CONDAMNÉ À L’IMPOSSIBLE
En trébuchant contre New York vendredi, San Antonio est déjà mal en point dans sa finale. Aucune équipe n’a jamais remonté deux défaites à la maison pour s’imposer. Invisible en première période, Victor Wembanyama a réagi après la pause et espère enfin la
«Wembanyama est choqué en ce moment.
Ça doit faire pas mal de temps qu’il ne s’est pas fait botter les fesses comme ça.
“KAT” est en train de lui faire mal »
- CHARLES BARKLE'Y, HALL OF FAMERS
DÉSORMAIS CONSULTANT POUR ESPN
7 Jun 2026 - L'Équipe
SAMI SADIK
SAN ANTONIO (USA) – Au coeur des couloirs du Frost Bank Center, dignes d’un labyrinthe antique, un vestiaire silencieux et clairsemé ouvre ses portes aux médias. Éparpillés entre les douches, les conférences de presse, dans une autre salle ou en pleine méditation, les Spurs encaissent chacun dans leur coin l’uppercut asséné pleine mâchoire par New York quelques instants plus tôt (104105). Dylan Harper et Stephon Castle acceptent un passage rapide devant les micros avant de quitter les lieux. Comme les deux jeunes meneurs (20 et 21 ans), le reste du groupe texan va faire ses valises pour « Big Apple » sous une chape d’incertitude. Celle de ne pas ramener la série à San Antonio en cas de double revers au Madison Square Garden, demain et mercredi.: 0-2
Le jeune groupe de Mitch Johnson avait déjà fait ses bagages sous la même menace il y a tout juste une semaine, pour le match 7 décisif à Oklahoma City en finale de Conférence (111103). Mais le retour triomphal dans le Texas et la liesse en centre-ville qui avaient suivi sont bien loin dans le rétroviseur. « On doit essayer de ne pas être trop haut ou trop bas dans nos émotions. J’aurais pu être meilleur dans ma capacité à digérer la finale de Conférence. Mais ça ne changera pas le passé. Concentrons-nous sur le match 3 »
Au bout d’une soirée folle, l’intérieur des Bleus a eu deux balles de match. La première a terminé sur le dos de Stephon Castle dans une incompréhension terrible entre les deux hommes. La deuxième – après un lancer franc de Jalen Brunson – est venue mourir en fond de cercle à une seconde du buzzer.
En quête d’une sixième couronne dans l’histoire de la franchise, le Français et les siens sont désormais face à l’inconnu et l’histoire. Jamais une équipe n’a soulevé le trophée Larry O’Brien après avoir subi deux défaites d’entrée dans son quartier général. Orlando et Shaquille O’Neal, finaliste pour sa troisième saison NBA comme Wembanyama, avaient été balayés par Houston en 1995 (0-4).
Deux ans plus tôt, Phoenix et Charles Barkley étaient finalement tombés les armes à la main contre Chicago (2-4). Les deux Hall of Famers sont désormais consultants pour ESPN, diffuseur des finales, et ont fustigé la performance du Français et des Spurs. « Il est choqué en ce moment. Ça doit faire pas mal de temps qu’il ne s’est pas fait botter les fesses comme ça. “KAT” ( KarlAnthony Towns) est en train de lui faire mal », a lancé Barkley, à la mi-temps. Le meilleur défenseur de l’année pointait à 7 points et 4 tirs tentés. Avec surtout l’impression si rare d’être épuisé, surclassé par son vis-à-vis dominicain. O’Neal a embrayé après le match sur une déclaration de Wembanyama ( « La fin de match est encore floue pour moi ») : « Ne dis pas ça, si je suis un joueur des Knicks, je vais te cibler lundi ».
« On a déjà eu ces conversations. Je dois faire en sorte de créer le bon environnement pour que le ballon lui arrive. Et lui ne doit pas seulement se reposer là-dessus pour obtenir ses tirs. Quatre tentatives en une mi-temps à ce niveau, ce n’est pas acceptable », a lâché Mitch Johnson. Les Spurs ont-ils la même hargne qu’il y a une semaine sur le parquet d’OKC ? Sans doute, mais plus les mêmes jambes. Avec sept vrais contributeurs, les minutes s’enchaînent jusqu’à l’épuisement ou l’indigestion pour le vice-champion olympique 2024 et ses partenaires.
Alors les Knicks, bien plus frais (4 matches joués en moins), en profitent à fond. Avec sept minutes à jouer, OG Anunoby a débordé Wembanyama presque sans forcer pour monter au dunk devant le meilleur défenseur de l’année, épuisé (83-97, 41e). « L’énergie du désespoir » – dixit Johnson – associée à quelques décisions arbitrales sévères pour les Knicks a fait souffler le vent de la révolte (104-102, 47e) jusqu’aux deux balles de match du Français, enfin agressif et intenable (29 points, 8 rebonds au final – 17 tirs tentés après la pause). Pendant cinq minutes, la planète basket a retrouvé la version des Spurs passée du fond de la Conférence Ouest au sommet de la chaîne alimentaire NBA. « J’espère qu’on pourra se souvenir de ça de façon à ne plus attendre d’être menés d’autant de points pour jouer de cette façon-là » , prévient Mitch Johnson.
Mais il n’y aura pas d’effet de surprise au Madison Square Garden où l’ambiance promet d’être indescriptible. « Ils vont arriver lundi avec énormément d’énergie. On devra être meilleurs. Pour moi, il y a 0-0, mener 2-0, ça ne veut rien dire », anticipe déjà l’ailier newyorkais Josh Hart. Sous l’oeil du président des États-Unis Donald Trump, attendu au match 3, sous les décibels sans doute records du « MSG », les Spurs devront puiser toujours plus profond dans leurs ressources pour garder le droit de rêver.
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