Banco pour Remco
Remco Evenepoel s’est imposé hier devant Tadej Pogačar,
dont il est devenu le dauphin au classement général.
Evenepoel (Red Bull-Bora-Hansgrohe) a su résister à Tadej Pogacar et à Isaac Del Toro pour remporter sa première étape en ligne sur le Tour et s’emparer de la 2e place du classement général. Son premier gros coup d’éclat sous les couleurs de sa nouvelle é
«Avant le Tour, jamais je n’aurais pensé pouvoir être le
seul ici à rester avec Tadej (Pogacar) et (Isaac) del Toro»
- REMCO EVENEPOEL
20 Jul 2026 - L'Équipe
LAURENT CAMPISTRON ET JULIEN CHESNAIS
PLATEAU DE SOLAISON (HAUTE-SAVOIE) – Qui pouvait imaginer une victoire de Remco Evenepoel, hier lors de la première étape alpestre du Tour, au bout de la terrible ascension du plateau de Solaison? Qui aurait pu miser sur lui lorsqu’il se retrouva seul dans les roues de Tadej Pogačar et d’Isaac del Toro, les gloutons d’UAE, à 8 km du sommet ? Personne à part luimême, sans doute. Le Belge était davantage attendu mardi, dans un contre-la-montre de 26,1 km entre Évian-les-Bains et Thonon-les-Bains, sa grande spécialité. Mais pas sur une étape en ligne de haute montagne.
« Quand il y a Pogačar dans la course et une montée comme celle-là pour finir, c’est impossible de penser à la victoire, admettait, à l’arrivée, Patxi Vila, l’un des directeurs sportifs de Red Bull-BORA-hansgrohe. Ce matin (hier), on était surtout partis dans l’idée de sécuriser la place de Remco sur le podium. Mais voilà, l’étape a pris une tournure différente, notamment vers la fin quand il s’est retrouvé à un contre deux UAE. À ce moment-là, le plan était de rester dans les roues pour conforter la deuxième place au général. »
Mais lorsque Del Toro a attaqué et que Pogacar a laissé un écart de quelques mètres se creuser, tout s’est précipité. « Ça, ce n’était pas normal, poursuivait Vila. On s’est dit alors qu’on avait peut-être une petite chance. » Encore fallait-il régler l’affaire au sprint. Ce qu’a réussi le Belge, d’abord en contrant Del Toro, puis en résistant au retour de Pogačar.
« C’est une superbe victoire pour Remco, la première pour lui en ligne sur le Tour, s’enthousiasmait son équipier Maxim Van Gils. Il est en super forme depuis le début, c’était une bonne décision de ne pas le faire participer au Tour Auvergne-Rhône-Alpes, il est plus frais sur le Tour. »
Désormais deuxième du général, après l’abandon sur chute de Jonas Vingegaard, Evenepoel est désormais devenu le premier des rivaux de Pogacar, bien que pointé à cinq minutes du Slovène. Il a surtout réalisé son plus beau coup d’éclat depuis son transfert chez Red Bull. Déjà sept fois vainqueur sous ses nouvelles couleurs, dont l’Amstel Gold Race, il avait coincé à chaque fois que la route s’était sérieusement élevée, lors de l’UAE Tour et sur le Tour de Catalogne.
De quoi laisser penser qu’il ne savait plus grimper. « Avant le Tour, jamais je n’aurais pensé pouvoir être le seul ici à rester avec Tadej (Pogačar) et ( Isaac) del Toro » , reconnaissait hier le vainqueur de la Vuelta 2022 et 3e du Tour 2024. Pour moi, c’est nouveau de pouvoir suivre les meilleurs grimpeurs sur une montée pareille. »
Après sa 3e place à Liège-Bastogne-Liège le 26 avril, il n’avait pas épinglé le moindre dossard jusqu’au grand départ de Barcelone. Une approche loin des pelotons pour optimiser sa mue indispensable de classicman en coureur de grand Tour.
« Ce que j’ai démontré aujourd’hui (hier) est l’unique raison pour laquelle je me suis mis à l’écart de la compétition pendant deux mois, racontait le Belge, qui avait d’ailleurs profité d’un stage près de Combloux pour grimper plusieurs fois au plateau de Solaison. J’ai décidé de faire beaucoup de longues montées pour perdre du poids. Parce qu’avec mon corps, c’est la seule façon de me permettre de livrer de telles performances. »
Ses sacrifices ont payé ce dimanche. Les changements survenus ces derniers mois aussi. L’hiver dernier, Evenepoel a quitté Soudal-Quick Step pour RedBullBora-Hansgrohe, où il avait débuté chez les pros en 2019, pour booster sa carrière dans une équipe aux moyens bien plus conséquents. Mais il fallait sans doute un peu de temps pour que les pièces du puzzle s’imbriquent correctement. Surtout avec un nouveau changement d’entraîneur ce printemps, Tim Heemskerk, l’ancien coach de Jonas Vingegaard, succédant à Dan Lorang, en partance de chez Red Bull.
« Il a dû s’adapter à de nombreux changements, pointait son directeur sportif Zak Dempster. Il fallait repartir de zéro et essayer de s’améliorer petit à petit. Et nous voyons aujourd’hui l’une des toutes meilleures versions de Remco. »
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Cinquième de l’étape d’hier à 58’’ de son coéquipier Remco Evenepoel,
Floran Lipowitz est désormais 5e au général.
