Pogacar malgré tout


C’est détaché que Tadej Pogacar s’est imposé hier à Charmey (Suisse) 
avec 14’’ d’avance sur l’Allemand Florian Lipowitz.

Loin de sa forme optimale après deux mois à courir sur les classiques, encore accroché hier, le Slovène a remporté hier l’étape reine du Tour de Romandie, son troisième succès en Suisse, avant l’épilogue aujourd’hui.

«Je suis heureux de gagner des courses difficiles comme ça»
   - TADEJ POGACAR

3 May 2026 - L'Équipe
PIERRE MENJOT

CHARMEY (SUI) – Tout fout le camp en Suisse. Il y avait eu la patrouille nationale passée une minute trop tard sur la ligne de départ, vendredi. Il y a ce Tour de Romandie qui va s’achever ce soir sans une goutte de pluie. Mais surtout, il y a un Tadej Pogacar presque normal sur son vélo.

Suivi par Lenny Martinez et les plus jeunes, mercredi, lors de la première étape de montagne, le Slovène a vu hier Florian Lipowitz boucher un trou d’une demidouzaine de secondes pour recoller à sa roue, après l’attaque du Maillot Jaune qui avait un temps décroché tout le monde. Une anomalie que le leader de l’épreuve suisse a réparée, en remettant un coup à un kilomètre du sommet du troisième passage de Jaunpass, avant de filer seul dans la descente pour s’imposer avec 14 secondes d’avance sur l’Allemand. « Le plan était de suivre “Pogi” autant que possible, expliquait le coureur de Red Bull-BORA-hansgrohe. Dans le dernier kilomètre, j’étais à la limite, je ne pouvais pas puiser plus loin en moi. Tadej sait que j’aime prendre mon rythme, il a bien joué en attaquant.»

Débarrassé du sparadrap Lipowitz, Pogačar se retourna une paire de fois. Parce qu’il aurait aimé garder son rival avec lui dans la longue descente jusqu’à Charmey, où tous les cyclistes de La Gruyère s’étaient donné rendez-vous, justifiait-il ensuite. Comme s’il doutait de lui, de sa capacité à écraser la concurrence comme à son habitude. « Les jeunes m’ont vraiment mis sous pression, aujourd’hui ( hier) comme l’autre jour (mercredi), avouait-il. La vallée finale, c’était un vrai test. Je suis heureux de gagner des courses difficiles comme ça. »

Pas si en forme que ça, le numéro 1 mondial? L’idée n’effleure même pas l’esprit de Mauro Gianetti. « Il est en bonne condition, c’est exceptionnel ce qu’il est en train de faire, répondait le patron suisse d’UAE Emirates-XRG. Il a fait toute une préparation pour les classiques, où les efforts durent deux à trois minutes, il vient ici deux jours après Liège et il se confronte tout de suite avec un Lipowitz qui a fait podium du Tour de France (3e l’an dernier). Avec la spécialisation qu’on connaît aujourd’hui dans le vélo, c’est vraiment unique ce qu’on est en train de voir. »

Comme un étudiant qui débarque en contrôle sans réviser, au talent, son leader vient ainsi de remporter trois étapes en Romandie, une première depuis Roglic en 2019, avant possiblement une quatrième, aujourd’hui, avec l’arrivée au sommet à Leysin (14,3 km à 5,9 % dont trois derniers kilomètres plus raides), et le classement général, puisque Lipowitz (à 35’’ au général) se disait « heureux de la 2e place » .

Pogacar avait beau assurer que « ce n’est pas si facile », il avance en maîtrise totale, star d’une épreuve qui a besoin de lui en vitrine et qui, selon certains, favorise la vedette. « Il faudrait que je regarde les images, j’espère que les motos n’étaient pas trop proches ( du peloton, pour l’aider avec l’aspiration) car c’était le cas ces deux derniers jours, mais bon, si l’organisation veut faire gagner Pogacar, c’est leur choix, on l’a dit plusieurs fois, voilà, c’est la vie » , rouspétait ainsi auprès d’Eurosport Valentin Paret-Peintre, échappé hier dans un groupe qui n’a jamais compté plus de 3 minutes d’avance, et pas le seul à tenir ce discours.

Aidé ou pas, le champion du monde en est à sept victoires en dix jours de course en 2026. « On passe plus de journées à perdre qu’à gagner » , disait-il vendredi matin. Pas lui. Ça, ça ne change pas.

