Quelle sera sa prochaine folie ?
Pogacar, l’Enfer du Nord pour prochain paradis ?
Sa quête de Milan-San Remo validée, Tadej Pogačar peut désormais se tourner vers de nouveaux défis. Paris-Roubaix pour commencer, mais aussi quelques paris plus dingues que seul lui peut viser.
23 Mar 2026 - L'Équipe
JULIEN CHESNAIS, THOMAS PEROTTO et ALEXANDRE ROOS
SAN REMO (ITALIE) – Nous avons quitté San Remo sous la pluie et les idées un peu dans le brouillard, à tenter de faire le tri dans nos pensées après la course de samedi, entre ce qui relevait de la folie pure et ce qu’on pouvait rationaliser. Tadej Pogačar a finalement conquis Milan-San Remo et il y avait dans l’air l’extraordinaire, la légende, mais aussi le sentiment que quelque chose s’était achevé, la fin d’une ère.
Cette victoire pèsera lourd dans la carrière du double champion du monde, on en parlera encore dans longtemps, mais elle va aussi marquer un tournant, le début de la fin à vrai dire, la dernière ligne droite pour le champion de 27 ans. Et c’est assez étrange de l’écrire alors qu’il n’a jamais semblé si fort qu’en ce début de saison, avec les feux d’artifice des Strade Bianche et de la Classicissima.
Il a encore un Tour de France ou deux à glaner, un ou deux arc-enciel de plus, mais il ne lui manque plus qu’une grande victoire: Paris-Roubaix. La Vuelta, il voudra la gagner un jour, mais elle ne changera pas grand-chose à son palmarès ou à sa grandeur. Et puis il pourrait s’inventer des derniers défis encore plus fous. Petit tour d’horizon de ce qui pourrait encore exciter le Slovène.
Un premier Paris-Roubaix
Dimanche 12 avril. La date est cochée. Dès samedi soir à San Remo, passé l’exploit, tout le monde ne pensait qu’à Pogačar sortant vainqueur des pavés du Nord. Il pourrait y décrocher le Monument qui manque désormais à sa collection. « Il est concentré sur les classiques et il ne pense qu’à ça d’ici la fin de cette période. Là, c’était San Remo et maintenant, Roubaix. Il n’y a que ça qui l’intéresse », assure Mauro Gianetti, le manager d’UAE Emirates-XRG.
Deuxième l’an passé derrière Van der Poel pour sa première participation sur Paris-Roubaix, un exploit déjà considérable, Pogačar va s’avancer sur l’Enfer du Nord en favori, peut-être même devant le Néerlandais, qui a gagné les trois dernières éditions. Encore plus costaud physiquement qu’il y a un an (au moins visuellement), notamment du bas du corps, Pogačar possède davantage de garanties pour résister aux pavés et à la dureté de cette course.
Rentrer dans la caste des quintuples vainqueurs du Tour
Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain. Ils sont pour l’instant quatre à compter cinq victoires sur le Tour de France. Dès cet été, Pogacar peut les rejoindre. Vainqueur de la Grande Boucle en 2020, 2021, 2024 et 2025, il veut lui aussi entrer dans cette caste.
Pour l’histoire, même s’il a plusieurs fois expliqué qu’il ne s’en souciait pas, dans laquelle il continue à rentrer un peu plus à chaque sortie. « J’ai atteint le point où je me suis prouvé à moi-même que je pouvais avoir de grands résultats. Maintenant, j’essaie de me concentrer sur d’autres choses dans ma vie tout en profitant du vélo. Et si je bats des records historiques, ce sera formidable, mais ce n’est pas mon objectif » , expliquait-il à L’Équipe en 2025 après son quatrième succès sur le Tour de France.
Un triple arc-en-ciel d’affilée
Sacré à Zurich (2024) puis à Kigali (2025), Pogacar n’est plus qu’à une longueur des cinq coureurs se partageant le record de trois titres mondiaux: Alfredo Binda, Rik Van Steenbergen, Eddy Merckx, Oscar Freire et Peter Sagan, le Slovaque étant le seul à les avoir récoltés d’une traite entre 2015 et 2017.
La route vers le triplé semble toute tracée pour le Slovène: le 27 septembre, il sera encore une fois le grand favori à Montréal (3803 m de dénivelé, douze ascensions de la côte de Camillien-Houde), sur un tracé qu’il connaît bien pour y avoir remporté deux fois le Grand Prix, en 2022 et 2024, avant d’offrir la victoire l’an passé à son coéquipier Brandon McNulty. Et la perspective d’un quadruplé inédit s’envisage déjà vu la difficulté que proposera le circuit de Sallanches, en 2027, avec la côte de Domancy à faire vingt fois (2,5 km à 9,4 %).