Lipowitz, l’autre carte maîtresse
Respectivement 2e et 5e du général, Remco Evenepoel et Florian Lipowitz vont continuer à jouer leur carte personnelle jusqu’à l’arrivée du Tour, une volonté de leur équipe Red Bull-Bora-Hansgrohe.
20 Jul 2026 - L'Équipe
L. C.
PLATEAU DE SOLAISON – La deuxième place de Remco Evenepoel au classement général, à l’amorce de la troisième et dernière semaine, pourrait inciter la Red Bull-BORA-hansgrohe à tout miser sur lui. Il n’en est rien. Pas question de demander à son équipier Florian Lipowitz de rouler pour le champion belge. L’Allemand est encore trop proche des meilleurs pour abandonner toute ambition. Hier, il a terminé 5e, dans le même temps que Paul Seixas, à 58'' d’Evenepoel. Cinquième, c’est aussi sa place au général, à seulement 50'' de la dernière marche du podium, actuellement occupée par Isaac Del Toro.
« J’estime qu’il faut continuer à avoir une double approche, confie Sakkari Dempster, le directeur sportif australien de Red Bull-BORA-hansgrohe. Bien sûr, Remco est le mieux placé au général, mais c’est mieux d’avoir deux coureurs dans le top 5 qu’un seul, parce que tout peut arriver. Pogačar peut connaître un mauvais jour, comme Lipo ou Remco peuvent aussi en connaître un. Tous les deux ont des qualités différentes. La première partie du Tour correspondait sûrement davantage aux forces de
Remco. Lipo, lui, est davantage un diesel. L’idée, c’est que tous deux aillent aussi vite que possible jusqu’à Paris et on verra bien le classement à la fin. »
Même constat de la part de Patxi Vila, l’autre directeur sportif de l’équipe allemande : « On va essayer de les faire monter tous les deux sur le podium, même si ça sera difficile. Oui, ça serait vraiment le jackpot pour nous ! »
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Paul Seixas, bouche ouverte, avec Florian Lipowitz dans sa roue,
lors de la chasse derrière le trio de tête Pogacar-Del Toro-Evenepoel.
Seixas plie mais ne rompt pas
Dépossédé de son maillot blanc et distancé à 7 km de la ligne, le Français n’a pas craqué mentalement et physiquement. Il est toujours dans le coup.
«C’était un grand jour mais j’ai beaucoup souffert»
- PAUL SEIXAS
20 Jul 2026 L'Équipe
THOMAS PEROTTO
PLATEAU DE SOLAISON (HAUTE-SAVOIE) – La tunique ne lui appartenait déjà plus en passant la ligne, mais c’est dans celle-ci qu’il a immédiatement embrassé sa copine, puis son père et sa mère. Des étreintes réconfortantes au terme d’une journée si dure. Paul Seixas a concédé 52'' à Isaac del Toro, son nouveau rival pour le maillot blanc, mais a pris 1’2'' à Juan Ayuso. L’addition aurait pu être lourde lorsque le trio Pogačar-del Toro-Evenepoel a pris le large à sept kilomètres de l’arrivée.
« C’était vraiment dur parce que c’est parti de très loin, commentait le jeune Français face à une nuée de caméras et de micros. J’ai géré mon effort, j’ai fait la montée à mon rythme. J’aurais peut-être pu en mettre un peu plus à certains moments, j’ai trop hésité, et j’ai quand même fini fort. Ça reste une bonne montée et je reste dans le coup pour le général, donc ça va. »
Seixas a conscience d’avoir souffert mais a voulu se recentrer sur le positif, d’autant qu’il a mené tout seul la chasse derrière le trio puisque Florian Lipowitz (Red Bull-BORA-hansgrohe) ne collaborait pas, son coéquipier Remco Evenepoel étant devant. « Globalement je suis content. J’ai fait une bonne performance, je pense, assurait Seixas. Ce n’était pas idéal avec une crevaison au début de l’étape, j’ai mis quelques cartouches et ce sont peut-être quelques secondes précieuses, c’est dommage. C’était un grand jour, mais j’ai beaucoup souffert. J’ai fait ce que j’ai pu. J’aurai s préf éré un meilleur résultat mais parfois il y a des coureurs plus forts. »
Toujours 4e du général, il a vu Del Toro lui passer devant au classement pour 25'' mais Jonas Vingegaard n’est désormais plus sur le Tour, après deux semaines de course. En attendant une troisième semaine excitante.
« Le bilan est bon, assure son coéquipier Aurélien ParetPeintre, local de l’étape hier en Haute-Savoie. On s’attendait à ce que Del Toro soit bon dans cette ascension mais il y a encore un bon chrono à faire mardi, ce n’est pas fini. On va se battre jusqu’au bout. Il y a des pièges tous les jours. On est dans le match pour faire le meilleur classement possible avec Paul. »
L’intéressé livrait la même analyse, avec toujours ce brin de confiance : « Je suis resté solide pour l’instant. J’ai bien récupéré et j’espère que ce sera aussi bien pour la troisième semaine. »
Un peu plus tard, Emmanuel, son père, qui avait suivi l’étape dans un chalet un peu plus haut sur le plateau, était aussi enthousiaste que ravi : « Il s’est battu avec ses armes, il a fait une super belle course. Nous sommes épatés qu’il en soit là en deuxième semaine et qu’il la finisse. On est admiratif de ce que fait l’équipe et de ce que fait Paul. Il a un plan et il s’y tient. »
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