DESTINS CROISÉS
L’une est la vitrine de ses immigrations. L’autre est à l’image de ses diasporas. L’ex-puissance coloniale affronte son ancien protectorat en quart de finale du Mondial de foot.
L’une est la vitrine de ses immigrations, surtout africaines. L’autre est à l’image de ses diasporas, notamment européennes. Les équipes de France et du Maroc s’affrontent, ce jeudi soir, en quart de finale du Mondial. Un choc sportif, récit des migrations et réceptacle des affects populaires.
« Nous sommes à l’ère des binationalités,
de l’intraçabilité des origines,
de plus en plus mélangées. »
- PASCAL BLANCHARD, HISTORIEN
DU POSTCOLONIALISME
9 lug 2026 - L'Humanité
CYPRIEN CADDEO ET NAÏM SAKHI AVEC INES SOUIFI
Il y a des airs de déjà-vu qu’on respire avec plaisir. Comme en 2022, au Qatar, les Français et les Marocains se retrouvent, ce jeudi soir, à 22 heures, pour un match couperet sur la pelouse du Gillette Stadium de Boston (États-unis), en quart de finale de la Coupe du monde 2026. Enjeu sportif : une place en demi, étape à laquelle les Bleus l’avaient emporté, il y a quatre ans (2-0). Enjeu politique : une bataille de récits, l’extrême droite agitant à nouveau, à moins d’un an de la présidentielle, des prophéties d’émeutes virant à la quasi-guerre civile. En 2022 déjà, Jordan Bardella évoquait « un problème avec des gens dont l’âme est ici mais qui se comportent incontestablement comme s’ils étaient d’ailleurs », à propos de ceux qui, dans l’hexagone, célébraient l’épopée marocaine. Et le président de Reconquête, Éric Zemmour, lui, a décrit, en juin, la France comme la sélection du « grand remplacement », où « la jeunesse arabo-musulmane chasse les petits Blancs ».
L’affiche fonctionne comme un précipité des réalités géopolitiques contemporaines, condensé dans un sport fondamentalement populaire : le foot. Or l’extrême droite déteste la réalité. Voyons plutôt. Une ancienne puissance coloniale affronte son ex-protectorat (celui-ci a pris fin en 1956), les deux équipes reflétant à leur manière le passé colonial et l’histoire récente de l’immigration. Côté pile, des Bleus plus métissés que jamais. Côté face, les Marocains, pour une grande part issus de diasporas occidentales – dans le vestiaire, on parle arabe, français, espagnol, néerlandais… Pour l’humanité, l’historien du football François da Rocha Carneiro résume ainsi la rencontre : « Il y a une équipe de l’ici, la France : je suis né ici, j’ai joué ici, j’ai porté les couleurs d’ici. Et une équipe de partout, le Maroc. Ce sont deux logiques de la mondialisation qui sont rendues visibles. Et des groupes qui vivent bien cet état de fait, malgré la complexité des identités. »
Sur le banc français, les joueurs sont dans leur majorité des descendants d’immigrés de première ou deuxième génération, nés en France, principalement à Paris ou en région parisienne : 18 joueurs sur 26 ont au moins un parent d’origine étrangère. Les visages bleus racontent aussi un métissage, à l’image du gamin de Bondy, Kylian Mbappé, et de son héritage mêlé du Cameroun, par son père, et de l’algérie, par sa mère. Ou encore du Ballon d’or Ousmane Dembélé (France, Sénégal, Mauritanie et Mali), des frères Hernandez (France et Espagne), de Rayan Cherki (France, Italie et Algérie) ou de Michael Olise (France, Angleterre, Nigeria et Algérie). « La grande majorité de l’équipe ne s’inscrit plus dans le récit de l’immigration, mais dans celui des enfants de l’immigration, relève l’historien du postcolonialisme Pascal Blanchard. L’équipe de France est un des derniers lieux où la France se met en scène, où on chante la Marseillaise, alors, forcément, ça gratte un peu ceux qui ont, depuis toujours, une vision étriquée de la nation. »
LES BLEUS, TRADUCTION DE LA DIVERSITÉ
Les Bleus de 2026 sont les légataires d’une équipe qui a été, depuis ses origines, la traduction d’un pays se forgeant par sa diversité. « L’équipe raconte notre histoire de l’immigration, commente François da Rocha Carneiro. Dès 1904, à la création de l’équipe de France, il y a un Havrais d’origine anglaise : Charles Wilkes. On peut aussi citer Émile Sartorius, d’origine allemande. En 1938, il y avait plus de joueurs nés à l’étranger que maintenant. » À Raymond Kopa, le petitfils de mineurs polonais, a succédé Michel Platini, l’enfant d’immigrés du Piémont, puis Zinédine Zidane, descendant d’ouvriers algériens et égérie du « Black, Blanc, Beur ».