***

CLASSEMENTS

TOUR DE ROMANDIE 
HIER 4e étape/ Broc-Charmey
1. Pogacar (SLN, UAE Emirates XRG), les 149,6 km en 3 h 40’24’’ (moy : 40,726 km/h) ;
2. Lipowitz (ALL, Red Bull-BoraHansgrohe), à 14’’ ;
3. Castrillo (ESP, Movistar), à 1’42’’ ;
4. Fortunato (ITA, XDS Astana), m.t. ;
5. Higuita (COL, XDS Astana), à 1’47’’ ;
6. Voisard (SUI, Tudor Pro Cycling) ;
7. Tuckwell (AUS, Red BullBora-Hansgrohe) ;
8. Lecerf (BEL, Soudal QuickStep) ;
9. Alv. Cepeda (EQU, Movistar).
10. Ale. Cepeda (EQU, EF Education-EasyPost) ;...
15. Martinez (BahrainVictorious), t.m.t..

89 classés. 3 abandons. 1 non partant.

Classement général

1. Pogacar (SLN, UAE Emirates XRG) en 15h47’00’’ ;
2. Lipowitz (ALL, Red Bull-BoraHansgrohe), à 35’’ ;
3. Martinez (BahrainVictorious), à 2’23’’ ;
4. Nordhagen (NOR, Visma/ Lease a Bike), à 2’30’’ ;
5. Plapp (AUS, Jayco AlUla), à 2’48’’ ;...
17. Berthet (Groupama-FDJ United), à 4’41’’.

AUJOURD’HUI
5e et dernière étape : Lucens - Leysin (178,2 km).

***


Hier, Lenny Martinez (au centre) n’a pas pu suivre 
Tadej Pogačar lorsque le Slovène a accéléré dans le final.

Cette fois, Martinez a calé

Le Cannois a suivi Tadej Pogacar 300 mètres, hier, avant d’« exploser ». 
Il cherchera aujourd’hui à défendre sa place au général (3e).

«Demain (aujourd’hui), 
c’est une arrivée au sommet, 
ce sera différent. 
Ce serait bien de défendre cette 3e place»
   - LENNY MARTINEZ

CHARMEY – Cela lui avait donné des frissons, mercredi. Suivre Tadej Pogacar en montagne, enfin être capable de rester dans la roue du champion du monde. Lenny Martinez (22 ans) avait trouvé ça « cool » , alors il a essayé de faire aussi bien, hier, quand le Slovène a attaqué à 3,3 kilomètres du sommet de la dernière ascension du Jaunpass. Il s’est accroché derrière le Maillot Jaune, a avalé, comme lui, les derniers échappés du jour. Avant de coincer au bout de 300 mètres. « Grosse erreur d’essayer de le suivre, rigolait-il à l’arrivée après avoir encore enfilé le maillot de meilleur jeune. J’ai explosé complet ! Je me suis dit que ça allait faire comme sur la 1re étape, mais je crois qu’il était un poil mieux en forme. Je pensais qu’il allait un peu baisser de rythme à un moment mais il n’a jamais baissé. Ensuite, “Lipo’”est rentré et je n’ai pas pu suivre », quand l’Allemand a bouché le trou seul pour continuer un peu plus haut avec le leader de l’épreuve. Martinez s’est retrouvé avec Jorgen Nordhagen (Visma-Lease a bike), « et on s’est dit que c’était mieux d’attendre le reste en vue de la vallée, expliquait le Norvégien. C’était peutêtre moins tactique pour le final, mais une bonne chose pour le classement général. »

Un gros groupe est revenu de l’arrière, « avec des équipes pas mal représentées comme Astana ou Movistar, mais qui n’ont pas voulu trop rouler, c’était un peu chiant », regrettait le Cannois. Et c’est donc à plus de 1’40’’ du vainqueur, Tadej Pogacar, que les outsiders ont franchi la ligne, à l’exception de l’Espagnol d’Ineos Carlos Rodriguez (ex-6e), tombé dans la descente, a priori à cause d’une moto de l’organisation. Martinez (15e sur la ligne), lui, a évité la chute au prix d’un gros freinage qui lui a cassé un rayon à l’avant.

Au matin de la dernière étape, le leader de Bahrain Victorious semble trop loin du 2e place (à 1’48’’ de Lipowitz) et c’est donc son podium qu’il va devoir défendre, ce qui serait son deuxième de rang en Romandie (2e de l’édition 2025) et son deuxième sur une course par étapes en 2026 après sa 2e place en Catalogne. « Si on continue notre effort à fond avec Nordhagen, on est dans les trois, quatre premiers du Romandie, donc le podium est toujours là, retenait le grimpeur. Demain (aujourd’hui), c’est une arrivée au sommet, ce sera différent. Ce serait bien de défendre cette 3e place. »

Une victoire d’étape, comme l’an dernier, serait aussi une belle conclusion. Mais le problème Pogacar risque de se poser à nouveau.

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