FAUCHÉ
Éliminé sur une chute, Jonas Vingegaard a quitté la route du Tour. Vainqueur à Solaison, Remco Evenepoel est le nouveau dauphin de Tadej Pogačar mais la lutte pour le podium sera encore plus féroce après l’abandon du Danois.
20 Jul 2026 - L'Équipe
ALEXANDRE ROOS
PLATEAU DE SOLAISON (HAUTE-SAVOIE) – Il avait déjà dû croire à un mauvais rêve quand on toqua à sa porte à 2 heures, dans la nuit de samedi à dimanche, pour un contrôle antidopage, mais la journée de Jonas Vingegaard a bien tourné au cauchemar dans cerond-point et ce virage à droite, à 23 km de l’arrivée, où il échoua sur le trottoir, clavicule brisée.
Personne ne mérite de quitter de la sorte la route du Tour de France, qui frappe toujours sans sommation et sans distinction, mais cela nous a serré lecoeur de voir le Danois monter dans l’ambulance, un des plus grands combattants de la Grande Boucle, un chevalier valeureux, distingué et humble, qui restait depuis 2021 sur deux victoires (2022 et 2023) et trois deuxièmes places dans sa course de prédilection.
Cet abandon va peser sur lemoral du leader des Visma, qui a connu tellement de galères, qui a songé à tout plaquer l’an passé et qui tentait encore de garder la tête hors de l’eau dans ce Tour alors que Tadej Pogačar cherchait à le noyer par des vagues incessantes depuis le départ de Barcelone.
Résistant féroce, et il en faut du courage pour affronter le Slovène les yeux dans les yeux, il avait décidé de changer de tactique depuis la veille vers le Markstein, deprendre la main avec ses équipiers et de tenter d’imposer son tempo, car il savait qu’il ne pouvait répondre aux attaques de son rival, encore hier quand les Frelons assuraient la poursuite par-delà le terrible Salève monté par le col de la Croisette, couvert de monde en son sommet, derrière les échappés et un Quinnn Simmons déchaîne.
Comment ne pas s’interroger sur l’impact des contrôles en pleine nuit
Triste ironie, alors qu’il tentait de survivre, d’exister dans cette édition avec cette nouvelle stratégie, c’est depuis la tête du groupe des favoris qu’il fut fauché, en même temps qu’Isaac del Toro, Felix Grossschartner ou Jai Hindley, entre autres, qui eux purent repartir. L’enchaînement de ce contrôle nocturne et de cette chute fut perturbant, mais il est évidemment impossible de lier les deux, tellement de facteurs peuvent envoyer un coureur à terre.
Les contrôles sont indispensables et leur efficacité dépend beaucoup de la réduction des angles morts, ils répondaient sans nul doute à une logique de ciblage, mais il est tout de même déstabilisant de penser que l’on peut réveiller des coureurs au milieu d’une compétition, entre deux étapes de montagne si dures, sans se poser la question de l’impact sur leur récupération, sur leur santé, et même sur l’équité.
Quoi qu’il en soit, l’abandon de Jonas Vingegaard va avoir un impact sur la suite de l a course. Il dégage encore plus la voie à Tadej Pogačar, qui n’en avait pas vraiment besoin mais qui est débarrassé de son adversaire le plus coriace, et il resserre la bataille pour les deux places restantes sur le podium. On a en déjà-vu lesprémices, hier, vers le plateau de Solaison, après que le groupe du Maillot Jaune avait un temps ralenti, une courte trêve jusqu’à la confirmation que Vingegaard ne repartirait pas. Les Red Bull de Remco Evenepoel et Florian Lipowitz appuyèrent par exemple immédiatement, car l’intenable Tom Pidcock, encore à l’avant, menaçait leurs positions au général.
Le cadeau mystérieux et inattendu de Pogacar à Evenepoel
Surtout, on vit Pogačar entrer dans un nouveau rôle, davantage préoccupé à jouer à l’équipier d’ultra luxe pour Isaac Del Toro que de poursuivre sa quête, consolider sa tunique et chasser d’autres victoires.
Le double champion du monde se mit ainsi àla planche à 7,5 km de l’arrivée, dans les rampes de Solaison, et assura un tempo qui fit exploser tout le monde à l’exception de son lieutenant mexicain et de Remco Evenepoel. Les derniers fuyards furent rapidement rattrapés, Adam Yates, qui offrit un court relais à ses leaders, Pidcock, Einer Rubio, Yannis Voisard, Mauro Schmid puis Quinn Simmons, combattant magnifique ramené àla niche à 5 km du sommet.
