Bayern-PSG : le rendez-vous du football total
JDE.E.E/SIPA - Ousmane Dembélé (ici, devant le Munichois Jonathan Tah)
a inscrit un doublé lors de la spectaculaire demi-finale aller au Parc des Princes.
LIGUE DES CHAMPIONS
6 May 2026 - Le Figaro
Christophe Remise Envoyé spécial à Munich
La boucle est bouclée. Il y a un peu plus d’un an, au terme d’un récital face à l’inter Milan en finale, le PSG soulevait la Coupe aux grandes oreilles à Munich. Lieu de pèlerinage et de culte pour les supporteurs parisiens. Un stade à jamais dans le coeur des amoureux du club de la capitale. C’est là que les Rouge et Bleu ont écrit leur histoire. Indélébile. Pour aller encore plus loin et continuer à rêver au doublé, les joueurs de Luis Enrique repassent par la case Allianz Arena, ce mercredi (21h, Canal+). Vainqueurs 5-4 à l’aller au terme d’un match de légende, ils devront y écarter le Bayern pour rallier la finale du 30 mai, à Budapest.
Et ce ne sera pas simple… Un doux euphémisme. Ce petit but d’avance n’apporte en effet aucune garantie face à une équipe bavaroise qui a inscrit 174 buts toutes compétitions confondues (!) depuis le début de saison. Une machine collective, impressionnante de force, de variété, d’agressivité. De talent aussi, avec Michael Olise en tête, mais pas que. Machine qui a toutefois été proche du gouffre à Paris, lorsque Ousmane Dembélé, Khvicha Kvaratskhelia et compagnie ont mené 5-2, à la 58e minute.
Pour le plaisir du plus grand nombre, Dayot Upamecano et Luis Diaz avaient permis au nouveau champion d’allemagne de revenir au contact et de maintenir entier le suspense avant la deuxième manche de ce choc de titans en Bavière. Il n’y avait pas de favori avant le match aller. Il n’y en a pas davantage maintenant. Le PSG et le Bayern, c’est la crème de la crème, ce qui se fait de mieux en Europe à l’instant T. Il était question d’une finale avant la lettre au début de la double confrontation. Les acteurs se sont attachés à confirmer ce sentiment. Offriront-ils de nouveau au monde une affiche de la qualité de celle de mardi dernier ? Possible. Ce sera en tout cas de nouveau un combat de poids lourds, pas de doute.
Une finale de Ligue des champions, ça se mérite. Pour le Bayern, ce serait la douzième et la première depuis le sacre de 2020, contre… le PSG. Les Parisiens rêvent quant à eux de rallier la finale pour la troisième fois, et surtout la deuxième de suite, ce qu’aucun club n’a fait depuis Liverpool en 2018 (défaite) et 2019 (victoire). Depuis le doublé de Milan, en 1989 et 1990, on ne trouve d’ailleurs trace que d’un club qui ait soulevé la C1 deux années de suite, le Real Madrid de Zinédine Zidane, qui avait d’ailleurs réalisé le triplé de 2016 à 2018.
Rendez-vous avec l’histoire
Le club de la capitale ne vise donc pas qu’une simple qualification. C’est un rendez-vous avec l’histoire dont il est qui peut être différent du premier match. Aucune des deux équipes n’accepte que l’autre soit meilleure. Ça peut de nouveau être un match amusant. » question. Et c’est déjà fou lorsqu’on se souvient que le PSG avait fait le choix de la patience à partir de 2023, celui de la jeunesse, du collectif. Le sacre de l’an dernier était tout sauf programmé.
C’est fou aussi quand on se rappelle que les champions d’europe n’ont même pas eu trois semaines de repos l’été dernier, après une campagne 2024-2025 interminable, avec une pluie de blessures au cours de la première partie de saison, et qu’ils semblaient à bout de souffle il y a moins de deux mois, avant d’affronter Chelsea (5-2, 3-0) en huitièmes de finale. De l’histoire ancienne. À défaut de disposer d’une baguette magique, Luis Enrique a trouvé la recette pour remettre ses troupes en ordre de marche, physiquement et surtout mentalement. Au point de réaliser le match dantesque de la semaine passée. Il faudra sans doute faire aussi bien ce mercredi, dans ce qui a été le théâtre des rêves parisiens le 31 mai 2025. Et ce, sans Achraf Hakimi, blessé, le grand absent de cette deuxième manche.
Les souvenirs de l’an dernier sont sûrement remontés, depuis leur arrivée à Munich, mardi. Certes, ils n’ont pas pu disposer du même hôtel que l’an dernier, c’est celui dans lequel le Bayern a ses habitudes, mais tout le reste les renvoie au sacre, à cette soirée magique, à cette finale en forme d’apothéose. Et ce mercredi, Marquinhos et compagnie auront, à bien des égards, le sentiment d’évoluer à la maison. Harry Kane et consorts, eux, feront leur possible pour leur rappeler qu’ils sont en terrain ennemi. Les deux camps piaffent d’impatience. Le reste de la planète foot aussi.
