Un simple avertissement ?


WEMBANYAMA REVANCHARD 

Battu lors du match 1 de la finale NBA, Victor Wembanyama a reconnu avoir raté son match, sans pour autant sembler ébranlé. La jeune garde des Spurs, jamais meilleure que lorsqu’elle est dos au mur, promet une réaction dès cette nuit (2 h 30).

«Perdre d’entrée à la maison ? 
Ça donne un petit degré de motivation supplémentaire»
   - STEPHON CASTLE, ARRIÈRE DES SPURS

5 Jun 2026 - L'Équipe
DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL PERMANENT
MAXIME AUBIN

SAN ANTONIO (USA) – Souffrir pour mieux réagir? Mis en difficulté par les Knicks pour ses grands débuts en finale NBA, mercredi soir, à San Antonio (26 points à seulement 6/21 au tir, défaite 105-95), Victor Wembanyama ne semblait pas du tout atteint moralement au terme des débats, préférant regarder devant lui plutôt que derrière. « Ce soir, j’ai été mauvais, ce n’est pas plus compliqué que ça », a-t-il d’abord assumé au micro d’une salle de presse pendue à ses explications, avant d’ajouter: « On a déjà été menés dans une série de play-offs. Jamais en finale, évidemment. Mais je ne me reproche rien de particulier. Je ne suis pas inquiet le moins du monde. On va être tellement meilleurs. Je vais être tellement meilleur. »

Quatre jours. C’est le peu de temps qu’ont eu les Spurs pour redescendre de leur nuage entre leur qualification épique en finale NBA, samedi, vainqueurs de la septième et dernière manche sur le parquet du Thunder, champion en titre (111-103, série remportée 4-3), et le début de cette série face aux Knicks, mercredi, quant à eux au repos forcé depuis neuf jours (ils ont remporté la finale de la Conférence Est 4-0 face aux Cavaliers le 25 mai). Des émotions que Wembanyama, en pleurs après la qualification à Oklahoma City, « n’avait pas ressenti depuis un moment », conscient que redescendre sur terre allait « être un challenge ».

Pour se préparer au mieux, le Francilien de 22 ans a eu une idée originale : convier une partie de ses coéquipiers à la projection du film d’horreur Obsession, succès récent du box-office américain dans lequel un homme voit son voeu le plus cher se transformer en cauchemar lorsque la femme de ses rêves bascule dans une obsession terrifiante. Mercredi, la terreur avait pris la forme de KarlAnthony Towns sur le parquet du Frost Bank Center. À la fois long et lourd (2,11 m, 112 kg), l’intérieur new-yorkais a brillamment réussi à couper Wembanyama d’accès au cercle en attaque, le forçant à des choix de tirs difficiles, tout en l’attirant souvent très loin de la raquette en défense, libérant ainsi de l’espace pour ses coéquipiers.

« Chaque équipe vous défend différemment et je dois trouver la solution » , a complété le numéro un des Spurs, conscient d’avoir été malmené par une équipe « expérimentée, qui sait jouer avec le momentum » . S’il confiait la veille du match se sentir capable de « jouer cette série, et encore une après », le géant français (2,24 m) fait face à un nouveau défi physique face à New York, capable de lui envoyer plusieurs profils différents mais tout aussi agressifs pour le fatiguer, au-delà de Towns. L’autre avantage des Knicks résidait bizarrement en tribunes, où les fans sont venus très nombreux à San Antonio ( voir par ailleurs), et se sont fait entendre tout au long du match, répétant inlassablement en choeur: «Let’s go Knicks! »

La confiance dégagée par Wembanyama était également perceptible dans le vestiaire des Spurs après la défaite. Le meneur Stephon Castle (17 points, 8 rebonds), pas du tout marqué par la fatigue malgré un combat âpre de 48 minutes, promettait « une longue série » , avec « le luxe d’avoir un deuxième match à jouer à la maison ». L’ailier Devin Vassell (9 points, 9 rebonds) abondait dans le même sens, convaincu « de ne pas avoir joué à [ leur] niveau habituel » , et se disant « impatient d’aborder le match 2 ». Difficile de ne pas leur donner raison, puisque les Texans ont plutôt été en contrôle lors de cette première manche, mercredi, prenant jusqu’à 14 points d’avance avant de voir les Knicks revenir et les coiffer au poteau.

Est-ce le manque d’expérience de cette jeune garde qui la pousse parfois à avoir des trous d’air dans cette campagne de play-offs ? Pour l’instant, San Antonio montre en tout cas qu’elle est plutôt une équipe à réaction, jamais meilleure que lorsqu’elle est dans l’obligation de rebondir après un revers. C’était le cas face à Oklahoma City, où, après avoir été menés 3-2, Wembanyama et les siens ont renversé le champion en titre pour finir à 4-3.

« Perdre d’entrée à la maison ? Ça donne un petit degré de motivation supplémentaire » , avouait Castle au terme de la soirée. Si les Spurs n’ont pas volé leur place en finale, équipe sans doute la plus talentueuse de toute la Ligue, ils devront se méfier de l’excès de confiance, que les Knicks, bien plus expérimentés, ne manqueraient pas de leur faire payer.

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