Pogačar faisait tout pour mettre del Toro dans les meilleures conditions, mais le Mexicain semblait tout de même proche de la rupture et les deux cafouillèrent le final. Del Toro attaqua àdeux reprises, sans parvenir à déposer Evenepoel. Le Belge lança finalement le sprint et le Maillot Jaune prit sa roue, mais sans tenter de le déborder alors qu’il en avait les moyens, tellement il s’était promené dans toute la montée.
Un cadeau mystérieux et inattendu, car il n’en est pas coutumier avec ses adversaires, mais qui permit à Evenepoel de remporter sa première étape en ligne dans le Tour de France. Les nouvelles intentions du Maillot Jaune sont donc claires, favoriser lesdesseins de del Toro au général et dans la course au maillot blanc, alors qu’il lui a déjà offert une victoire à Montjuïc le deuxième jour. Ce rôle d’équipier va encore plus peser sur la course que quand Pogačar joue sa propre carte et sa présence est plus vénéneuse quand il reste proche dugroupe des autres favoris.
Le maillot blanc perdu : rien d’alarmant pour Seixas
Quand il les largue, ils peuvent au moins s’expliquer entre eux. Paul Seixas en a fait l’expérience hier, car le Français a lâché sous la puissance de feu de Pogačar, et il n’aurait peut-être pas laissé un peu moins d’une minute à Del Toro à l’arrivée s’il s’était retrouvé en face-à-face avec lui.
La bataille de Solaison a en tout cas stratifié un peu plus la lutte pour le général au bout de cette deuxième semaine de course, en trois groupes mais avec un top 5 qui se dégage.
Un premier étage avec Remco Evenepoel nouveau dauphin, épatant à ce stade de la course, résistant en haute montagne jusque-là, qui a un joker avec le contre-la-montre de mardi où il peut creuser et pour qui on peut être sûr que le mental ne lâchera pas, et Isaac del Toro.
Un second dans lequel a évolué hier Paul Seixas, en compagnie de Florian Lipowitz, en « Lipo-succion » toute la montée dans laroue du Français car l’Allemand avait l’excuse légitime de son équipier à l’avant pour ne pas rouler. Et un troisième dans lequel onretrouve Juan Ayuso, qui a lâché hier à 4 km du sommet. La perte de Seixas hier, qui a aussi laissé le maillot blanc, n’a rien d’alarmant, il demeure à la 4e position du général, mais l’enjeu pour lui sera de voir s’il pourra perturber le podium, continuer à se mêler au combat avec la strate du dessus, comme il l’a fait samedi dans les Vosges. Ilreste une semaine de course et la journée d’hier aura au moins rappelé à tout le monde qu’à chaque virage, tout peut basculer.
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Pogačar : « Le Tour ne sera pas le même sans Jonas »
20 Jul 2026 L'Équipe
L. He.
L. He.
Tadej Pogačar s’est montré particulièrement empathique envers son seul rival sur le Tour de France depuis cinq ans. « Je suis vraiment déçu et triste pour Jonas (Vingegaard), a souligné le Maillot Jaune. Le Tour ne sera pas le même sans lui. On bataille l’un contre l’autre dans le Tour depuis 2021… Alors j’espère qu’il va se rétablir rapidement et j’ai hâte de le revoir. J’espère qu’il n’est pas effondré et qu’il va pouvoir passer de bonnes vacances comme il m’en avait parlé il y a quelques jours. » Pogacar a aussi reconnu l’impact de la concurrence avec le Danois – le seul à l’avoir battu, en 2022 et 2023 – sur ses propres performances : « Chaque Tour, je suis prêt pour lui, je m’en méfie toujours en haute montagne parce que je sais qu’il peut vraiment voler sur des étapes comme celles à l’Alpe d’Huez (vendredi et samedi), donc je suis vraiment triste de le voir rentrer à la maison. »
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FALCIATO
Fuori gioco a causa di una caduta, Jonas Vingegaard ha abbandonato il Tour. Vincitore a Solaison, Remco Evenepoel è il nuovo secondo classificato dietro a Tadej Pogačar, ma la lotta per il podio sarà ancora più agguerrita dopo il ritiro del danese.
