« Un endroit où les équipes peuvent rouler comme des bêtes»


À cinq jours de l’Enfer du Nord, Thierry Gouvenou, directeur de la course, a mené la reconnaissance officielle et décrypté la déviation par Briastre. Un secteur rare sur le parcours qui pourrait peser dès l’entrée sur les pavés.

"Les changements de parcours, on peut les réaliser dans la première partie, 
car on a du stock de pavés. Mais c’est difficile d’étendre le domaine"
   - THIERRY GOUVENOU, DIRECTEUR DE PARIS-ROUBAIX

8 Apr 2026 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS

BRIASTRE (NORD) – À la bêche, les lycéens débusquent des bouts de pavés dans un bosquet afin de combler les trous dans le secteur d’Haveluy. Sans certitude que, d’ici dimanche, le rafistolage tienne. « Il n’y a pas de joint, pointe un des élèves. Gros, s’il pleut, ça ne tient pas… » Deux sujets animaient donc les conversations, hier, lors de la reconnaissance de Paris-Roubaix : la météo et l’état de la chaussée.

Mais avant de retrouver la partie où Tadej Pogacar avait accéléré l’an passé pour sa première participation, le peloton s’élancera sur les pavés de Troisvilles, comme d’habitude, mais très vite, se confrontera à Briastre, 3000 mètres de long. Pas un secteur absolument neuf mais plutôt rare selon Thierry Gouvenou, le directeur de la course: « Ce n’est pas un secteur historique, ce n’est pas naturel d’y aller. C’est plutôt une déviation car le maire de Briastre est un adorateur de la course, il m’appelle souvent ( sourire). On essaye d’alterner les secteurs pour continuer de les faire vivre. On aime faire cette petite virgule de temps à autre. » De 2017 à 2019 (dans le sens inverse cette année-là) puis en 2024.

« Le pavé était humide et la formation de Mathieu Van der Poel avait roulé à bloc. C’est un endroit où les équipes peuvent rouler comme des bêtes pour laisser les favoris s’expliquer ensuite. On va en perdre une bonne partie. Ici, dans ce faux plat, tu sais si tu as les jambes, si tu vas voir Roubaix ou t’arrêter à Valenciennes. C’est l’équivalent de 5-6 % sur du goudron, cela va toxiner et les plus forts vont commencer à émerger. S’il pleut, ce sera un exercice d’équilibriste. »

L’endroit salue également la mémoire de Michael Goolaerts, le coureur belge mort un peu plus haut dans ce secteur, en 2018, des suites d’un arrêt cardio-respiratoire. « Il était impossible de se remettre dans la course psychologiquement», se remémore Gouvenou.

À la sortie, après quelques mètres d’asphalte, une petite nouveauté: 800 mètres édentés mais en montée cette fois. Un endroit pour une attaque de Tadej Pogacar? Le dirigeant fait la moue: « Je ne sais pas ce qui n’est pas pour lui (rires). » Si le Slovène venait à s’imposer, l’organisation devrait à l’avenir durcir la course mais les zones pavées ont toutes été probable ment ex plo ré e s . Sur 110 secteurs, 85 sont cyclables, environ 65 sont régulièrement utilisés par l’organisation.

« Les changements de parcours, on peut les réaliser dans la première partie du parcours car on a du stock de pavés. Mais c’est difficile d’étendre le domaine pavé, poursuit le directeur de l’épreuve. Il y a quelques années, on avait du mal à trouver 50 kilomètres, aujourd’hui, on atteint 55 kilomètres. Tous ceux qui sont cyclables, je les connais, un registre est en plus en train de les recenser. Certains sont connus mais pas empruntables. On a fait le tour. Après Briastre, il y a encore par exemple 1,5 kilomètre de pavés vers Troisvilles mais cela monterait la partie à 5000 mètres, ce qui n’a jamais été fait depuis cinquante ans. »

À Bellaing, derrière une ferme, l’ancien coureur connaît bien une portion, mais « il faudrait trop de travaux pour le relier à un axe routier ».

Dimanche, le menu sera déjà assez copieux, autant qu’une omelette mousseuse de chez Françoise, la restauratrice, éternelle ouvreuse de l’Enfer du Nord, à Troisvilles: 30 secteurs au total, sur les 258,3 kilomètres, et on n’aura pas forcément besoin d’attendre la trouée d’Arenberg ou le carrefour de l’Arbre pour relever les premiers dégâts. « Les cinq premiers secteurs vont être violents, on aura déjà parcouru 11,5 kilomètres ( en 19 bornes). On va enchaîner des secteurs longs à Quiévy, 3700 mètres avant la Fontaine aux Tertres puis 3000 mètres et un 800 mètres en montée ( à Biastre), cela devrait égrener le peloton. »

L’état des pavés soumis aux aléas de la météo

Le reste est assez connu et si des sangliers ne ramènent pas des mottes de terre dans Arenberg, la partie de 2300 mètres finira de réduire le nombre de postulants à la victoire finale.

