Premier rôle


Faun-Ardèche Classic: 
Guileherand-Granges - Guileherand-Granges (188 km)

De retour sur les routes où il s’est révélé lors de l’Euro, en octobre dernier, Paul Seixas sera l’objet de toutes les attentions, aujourd’hui, sur l’Ardèche classic. Sans que ça le perturbe.

“Je n’accorde pas d’importance aux comparaisons, 
je me concentre sur ma progression ''

28 Feb 2026 - L'Équipe
PIERRE MENJOT

VALENCE (DRÔME) – Pour joindre l’utile à l’agréable, Paul Seixas s’est offert une reconnaissance des deux boucles du circuit de l’Ardèche Classic, hier. Dans le Val d’Enfer, il y a aperçu son nom écrit en grandes lettres. « Je n’ai pas regardé mais je l’ai vu quelques fois, s’excusait-il presque. Je n’ai pas regardé complètement, on va dire. » Il n’aura pas beaucoup plus de temps pour contrôler les graffitis aujourd’hui, même si le raidard (1,7 km à 9,3 %) sera escaladé quatre fois, soit une de plus que les éditions passées. Mais pas de doute. Sur le bitume, les pancartes, dans les bouches: le nom de Paul Seixas sera partout.

Le Lyonnais n’est qu’un outsider au sein d’un plateau XXL ( voir le programme ci-contre), il ne vit que sa deuxième saison professionnelle, à 19 ans, mais avec lui, les habituels temps de passage n’ont pas de sens. Il semble loin, le gamin sacré champion du monde juniors du contre-lamontre il y a dix-huit mois, déjà annoncé comme une pépite mais encore poussin. En un an, le coureur de Decathlon-CMA CGM a explosé tous les records de précocité, s’est révélé au grand monde sur ces mêmes routes ardéchoises en octobre, lors des Championnats d’Europe dont il a pris la troisième place derrière Tadej Pogacar et Remco Evenepoel, « peut-être le plus beau moment que j’aie vécu sur le vélo pour l’instant » , souriait-il hier. La vague d’enthousiasme n’était pas vraiment retombée depuis. Sa victoire d’étape en patron sur le Tour de l’Algarve, pour sa reprise, la semaine dernière, l’a carrément transformée en raz-demarée.

PAUL SEIXAS Seixas ne s’appartient plus. Les autres (coureurs, public, médias) parlent de lui, rêvent pour lui, s’interrogent sur lui. Et lui, alors? « Il a toujours été prédestiné pour être un leader, répond, serein, Cyril Dessel, son directeur sportif en Ardèche. C’est quelque chose qui l’attend depuis ses premiers instants avec nous en World Tour. Je l’ai eu l’an dernier sur l’UAE Tour ( en février, abandonné après une chute), on avait Felix Gall comme leader mais on sentait bien qu’il était prêt dans sa tête. Il a des qualités physiques considérables et, en parallèle, des qualités mentales. D’être hyper ambitieux, mature, de savoir prendre du recul et ça, ce n’est pas donné à tout le monde mais c’est une qualité vraiment importante pour un champion en devenir. »

Installé à Nice, cocon des meilleurs grimpeurs du peloton, entouré de son cercle de proches, l’ancien du VC Villefranche Beaujolais vit ça avec une fluidité épatante, une stabilité émotionnelle invariable et des propos qui oscillent toujours entre mesure et ambition. « Je n’accorde pas d’importance aux comparaisons, je me concentre sur ma progression », répondait-il hier à une question sur Pogacar. Juste après avoir concédé qu’il n’était « plus trop un anonyme dans le peloton » et que son statut avait changé. « Maintenant, je ne suis plus dans la même optique d’apprentissage, même si j’ai encore beaucoup de courses à découvrir. À chaque fois, je vais être quasiment dans un rôle de leader, avec l’équipe qui me soutient pour faire un résultat et c’est très motivant, ça force à ne pas prendre de claque, à aller se battre avec les meilleurs. »

« C’est évident que le Paul Seixas de 2025 n’est pas le même qu’on voit là, à tous les niveaux, juge Sébastien Joly, directeur de la compétition chez Decathlon et au carrefour du projet en place autour du prodige (secteur sportif, entraîneur, nutritionniste, communication…). Il a des temps de passage, il les coche bien, est complètement épanoui, relâché. Mais le plan n’a pas changé. » Il l’emmènera aux Strade Bianche (7 mars), au Tour du Pays basque (6-11avril) puis sur la Flèche Wallonne (22 avril) et Liège-Bastogne-Liège (26avril), avant possiblement le Tour de France (426juillet), où il va devenir de plus en plus difficile de ne pas l’aligner.

« On fera le point à la fin de ce programme, une vraie discussion », rétorque Joly. L’intéressé, lui, rêve de courir la Grande Boucle « un jour » . Pas de pression, jamais. Hier, il a quand même laissé échapperun « quand j’étais jeune » , avant de se reprendre – « quand j’étais néopro. Fini l’insouciance. »

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