SZOBOSZLAI - Un air de Gerrard
S’il présente de nombreux points communs avec la légende des Reds, le milieu hongrois, meilleur joueur de Liverpool cette saison, n’affichen pas encore le leadership de son aîné.
“Szoboszlai ressemble aujourd’hui à ce qu’était Steven quand il avait 18 ans"
- JAMIE CARRAGHER, ANCIEN COÉQUIPIER
DE GERRARD À LIVERPOOL
8 Apr 2026 - L'Équipe
PIERRE-ÉTIENNE MINONZIO
C’est aussi à cela que l’on reconnaît un grand club: certains numéros de maillots pèsent plus lourd que d’autres. Ainsi, tous les titulaires du 8 à Liverpool doivent se montrer à la hauteur de leur glorieux prédécesseur, Steven Gerrard, qui a évolué avec ce numéro lors de onze des dix-huit saisons qu’il a passées chez les Reds (entre 1998 et 2015). De sorte qu’à son arrivée sur les rives de la Mersey à l’été 2023, à l’âge de 22 ans, Dominik Szoboszlai s’est retrouvé confronté à une double pression, celle du prix p de son transfert en provenance de Leipzig (près de 70 millions d’euros) mais aussi celle de la comparaison avec « Stevie G », puisque le Hongrois a délibérément choisi c le numéro 8, laissé vacant après le départ de Naby Keïta, afin de rendre hommage à Gerrard, qu’il a toujours admiré. Au point d’avoir fait tatouer sur son bras une citation de son modèle: « Le talent est une bénédiction divine, mais il ne vaut rien sans une volonté hors-norme et sans humilité. »
Si, pendant le premier exercice au Liverpool FC du Magyar, très inégal, personne ne mettait les deux milieux de terrain en parallèle, certains consultants s’y sont risqués au cours de sa deuxième saison, durant laquelle « Szobo » (son surnom parmi ses coéquipiers) a joué un rôle décisif dans l’obtention du titre de champion par son activité débordante dans l’entrejeu. Dès septembre 2024, John Barnes, l’ancien attaquant des Reds (1987-1997), déclarait : « C’est le joueur que j’ai vu qui se rapproche le plus de Gerrard, en ce qui concerne sa qualité de passe, ses dribbles, ses efforts, ses tacles… »
Ces derniers mois, au sein d’un collectif en décrépitude, Szoboszlai s’est affirmé commele meilleur joueur de son équipe, se montrant notamment plus adroit en phase offensive (12 buts, dont 5 coups francs, et 8 passes décisives, toutes compétitions confondues cette saison). Ce qui, naturellement, n’a fait qu’amplifier le jeu des comparaisons avec son devancier, le Daily Telegraph titrant d’ailleurs après le huitième de finale retour de Ligue des champions entre Liverpool et Galatasaray (4-0, le 18 mars) au cours duquel le Hongrois avait brillé: « Szoboszlai est le nouveau Gerrard ». Cette affirmation n’avait pas choqué Mohamed Sissoko, qui a évolué avec Gerrard à Liverpool entre 2005 et 2008 et qui nous indiquait la semaine dernière: « Quand on voit l’épaisseur prise par Szoboszlai dans l’équipe, sa capacité à défendre et à se projeter, sa facilité à occuper différents postes, le respect qu’il inspire à ses coéquipiers… Il y a de nombreux points communs avec Steven. »
Pour autant, les statistiques moyennes par match de Premier League fournies par Opta dessinent deux profils distincts : « Szobo » touche plus de ballons que son aîné (86 contre 82), en récupère plus également (5,5 contre 3,9), tout en se révélant moins souvent décisif (toutes les 325 minutes, contre toutes les 194 pour l’Anglais).
Mais à écouter Jamie Carragher, qui avait accompagné Gerrard tout au long de son parcours chez les Reds, la différence se situe ailleurs. « Szoboszlai ressemble aujourd’hui à ce qu’était Steven quand il avait 18 ans, nous a-t-il récemment confié en souriant. En ce moment, il est fantastique, mais il lui reste quatre ou cinq niveaux à franchir ( avant de pouvoir être comparé à Gerrard). Sa progression passera sans doute par le fait de prendre le brassard, quand Virgil (Van Dijk) s’en ira. »
Un statut auquel il serait encore loin de pouvoir prétendre à en croire l’influent site This is Anfield, consacré à l’actualité du Liverpool FC, qui a publié dimanche un billet intitulé « Szoboszlai n’est pas prêt à devenir capitaine », dénonçant l’attitude frondeuse du Hongrois vis-à-vis des supporters des Reds la veille, à l’issue de la déroute concédée en Cup sur la pelouse de Manchester City (0-4), ainsi que l’aveu d’impuissance qu’il avait exprimé alors (« Aucun de nous n’était à son maximum »).
Cette sortie avait manifestement choqué… Gerrard, qui a lâché mardi sur Talksport: « J’ai trouvé inquiétant que les joueurs après la rencontre reconnaissent qu’ils ne s’étaient pas battus (…). Au Liverpool FC, il y a des choses qu’on ne fait pas et des choses que l’on ne dit pas. » Une manière, peut-être, pour l’idole liverpuldienne de montrer le chemin qu’il reste à parcourir à celui qui rêve de lui ressembler.
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