. La première sortie de l’ancien joueur de Porto (26 ans) au Signal Iduna Park a été mitigée. Pas de quoi dissuader Luis Enrique. L’Asturien l’a définitivement installé à ce poste à partir du huitième de finale aller face à la Sociedad (2-0, le 14 février). Avec la suite que l’on connaît.

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