***
Luis Enrique : « Ça peut de nouveau être un match amusant »
6 May 2026 - Le Figaro
Le coach du PSG n’a pas caché son plaisir de vivre cette demi-finale retour à Munich lors de la conférence de presse de veille du match : « Ce que les entraîneurs disent toujours, c’est qu’il y a une différence entre le premier et le deuxième match, que ce soit en fonction du score, du stade ou des différences dans les deux équipes. Mais là, je ne sais pas ce qui peut être différent du premier match. Aucune des deux équipes n’accepte que l’autre soit meilleure. Ça peut de nouveau être un match amusant. » Et aussi fou que celui de mardi dernier à Paris? « Ce sera un match de très haut niveau entre les deux meilleures équipes d’europe, qui ont l’idée d’aller en finale de C1. C’est un scénario passionnant des deux côtés. » Et sur une qualification du PSG, Luis Enrique répond: « J’ai toujours dit la même chose, à savoir qu’on va chercher à gagner. Quant à savoir si on va le faire, ça dépend de beaucoup de choses dans le match. Il n’y aura aucun joueur ou supporteur qui cessera de jouer ou de chanter. On en est là parce qu’on a fait un très bon boulot. C’est le moment de donner encore plus… »
(C.R.)
***
L’ailier du Bayern Michael Olise défend face à son homologue parisien Khvicha Kvaratskhelia, la semaine dernière lors de la première manche.
« Ces gars font du bien au football » : six attaquants géniaux et exemplaires
6 May 2026 - Le Figaro
Baptiste Desprez
Il y a des séquences qui peuvent parfois passer inaperçues aux yeux du grand public mais qui sont le ciment des succès collectifs. Un simple geste aux répercussions colossales. Mardi dernier, lors du récital offert par le Paris SG et le Bayern Munich (5-4) dans un Parc des Princes volcanique, Ousmane Dembélé (2 buts) et Harry Kane (1 but) ont resplendi aussi en étant les premiers défenseurs de leur équipe. Des conquérants au grand coeur. Mais surtout des guides prêts à fédérer leur troupe. Et à montrer l’exemple. Un pressing sur Manuel Neuer, contraint d’envoyer en touche, et le Ballon d’or qui serre les poings, en transe. Une passe ratée de Marquinhos après un marquage de l’attaquant anglais, et tout le banc de touche du Bayern qui se lève pour le féliciter…
Autant de scènes que l’on aurait pu aussi décrire pour Michael Olise et Luis Diaz côté Bayern et Désiré Doué ou encore Khvicha Kvaratskhelia côté PSG. Deux lignes d’attaque géniales, par leur talent, leur technique et leur efficacité, mais aussi et surtout six attaquants pas fainéants et guidés par une seule chose : le sens du collectif. Par le sens de la fête. Aux oubliettes, l’égoïsme avec des leaders anti-stars. En plus de marquer, de faire soulever les foules et d’offrir un spectacle légendaire, les six «fantastiques » ont brillé par leur caractère et leur sens du sacrifice. Sacré vent de fraîcheur.
Un avis partagé par Luis Enrique et Vincent Kompany, apôtres du football total et premiers à s’extasier devant l’attitude de leurs offensifs. Des exemples dont l’attitude imprime la rétine de leurs partenaires. Qui n’ont plus qu’à en faire de même. « Le niveau a été incroyable, les attaquants spécialement, avançait le technicien parisien, mardi dernier. Si tu revois le match, regarde comment défendent Harry Kane et Ousmane Dembélé, les deux numéros 9 : incroyable. » Les matchs couperets de la saison passée et le récital contre l’inter Milan (5-0) en finale de Ligue des champions avaient déjà fait état d’un autre Dembélé, premier à lancer le pressing d’une équipe qui a tout ravagé sur son passage. La situation semble se reproduire cette saison avec un Ballon d’or de retour à son meilleur niveau (11 matchs, 6 buts, 2 passes décisives en C1, doublé contre Liverpool et le Bayern). Au meilleur des moments.
« C’est le gratin »
Que dire d’harry Kane (47 matchs, 54 buts, 7 passes décisives cette saison), faux lent qui réinvente le rôle d’attaquant et ne cesse de rayonner du haut de ses 32 ans ? Et l’on pourrait aussi évoquer Olise (48 m., 21 b., 30 p.d.), Diaz (47 m., 26 b., 21 p.d.), Kvaratskhelia (43 m., 18 b., 9 p.d.) ou encore Doué (37 m., 12 b., 10 p.d.). Sans même parler de Barcola ou encore de Musiala. Problème de riches. «C’est le gratin du football européen, du très haut niveau, et il n’y a pas mieux en Europe, plante au Figaro Alain Giresse. Ces six joueurs sont énergiques, déterminés, talentueux, et je ne leur vois pas d’équivalent dans l’expression technique.»