Les cinq Monuments en 2026
C’est presque déjà l’année ou jamais. Parce que Pogačar vient de gagner Milan-San Remo, bien sûr, mais surtout parce qu’il a laissé entendre qu’il n’allait peutêtre plus mettre un pied à San Remo, si ce n’est pour manger une focaccia. Sur son chemin, le plus grand défi se jouera à Paris-Roubaix, qu’il n’a jamais remporté.
Le Tour des Flandres est devenu une de ses annexes, avec déjà deux victoires, et la version 2026 du Slovène semble parfaite pour déposer une nouvelle fois van der Poel dans le Vieux Quaremont, même si le Néerlandais sera revanchard. Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie sont carrément ses jardins, avec trois et cinq succès, sur des parcours qui conviennent à merveille à ses qualités. Jamais un coureur n’a réalisé ce Grand Chelem du cyclisme et cette perspective pourrait bien motiver le double champion du monde.
Le fantasme des trois Grands Tours la même année
Sera-ce l’ultime défi auquel s’attaquera Pogačar? Personne n’a jamais remporté le Giro, le Tour et la Vuelta lors d’une même saison. Si le déplacement du Tour d’Espagne du printemps vers septembre rend la chose moins inaccessible depuis 1995, ce triplé reste une montagne vertigineuse, à faire frissonner quiconque ose y songer.
C’est justement ce qui peut titiller l’ego du Slovène. En 2024, il avait déjà réussi un doublé Giro-Tour, inédit depuis 1998 (Marco Pantani). Il avait ensuite renoncé à la Vuelta – qu’il n’a jamais remportée (3e lors de son unique participation en 2019) – pour privilégier la quête d’un premier titre mondial. Quand se retrouvera-t-il à nouveau en position de parachever un triplé ? Pas cette saison, puisqu’il ne va pas sur le Giro. Mais pourquoi pas en 2027 ou 2028 ?
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Quale sarà la sua prossima follia?
Pogacar, l’Inferno del Nord come prossimo paradiso?
Dopo aver conquistato la Milano-Sanremo, Tadej Pogačar può ora rivolgersi a nuove sfide.
La Parigi-Roubaix per cominciare, ma anche alcune imprese più folli che solo lui può tentare.
23 mar 2026 - L'Équipe
JULIEN CHESNAIS, THOMAS PEROTTO e ALEXANDRE ROOS
SAN REMO (ITALIA) – Abbiamo lasciato Sanremo sotto la pioggia e con le idee un po’ confuse, cercando di fare ordine nei nostri pensieri dopo la gara di sabato, tra ciò che era pura follia e ciò che potevamo razionalizzare. Tadej Pogačar ha finalmente conquistato la Milano-Sanremo e nell’aria si respirava l’eccezionale, la leggenda, ma anche la sensazione che qualcosa fosse finito, la fine di un’era.
Questa vittoria peserà molto nella carriera del due volte campione del mondo, se ne parlerà ancora a lungo, ma segnerà anche una svolta, l'inizio della fine a dire il vero, il rettilineo finale per il campione ventisettenne. Ed è piuttosto strano scriverlo, visto che non è mai sembrato così forte come in questo inizio di stagione, con i fuochi d’artificio della Strade Bianche e della Classicissima.
Ha ancora un Tour de France o due da conquistare, un altro paio di maglie iridate, ma gli manca solo una grande vittoria: la Parigi-Roubaix. Un giorno vorrà vincere la Vuelta, ma questa non cambierà granché il suo palmarès o la sua grandezza. E poi potrebbe inventarsi delle ultime sfide ancora più folli. Breve panoramica di ciò che potrebbe ancora entusiasmare lo sloveno.
La prima Parigi-Roubaix
Domenica 12 aprile. La data è segnata. Già sabato sera a Sanremo, dopo l’impresa, tutti pensavano solo a Pogačar vincitore sulle pietre del Nord. Potrebbe conquistare lì il Monumento che ora manca alla sua collezione. «È concentrato sulle classiche e non pensa ad altro da qui alla fine di questo periodo. Prima c’era la Sanremo e ora c’è la Roubaix. È l’unica cosa che gli interessa», assicura Mauro Gianetti, manager della UAE Emirates-XRG.