Autant de joueurs qui ont bénéficié du tissu associatif et sportif français, devenu un outil de rayonnement. La France est de très loin la première nation représentée au Mondial 2026, avec 99 joueurs dont 73 jouent pour une équipe non française. Pour François da Rocha Carneiro, « c’est une vraie leçon : quand il y a des efforts et des investissements, cela paie et on brille. Qu’on investisse dans les quartiers autant que dans les clubs de foot et on y trouvera aussi les ingénieurs, les prix Nobel de demain ». « Les joueurs français et marocains sont autant de passerelles entre nos sociétés, a réagi auprès de l’humanité Najat Vallaud-belkacem, ancienne ministre elle-même née au Maroc, avant de déménager en France à l’âge de 5 ans. Ceux qui, parmi les binationaux, se retrouvent à jouer avec un autre maillot sont tout aussi représentatifs de la nation française que ceux qui portent le maillot bleu, parce qu’ils ont été formés, scolarisés et socialisés en France.» Quelques joueurs marocains sont, d’ailleurs, aussi des produits des centres de formation français, comme la jeune pépite Ayyoub Bouaddi, né dans l’oise, formé à Creil. Le cas du milieu de terrain illustre les ambitions nouvelles du Maroc. À peine la majorité en poche, le joueur lillois a choisi d’opter pour un onze aussi compétitif que les Bleus à la Coupe du monde, plutôt que d’attendre le coup de fil de Didier Deschamps.
Lors de son premier match face au Brésil (1-1), le Maroc est même devenu la première nation de l’histoire du Mondial à terminer un match avec une équipe composée de joueurs tous nés en dehors du pays qu’ils représentent. Le hasard du tirage a d’ailleurs conduit les Marocains à affronter en phase éliminatoire deux importants pays d’émigration marocaine : les Pays-bas (1-1, battus aux tirs au but) et le Canada (3-0). Autre clin d’oeil : l’élimination des Néerlandais sur tirs au but a été finalisée par Ismaël Saibari, formé au PSV Eindhoven et sacré, en 2026, meilleur joueur du championnat… néerlandais. Dans le détail, 19 Marocains sur 26 possèdent un double passeport : six sont nés en France, six en Espagne (parmi lesquels le capitaine, Achraf Hakimi), six en Belgique et aux Pays-bas, et un au Québec. « Il y a une évolution institutionnelle au Maroc, analyse le sociologue et politologue au CNRS Vincent Geisser. À l’époque du roi Hassan II était tenu un discours extrêmement hostile à la binationalité. Mais le Maroc a fini par comprendre l’intérêt de faire de la binationalité un vecteur de valorisation de la marocanité. »
CHACUN RACONTE, À SA MANIÈRE, LA MODERNITÉ
Un infléchissement qui se traduit dans une politique volontariste de maintien des liens avec les diasporas : transferts de fonds, facilitation des voyages d’été au «bled», rayonnement gastronomique, culturel et religieux… Avec, sur le plan sportif, les résultats que l’on connaît : première équipe africaine à atteindre le carré final d’un Mondial en 2022, champion d’afrique 2025 et vainqueur de la Coupe du monde des moins de 20 ans en 2025, avec pour coach Mohamed Ouahbi, désormais sélectionneur de l’équipe première marocaine, lui-même né en Belgique.
