Khvicha Kvaratskhelia, la polyvalence et le style


Avec ses buts, ses dribbles et son volume de jeu, l’ailier géorgien s’est imposé comme un joueur clé du PSG, qui affronte à Munich le Bayern, ce mercredi, en demi-finale retour de la Ligue des champions.

Arrivé en janvier 2025 en provenance de Naples, où les supporters l’avaient surnommé « Kvaradona ».

6 May 2026 - L'Humanité
NICOLAS GUILLERMIN

C’est dans les matchs à forts enjeux que l’on reconnaît les grands joueurs. Khvicha Kvaratskhelia est de ceux-là. Aux côtés du Ballon d’or Ousmane Dembélé, l’ailier gauche du Paris Saint-germain a été l’un des deux meilleurs joueurs parisiens lors de la folle demi-finale aller de Ligue des champions, remportée face au Bayern Munich (5-4), il y a huit jours. Auteur d’un magnifique doublé, le Géorgien a enflammé le Parc des Princes par ses dribbles, sa verticalité et son efficacité devant le but. Pièce maîtresse dans le système offensif développé par Luis Enrique, l’attaquant constitue l’un des atouts majeurs du PSG pour ce match retour en vue de décrocher une deuxième place consécutive en finale.

«Peu importe si je marque ou pas, quand je quitte le terrain, je veux être sûr d’avoir tout donné », a coutume de dire le natif de Tbilissi. Arrivé en janvier 2025 en provenance de Naples, où les supporters l’avaient surnommé «Kvaradona», le virevoltant joueur de couloir s’est très vite imposé comme l’un des rouages qui ont permis au PSG de remporter la Ligue de champions. Buteur en quarts, demi et finale, le Caucasien a remis ça cette saison avec déjà dix buts inscrits et cinq passes décisives, soit le meilleur bilan de toute l’équipe en C1.

Capable de déstabiliser les défenseurs par ses accélérations, ses changements de rythme et sa faculté à casser des lignes, celui qui a coûté 70 millions au club qatari désorganise les blocs adverses par sa percussion et sa créativité dans les 30 derniers mètres, une qualité qui faisait défaut au collectif parisien. Ambidextre, rarement en dessous de 85 % de passes réussies à chaque rencontre, capable de permuter, Khvicha Kvaratskhelia est un poison dans les duels pour les défenseurs chargés de le marquer.

Surtout lorsqu’il se met à réaliser son coup d’éclat favori en repiquant dans l’axe avant d’enchaîner d’une frappe dans la lucarne opposée, à l’image de l’égalisation face au Bayern (1-1, 24e). Sur une passe de Désiré Doué, le Géorgien de 25 ans (1,83 m pour 76 kg) a déboulé sur l’aile droite, largué Josip Stanisic et, après un crochet dévastateur, cloué Manuel Neuer sur place. Une action que le numéro 7 travaille à l’entraînement avec une préférence pour le côté gauche, mais qu’il peut réaliser depuis n’importe quel couloir. « Je pense que j’y arrive bien, dit-il, mais je peux encore l’améliorer. Je la travaille tous les jours. »

Aussi à l’aise sur les deux flancs ou même dans l’axe, le Géorgien a évolué à tous les postes de l’attaque cette saison pour pallier les nombreuses blessures de ses coéquipiers. « Dans le foot, il faut être capable de changer, d’être polyvalent, glisse ce père d’un petit garçon. Ce n’est pas tout le temps facile sachant que j’ai beaucoup évolué à gauche dans ma carrière. J’espère être, à terme, aussi bon à droite qu’à gauche. »

« JE ME SUIS AMÉLIORÉ DÉFENSIVEMENT »

Ce rapport très naturel au ballon lui vient probablement d’une filiation qui remonte à plusieurs générations et un environnement familial marqué par le football avec son père, Badri, ancien joueur au Dinamo Tbilissi et international azerbaïdjanais, et son grand-père, Mamia, également footballeur. Son frère cadet Tornike (16 ans), ailier gauche comme lui, évolue au centre de formation de la capitale géorgienne. Malgré son talent, le jeune Khvicha a pourtant connu une progression étape par étape en étant formé à l’académie de Tbilissi avant de débuter chez les professionnels à 16 ans.

Passé le FC Roustavi, il part ensuite en Russie à 18 ans au Lokomotiv Moscou en 2019 où il est rapidement prêté au Rubin Kazan jusqu’en mars 2022. En raison de l’invasion de l’ukraine par la Russie, il rentre en Géorgie et termine la saison avec le Dinamo Batoumi. Repéré par le SSC Napoli, il fait les beaux jours de l’équipe italienne durant près de trois saisons au cours desquelles il est élu meilleur joueur de Serie A dès la première (14 buts, 14 passes décisives) tout en étant l’un des artisans du titre 2022-2023 et de l’épopée jusqu’en quart de finale de la Ligue des champions. Il remporte un deuxième scudetto en 2024-2025 en même temps que le titre en Ligue 1 et la première C1 du club parisien.

Au contact de l’entraîneur espagnol du PSG, « Kvara » étoffe encore un peu plus son volume de jeu en apprenant à bien défendre. «Je me suis amélioré défensivement grâce à Luis Enrique», reconnaît-il, car avec lui «tu dois défendre comme un défenseur ».

Une polyvalence que loue le technicien : «Toute l’année, c’est un joueur de très haut niveau, il a du caractère qu’il montre quel que soit le match. » Une détermination et une compétence qui ne seront pas de trop lors des phases défensives en l’absence du latéral droit Achraf Hakimi, blessé à la cuisse, et face aux redoutables attaquants du Bayern, Luis Diaz, Michael Olise et Harry Kane.

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