Objectif Tour


La joie de Tadej Pogačar, 
hier, à l’arrivée à Leysin.

Bien qu’éreinté par sa campagne de classiques, Tadej Pogacar a dominé le Tour de Romandie, vainqueur d’une quatrième étape et du général dimanche. La page du printemps est tournée et il va aussitôt écrire la suivante, qui doit l’amener jusqu’au Tour de France

4 May 2026 - L'Équipe
PIERRE MENJOT

LEYSIN (SUI) – Tadej Pogačar s’est fait voler la vedette, hier, au départ de Lucens. Le car UAE Emirates-XRG était bien le plus épié, mais peu importait le Maillot Jaune : les gens multipliaient les photos de la Lamborghini garée juste àcôté, propriété de l’horloger Richard Mille, l’un des sponsors de la formation émirienne, présent hier pour le dernier jour en Romandie.

Une fois l’étape partie et le bolide emmené à l’arrivée par Luke Maguire, le responsable presse de l’équipe, c’est bien le double champion du monde qui a repris la lumière. Au sommet de la station de ski de Leysin et ses deux immenses tremplins, il a cueilli sa quatrième victoire d’étape de la semaine, record de Ferdi Kübler (en 1951) égalé sur l’épreuve, et remporté le Tour deRomandie devant Florian Lipowitz pour 42 secondes. Mais l’Allemand l’avait beaucoup fait suer.

« Le plan était de suivre “Pogi” leplus longtemps possible, mais je me suis senti vraiment bien et, dans les cinq derniers kilomètres, je n’avais rien à perdre », expliqua le leader de Red Bull-BORA-hansgrohe, à l’attaque à trois reprises dans les 3 derniers kilomètres. « Je ne dirais pas que j’ai eu peur, mais il était impressionnant, je sentais la douleur dans mes jambes, félicita le Slovène. Il grandit en tant que coureur, ce n’est pas aussi fou qu’un Paul Seixas qui fait directement boum, mais c’est un énorme potentiel pour le futur. »

Le 3e du dernier Tour a eu le mérite de chatouiller l’immense favori jusqu’au bout et deprofiter de son impréparation. Pogačar arrivait en Suisse directement après une campagne declassiques brillante (4 victoires dont 3 Monuments) mais, en caricaturant un peu, c’était comme demander à un demi-fondeur degagner un marathon qui débutait deux jours après son succès àLiège.

Trois semaines de stage en Sierra Nevada

« Il est à un pourcentage de forme idéal, mais pour les classiques, insistait Mauro Gianetti, son manager chez UAE. Loin des efforts de30 à 40 minutes. » Son coureur a quand même atteint l’objectif de remporter une nouvelle course par étape World Tour prestigieuse, « même s’il m’en manque encore beaucoup », répondait « Pogi ». Et va pouvoir tourner la page de ces premiers mois d’ultra-domination : 9 victoires en 11 jours, seulement battu par Wout Van Aert à Roubaix et Dorian Godon à deux reprises en Romandie. Le repos attendra un peu. Dès ce début de semaine, tandis que sa compagne Urška Žigart dispute la Vuelta, il va reconnaître avec son équipier Isaac del Toro certaines étapes du prochain Tour de France (4 -26 juillet) à proximité de la Suisse. Puis, après une paire de jours chez lui, il filera déjà en stage en Sierra Nevada (Espagne) pour trois semaines.