Le fruit, aussi, d’un effort des autorités publiques marocaines. L’académie Mohammed VI de football, lancée en 2009 à Rabat, est une référence en Afrique. Plusieurs internationaux sont sortis de ses rangs dont Nayef Aguerd, Azzedine Ounahi et Youssef En-nesyri, la colonne vertébrale du Maroc en 2022. Une sélection enrichie de binationaux de choix: Ayyoub Bouaddi, donc, mais aussi le joueur de L’AS Roma Neil El Aynaoui et le défenseur de Fulham Issa Diop. La section chérifienne puisait déjà dans le vivier binational. Dans les années 2000, Walid Regragui, Marouane Chamakh, Michaël Chrétien ont porté la tunique rouge. Mais, désormais, des « top joueurs » font ce choix, à l’image du milieu offensif du Real Madrid hispanomarocain Brahim Diaz. Une puissance de frappe d’un Maroc qui veut compter parmi les grandes nations du foot.
France et Maroc racontent ainsi, chacun à sa manière, la modernité. « Nous sommes à l’ère des binationalités, de l’intraçabilité des origines, de plus en plus mélangées, relève Pascal Blanchard. C’est aussi le fruit de la professionnalisation et de la mondialisation du football, qui reste un des secteurs qui permet le plus la mobilité internationale. » À l’instar de la France, et à l’exception notable de la Croatie ou de l’italie, la plupart des grandes équipes européennes sont désormais le reflet de leurs propres évolutions démographiques. Et, à l’inverse, les binationaux sont désormais la norme dans les équipes africaines, mais aussi de la Caraïbe.
Reste la question de l’acceptabilité de la diversité. Les Français sont attendus au tournant. « L’équipe performe, donc les polémiques restent faibles, indique Pascal Blanchard. N’oublions pas qu’en 2010 après le désastre en Afrique du Sud on parlait d’une équipe de racailles et de caïds. »
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« Je ne me sens pas 50-50, mais pleinement les deux »
Alors que la France et le Maroc s’affrontent en quart de finale, les binationaux vont, comme en 2022, vivre un match particulier.
9 Jul 2026 - L'Humanité
INES SOUIFI
Ils sont sommés de choisir, par la fachosphère et les médias conservateurs. Mais le doivent-ils vraiment ? En amont du choc entre les équipes de France et du Maroc, ce jeudi 9 juillet à Boston, l’humanité est partie à la rencontre des binationaux franco-marocains, afin de savoir quel regard ils portent sur ce quart de finale culturellement bouillant. Une interminable file d’attente rouge s’étire devant le Grand Rex, samedi 4 juillet. L’affiche : Maroc-canada, huitième de finale. Le célèbre cinéma parisien diffuse le match et s’est transformé, pour l’occasion, en fan-zone des supporteurs des Lions de l’atlas. Myriam, Francomarocaine de 40 ans, patiente au bout de la file : « Les Marocains ont une revanche à prendre sur 2022 » et la défaite contre les Bleus en demi-finale, assuret-elle. Venue du Mans en train pour assister au match, elle soutient son pays d’origine. «On ne préfère pas le Maroc à la France, mais ils ont déjà deux étoiles, on aimerait bien que les Marocains en décrochent une », sourit sa grande soeur, Samira.INÈS SOUIFILes supporteurs des Lions de l’atlas fêtent la victoire du Maroc face au Canada sur les Champs-élysées, le 4 juillet.
« RASSEMBLER, PAS DIVISER »
Youssef, 24 ans, regardera ensuite le match des Bleus contre le Paraguay (1-0). « Je porte le maillot du Maroc mais, après le match, j’enfile celui de la France», se marre-t-il. À l’image de nombreux binationaux de sa génération, cet ingénieur est né en France. Ses parents, eux, ont vu le jour à Casablanca : « Quelle que soit l’équipe qui gagne, je serai heureux. Je ne me sens pas moitié-moitié, mais pleinement les deux. »
La France abrite une diaspora marocaine d’au moins 1,5 million de personnes, dont 670 000 binationaux, selon les chiffres de l’observatoire de l’immigration et de la démographie. Une binationalité qui s’exprime en particulier lors des grandes compétitions sportives, où les supporteurs vibrent au rythme des succès de leurs deux nations.