20 luglio 2026 - L'Équipe
ALEXANDRE ROOS
PLATEAU DE SOLAISON (ALTA SAVOIA) – Aveva già pensato che fosse un brutto sogno quando, alle 2 di notte tra sabato e domenica, hanno bussato alla sua porta per un controllo antidoping, ma la giornata di Jonas Vingegaard si è trasformata in un incubo in quella rotatoria e in quella curva a destra, a -23 km dall’arrivo, dove è finito sul marciapiede, con la clavicola (destra, ndr) fratturata.
Nessuno merita di abbandonare in quel modo il percorso del Tour de France, che colpisce sempre senza preavviso e senza distinzioni, ma ci ha stretto il cuore vedere il danese salire sull’ambulanza, uno dei più grandi combattenti della Grande Boucle, un valoroso cavaliere, distinto e umile, che dal 2021 ha collezionato due vittorie (2022 e 2023) e tre secondi posti nella sua gara preferita.
Questo ritiro peserà sul morale del leader della Visma-Lease a Bike, dopo aver vissuto tante difficoltà, e che l’anno scorso ha pensato di mollare tutto. In questo Tour stava ancora cercando di tenere la testa fuori dall’acqua, mentre Tadej Pogačar cercava di affogarlo con ondate incessanti sin dalla partenza da Barcellona.
Un avversario agguerrito, e ci vuole coraggio per affrontare lo sloveno a testa alta, aveva deciso di cambiare tattica già dal giorno prima a Le Markstein, di prendere l’iniziativa con i suoi compagni di squadra e di cercare di imporre il proprio ritmo, perché sapeva di non poter rispondere agli attacchi del suo rivale; anche ieri, quando i Frelons garantivano l’inseguimento oltre il terribile Salève, scalato dal Col de la Croisette, affollatissimo in vetta, alle spalle dei fuggitivi e di un Quinn Simmons scatenato.
Come non interrogarsi sull’impatto dei controlli nel cuore della notte?
Triste ironia: mentre cercava di sopravvivere, di affermarsi in questa edizione con questa nuova strategia, è stato falciato mentre era in testa al gruppo dei favoriti, insieme con Isaac del Toro, Felix Grossschartner e Jai Hindley, tra gli altri, che invece sono riusciti a ripartire. La successione di quel controllo antidoping notturno e di quella caduta è stata sconcertante, ma è impossibile collegare le due cose, dato che sono tanti i fattori che possono mandare a terra un corridore.
I controlli antidoping sono indispensabili e la loro efficacia dipende in gran parte dalla riduzione degli angoli ciechi; rispondono a una logica di mirata individuazione, ma è comunque destabilizzante pensare che si possano svegliare i corridori nel bel mezzo della notte durante una competizione, tra due tappe di montagna così dure, senza porsi la questione dell’impatto sul loro recupero, sulla loro salute e persino sull’equità.
In ogni caso, il ritiro di Jonas Vingegaard avrà un impatto sul prosieguo della gara. Spiana ancora di più la strada a Tadej Pogačar, che in realtà non ne aveva bisogno ma che ora si è liberato del suo avversario più temibile, e rende ancor più serrata la lotta per i due posti rimanenti sul podio. Ne abbiamo già visto i primi segnali ieri, verso l’altopiano di Solaison, dopo che il gruppo della maglia gialla aveva rallentato per un po’, concedendosi una breve tregua fino alla conferma che Vingegaard non sarebbe ripartito. I corridori della Red Bull-BORA-hansgrohe di Remco Evenepoel e Florian Lipowitz, ad esempio, hanno subito spinto, poiché l’inarrestabile Tom Pidcock, ancora in testa, minacciava le loro posizioni in classifica generale.
Il misterioso e inaspettato regalo di Pogacar a Evenepoel
Soprattutto, abbiamo visto Pogačar assumere un nuovo ruolo, più preoccupato di fare da gregario d’eccezione per Isaac del Toro che di proseguire la propria corsa, consolidare la maglia gialla e inseguire altre vittorie di tappa.