La panoplie complète dévoilée mardi dernier au Parc des Princes, et une nouvelle fois attendue ce mercredi à l’allianz Arena, a des répercussions qui dépassent le cadre de ce rendez-vous en haute altitude. « Ces joueurs envoient un message qui aide les techniciens dans leur travail, décrypte Sébastien Migné, sélectionneur de Haïti, qui défiera le Brésil et le Maroc à la Coupe du monde. Si tu n’es pas rompu à faire les contre-efforts, tu n’existes pas au haut niveau. Ces joueurs sont des facilitateurs pour les techniciens. L’attitude d’ousmane Dembélé contre l’inter Milan, il m’est arrivé de m’en servir dans mes causeries vidéo avec mes Haïtiens. Je leur disais : “Regardez la manière dont il est dans les starters pour chasser Sommer. Pourquoi ne peut-on pas le faire, alors que lui a cette attitude en finale de Ligue des champions ?” Ce fut une aide précieuse. S’il doit y avoir une seule star, c’est l’équipe.»
Une partie de la fameuse ode au football saluée par l’europe du foot mercredi dernier matin et d’un sens du sacrifice poussé à son paroxysme. « Dans les deux lignes d’attaque du Bayern ou du Paris SG, je ne vois pas un seul égoïste, avance Migné. Ils semblent interchangeables, et, par leur attitude, mais aussi par leur compétence footballistique, ils donnent envie à tout le monde de se mettre minable pour eux. Ce sont des exemples d’abnégation. »
« Au service de leur collectif »
Champion d’europe 1984, Alain Giresse apporte toutefois une nuance : « Il ne faut pas se tromper : dans le cahier des charges des attaquants, le travail défensif, ce n’est pas ce que l’on retient en premier. Après le match aller, si on s’extasie, ce n’est pas parce que les attaquants défendent, mais parce qu’ils marquent des buts et font la différence. C’est leur métier et ce que l’on attend d’eux.» L’ancien coach du PSG (1998) préfère louer les nombreuses qualités des artistes : « Kane peut paraître lent, mais allez lui chercher le ballon dans les pieds, il est au-dessus avec son gabarit, son intelligence de jeu, sa vision. Idem pour Dembélé ou encore Olise. Diaz et “Kvara” sont redoutables avec leur faux pied. Je ne sais pas si c’est parce que je suis un ancien numéro 10, mais j’ai un faible pour Olise, même s’il joue à droite, qui a une telle influence sur le jeu de son équipe… Il a une capacité à éliminer son adversaire direct en un dribble, une passe, c’est beau à voir. Attention, dans un autre profil, “Kvara” n’est pas désagréable à voir non plus (sourire). »
Ce mercredi, pour la manche retour dans une Allianz Arena pleine à craquer avec 75 000 spectateurs en feu, les « fantastiques » sont une nouvelle fois attendus pour, tout le monde en rêve, un nouveau récital. « Ces gars-là font du bien au football, aux exemples qu’ils montrent, c’est de l’or en barre, assure le sélectionneur haïtien, ancien adjoint de Jeanpierre Papin et Claude Le Roy. Le football est souvent critiqué pour les attitudes, parfois à raison, d’autres fois à tort, mais là on a des mecs, malgré leur salaire très confortable, qui ne sont pas rassasiés et ont une forme d’intelligence : ils ont compris qu’ils devaient se mettre au service de leur collectif, de leur club, et pas l’inverse. Résultat, Dembélé est Ballon d’or et personne n’aurait misé un centime là-dessus. Ce n’est pas le tout d’avoir des top joueurs mondiaux, encore faut-il qu’ils tirent tous dans le même sens. Chapeau à Luis Enrique et à Vincent Kompany ! »
Quand il lui est demandé quelle ligne d’attaque il préfère entre celle du Bayern Munich et celle du Paris SG, Alain Giresse, le mythique compère de «Platoche» en bleu préfère sourire. « Qu’est-ce que j’aurais pris du plaisir à jouer avec ces garçons intelligents ! Cela respire le football... » Et sur ses préférences ? «C’est comme si un cuisinier vous proposait du caviar… ou du caviar. Comment choisir ? Après, je suis un peu cocorico, je choisis celle du PSG, qui a fait rêver la France du foot la saison passée et nous enivre tellement. On espère tellement qu’ils décrochent à nouveau la Ligue des champions ! »
Commenti
Posta un commento