Premier round pour l’aîné


Le duel fratricide entre Rudy Gobert et Victor Wembanyama a tourné à l’avantage du plus expérimenté des deux, lundi, à l’occasion du match 1 entre San Antonio et Minnesota. Un scénario savouré par l’intérieur de 33 ans, qui a cependant salué la performanc

«Ses paniers, il devait les mériter»
   - RUDY GOBERT À PROPOS 
     DE VICTOR WEMBANYAMA

«On a quarante-huit heures pour comprendre 
ce qu’on peut faire mieux»
   - VICTOR WEMBANYAMA

6 May 2026 - L'Équipe
MAXIME AUBIN

SAN ANTONIO (USA) – Six questions expédiées en cinq minutes : Victor Wembanyama était anormalement laconique en conférence de presse d'après-match, à San Antonio, l’air grave et les sourcils froncés au moment de tenter d’expliquer les raisons de cette première défaite des Spurs à domicile en ouverture du second tour face aux Wolves (102-104).Victor Wembanyama face à Rudy Gobert lors de la défaite de San Antonio sur son parquet contre Minnesota (102-104), lundi.

« Honnêtement, j’ai besoin de revisionner le match pour mieux comprendre la dynamique. Parce que là, c’est un peu flou pour moi. Et ce n’est pas une bonne chose. Ça veut dire que je n’avais pas la maîtrise du match que j’aurais voulu avoir », a concédé l’intérieur français de 22 ans, prenant quand même ses responsabilités après une prestation manquée en attaque (seulement 11 points à 5/17 dont 0/8 derrière l’arc). « Je dois mieux gérer mon énergie. J’en ai évidemment beaucoup utilisé d’un côté du terrain, mais de l’autre côté, en attaque, j’en ai trop utilisé dans des choses qui n’ont pas vraiment aidé notre équipe. C’est de ma faute. »

Forcément, au bout des quelque 200 mètres de couloir qui le séparaient du vestiaire visiteur des Timberwolves, l’ambiance était bien différente. Rudy Gobert, assis sur sa chaise, le torse nu et les deux genoux enveloppés dans la glace, prenait tout son temps pour expliquer le bon plan défensif mis en place pour limiter « Wemby » et les siens. « On a essayé de jouer physique, de contenir leurs arrières du mieux possible, car ils sont très forts sur le drive.

Victor ? Le but était de le faire travailler au maximum. Ses paniers, il devait les mériter. Ça ne nous a pas empêchés de faire pas mal d’erreurs, de leur donner trop de rebonds, surtout à la fin, et ils s’en sont servis pour se maintenir dans le match. Mais c’est globalement encourageant, car je pense qu’on peut encore beaucoup mieux faire.»

À la fois compatriotes et amis, Gobert et Wembanyama se sont livré une bataille dantesque pour leur premier affrontement en phase finale, au marquage l’un de l’autre une bonne partie de la première mi-temps, avant que l’ailier-fort Julius Randle ne prenne le relais sur le numéro1 des Spurs. Rapidement contraint offensivement, le joueur formé à Nanterre a déversé sa frustration sur chaque ballon en défense, cumulant déjà 7 contres à la pause, avant de monter jusqu’à 12 en fin de partie, battant ainsi le record sur un match de play-offs (10) depuis que ceux-ci sont comptabilisés (1973-1974). « C’est incroyable que malgré cela, on reparte avec la victoire, a complété son aîné, qui l’a beaucoup conseillé sur le dévelo ppement de son jeu défensif ces dernières années. Est-ce qu e ça me sur - prend pour autant ? Non, je sais qu’il en est capable et qu’il continue à progresser. Rien ne me surprend plus venant de lui. » Jamais avare de compliments au sujet de Wemby, qu’il a découvert en France quand celui-ci avait 13 ans, Gobert semblait également très fier du chemin parcouru par celui qu’il surnomme son « petit frère ». « Si on m’avait dit, il y a cinq ou six ans, quand on faisait ce fameux deux contre deux à Nanterre (*), qu’on se retrouverait aujourd’hui en play-offs, au deuxième tour, je n’aurais jamais prévu ça. C’est cool de voir comment les choses ont pris forme. »

Impeccable en défense, Gobert a lui aussi souffert en attaque face à son compatriote (seulement 7 points à 3/7). Très influent en début de rencontre, il a en revanche été laissé sur le banc par son entraîneur lors des moments décisifs du dernier quart-temps, remplacé par le polyvalent Naz Reid, une meilleure option offensive que lui.

Sans rancune, le vétéran de 33 ans a vu les Wolves faire parler leur expérience et leur sens du collectif pour décrocher la victoire dans les derniers instants, et prendre déjà le lead dans la série. « On gagne et Victor bat un record. C’était beau comme scénario », résumait le quadruple meilleur défenseur de l’année au bout de la soirée, avant de rejoindre sa mère, du voyage avec lui dans le sud du Texas. « On a quarante-huit heures pour comprendre ce qu’on peut faire mieux. Et je n’ai aucun doute qu’on le fera. J’ai confiance en nous », estimait quant à lui Wembanyama, vainqueur du trophée Hakeem Olajuwon pour la première fois le mois dernier. Le round 2 entre les Spurs et les Wolves aura lieu dès la nuit de mercredi à jeudi, toujours au Frost Bank Center (3h30 du matin en France). Avec un nouveau duel épique entre les deux Frenchies en perspective. Et l’espoir, voire la quasiobligation, pour Victor Wembanyama et les Spurs de prendre cette fois le dessus.