Néanmoins, cette «double appartenance» est pointée du doigt par l’extrême droite, pour laquelle le soutien des binationaux à leur pays d’origine relève de la trahison. «L’erreur volontaire que fait l’extrême droite, c’est de considérer que les gens font des choix exclusifs. Or il est prouvé sociologiquement qu’on peut soutenir l’équipe de son pays d’origine le temps d’une Coupe du monde. Ça ne remet pas en question le sentiment d’appartenance à la nation française», analyse Vincent Geisser, sociologue et chercheur au CNRS.
«Le football doit rassembler, pas diviser. Ce n’est pas parce qu’on soutient un pays qu’on descend l’autre », raconte la gérante franco-marocaine du restaurant Dar VM, situé dans le 10e arrondissement de Paris. L’établissement, qui diffuse tous les matchs du Maroc, est devenu un véritable lieu de fête et de rassemblement pour les binationaux de la capitale. Devant Maroc-canada, habitués et nouveaux clients apprécient un bon verre de thé tandis que, sur le terrain, les Lions de l’atlas déroulent (3-0). Chaque but est célébré par le chant de supporteurs – Mezel Mezel –, au rythme des derboukas.
« AFFIRMER SA MAROCANITÉ »
Parmi les clients fidèles, Amnaye, chef d’entreprise de 44 ans qui est né et a grandi au Maroc, se réjouit de voir les différentes nationalités se mélanger dans les rues de Paris. «La France peut devenir le pays où on peut se retrouver et montrer que tous les peuples peuvent se réunir sans haine», espère-t-il, avant d’exulter sur le deuxième but d’azzedine Ounahi à la 82e minute.
Avec 20 joueurs binationaux, l’équipe marocaine est elle-même à l’image de sa diaspora. « On a une jeunesse qui met en avant ses origines, qui a envie de représenter le Maroc au lieu de jouer pour d’autres pays, et ça fait plaisir », savoure Marwa, étudiante.
« Dans les années 1960-1970, il y a des psychologues qui parlaient d’un entre-deuxcultures, en disant : “Ils ne savent pas choisir.” Mais non, cela relève d’une modernité sociale politique et citoyenne. C’est être un Français complètement stabilisé, complet, bien dans sa peau, que de pouvoir affirmer sa marocanité », souligne le sociologue Vincent Geisser.
À la victoire des Lions de l’atlas, une marée rouge a déferlé sur les Champs-élysées. Klaxons, hymne, feux d’artifice… les Marocains ont festoyé durant plusieurs heures dans la joie et le respect. Bien loin des clichés de rues dégradées ou de voitures brûlées. « On prend du temps pour célébrer notre victoire, ensuite on file supporter la France. Et puis, pour le quart de finale, que le meilleur gagne ! » affirme Nabil, 33 ans, maillot du Maroc sur le dos. Que ce soit Kylian Mbappé ou Yassine Bounou qui termine la rencontre avec le sourire, ce jeudi soir, le supporteur sera sur les Champs-élysées. Et, avec lui, de nombreux binationaux.
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Le choc de deux philosophies de jeu
Yassine Bounou et Mike Maignan,
deux gardiens de très haut niveau.
9 Jul 2026 - L'Humanité
NICOLAS GUILLERMIN
D’un côté, des Bleus qui s’appuient sur un secteur offensif redoutable. En face, des Lions de l’atlas qui se distinguent par un milieu de terrain technique et un collectif parfaitement huilé. Une véritable opposition de styles pour le match de ce jeudi soir.Azzedine Ounahi face à Kylian Tbappé, lors de la demi-finale du Tondial 2022 au satar ayant vu s’affronter le Taroc et la 9rance.
Trois ans et demi après leur demi-finale de la Coupe du monde 2022 remportée par la France (2-0), les Bleus et les Lions de l’atlas se retrouvent jeudi à Boston (États-unis) pour une place dans le dernier carré du Mondial 2026 en jeu (M6, 21 h 50). Une affiche qui oppose deux philosophies : la puissance offensive française face à la maîtrise technique marocaine. La sélection tricolore s’appuie avant tout sur son quatuor d’attaque, tandis que le Maroc construit son jeu autour d’un milieu particulièrement créatif, épaulé par deux latéraux de dimension internationale.