Secondo lo scorso anno dietro a van der Poel alla sua prima partecipazione (da professionista, ndr) alla Parigi-Roubaix, un risultato già notevole, Pogačar si presenterà all’Inferno del Nord come favorito, forse addirittura davanti al neerlandese, che ha vinto le ultime tre edizioni. Ancora più forte fisicamente rispetto a un anno fa (almeno a prima vista), in particolare nella parte inferiore del corpo, Pogačar ha maggiori garanzie per resistere al pavé e alla durezza di questa gara.
Entrare nella cerchia dei cinque volte vincitori del Tour
Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault e Miguel Indurain. Per ora sono in quattro ad aver conquistato cinque vittorie al Tour de France. A partire da quest’estate, Pogačar potrebbe unirsi a loro. Vincitore della Grande Boucle nel 2020, 2021, 2024 e 2025, anche lui vuole entrare a far parte di questa élite.
Per la storia, anche se ha spiegato più volte che non gli interessa, nella quale continua a entrare un po' di più a ogni uscita. «Ho raggiunto il punto in cui ho dimostrato a me stesso che potevo ottenere grandi risultati. Ora cerco di concentrarmi su altre cose nella mia vita, pur godendomi la bicicletta. E se batterò record storici, sarà fantastico, ma non è il mio obiettivo», spiegava a L’Équipe nel 2025 dopo la sua quarta vittoria al Tour de France.
Tre maglie iridate in fila
Incoronato a Zurigo (2024) e poi a Kigali (2025), Pogačar è ormai a un passo dai cinque corridori che condividono il record di tre titoli mondiali: Alfredo Binda, Rik Van Steenbergen, Eddy Merckx, Oscar Freire e Peter Sagan, con lo slovacco che è l’unico ad averli conquistati in fila tra il 2015 e il 2017.
La strada verso la tripletta sembra già tracciata per lo sloveno: il 27 settembre sarà ancora una volta il grande favorito a Montréal (3803 m di dislivello, dodici salite della Côte de Camillien-Houde), su un percorso che conosce bene per avervi vinto due volte il Gran Premio, nel 2022 e nel 2024, prima di regalare la vittoria lo scorso anno al suo compagno di squadra Brandon McNulty. E la prospettiva di una quaterna senza precedenti si profila già, vista la difficoltà che presenterà il circuito di Sallanches, nel 2027, con la salita di Domancy da affrontare venti volte (2,5 km al 9,4%).
I cinque Monumenti nel 2026
È quasi già l'anno della verità. Perché Pogačar ha appena vinto la Milano-Sanremo, ma soprattutto perché ha lasciato intendere che forse non metterà più piede a Sanremo, se non per mangiare una focaccia. Sul suo percorso, la sfida più grande si giocherà alla Parigi-Roubaix, che non ha mai vinto.
Il Giro delle Fiandre è diventato una delle sue tappe preferite, con già due vittorie all’attivo, e la versione 2026 dello sloveno sembra perfetta per battere ancora una volta van der Poel sul Vieux Quaremont, anche se il neerlandese cercherà la rivincita. La Liegi-Bastogne-Liegi e il Giro di Lombardia sono decisamente il suo terreno di caccia, con tre e cinque successi, su percorsi che si adattano perfettamente alle sue qualità. Nessun corridore ha mai realizzato questo Grande Slam del ciclismo e questa prospettiva potrebbe motivare il due volte campione del mondo.
Il sogno dei tre Grandi Giri nello stesso anno
Sarà questa l'ultima sfida che Pogačar dovrà affrontare? Nessuno ha mai vinto il Giro, il Tour e la Vuelta nella stessa stagione. Anche se lo spostamento della Vuelta dalla primavera a settembre ha reso l'impresa meno irraggiungibile dal 1995, questa tripletta rimane una vetta vertiginosa, capace di far rabbrividire chiunque osi solo pensarci.
È proprio questo che potrebbe stuzzicare l'ego dello sloveno. Nel 2024 aveva già realizzato una doppietta Giro-Tour, cosa che non accadeva dal 1998 (Marco Pantani). Aveva poi rinunciato alla Vuelta – che non ha mai vinto (3° nella sua unica partecipazione nel 2019) – per privilegiare la ricerca del primo titolo mondiale. Quando si ritroverà di nuovo nella posizione di poter completare una tripletta? Non in questa stagione, dato che non correrà il Giro. Ma perché non nel 2027 o nel 2028?
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