WOUT VAN AERT UN GRAND


Au terme d’une incroyable journée, le Belge, trop souvent malchanceux, 
s’offre enfin, aux dépens de Tadej Pogacar, 
un deuxième Monument après Milan-San Remo en 2020. 
Franziska Koch crée, elle, la surprise chez les femmes.

UN CHAVIREMENT

Wout Van Aert a fait basculer d’émotions le vélodrome de Roubaix en y battant au sprint Tadej Pogacar au terme d’une course folle, rythmée par les crevaisons et où la forêt d’Arenberg a englouti les espoirs de Mathieu van der Poel.

13 Apr 2026 - L'Équipe
ALEXANDRE ROOS

ROUBAIX (NORD) – C’était beau, non? On se demandait si, un jour, le destin serait du côté de Wout Van Aert, le Belge était d’ailleurs peut-être le dernier à vraiment y croire encore, mais après les années noires, il y eut enfin un peu de lumière pour l’accueillir au Vélodrome. Il y avait quelque chose dans l’air, pas seulement la tension habituelle d’un sprint en tête-à-tête pour décider d’un Paris-Roubaix, une excitation rentrée, un brin sur la réserve, car les désenchantements avaient été si nombreux, les superstitions rôdaient, mais tout se déchaîna quand Van Aert lança son sprint à un demitour de la ligne, les cris « il y va! Il y vaaaa! », la clameur qui le poussait, le frisson, la décharge électrique et puis le chavirement du Vélodrome à mesure que le Belge se rapprochait de son rêve.


Wout Van Aert et Tadej Pogacar se sont livrés une bataille magnifique sur les derniers 
secteurs pavés (ici le 6, de Bourghelles à Wannehain), devant un public en folie.

Van Aert est un immense champion, mais c’est une nouvelle fois sa belle âme qui nous a touchés

L’euphorie gagnait, non pas parce que Tadej Pogacar avait perdu, que pour une fois l’issue d’une course avec le champion du monde avait été bouleversée, mais parce que Wout Van Aert avait gagné. Une communion, un apaisement général, une anomalie réparée. Le Belge bouclait une quête de huit ans pour enfin remporter la course pour laquelle il est né, mais il était écrit qu’il devrait d’abord affronter des vents contraires, qu’une force supérieure se chargerait de le malmener pour le sonder, le tester, qu’il devrait se défaire de tous les maléfices. Les chutes, les crevaisons, les punitions de Mathieu Van der Poel, Wout Van Aert a tout encaissé, avec cette abnégation sourde, cette manière digne de ravaler ses débâcles, de ne jamais se plaindre ni chercher des excuses, de ne jamais craquer.

Avec sa victoire triomphait une idée du mérite et de la justice, et tout le monde se sentait bien pour cela. Van Aert est un immense champion, mais hier c’est une nouvelle fois sa belle âme qui nous a touchés. Il remportait un combat personnel, intime, il se réconciliait enfin avec lui-même et sur la ligne, la première pensée qui l’illumina fut pour un autre, Michael Goolaerts, son ancien équipier mort sur les routes de Roubaix en 2018.

Il y a une magie dans la manière dont le Vélodrome, après des heures de sauvagerie, rend immédiatement aux coureurs leur humanité, comment ces champions, le goût du sang encore dans la bouche, reviennent en un battement d’ailes à l’ordinaire, laissent les sentiments remonter et quelle beauté de voir Mathieu Van der Poel, bête parmi les bêtes, qui venait de mener une poursuite féroce mais vaine de 80 km, être le premier à venir féliciter Van Aert qu’il a tant tourmenté.

Van der Poel ne s’est jamais démobilisé, il a fini comme d’habitude, les armes à la main

Il est incroyable que la pièce tombe enfin du côté du Belge le jour d’une telle pagaille, où l’Enfer du Nord avait décidé de se déchaîner et de frapper partout et tout le monde, sans distinction de grades. Van Aert a dû éprouver une sensation bizarre, déceler un nouvel alignement des astres défavorable quand il a crevé de bonne heure, à 149 km de l’arrivée, puis une seconde fois sur le secteur de Sars-et-Rosières, alors qu’il était dans le bon groupe après Arenberg, avec son lieutenant Christophe Laporte, impeccable dans ses offices et 5e à l’arrivée, Pogacar, Mads Pedersen, Stefan Bissegger, Jasper Stuyven et Laurence Pithie. Il a dû repousser les réflexions parasites quand il est arrivé au Carrefour de l’Arbre avec le double champion du monde, oublier que la dernière fois qu’il avait connu la même situation, en 2023 avec Van der Poel, il avait crevé sur ce méchant pavé.