Il due volte campione del mondo si è quindi lanciato all’attacco a -7,5 km dall’arrivo, sulla salita di Solaison, e ha imposto un ritmo che ha fatto crollare tutti tranne il suo compagno messicano e Remco Evenepoel. Gli ultimi fuggitivi sono stati rapidamente raggiunti: Adam Yates, che ha offerto un breve turno in testa ai suoi capitani; Pidcock, Einer Rubio, Yannis Voisard, Mauro Schmid e poi Quinn Simmons, magnifico combattente ripreso dal gruppo a -5 km dalla vetta.
Pogačar faceva di tutto per mettere del Toro nelle migliori condizioni, ma il messicano sembrava comunque sul punto di cedere e i due hanno gestito male il finale. Del Toro ha attaccato due volte, senza riuscire a staccare Evenepoel. Il belga ha infine lanciato lo sprint (ai -400 mt, ndr) e la maglia gialla gli si è attaccata alla ruota, senza però tentare di superarlo nonostante ne avesse i mezzi, visto che aveva pedalato con grande disinvoltura per tutta la salita.
Un regalo misterioso e inaspettato, dato che non è sua abitudine fare concessioni ai rivali, ma che ha permesso a Evenepoel di conquistare la sua prima tappa in linea al Tour de France. Le nuove intenzioni della maglia gialla sono quindi chiare: favorire gli obiettivi di del Toro nella classifica generale e nella corsa alla maglia bianca, dopo avergli già regalato la vittoria al Montjuïc il secondo giorno. Questo ruolo di gregario peserà ancora di più sulla gara rispetto a quando Pogačar gioca le proprie carte, e la sua presenza è più pericolosa quando rimane vicino al gruppo degli altri favoriti.
La maglia bianca persa:
niente di allarmante per Seixas
Quando li stacca, almeno possono confrontarsi tra loro. Paul Seixas ne ha fatto esperienza ieri, poiché il francese ha ceduto sotto la potenza di fuoco di Pogačar e forse non avrebbe concesso poco meno di un minuto a del Toro all’arrivo se si fosse trovato faccia a faccia con lui.
La battaglia di Solaison ha comunque reso ancora più articolata la lotta per la classifica generale al termine di questa seconda settimana di gara, con tre gruppi ma con una top 5 che si sta delineando.
Un primo gruppo con Remco Evenepoel, nuovo secondo in classifica, straordinario in questa fase della gara, che finora ha dimostrato grande resistenza in alta montagna, che ha una carta da giocare con la cronometro di martedì, nella quale potrà guadagnare terreno, e per il quale si può essere certi che la forza mentale non gli verrà meno, e Isaac del Toro.
Un secondo gruppo in cui ieri si è mosso Paul Seixas, in compagnia di Florian Lipowitz, in «Lipo-succion» per tutta la salita nella scia del francese, poiché il tedesco per non tirare aveva la legittima scusa del compagno in fuga. E un terzo gruppo in cui ritroviamo Juan Ayuso, che ieri ha ceduto a -4 km dalla vetta. Il distacco di Seixas ieri, che ha pure ceduto (a del Toro, ndr) la maglia bianca, non è allarmante: rimane al 4° posto della generale, ma la sfida per lui sarà vedere se riuscirà a dare filo da torcere ai primi, continuando a lottare con i migliori, come ha fatto sabato sui Vosgi. Manca ancora una settimana di gara e la giornata di ieri avrà almeno ricordato a tutti che a ogni curva tutto può cambiare.
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Pogačar: «Il Tour non sarà lo stesso senza Jonas»
20 luglio 2026 L'Équipe
L. He.
Tadej Pogačar si è dimostrato particolarmente solidale nei confronti del suo unico rivale al Tour de France negli ultimi cinque anni. «Sono davvero deluso e triste per Jonas (Vingegaard)», ha sottolineato il detentore della maglia gialla. «Il Tour non sarà lo stesso senza di lui. Ci sfidiamo a vicenda al Tour dal 2021… Quindi spero che si riprenda in fretta e non vedo l’ora di rivederlo. Spero non sia troppo abbattuto e che riesca a godersi delle belle vacanze, come mi aveva detto qualche giorno fa». Pogačar ha anche riconosciuto l’impatto che la rivalità con il danese – l’unico ad averlo battuto, nel 2022 e nel 2023 – ha avuto sulle sue prestazioni: «A ogni Tour mi preparo per affrontarlo, lo temo sempre in alta montagna perché so che può davvero volare su tappe come quelle all’Alpe d’Huez (venerdì e sabato), quindi mi dispiace davvero vederlo tornare a casa».
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