Akliouche en version internationale
Maghnes Akliouche fête son égalisation en compagnie
de Thilo Kehrer, Folarin Balogun et Denis Zakaria.
Au terme d’une seconde période de haut niveau, le milieu offensif des Bleus s’est révélé prépondérant dans la victoire renversante de Monaco à Lyon, avec un but et un penalty obtenu.
23 Mar 2026 - L'Équipe
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL FLAVIEN TRÉSARRIEU
DÉCINES-CHARPIEU (RHÔNE) – Il fallait voir le regard de Sébastien Pocognoli s’illuminer en conférence de presse quand le sujet du travail défensif de Maghnes Akliouche lui a été soumis. Avec, comme illustration, ce retour effréné de la 83e minute pour venir empêcher, en position de dernier défenseur, le Lyonnais Afonso Moreira de frapper. « On a un joueur qui fait énormément d’efforts défensifs et pas seulement vers l’arrière, vers l’avant aussi, a voulu souligner l’entraîneur monégasque dans une tirade emprunte d’un zeste d’admiration. C’est l’un des joueurs qui récupèrent le plus de ballons hauts sur le terrain en L1.»
Son milieu offensif se trouve en effet sur le podium des gratteurs de ballons dans les trente mètres adverses, derrière le Toulousain Yann Gboho et le Lensois Mamadou Sangaré (*). Et cela dit beaucoup de son investissement. Mais cette dimension n’est finalement pas si nouvelle cette saison. Ce qui l’est, et c’est tout aussi appréciable, c’est qu’il devient aussi efficace dans le domaine où il est le plus attendu: le réalisme offensif.
Des performances remarquées avant les trêves
Peut-être est-ce le doux parfum des trêves internationales, qui sait, mais force est de constater qu’Akliouche semble parfois transformé quand l’opportunité de porter le maillot de l’équipe de France se présente. À la veille de son premier rassemblement chez les Bleus, le 31 août, il s’était montré doublement décisif dans la victoire de l’ASM contre Strasbourg (3-2), buteur mais aussi passeur d’une ouverture parfaitement dosée pour Takumi Minamino. Rebelote une semaine avant l’annonce de la liste de Didier Deschamps, en novembre, avec un récital face à Nantes (5-3, le 29 octobre), ponctué d’un but et d’une nouvelle passe décisive, pour Mamadou Coulibaly.
Akliouche n’est pas du genre à tricher en choisissant ses matches. Mais celui qui a été décrit assez logiquement comme l’un des leaders techniques du groupe par Pocognoli a été confronté à un défi de taille : l’équilibre entre les efforts défensifs et son travail d’attaquant au cours d’une saison où il a parallèlement dû composer avec la fatigue, lui le joueur le plus utilisé de l’ASM ( 2 908 minutes toutes compétitions confondues).
Un déclic au Parc des Princes
Longtemps trop neutre devant, Akliouche profite aujourd’hui d’un collectif retrouvé. Pour lui, comme pour Monaco, il y a eu un avant et un après Paris. L’international aux 5 sélections a marqué deux fois au Parc des Princes sur le dernier mois (2-2 en Ligue des champions le 25 février et 3-1 en Ligue 1 le 6 mars), et il a fait du Groupama Stadium un nouveau terrain d’expression. Après une première période à s’éparpiller un peu et où il a perdu un duel avec Dominik Greif (16e ) , le joueur de 24 ans a profité d’une merveilleuse ouverture de 60 mètres de Jordan Teze pour aller battre le gardien de l’OL d’un tir du droit sous la barre (63e).
Six minutes plus tard, il obtenait un penalty pour une faute de Corentin Tolisso. Et Folarin Balogun faisait mouche (72e). « J’essaie d’aider constamment l’équipe en étant décisif avec le ballon ou en défendant, a résumé Akliouche.
J’essaie de donner le meilleur de moi-même. » Tant mieux pour l’ASM.
(*) Akliouche a gagné 23 ballons dans cette zone, contre 27 pour Gboho et 24 pour Sangaré.
***
Monacostaud
Menée au score dimanche, l’ASM a renversé l’OL et entretenu sa très belle série en Ligue 1. Invincible depuis neuf matches, la voilà à trois points du podium.
23 Mar 2026 L'Équipe
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL F. T.
Il a fallu un dernier effort sur une action étouffante, et trois frappes contrées dans la surface monégasque pour verrouiller le résultat. Et quel résultat ! Au terme de ce duel périlleux qu’il ne fallait pas perdre sous peine d’être à nouveau distancé par l’OL, Monaco a décroché dimanche un nouveau succès de prestige à l’extérieur (2-1), après ceux enregistrés à Lens (3-2, le 21 février) et à Paris (3-1, le 6 mars).
La meilleure équipe de L1 sur la phase retour
Au-delà des discussions extérieures sur l’arbitrage (voir page 12), un peu plus de deux mois après un match aller déjà émaillé de débats à la suite d’un but refusé à Jordan Teze pour une faute sujette à interprétations sur Corentin Tolisso (1-3), l’ASM a démontré qu’il allait falloir compter sur elle lors du sprint final.
Menée au score à la pause, sans se désunir, elle a renversé Lyon en s’appuyant sur un collectif consistant et sur ses hommes forts, Maghnes Akliouche et Folarin Balogun. Le premier s’est montré doublement décisif (voir ci-dessus). Toujours aussi tranchant, le second, reste sur cinq buts en cinq journées après son penalty transformé sereinement sous les sifflets du Groupama Stadium (72e). Dans leur sillage, l’ASM, meilleure équipe de L1 sur la phase retour, vient d’enchaîner un 9e match sans défaite et une 6e victoire de rang.
Évidemment, cette série vertigineuse ne fera pas oublier sa profonde crise de l’automne mais elle a fait rejaillir de manière assez irréelle ses espoirs du début de saison, à savoir une place en Ligue des champions. Le 25 janvier, au soir de la 19e journée, le dernier strapontin vers la C1 paraissait inatteignable : l’OL (4e) se trouvait à… douze points et l’OM (3e) à quatorze. Lundi matin, les deux Olympiques ne la devancent plus que d’une et trois unités. « Il y a toujours des équipes devant nous, a constaté Sébastien Pocognoli, dont l’équipe est 6e, juste derrière Lille. On les chasse, on est outsiders et on essaie de mettre les bouchées doubles pour combler la période moins faste. On met le plus de pression possible sans pour autant nous en mettre trop. »
La trêve va permettre à son groupe de digérer émotionnellement ce mois de mars parfait. Avant de se fixer l’objectif de recoller sur l’OM, son prochain adversaire.
Commenti
Posta un commento