Allongé sur la piste du Vélodrome, l’émotion déforme les traits de Wout Van Aert, dans un rictus de douleur et de joie mêlées (ci-dessous), mais, quelques instants plus tard, les traits se sont détendus au moment de célébrer la victoire avec son fils cadet Jérôme.

Pogacar a dû se dire que Van Aert prenait de mauvaises habitudes

Mais Van Aert a été impeccable dans son duel royal avec le Slovène, il s’est fait mal pour répondre à la violence de son pressing, à Mons-en-Pévèle notamment, où il creusa profond pour boucher un trou et comprit qu’il devait se caler dans la roue de son adversaire sur la caillasse pour ne pas lui donner l’occasion de l’attaquer de l’arrière. Il a collaboré, mais pas trop, a refusé des relais au moment où il avait besoin de récupérer, s’est accroché au Carrefour de l’Arbre où Pogacar avait rallumé les réacteurs, puis l’a laissé mener sur la piste à Roubaix pour mieux l’y déposer. Le double champion du monde a tout de même dû se dire que Van Aert prenait des mauvaises habitudes, après l’étape de Montmartre sur le dernier Tour de France où il l’avait déjà lâché sur le pavé, et que le jour où Van der Poel connaissait plus de crevaisons que depuis trois ans, que la route s’était dégagée vers la conquête du seul Monument qui lui manque, il avait le malheur de tomber sur un autre adversaire aussi fort.

Van der Poel a donc été éliminé à Arenberg, où une série de malchances mais aussi de manque de maîtrise de son équipe l’a éjecté avec deux minutes de retard sur le groupe de tête. Mâchoire serrée et en avant à la sortie de la forêt, le Néerlandais ne s’est quand même jamais démobilisé et se lança dans une chasse héroïque, mais il dut se débrouiller souvent seul, car il était de toute manière tellement fort que personne n’était en mesure de l’aider, à l’exception de Filippo Ganna, avec qui ils partagèrent un temps les tâches, les relais sur le pavé pour Van der Poel, sur le bitume pour l’Italien. Mais les deux moururent à vingt secondes, vers Bersée, et furent condamnés quand les accélérations reprirent à l’avant.

Le double champion du monde était totalement vidé

Mais comme d’habitude, Van der Poel avait fini les armes à la main, 4e à l’arrivée alors que Jasper Stuyven (3e) avait flingué dans les rues de Roubaix, grand dans la victoire comme dans la défaite, au terme d’une campagne de printemps dont il repart bredouille sur les Monuments.

Dans tout cela, on en oublierait presque ce début de course anachronique, où le peloton était arrivé groupé jusqu’à Troisvilles, sans doute parce que tout le monde craignait la punition des UAE, qui arriva dès les premiers pavés, où les équipiers de Tadej Pogacar entamèrent l’entreprise de démolissage au bout de deux premières heures courues à 52,6 km/h de moyenne.

Le plan était clair : fatiguer de bonne heure Mathieu Van der Poel, mais il dérailla quand Pogacar connut sa première crevaison, secteur 22, à 120 km de l’arrivée, ce qui lui coûta un effort violent pour boucher un trou d’une minute à un moment crucial, juste avant Arenberg. Il était de retour à l’avant avant la Tranchée, mais il y sentit déjà qu’il piochait, et il perça à nouveau à 72 km du terme. À l’arrivée, le double champion du monde avait encore les lèvres noircies de la poussière que Van Aert venait de lui faire manger, le teint translucide, totalement vidé. Cette défaite était la garantie d’un retour prochain de Tadej Pogacar sur les pavés de l’Enfer du Nord pour compléter sa quête. Et s’il a besoin d’un conseil pour enfin le dompter, Wout Van Aert pourra lui faire l’éloge de la patience. 

***

Wout Van Aert e Tadej Pogacar hanno combattuto una magnifica battaglia sugli ultimi
settori di pavé (qui il #6, da Bourghelles a Wannehain), davanti a un pubblico in preda alla follia.


