Répétition générale
La formation Ineos Grenadiers (aujourd’hui Netcompany Ineos),
avec notamment Kevin Vauquelin (3e position),
avait remporté le contre-la-montre par équipes lors de Paris-Nice en mars.
Les formations des leaders ont encore laissé filer l’échappée, hier, pour économiser leurs forces en vue du chrono par équipes qui s’annonce déterminant, aujourd’hui. Deux favoris se dégagent, mais le résultat ne sera pas forcément révélateur pour le Tour
«Ça reste un vrai exercice pour se jauger et prendre des automatismes»
- BRUNO ARMIRAIL, VISMA-LEASE A BIKE
«Si on laisse un gars devant qui a des belles trajectoires et
qui guide bien, normalement il n’y a pas de soucis à se faire»
- PAUL SEIXAS
9 Jun 2026 - L'Équipe
LUC HERINCX (AVEC A. RO.)
LE PUY-EN-VELAY (HAUTE-LOIRE) – Les coureurs du général ne veulent pas sortir du bois trop tôt. Pendant 234 km sur des routes granuleuses et toujours en prise, hier, leur cortège a traversé les forêts de l’Isère jusqu’à la Haute-Loire en visitant un bout de la Drôme et de l’Ardèche sans qu’aucun leader n’exige à ses équipiers de bûcheronner pour reprendre l’échappée du vainqueur danois Anthon Charmig.
À l’aube de cette deuxième étape, Bruno Armirail (Team Visma-Lease a Bike) pointait l’absurdi t é de « co nt rô le r pendant 235 bornes alors qu’il faut préserver des forces pour demain (aujourd’hui) » , pour le contre-la-montre par équipes ciblé par les favoris comme le vrai départ du Tour Auvergne-Rhône-Alpes.
La chenille rose d’Alex Baudin (EF Education-Easy Post) fut donc la seule à s’employer pour sauver son maillot jaune et le Français a admis que ses « gars ont perdu beaucoup d’énergie » , mais l’exercice qui approche peut réserver des surprises.
Sans rouleur de référence, son équipe avait par exemple pris la 6e place du contre-la-montre par équipes de Paris-Nice, en mars, avec 23’’ de débours qui lui suffiraient pour rester en jaune ce soir. « C’est un exercice dans l’ADN de l’équipe depuis pas mal de temps, on a une bonne cohésion, un groupe très homogène et c’est ce qui va être le plus important » , avance le maillot jaune. Le chrono collectif à résultat individuel (chaque coureur est crédité de son temps à l’arrivée) ouvre déjà une multitude de stratégies, et la particularité du parcours de 28,4 km autour de Perreux (Loire) ajoute de la complexité. Avec deux montées en première partie de course, une descente technique et une rampe dans le dernier kilomètre, il a fallu s’y préparer spécifiquement alors que la première étape du Tour de France proposera aussi un chrono par équipes à Barcelone avec un tracé « qui n’est pas du tout le même », selon Armirail. « Ça reste un vrai exercice pour se jauger un peu parmi les coureurs qui seront sur le Tour et prendre des automatismes, développe le champion de France de chrono. Mais de main (aujourd’hui), ce sera une gestion vraiment particulière. Des grimpeurs comme Jorgen Nordhagen ou Ben Tulett peuvent me faire sauter dans la première montée au bout de quatre bornes. »
En l’absence de Jonas Vingegaard, les Visma-Lease a Bike n’ont pas insisté sur la préparation de ce chrono. Une seule séance, samedi, leur a permis de travailler avec la composition de la semaine, alors qu’ils devront aussi veiller à garder la puissance de Wout Van Aert et Edoardo Affini pour propulser leur leader Matteo Jorgenson.
Le test ne donnera pas beaucoup d’indications non plus sur le niveau d’UAE Team Emirates-XRG, privée de Tadej Pogacar. Déjà à la traîne sur Paris-Nice (8e à 37’’) sans son leader, la formation émirienne tentera de limiter la casse pour Isaac del Toro mais « ça dépendra de la condition de chaque coureur, on espère un bon (João) Almeida » , prie leur directeur sportif Fabrizio Guidi, alors que le Portugais est apparu hors de forme ces deux premiers jours.
