Wembanyama à fleur de peau
Victor Wembanyama (à droite) tombe dans les bras de son coéquipier
Julian Champagnie lors du match 5 face à Portland, au premier tour des play-offs.
Opposée aux Timberwolves au deuxième tour des play-offs, la star des Spurs aborde cette nouvelle étape comme elle joue chaque match : sans masque et sans filtre.
"Tu ne devrais pas pleurer si tu perds un match"
- JASON WILLIAMS, CHAMPION NBA
AVEC MIAMI EN 2006.
3 May 2026 - L'Équipe
MAXIME AUBIN
SAN ANTONIO (USA) – Ne comptez pas sur Victor Wembanyama pour jouer un personnage face aux Minnesota Timberwolves. Opposé pour la première fois à son compatriote Rudy Gobert à partir de la nuit de lundi à mardi, à San Antonio, au deuxième tour des play-offs (horaire du match pas encore défini), l’intérieur français de 22 ans abordera la rencontre avec son authenticité habituelle: celle d’un joueur émotif qui s’assume pleinement.
« Personnellement, je refuse de porter le poids de devoir cacher mes é mot i o n s » , ré s u mai t « Wemby » après la qualification face à Portland, dimanche dernier (4-1). Une petite phrase prononcée en français à L’Équipe qui a depuis fait le tour du monde, reprise par tous les médias sportifs et traduite dans toutes les langues, preuve de l’inspiration que suscite celui qui a été élu meilleur défenseur de l’année en NBA le mois dernier. « J’essaie toujours d’avoir un impact positif, si je le peux. Donc oui, c’est gratifiant » , observait-il jeudi à l’entraînement, sur l’écho suscité par ses mots.
Le monde du basket avait découvert Victor Wembanyama en larmes à l’été 2024, inconsolable après la défaite de l’équipe de France en finale des Jeux de Paris face à Team USA. Des gouttes qu’on a revues couler le long de ses joues à deux reprises cette saison en NBA: une première fois après la défaite des Spurs en finale de la NBA Cup à Las Vegas, en décembre dernier. Le Francilien venait alors de perdre sa grand-mère le matin même, et avait essayé d’assurer sa conférence de presse d'après-match, sans succès, rapidement submergé par l’émotion.
Trois mois plus tard, le géant de 2,24 met les siens réussissaient à remonter 25 points de déficit et à l’emporter face aux Los Angeles Clippers en saison régulière (116112), le joueur formé à Nanterre s’effondrant ensuite dans les bras de ses coéquipiers, à la fois heureux et complètement épuisé par la rencontre.
Des larmes critiquées par certains, comme l’ancien meneur américain Jason Williams, champion NBA avec Miami en 2006. « Il a gagné le match et il pleurait ? Moi j’ai gagné le titre de champion, et la dernière chose à laquelle je pensais, c’était de pleurer, a déclaré Williams dans son podcast Hoopin' N' Hollerin. Je n’ai jamais versé une larme pour un événement sportif. D’abord, je ne suis pas quelqu’un d’émotif et je ne te regarde pas différemment si tu l’es. Mais en tant qu’adulte en NBA, tu ne devrais pas pleurer si tu perds ou gagnes un match. »
Les propos de Williams résument à eux seuls le mal qui ronge encore la NBA et le sport de haut niveau en général. Une conception archaïque de la masculinité que Victor Wembanyama entend bien bousculer. « C’est une question difficile. Je pense que c’est avant tout une peur du jugement. Comme une impression de devoir agir d’une telle ou telle manière, des codes sociaux quoi », estime le numéro1 de San Antonio.
Et si être pleinement soimême, sur ou en dehors d’un terrain de basket, était en fait une force? Voire un outil au service de la performance ? « Quand on est aussi à l’aise dans sa propre peau et fidèle à soi-même, ça aide dans tous les aspects de la vie », résume son entraîneur Mitch Johnson, qui ne voudrait changer son joueur « pour rien au monde ».
« En tant que meilleur joueur sur le terrain, c’est bien pour lui de montrer ça, complète son coéquipier Julian Champagnie. C’est bon pour le basket-ball de montrer que des gars comme lui tiennent vraiment à gagner, qu’ils aspirent à toutes ces belles choses. »
Une vulnérabilité assumée que Luke Kornet, son remplaçant au poste de pivot, résume ainsi : « Rester ancré dans le moment présent, se permettre simplement de vivre les choses, sans laisser les pensées ou les attentes des autres commencer à influencer les siennes : je pense que c’est là que réside la vraie paix. » À seulement 22 ans, Victor Wembanyama semble déjà en train de redéfinir ce que signifie être un grand champion.
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Le nouveau défi des Lakers
Après avoir éliminé les Houston Rockets, la franchise californienne, toujours privée de Luka Dončić, va s’attaquer au champion sortant, Oklahoma City.
3 May 2026 - L'Équipe
B. Mo.
Il ne fallait pas les enterrer trop vite. Quatrièmes à l’Ouest en saison régulière, les Los Angeles Lakers retrouveront les demi-finales de Conférence pour la première fois depuis 2023. Ils y affronteront à partir de mardi soir le tenant du titre, l’Oklahoma City Thunder, après avoir écrasé les Rockets (78-98) vendredi soir pour clore la série en six matches (4-2).LeBron James a retrouvé toute son efficacité face à Houston lors de ce premier tour des play-offs.
LeBron James a été à la hauteur de lʼenjeu avec 28 points, 7 rebonds et 8 passes décisives, comme la défense californienne, qui a limité Houston à son plus bas total de points de la saison 2025-2026.
Les Rockets avaient pourtant su rebondir après un début de série catastrophique (0-3). Lʼabsence de Kevin Durant, qui nʼa disputé que le deuxième match de la série (23 points pour 9 ballons perdus en 41 minutes), sʼest fait ressentir. Houston rentre à la maison après une élimination au premier tour pour la deuxième année d’affilée.
Luka Dončić toujours blessé
Derrière James, Rui Hachimura sʼest imposé comme le lieutenant des LA Lakers avec 21 points et une adresse extérieure exceptionnelle (5/7 à 3 points). Austin Reaves, qui disputait son deuxième match après trois semaines dʼabsence sur une blessure aux obliques, a apporté 15 points supplémentaires, tandis que DeAndre Ayton a capté 16 rebonds. La performance du collectif californien est dʼautant plus notable que Luka Dončić, leur meilleur marqueur cette saison (33,5 points de moyenne), a manqué lʼintégralité de la série à cause dʼune blessure aux ischio-jambiers de la jambe gauche. Le meneur star de la Slovénie nʼest d’ailleurs toujours pas revenu à lʼentraînement collectif et sera très vraisemblablement absent pour le début de la série face au Thunder, tête de série numéro un et premier qualifié pour le deuxième tour après avoir largement dominé les Phoenix Suns (4-0).
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