WOUT VAN AERT UN GRANDE

Al termine di una giornata incredibile, il belga, troppo spesso sfortunato, si regala, 
a spese di Tadej Pogacar, una seconda Monumento dopo la Milano-Sanremo nel 2020.
Franziska Koch la sorpresa fra le donne.

UNA SVOLTA

Wout Van Aert ha sconvolto il velodromo di Roubaix battendo nello sprint Tadej Pogacar al termine di una corsa folle, ritmata dalle crepe e dove la foresta di Arenberg ha inghiottito le speranze di Mathieu van der Poel.

13 apr 2026 - La squadra
ALEXANDRE ROOS

ROUBAIX (NORD) - Era bello, vero? Ci si chiedeva se un giorno il destino sarebbe stato dalla parte di Wout Van Aert, il belga era forse l'ultimo a crederci ancora davvero, ma dopo gli anni bui, c'è stata finalmente un po' di luce per accoglierlo al Velodromo. C'era qualcosa nell'aria, non solo la solita tensione di uno sprint testa a testa per decidere una Parigi-Roubaix, un po' di eccitazione in più, un po' di riserva, perché i disincanto erano stati così numerosi, le superstizioni vagavano, ma tutto si è scatenato quando Van Aert ha lanciato il suo sprint a un km e mezzo dalla linea, le urla «Va! C'è!» , il clamore che lo spingeva, il brivido, la scarica elettrica e poi il capovolgimento nel Velodromo mentre il belga si avvicinava al suo sogno.

Van Aert è un grande campione, 
ma è stata ancora una volta la sua bella anima a toccarci

L'euforia ha prevalso non perché Tadej Pogacar avesse perso, e che per una volta il risultato di una gara con il campione del mondo fosse stato sconvolto, ma perché Wout Van Aert aveva vinto. Una comunione, un'attenuazione generale, un'anomalia riparata. Il belga stava completando una caccia lunga otto anni per vincere finalmente la gara per cui è nato, ma era scritto che avrebbe dovuto prima affrontare i venti contrari, che una forza superiore si sarebbe occupata di tormentarlo per testarlo, metterlo alla prova, che lui avrebbe dovuto liberarsi di tutte le maledizioni. Le cadute, gli infortuni, le punizioni da aprte di Mathieu van der Poel, Wout Van Aert ha sopportato di tutto, con quella abnegazione sorda, quel modo degno di divorare i propri fallimenti, di non lamentarsi mai né cercare scuse, di non cedere mai.

Con la sua vittoria trionfava un'idea di merito e di giustizia, e tutti si sentivano bene per questo. Van Aert è un grande campione, ma ieri è stata ancora una volta la sua bella anima a toccarci. Ha vinto una battaglia personale, intima, si è finalmente riconciliato con se stesso e sulla linea, il primo pensiero che lo ha illuminato è stato per qualcun altro, Michael Goolaerts, il suo ex compagno morto sulle strade della Roubaix nel 2018.

C'è qualcosa di magico nel modo in cui il Velodromo, dopo ore di brutalità, restituisce immediatamente l'umanità ai corridori, nel modo in cui questi campioni, con ancora in bocca il sapore del sangue, tornano in un istante alla normalità, lasciano che le emozioni riaffiorino. E che bellezza vedere Mathieu van der Poel, bestia tra le bestie, che aveva appena condotto un inseguimento feroce ma vano di 80 km, essere il primo ad andare a congratularsi con Van Aert, che tanto lui stesso aveva tormentato.

Van der Poel non si è mai arreso, 
ha finito come al solito, con le armi in mano

È incredibile che la moneta cada dalla parte del belga nel giorno di un tale caos, in cui l'Inferno del Nord aveva deciso di scatenarsi e colpire ovunque e tutti, senza distinzione di grado. Van Aert deve aver provato una strana sensazione, riscontrando un nuovo allineamento degli astri sfavorevole quando è affondato presto, a 149 km dall'arrivo, poi una seconda volta sul settore di Sars-et-Rosières, mentre era nel gruppo giusto dopo Arenberg, con il suo luogotenente Christophe Laporte, impeccabile nei suoi incarichi e infine quinto all'arrivo, Pogačar, Mads Pedersen, Stefan Bissegger, Jasper Stuyven e Laurence Pithie. Ha dovuto respingere le riflessioni parassitarie quando è arrivato al Carrefour de l'Arbre con il due volte campione del mondo, dimenticando che nell'ultima occasione aveva vissuto la stessa situazione, nel 2023 in coppia con van der Poel, si era fiaccato su quel pavé cattivo.