Hier, Gouvenou a promis une voie du site minier « impeccable, nettoyée en trois parties par la commune de Wallers, la communauté d’agglomération de la Porte du Hainaut puis les chèvres pour enlever le surplus d’herbe ».

Quelques touffes résistaient encore avec le printemps tardif et l’ancien coureur Cédric Coutouly, qui travaille avec le directeur de course sur le dessin du parcours, militait pour des boucs, « car ça bouffe plus que les chèvres » . Mais, même grignoté, frotté et poli, le pavé du Nord reste soumis aux aléas du ciel, et sur ce plan, Gouvenou priait pour un scénario idéal : « De la pluie pour les belles images mais après Arenberg. »

***

GP de l'Escaut - 205,2 km

Merlier sur le pont

Le Belge sera au départ pour tenter de lancer sa saison au milieu de sprinteurs qui ont un oeil sur Paris-Roubaix, dont Jasper Philipsen.

"Il n’y aura pas trop de vent, 
donc pas de bordures, 
mais le final restera nerveux" 
   - ILJO KEISSE, DIRECTEUR SPORTIF 
     DE SOUDAL-QUICK STEP

8 Apr 2026 - L'Équipe
ALEXANDRE ROOS

Tim Merlier n’épinglera que son deuxième dossard de la saison ce matin au départ du GP de l’Escaut, après une rentrée timide sur le GP Monseré, il y a deux semaines (19e). Le Belge de 33 ans lutte depuis le début d’année contre des problèmes à un genou.

« La douleur a commencé à gauche, a décrit le sprinteur dans une vidéo de son équipe, sans raison apparente ni souvenir d’avoir heurté quoi que ce soit. Après deux semaines de repos, j’ai soudainement commencé à avoir des problèmes du côté droit aussi. Cela me fait rater une grande partie de la meilleure partie de la saison. »

Pas de classiques donc, ni de Paris-Roubaix dimanche pour le coureur de Soudal-Quick Step, qui espère tout de même bien figurer dans la course du jour, dont il a remporté les deux dernières éditions.

« J’adorerais être dans la bataille pour faire un bon résultat, mais je sais que ce ne sera pas facile » , concède un des trois meilleurs sprinteurs du monde. « Tim est motivé, mais il faut voir ce qu’il peut faire alors que ce ne sera que sa deuxième course de l’année, explique Iljo Keisse, un de ses directeurs sportifs. Il n’y aura pas trop de vent, donc pas de bordures, mais le final restera nerveux, car il y a beaucoup de sprinteurs. »

On y retrouvera Jasper Philipsen, vainqueur en 2021 et en 2023, qui peaufinera sa condition avant de reprendre son rôle de lieutenant de Mathieu van der Poel dans l’Enfer du Nord, mais aussi Jordi Meeus, qui sera de sortie sur les pavés dimanche (8e en 2024), Dylan Groenewegen, Milan Fretin, Emilien Jeannière ou Marius Mayrhofer.

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PROGRAMME
GP DE L’ESCAUT (TERNEUZEN - SCHOTEN, BEL, 205,2 km)

départ à 13 h 05, arrivée entre 17 h 35 et 18 h.
la chaîne L’Équipe à 16 h 05

AUJOURD’HUI Principaux engagés

Soudal Quick-Step : Merlier (BEL). Alpecin-Premier Tech : J. Philipsen (BEL).
Lotto Intermarché : Menten, De Schuyteneer (BEL). Bahrain - Victorious : Bauhaus (ALL).
Lidl - Trek : Theuns (BEL). NSN : Hofstetter.
RedBull - BORA - Hansgrohhe : Meeus (BEL).
Jayco AlUla : Ackermann (ALL). Picnic PostNL : Dhondt (BEL). Burgos Burpellet : R. Alvarez (ESP). Cofidis : Fretin (BEL) ; Charret, Izquierdo ; Aniolkowski (POL). Modern Aventure : Carpenter (USA).
Pinarello Q36.5 : Moschetti (ITA), Wright (GBR).
Solution Tech NIPPO : Viviani (ITA). Flanders - Baloise : Crabbe (BEL). TotalEnergies : Jeannière, Boulahoite, Dauphin, Leroux, Marcerou, Thierry.
Tudor : Kelemen (RTC) ; Mayrhofer (ALL).
Unibet Rose Rockets : Groenewegen (HOL).
Beat CC Saxo : Coppens (BEL). Tarteletto - Isorex : Dupont (BEL).

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