(*) Une vidéo devenue virale où l’on voyait Gobert et Vincent Poirier (Efes Istanbul) face à deux espoirs du club: Maxime Raynaud (Sacramento) et Wembanyama.

***


Edwards complexifie l’équation

Le retour bien plus tôt que prévu de l’arrière de Minnesota a largement pesé dans la victoire des Wolves lundi. La star américaine rendra la tâche plus difficile à San Antonio pour la suite de la série.

6 May 2026 - L'Équipe
AMAURY PERDRIAU

Anthony Edwards déploie une personnalité à part dans le paysage basket. Indéchiffrable. Insaisissable. Imprévisible, surtout.L’annonce de son retour dès l’entame de la série contre les San Antonio Spurs, neuf jours après être sorti, porté par deux membres du staff, sur blessure au genou gauche (hyperextension lors du match 4 du premier tour contre les Denver Nuggets), a franchement étonné. Le come-back d’« Ant » a toutefois eu l’effet escompté: sorti du banc de Minnesota (29 minutes de jeu tout de même), l’arrière sacré champion olympique avec les États-Unis aux Jeux de Paris 2024 a pris le jeu à son compte en fin de partie signant notamment quelques actions d’éclat, alors qu’il lui manquait naturellement un brin d’explosivité.

Pris en flagrant délit de « trashtalking », chambreur face au banc texan ou directement face à Keldon Johnson après l’avoir fait danser sur les planches au cours du quatrième quart, Edwards a aisément endossé le costume du père fouettard (18 points à 8 sur 13 au tir), afin de permettre à sa franchise de récupérer l’avantage du terrain dans la série.Au buzzer final, le n°1 de la draft 2020 préférait pourtant… s’autoflageller. « J’ai fait tellement d’erreurs sur la fin de match, je suis déçu de moimême, lâchait-il, impassible, au micro du diffuseur NBC. Je serai meilleur au prochain match. »

Un fidèle résumé de la détermination dont fait preuve Edwards. De l’obstacle, aussi, que Victor Wembanyama et ses partenaires n’imaginaient pas avoir à franchir aussi tôt dans la série. Il leur faudra le contenir au mieux dès la nuit prochaine afin de revenir à hauteur. Le Français pourrait même s’inspirer de cette surconfiance assumée par son rival, lequel n’hésite pas à prétendre « être certain que (sa) présence permet à tout le monde d’être serein. Personne ne s’attendait à ce qu’il joue. Je lui ai dit qu’il était mon héros avant le match, convenait Mike Conley, le meneur expérimenté de Minnesota. C’est inspirant quand on voit ce qu’il a traversé la semaine dernière. »


Excité par son duel avec Wembanyama

Stabilisateur, Wembanyama n’a pas réussi à l’être sur le front offensif de son équipe : maladroit (5 sur 17 au tir) et parfois complètement déconnecté des schémas déroulés par ses partenaires. Une aubaine pour Minnesota, qui n’a même pas masqué son plan de jeu pour le natif du Chesnay: « On doit faire comme s’il n’était pas là, plaidait l’arrière Jaden McDaniels.

Il réussira des contres. C’est le mec le plus grand de la planète. Il nous faut attaquer avec consistance. Parfois, il ne sera pas là. » Voilà tout l’enjeu du deuxième opus de la série: prêter main-forte à Wemby afin qu’il se libère en attaque et colle aux standards affichés pendant la saison régulière (25 points, 11,5 rebonds par match).

Les ajustements attendus pourraient alors renvoyer la série à cette soirée du 17 janvier, lorsque les Spurs avaient glané, à domicile, leur seul succès de la saison régulière face à Minnesota (pour deux défaites). Battu (123126) bien qu’auteur d’une sortie à 55 points (son record personnel, contre 39 unités pour Wembanyama sur le même match), Edwards avait, l’oeil pétillant, établi combien sa motivation décuplée était liée à la présence du prodige: « Les Spurs ont Wemby, non? Il est censé être le visage de la Ligue. [Sur son duel contre le Français]

J’ai adoré ça. J’aurais aimé qu’on dégage tout le monde et qu’on s’affronte en un-contre-un. » Rien ne l’interdira la nuit prochaine.

***

12 - Le nombre de contres réussis par Victor Wembanyama contre Minnesota. L’intérieur des Spurs s’est ainsi emparé du record de contres réussis dans un match de play-offs, effaçant des tablettes Mark Eaton (1985), Hakeem Olajuwon (1990) et Andrew Bynum (2012), qui s’étaient arrêtés à 10.


28 - Le pourcentage de réussite à 3 points de San Antonio face à Minnesota. À l’image de Victor Wembanyama (0/8), les Spurs ont été particulièrement maladroits face aux Wolves qui ont fait mieux dans l’exercice avec 38 % (10/26).

Commenti

Post popolari in questo blog

I 100 cattivi del calcio

Echoes' Cycling Biography #4: Jean-Pierre Monseré

Chi sono Augusto e Giorgio Perfetti, i fratelli nella Top 10 dei più ricchi d’Italia?