« Tout est à refaire, à reconstruire d’ici au Tour », prévenait son boss. Pour lui comme pour ses lieutenants attendus sur la Grande Boucle, à l’image deFelix Grossschartner ou Pavel Sivakov, vite effacés quand la route s’élevait en Romandie. « Felix est bien, Pavel est en progression et d’autres coureurs comme Tim Wellens reviennent sur d’autres courses», rassurait Gianetti. « On a un bon groupe qui travaille bien pour être à 100 % sur le Tour, ça va être important. »

D’ici là, il y aura le Giro à partir de vendredi, « que je regarderai àla télé comme tous les ans, pour encourager notre équipe et espérer qu’ils gagnent », a récité Pogačar, qui n’a pas voulu s’épancher sur Jonas Vingegaard, l’un de ses rivaux pour juillet et qui sera le grand favori pour le maillot rose. « On le verra très fort, c’est évident, concéda-t-il seulement, mais je vais encourager UAE. » Puis il reviendra en Suisse mi-juin (17-21 juin), pour le Tour national, une autre course qu’il n’a jamais disputée et qu’il veut donc accrocher à son palmarès.

Il a apprécié toute la semaine dans le pays, « ces enfants qui sortaient de l’école pour m’encourager avec les pancartes », ces spectateurs très respectueux et cespaysages verts dont il a vanté les mérites chaque jour, parfait VRP d’une épreuve qui en avait bien besoin pour repartir en 2027. Pas certain qu’il ait le temps dedonner autant mi-juin, à quelques jours du Tour de France.

***


Lenny Martinez, hier, au départ de la cinquième 
et dernière étape du Tour de Romandie.

La nouvelle vie de Martinez

Le Cannois, solide pour valider son podium au général, a confirmé sa régularité en 2026. Mais il le promet, cela ne changera pas ses velléités d’attaque sur le Tour de France.

"Le Tour, je ne sais pas encore mais, pour l’instant, 
je reste sur le plan d’aller chercher des étapes et le maillot à pois"
   - LENNY MARTINEZ 

P.Me à Leysin

Bien qu’ « un peu cramé », Lenny Martinez, après quelques secondes à reprendre sonsouffle, appuyé sur une rambarde, est remonté jusqu’à Jörgen Nordhagen pour féliciter celui qui l’a enquiquiné jusqu’au bout. « J’ai essayé de lâcher Lenny mais il était fort, c’était impossible » , souriait la pépite de VismaLease a bike, 4e du « Baby Giro » en 2025 etqui franchit un cap cette saison, à 21 ans.

Le Cannois n’a que 18 mois de plus (22 ans) et lui aussi a changé en 2026. « Pour moi, le début de saison est parfait, appréciait-il hier. J’attendais de faire de belles choses et ç’a été fait sur Paris-Nice, avec une victoire etunbon général (5e). Puis un bon général en Catalogne (2e), un bon général ici (3e). J’ai fait un bon début desaison sur les courses d’un jour aussi (trois tops 5 en trois courses pour sa reprise puis 8e de la Flèche Wallonne). Je me sens beaucoup plus régulier que l’an dernier, c’est ce qui abeaucoup changé et c’est important. »

Le leader de Bahrain-Victorious, capable de coups d’éclat depuis toujours (vainqueur d’étape à Paris-Nice, en Romandie et au Dauphiné l’an passé), a gommé ce jour sans qui venait souvent polluer ses ambitions de classement général. Plus de défaillance quand les jambes pèsent un peu plus. Plusd’erreur d’inattention, de mauvais placement.

En Romandie, Martinez a été capable de suivre Tadej Pogacar lors de la première étape de montagne, mercredi, et, hier, il a fait rouler fort son équipe, « car ça me fait plaisir de les voir avec moi, ça me donne beaucoup deforce ». Un vrai patron.

Qu’il sera aussi sur le Tour de France ? « Pour le classement général, pas forcément, hésitait-il. Pour l’instant, j’ai encore envie d’aller dans les échappées, ça me manque un peu. J’aipris du plaisir à faire les classements généraux et, pour le Tour de Suisse (17-21 juin), je pense que je viserai le général. Le Tour, jenesais pas encore mais, pour l’instant, je reste sur le plan d’aller chercher des étapes etlemaillot àpois. »

En deux participations à la Grande Boucle (2024 et 2025), il y a réussi deux tops 10 d’étape (8e lors de la10e étape au Mont-Dore et 9e sur le chrono de la 13e étape à Peyragudes l’an dernier).

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