Soudal-Quick Step révise ses classiques


Paul Magnier sur les pavés, hier, en reconnaissance du parcours 
du Nieuwsblad, avec ses coéquipiers de Soudal-Quick Step.

Het Nieuwsblad: Gand-Ninove (207,2 km)

La saison s’ouvre aujourd’hui en Belgique avec le Nieuwsblad, où Paul Magnier, 2e l’an dernier, est attendu par son équipe, qui cherche à renouer avec sa culture flandrienne. (207,2 km)

“Je trouve qu’il y a plus d’ambiance, d’amusement dans une équipe belge"
   -  JASPER STUYVEN, 33 ANS, NOUVELLERE CRUE

“Nous ne sommes pas en course pour nous faire des amis mais pour obtenir des résultats, ensemble. C’est ça, l’esprit Wolfpack"
   - NIKI TERPSTRA, 

28 Feb 2026 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS

GAND (BEL) – On se souvient, il y a deux ans, du lancement de la saison des classiques au sein du service course de Soudal-Quick Step, à Wevelgem. Puis, l’an dernier, dans les locaux d’un de ses partenaires, à Audenarde. À chaque fois, la même gêne face aux coureurs offerts à une presse presque mutique et qui posait des questions par politesse plus que pour évoquer leurs ambitions sur ces terres pavées et ventées, délaissées ces dernières années. L’équipe, contrainte par le niveau et le style de son leader, Remco Evenepoel, s’était recentrée (avec réussite) sur les classements généraux (Vuelta 2022, 3e du Tour en 2024) mais elle avait dilué son héritage flandrien.

Avec le départ du «Petit Cannibale» pour Red Bull-Bora Hansgrohe, elle « perd une superstar, un coureur très fort, le patron de l’équipe. Mais cela donne des opportunités d’élargir et atteindre des coureurs costauds, expérimentés, qui vont entourer d’autres, plus jeunes. »

Car l’époque bénie des années 2000 (*) a laissé la place à un déclassement dans le plat pays : les derniers succès probants, le Ronde et l’E3, avec Kasper Asgreen, le Nieuwsblad avec Davide Ballerini, remontent à 2021. Ensuite ? Fabio Jakobsen sur Kuurne en 2022 et Tim Merlier lors d’un Grand Prix de l’Escaut en 2024, épreuve regardée du coin de l’oeil par les suiveurs. La dégringolade n’a pas échappé au successeur de l’historique Patrick Lefévère : « On aime les Flandriennes, les courses dans notre pays, dans notre environnement. C’est pour cela que ça nous a fait mal l’an passé de ne pas avoir dominé. On veut corriger ça et gagner. »

Pour y parvenir, le dirigeant a recruté des coureurs avec un pedigree solide (Dylan Van Baarle, Jasper Stuyven, Laurenz Rex), et renforcé un staff assez lourd au niveau palmarès (Niki Terpstra, vainqueur à Roubaix en 2014, du Ronde en 2018) ou avec une expérience de flandrien difficile à contester (Tim Declercq et Sep Vanmarcke, 2e de Roubaix en 2013, deux fois 3e du Tour des Flandres).

Au moment de signer sa prolongation de contrat jusqu’en 2029, Paul Magnier, 2e du Nieuwsblad l’an passé et attendu aujourd’hui, pour ne pas dire programmé, y a été sensible : « Quand j’ai vu le recrutement cette année, cela y a participé, oui. C’est vraiment l’objectif de l’équipe de regagner sur les classiques mais aussi des étapes sur les grands Tours. Avec le départ de Remco, cela a ouvert la possibilité d’avoir plus de coureurs de classiques, c’est bien pour moi, pour l’équipe et le staff, comme Tom (Steels) et Wilfried ( Peeters) qui vivent pour cette passion. Ils m’en parlent tout l’hiver, plus que toutes les autres courses ( rires). » En passant les douze dernières années chez Lidl-Trek, Stuyven, « de retour à la maison » où il n’a pourtant jamais mis les pieds malgré des touches récurrentes, avait remarqué le virage pris par les Quick Step : « Dès nos premières discussions avec Jürgen, il voulait retourner à cet ADN, que Remco continue ou pas. En vue des classiques, on avait la même manière de voir. »

Le staff, même s’il avait conscience d’avoir une pépite avec Evenepoel - « comme Pogacar chez UAE, c’est normal de se mettre à leur service », souligne Steels -, avait le sentiment de ne plus exploiter tout un pan de l’histoire de l’équipe et le directeur sportif ne cache plus sa joie de « retourner aux bases. Les classiques ont toujours été importantes mais on sent qu’on a faim de retrouver notre place. Est-ce qu’on est plus forts avec nos recrues ? C’est sûr, on est revenus à la force du collectif. Quand on regarde les coureurs pour les classiques, on a les qualités pour remonter l’escalier. » pense à Dylan Van Baarle, arrivé de Visma, qui avait levé les bras sur le vélodrome de Roubaix en 2022, après À Travers la Flandre en 2021 et avant le Nieuwsblad en 2023 ; à Stuyven, vainqueur également du Nieuwsblad en 2020 et d’un Monument (Milan - SanRemo en 2021). Certes pas une Flandrienne mais peu importe le pays d’accueil pour Jürgen Foré, qui « rêve d’un Monument. C’est un objectif de cette saison et des suivantes ».

Il y aura des écueils, tout de même, à commencer par les ogres Mathieu Van der Poel et Tadej Pogacar face auxquels, même à plusieurs, il est difficile de lutter. « Renouer avec une culture plus flandrienne pourrait être une des clés, analyse Stuyven (33 ans), malade et absent au départ de Gand ce matin. Parler en flamand, cela change, c’est plus facile (sourire). Je trouve qu’il y a plus d’ambiance, d’amusement dans une équipe belge. » La partie moins marrante sera prise en charge par Niki Terpstra, visiblement. Le nouveau directeur sportif s’est donné pour mission de retrouver un Wolfpack plus mordant. L’ancien coureur de TotalÉnergies, huit années chez Quick Step, aimerait bien bouger tout ce petit monde, sans sentiment : « Nous contre le reste du peloton. Nous ne sommes pas en course pour nous faire des amis, mais pour obtenir des résultats, et nous devons le faire ensemble. C’est ça, l’esprit Wolfpack. » Qui, selon Jasper Stuyven, ne demande qu’à être ressuscité « avec Niki, Tim et Sep, qui étaient encore dans le peloton il n’y a pas longtemps ». Entre-temps, la formation belge, son esprit en tout cas, s’était perdue en chemin.


(*) Notamment huit Tours des Flandres de 2005 à 2021 (Tom Boonen à trois reprises, Stijn Devolder deux, Philippe Gilbert en 2017, Niki Terpstra en 2018, Kasper Asgreen en 2021) et six ParisRoubaix depuis 2005 (Boonen, quatre succès, Terpstra en 2014 et Gilbert en 2019).

Commenti

Post popolari in questo blog

I 100 cattivi del calcio

Echoes' Cycling Biography #4: Jean-Pierre Monseré

Chi sono Augusto e Giorgio Perfetti, i fratelli nella Top 10 dei più ricchi d’Italia?