Depuis son parcours historique au Mondial 2022 au Qatar, où il était devenu le premier pays africain à atteindre une demi-finale de Coupe du monde, le Maroc n’a cessé de progresser. Sacrés champions d’afrique à domicile en 2025 sur tapis vert, les joueurs de Mohamed Ouahbi poursuivent leur ascension grâce à un collectif dont l’entrejeu constitue la principale force et qui aime avoir la possession du ballon.
Face à eux, la France devra retrouver toute l’efficacité de son armada offensive. Freinés par le bloc compact du Paraguay en huitième de finale (1-0), les Bleus comptent sur leur capitaine, Kylian Mbappé, auteur de son septième but sur penalty mais moins influent dans le jeu contre les Sudaméricains. Michael Olise, inhabituellement imprécis face aux Paraguayens, cherchera à retrouver la créativité qui avait marqué son début de tournoi. Quant à Ousmane Dembélé, Ballon d’or en titre, il serait bien inspiré de débloquer son compteur, figé à quatre réalisations depuis son triplé contre la Norvège, dernier match de poule.
BRAHIM DIAZ, CHEF D’ORCHESTRE
La mission s’annonce pourtant délicate face à deux spécialistes de leur poste. À gauche, Noussair Mazraoui, qui évolue à Manchester United, est une référence au poste d’arrière gauche. À droite, Achraf Hakimi, double vainqueur de la Ligue des champions avec le PSG, représente une des meilleures armes marocaines. Toujours porté vers l’avant, il excelle dans ce rôle hybride entre latéral et milieu comme il le fait dans le schéma de Luis Enrique sous le maillot parisien. Les Bleus tenteront d’exploiter les espaces qu’il laisse dans son dos, ce qui pourrait conforter Didier Deschamps dans le choix de Bradley Barcola, plus à l’aise dans la profondeur, plutôt que Désiré Doué.
L’autre clé de cette rencontre repose dans l’entrejeu. Face au milieu en double pivot français, le 4-2-3-1 marocain ou 4-3-3 s’appuie sur une remarquable qualité technique. Le Franco-marocain Ayyoub Bouaddi, ancien capitaine des Espoirs tricolore, forme à seulement 18 ans un tandem très complémentaire avec Neil El Aynaoui, joueur qui touche le plus de ballons de son équipe.
Sans véritable avant-centre de métier, le Maroc a fait de son milieu son principal secteur offensif. Associé à Bilal El Khannouss, Azzedine Ounahi (2 buts dans ce Mondial) multiplie les projections, mais le chef d’orchestre reste toutefois Brahim Diaz, auteur déjà de quatre passes décisives. En pointe, malgré son positionnement en faux numéro 9, Ismael Saibari est le meilleur buteur marocain dans le tournoi (3 buts) mais sa présence demeure incertaine après sa sortie sur blessure (cuisse) contre le Canada en huitième.
« Quand on a le ballon, il n’y a pas de problème et, quand on ne l’a pas, il faut être efficace », répète depuis le début du tournoi Didier Deschamps, bien conscient que l’équilibre de son système très offensif en 4-2-3-1 repose sur la vigilance de son entrejeu à deux. Face aux Marocains, il s’agira d’un véritable test. La complémentarité entre Aurélien Tchouaméni et Adrien Rabiot reste essentielle à cet équilibre. Le premier assure la protection de la défense, le second se projette davantage. Mais touché à la cuisse et déjà forfait en huitièmes de finale, Tchouaméni demeure très incertain pour ce quart. En cas d’absence, Manu Koné devrait être reconduit.
En défense, la charnière marocaine n’est pas des plus fiables contrairement à celle des Bleus composée de William Saliba et Dayot Upamecano, impeccables quand ils sont alignés. Absent en huitième de finale contre le Canada, Chadi Riad est incertain alors que son association avec Diop est un gage de solidité. Face aux Canadiens, son remplaçant Redouane Halhal a souvent été en difficulté.
Enfin, les deux équipes pourront compter sur deux gardiens de très haut niveau. À 35 ans, Yassine Bounou confirme son statut de référence mondiale et excelle dans les arrêts de penalty. En face, Mike Maignan, seulement deux buts encaissés en cinq rencontres, réalise un premier Mondial convaincant et aime aussi cet exercice.
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