Tour de France : toutes les équipes s’arrachent le prodige Paul Seixas
Gonzalo Fuentes / REUTERS
Paul Seixas, au départ de la 5e étape du Tour de France,
mercredi, entre Lannemezan et Pau.
Engagé jusqu’en 2027 avec l’équipe Decathlon CMA GCM, le Français est l’objet de toutes les convoitises par les grosses écuries du peloton.
9 Jul 2026 - Le Figaro
De notre envoyé spécial à Pau Gilles Festor
Il ne participe qu’à son premier Tour de France, n’a pas encore gagné d’étape et encore moins glissé son 1,86 m dans le maillot jaune, mais il incarne le futur du cyclisme. À 19 ans, Paul Seixas fait tourner toutes les têtes des patrons prêts à toutes les folies pour attirer le Lyonnais de l’équipe Decathlon CMA CGM, sous contrat jusqu’à la fin de la saison prochaine. L’équipe Visma Lease a Bike a une nouvelle fois déclaré sa flamme au Français mardi en préparant déjà l’après-jonas Vingegaard qui fêtera ses 30 ans en décembre prochain. « Tout le monde veut l’avoir », a résumé Richard Plugge, le patron des « abeilles » mardi dans le paddock, avouant avoir déjà approché brièvement Seixas l’an dernier lors du Tour de l’avenir, à Tignes : « Mais nous respecterons son contrat et les règles, donc nous ne travaillons sur rien de concret. Mais, s’il décide de rejoindre une autre équipe, alors nous pensons être la meilleure équipe pour le développer afin de gagner des grands Tours. »
La Visma-Lease a Bike n’est pas la seule grosse écurie à faire les yeux doux au grimpeur français, qui occupait mercredi soir la 10e place du classement général à un peu plus de 8 minutes du leader Torstein Traeen, à l’issue de la 5e étape remportée au sprint à Pau par son coéquipier Olav Kooij. L’UAE Team Emirates suit depuis plusieurs années le prodige. « Il avait suivi le projet que nous lui avions présenté », glisse au Figaro Vincent Lavenu, alors patron de l’équipe Decathlon AG2R La Mondiale, l’homme qui a fait signer à Seixas son premier contrat professionnel fin 2024. À l’époque, déjà, il avait fallu jouer des coudes. « Il était courtisé par d’autres grosses équipes, et UAE avait fait une offre. Mais Mauro Giannetti (le manager de la formation émirienne, NDLR) m’avait dit qu’il n’était pas allé plus loin parce qu’il savait que nous l’avions formé. Il avait respecté cela et s’était montré beau joueur. J’avais apprécié », ajoute l’ancien patron de l’équipe fondée en 1992. Mais le Transalpin reviendra à coup sûr à la charge prochainement. «C’est plus qu’un rêve », avait-il expliqué en mars dernier en évoquant une possible association entre Pogacar et le Français.
Les Allemands de l’équipe Red Bullbora de Remco Evenepoel, les Britanniques de Netcompany Ineos (de Kévin Vauquelin) sont aussi sur les rangs. Plus surprenant, la formation suisse Pinarello Q36.5, qui n’appartient pas encore au World Tour, l’élite du cyclisme mondial, entre les mains du richissime homme d’affaires Ivan Glasenberg (221e fortune mondiale en 2026, selon Forbes), souhaiterait lui proposer un contrat de 13 millions d’euros par saison.
Une folie, car Tadej Pogacar, le coureur le mieux payé du peloton, et de très loin, toucherait entre 8 et 9 millions d’euros annuellement. La Gazzetta dello Sport place Remco Evenepoel au deuxième rang (entre 6 et 7 millions) et Jonas Vingegaard sur le podium (entre 4,5 et 5 millions d’euros). Mathieu van der Poel compléterait une hiérarchie des «quatre fantastiques» que Paul Seixas, en confiance avec Joona Laukka, l’un des agents les plus influents du peloton, ne regarde pour le moment que de très loin. Selon Le Parisien, le vainqueur de la Flèche wallonne percevrait moins de 1 million d’euros par an avec son contrat actuel.
Prolonger la pépite
« Tout le monde le courtise, mais son entourage doit surtout l’aider à se concentrer sur le Tour de France et rien d’autre. Qu’il s’intéresse au jeu, mais pas à l’enjeu. Les équipes ne changeront pas d’avis de sitôt, les millions arriveront après», confie Bernard Thévenet, qui croit au potentiel de l’équipe française. « Ils vont grandir. L’arrivée de Romain Bardet en tant que manager sportif (en janvier 2027) va les aider à se structurer et à renforcer une équipe autour de Seixas. Car elle doit impérativement s’étoffer, de vieux baroudeurs expérimentés pour l’épauler, notamment. Ils manquent un peu, actuellement.» La formation dont le budget dépasse les 40 millions d’euros (contre 60 pour L’UAE Team Emirates) a déjà commencé à faire ses emplettes. L’équipe a révélé la signature prochaine de Ben O’connor et le Français Pavel Sivakov gonflera les rangs de l’effectif d’une équipe prête à proposer un très gros contrat pour prolonger sa pépite. « Ce serait anormal que d’autres équipes ne soient pas intéressées par Paul. Moi, je m’intéresse aussi à d’autres coureurs. C’est la vie du business. On a la conviction de pouvoir apporter à Paul ce qui lui permettra de gagner. Après, sur les éléments contractuels, on répondra présent », avait confié à L’AFP Dominique Serieys, le directeur général de Decathlon CMA CGM au printemps dernier.
6e étape, ce jeudi (12 h 40) : Paugavarnie-gèdre (186,2 km).
Commenti
Posta un commento