Campora: « Le centre de formation, c’est la base de la vie d’un club »


Jean-Louis Campora en compagnie d’Emmanuel Petit, 
lors du centenaire de l’AS Monaco le 28 septembre 2024 à La Turbie.

Le président historique de l’AS Monaco (de 1975 à 2003) a initié l’ouverture d’un centre de formation l’année de son arrivée. En cinquante ans d’existence, ce dernier s’est imposé comme une référence en France.

18 Apr 2026 - L'Équipe
FLAVIEN TRÉSARRIEU

De Jean-Luc Ettori à la génération 98 qui comprenait quatre champions du monde formés sur le Rocher (Thierry Henry, Lilian Thuram, David Trezeguet et Emmanuel Petit), Jean-Louis Campora en a vu passer des talents estampillés Monaco. À l’initiative de la création du centre de formation en 1975, le président historique de l’ASM revient sur la genèse de ce projet et sur la réussite en la matière du club, qui figurait encore sur le podium des académies de France en 2025 (3e).

Qu’est-ce qui vous avait motivé à ouvrir un centre de formation?

Laréflexions’estenclenchéecar leclubétaitbasésurlasection professionnelleetlasection amateur,les meilleurs amateurs pouvaientaiderlespros,entreren tantque12eou13e joueur.Eton avaitdesjeunesquiavaientété repérésàtraverslebouche-àoreille, d’éducateuràéducateur. C’était le casde Jean not Petit par exemple. L’initiative était aussi motivéeparcequenousavionsvu quedegrandsclubscomme Saint-Étienne, Nante sou Sochaux avaientdonnél’ exemple.

On imagine que, au départ, on était loin des infrastructures d’aujourd’hui…

C’estcertain. N’ayantpasde structured’hôtellerie pour pouvoiraccueillir les apprentis footballeurs, pournepasperdre detemps,onacommencéà s’organiseraveccequej’appelle lesamisduclub,quinouslouaient àl’époqueunechambreoudeux enville. Etontrouvaitdes restaurantstenuspardes supportersoùnouspouvions organisertoutcequ’ilfallait pour lesnourrirenattendantdese structurer.Onavaitaussipasséun accordavecl’éducationnationale à Monaco pour qu’ils bénéficient aussidecoursdefaçonàles amenerdanslesfilièresqui convenaient.

Sur le sportif, le recrutement de Gérard Banide à la direction du centre a-t-il été déterminant dans l’essor de l’académie?

Oui,ilfallaitdesgenscompétents quiavaientl’oeilpourparleravec des scouts afinderepérerles meilleurs jeunesqui puissent nous convenir. J’aipensé à Gérard, quiétaitungrandformateurde l’INF Vichy, ai déparung arçontrès doué, Georges Prost. Puisilya eu Pierre Tournier et José Broissard. Petitàpetit,ons’estorganisépour superviserdes joueurs surtoute la France. Ensuite,ona décomposél’Europeenplusieurs secteurs.Aufuretàmesure,çaa fait delapublicité. Il y a celle du journal, avec un international qui sort du centre, mais aussi celle, cachée, où les gens voyaient qu’on était sérieux à travers les dialogues avec nos éducateurs.

Le centre de formation compte aujourd’hui 82 pensionnaires. De combien de jeunes parlait-on en 1975?

Onavaitdûarriveràdixoudouze. L’évolution s’est faite progressivement,enmême tempsquelesconventions collectivesdesmétiersdufoot. Cheznous, la crédibilité s’est faite petità petit et ça passait aussi par la qualité de nosstagiaires. Je rappelle que par mi les premiers, il y a eu Manuel Amoros et Bruno Bellone. Il afallu maintenirla qualitédansletemps,s’organiser pourrésisteràlaconcurrence. Un centre de formation, c’est la base de la vied’unclub.

En cinquante ans, près de 150 joueurs issus du centre ont porté les couleurs de l’ASM en pro, on imagine que c’est une fierté…

Oui, mais sur tout avec un nombre d’internation aux important. En équipe de France( 19, l’AS Mestle 2e plusgrosclubfournisseurdes Bleus) maisaussidansd’autres pays. Jepense au France-Sénégal de2002, où on dénombrait neuf joueurs formés chez nous, cinq chez les Bleus et quatre en face (*).

Parfoisilafalluêtredurpoury arriver. J’aimais bien l’expression de Lucien Leduc, qui parlait d’une maindeferdansungantde velours, parce qu’onnepouvait pas dévierd’une certaine ligne maisfairedesretouchespour rectifier tel ou teltrajet sans que ce la nesevoie.

Aujourd’hui, on voit beaucoup de jeunes émerger bien plus tôt. Prend-on le mêmetempspour développer leurs qualités?

L’espritestrespectémaistoutest plus difficile. Il y a de plus en plus d’agents qui se précipitent pour prendre souscontrat de sjeunes en espérant qu’ils aient quelques qualités. Avoir desconseillers aussi tôtchangelaphilosophiede la formation. Le premier charme quifaitquelejoueurvavenir, ça va d’abord être le contrat. Des agents mettent en phase deux ou trois clubs, même des étrangers, ce qui complique fortement les choses. Ce la oblige les clubs à prendre des risques et à avoir moins de respect sur la formation d’un petit homme qu’on veut transformer en homme responsable, par cequ’on doitrépondre rapidement à des problèmes qui sont d’abord financiers. »


(*) Thierry Henry, David Trezeguet, Lilian Thuram, Emmanuel Petit et Philippe Christanval côté Bleus, Tony Sylva, Salif Diao, Moussa N’Diaye et Souleymane Camara côté sénégalais.

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