Si Lidl-Trek avait pu prendre le jaune sur Paris-Nice en s’emparant de la deuxième place, l’équipe de Juan Ayuso perd peutêtre au change en enlevant de bons rouleurs (Jakob Soderqvist, Mathias Vacek et Soren Kragh Andersen) pour Mattias Skjelmose, Carlos Verona et Quinn Simmons.
À l’inverse, déjà solide troisième sur Paris-Nice avec ses rouleurs Dan Hoole et Stefan Bissegger mais sans Paul Seixas, Decathlon-CMA CGM Team se renforce considérablement avec son jeune leader. « On a une équipe très solide pour le chrono, confirme le leader de 19 ans. En Sierra Nevada on a commencé à travailler les mécanismes et on est déjà assez rodés. » Avec au moins quatre vraies sessions collectives en stage en Espagne, dont « des simulations course du parcours du Dauphiné (ancien nom du Tour AuvergneRhône-Alpes) et de Barcelone » , précise Aurélien Paret-Peintre. Seixas a d’ailleurs noté une « descente à la fin de première moitié du parcours ( descente de Coutouvre) qui peut être dangereuse si on essaie de se relayer; mais si on laisse un gars devant qui a des belles trajectoires et qui guide bien, normalement il n’y a pas de soucis à se faire » . Son directeur sportif, Julien Jurdie, aborde donc cette journée « avec beaucoup d’ambition, mais les favoris restent (Netcompany) Ineos » . Encore à l’entraînement sur circuit la semaine dernière avec ses coéquipiers, Kévin Vauquelin concède que son équipe « a beaucoup travaillé » . Vainqueure sur Paris-Nice, l’équipe britannique n’a opéré qu’un changement (Laurens De Plus à la place de Michal Kwiatkowski) mais le Normand reste humble : « On est à une autre période de la saison avec un parcours complètement différent et des équipes avec des forces différentes. » La précaution vaudra aussi pour la Grande Boucle.
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Charmig en costaud, Baudin toujours en jaune
9 Jun 2026 - L'Équipe
A. Ro. au Puy-en-Velay
C’est une petite odyssée qu’Anthon Charmig a conclue avec le sourire au Puy-en-Velay, 250 bornes malplates d’est en ouest, par Charmes-sur-l’Herbasse, le pays du facteur Cheval, dont la poésie est dessinée pour l'éternité dans son Palais idéal quelques kilomètres plus loin, puis les toboggans boisés et sauvages de l’Ardèche, jusqu’aux bosses qui entourent la préfecture de la Haute-Loire et offrent une belle vue sur la Vierge à l’enfant qui bénit la cité. C’est par-là que le Danois a sorti les couteaux, pile au bon moment, dans les derniers hectomètres de la côte de SaintVidal, alors qu’il ne restait que 12 km à parcourir. Le rugueux d’Uno-X Mobility avait laissé avec intelligence ses compagnons d’échappée se limer dans les cinquante dernières bornes, d’abord Baptiste Veistroffer et Clément Braz Afonso, puis Vlad Van Mechelen ou Raul Garcia Pierna.
« Je savais que l’avant-dernière montée (la côte des Barraques) était un peu trop longue pour mes caractéristiques, donc il fallait ne pas paniquer parce qu’ensuite la dernière bosse me convenait très bien » , analysait Charmig, ravi de décrocher sa première victoire World Tour à 28 ans sur une course qu’il regardait avec envie plus jeune quand son compatriote Jakob Fuglsang y brillait (2017 et 2019). Derrière le Danois, le Français Henri-François Renard-Haquin a pris une deuxième place qui mettra un peu de baume au coeur à sa formation Picnic-Post NL, en manque de points, et Alex Baudin a conservé son maillot jaune alors que son équipe a travaillé toute la journée pour maintenir l’échappée dans un écart raisonnable.
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