Sdraiato sulla pista del Velodromo, l'emozione deforma i tratti di Wout Van Aert, 
in un rictus di dolore e di gioia intrecciati (vedi sotto), ma, qualche istante dopo, 
i tratti si sono rilassati al momento di celebrare la vittoria con il figlio minore Jérôme.

Pogacar deve essersi detto che Van Aert 
si stava prendendo delle cattive abitudini

Van Aert però è stato impeccabile nel suo duello reale con lo sloveno, si è inflitto del male per rispondere alla violenza del suo forcing, in particolare a Mons-en-Pévèle, dove ha scavato a fondo per chiudere un buco e ha capito che doveva attaccarsi nella ruota del suo avversario sulle pietre per non dargli l'occasione di attaccarlo da dietro. Ha collaborato, ma non troppo, ha rifiutato dei cambi nel momento in cui aveva bisogno di recuperare, è rimasto aggrappato sul Carrefour de l'Arbre dove Pogačar aveva riacceso i reattori, poi lo ha lasciato condurre sulla pista a Roubaix per meglio lasciarlo là. Il bicampione del mondo deve pur essersi detto che Van Aert si stava prendendo delle cattive abitudini, dopo la tappa (finale, ndr) di Montmartre nell'ultimo Tour de France, nella quale l'aveva già  staccato sul pavé, e che il giorno in cui van der Poel ha avuto più incidenti che negli ultimi tre anni, mentre la strada si era aperta verso la conquista dell'unico Monumento che a Pogačar ancora manca, ha avuto la sfortuna di scontrarsi con un altro avversario altrettanto forte.

Van der Poel è stato quindi estromesso ad Arenberg, dove una serie di sventure e la mancanza di controllo da parte della sua squadra lo hanno mewsso fuori gioco con due minuti di ritardo rispetto al gruppo di testa. La mascella serrata e tesa in avanti all'uscita della Foresta, il neerlandese non si è mai arreso e si è lanciato in una caccia eroica, ma ha dovuto spesso cavarsela da solo, perché era comunque così forte che nessuno era in grado di aiutarlo, ad eccezione di Filippo Ganna, con il quale si sono divisi per un po' i compiti, i cambi sul pavé per van der Poel, sull'asfalto per l'italiano. Ma i due si sono immolati fino a meno venti secondi, verso Bersée, e poi sono stati condannati quando le accelerazioni là davanti sono riprese.

Il bicampione del mondo era completamente svuotato

Ma, come al solito, van der Poel aveva finito con le armi in pugno, quarto all'arrivo mentre Jasper Stuyven (terzo) era balzato nelle strade di Roubaix, grande sia nella vittoria sia nella sconfitta, al termine di una campagna primaverile da cui si è poi buttato sulle Monumenti.

In tutto ciò, quasi ci si dimenticherebbe quell'inizio di gara anacronistica, dove il plotone era arrivato raggruppato fino a Troisvilles, senza dubbio perché tutti temevano la punizione da parte degli UAE, e che è poi arrivata fin dai primi passi, là dove l'equipaggio di Tadej Pogacar ha iniziato l'impresa di demolizione dopo due ore corse a 52,6 km/h in media.

Il piano era chiaro: stancare presto Mathieu van der Poel, ma (il programma) è saltato  quando Pogačar ha avuto la sua prima foratura, nel settore 22, a 120 km dall'arrivo, il che gli è costato un duro sforzo per chiudere un buco di un minuto in un momento cruciale, poco prima di Arenberg. Era tornato in avanti prima della Trincea, ma già là sentiva che stava scavando, ed è riuscito di nuovo a rientrare ai -72 km dall'arrivo. Al traguardo, il bicampione del mondo aveva ancora le labbra intorpidite dalla polvere che Van Aert gli aveva appena fatto mangiare, la pelle traslucida, completamente svuotato. Questa sconfitta era la garanzia di un imminente ritorno di Tadej Pogacar sulle pietre dell'Inferno del Nord per coronare la sua caccia. E se ha bisogno di un consiglio per finalmente domarle, Wout Van Aert potrà fargli lui l'elogio della pazienza.

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