La «Máquina», naissance d’un phénomène
Ci-dessus, Lionel Messi à 6 ans lors de sa première saison aux Newell’s Old Boys.
Ci-contre, un maillot et des crampons portés par l’Argentin à Rosario, exposés à Paris en 2025.
Ci-dessous, l’équipe des Newell’s surnommée « la Máquina del 87»,
avec Messi au premier rang (le deuxième en partant de la droite).
Messi, toute une histoire - SÉRIE 1/6
Âgé de 39 ans depuis mercredi, Lionel Messi dispute sa sixième Coupe du monde. L’occasion de se pencher sur six épisodes moins connus autour du personnage et de son parcours.
Les premiers exploits de Lionel Messi ont eu lieu sous le maillot des Newell’s Old Boys où, entre 6 et 13 ans, le minuscule gaucher a d’emblée marqué les esprits et affolé les compteurs.
“Leo faisait de la magie (…).
On regardait ça avec l’innocence de nos 10 ans,
mais on voyait bien qu’il était à part ’’
- DIEGO ROVIRA, ATTAQUANT DE « LA MÁQUINA 87 »
27 Jun 2026 - L'Équipe
JOSÉ BARROSO
Avant le Barça de Pep Guardiola et son sextuplé en 2009, avant même la génération dorée de la Masia aux côtés des Cesc Fabregas et Gerard Piqué, Lionel Messi a fait partie d’une première escouade redoutable à Rosario: la «Máquina del 87» des Newell’s Old Boys. « 87 » comme l’année de naissance de cette joyeuse bande ; « Machine» car, emmenée par son maestro en herbe, cette équipe a fait des ravages dans les catégories de jeunes. «À un moment, à chaque tournoi, ou on l’emportait ou on perdait en finale, se souvient Diego Rovira, attaquant de cette dream team. On était l’équipe à battre. Une année, on a remporté tous nos tournois sans perdre un match. On gagnait 4-0, 5-0, 7-0.»
Les démonstrations sont si impressionnantes que la Ligue acceptera de stopper les matches à 6-0 pour ne pas plomber les vaincus. Difficile d’avoir un bilan exhaustif de ces prouesses. À l’époque, il n’y a pas de Championnat national de cet âge, mais des ligues régionales assorties de tournois nationaux ou internationaux. Mais tous les témoins se rejoignent sur l’essentiel: dans ce foot à 7 sur terrain réduit, la Máquina est l’épouvantail de la province de Santa Fe et Messi annonce son incroyable parcours. Dès son premier match, à même pas 7 ans.
Le 9 avril 1994, Newell’s reçoit le Club Pablo VI. Après dix minutes, les Rouge et Noir mènent 6 buts à 0… dont 4 de Messi. Ce jour-là, Fede Cano est dans le but adverse. « J’étais défenseur, mais notre gardien était malade, alors je m’y suis collé», raconte celui qui affrontera « la Pulga » à plusieurs reprises. Trente-deux ans après, il a un souvenir nébuleux de ces premières pierres. «Mais mes parents étaient là et me l’ont raconté: deux coups francs, une frappe lointaine et une reprise dans la lucarne » , détaille-t-il, fier d’avoir conservé le maillot porté ce jour-là.
Selon les recherches du journaliste Carlos Durhand, Messi aurait inscrit 234 buts en 176 matches de 1994 à 1999, plus ceux jusqu’à son départ en 2001. «Il nous est arrivé de gagner 14-0 avec 10 buts de Leo » , souffle Rovira. Parfois, les adversaires implorent le coach de Newell’s de sortir son numéro 10. Il est fascinant de découvrir que tout est déjà là.
« Il était super rapide, d’une adresse et d’une coordination folles, poursuit son ex partenaire. Il prenait le ballon et dribblait tout le monde. Il voulait toujours la balle, toujours marquer. Mais il comprenait et lisait déjà le jeu. Il pouvait attirer plusieurs joueurs et me servir sur un plateau, je n’avais que le gardien à battre. C’était déjà le patron du jeu, sans vouloir tout pour lui. Car l’important était de gagner. Il y a une fameuse histoire, un jour où on joue une finale. Il était enfermé dans la salle de bains, la serrure était bloquée. Il avait cassé un carreau pour sortir par la fenêtre, il arrive alors que l’équipe est menée et renverse le score.»
Cano ajoute: «Il y avait lui et les autres, la vérité est qu’il jouait presque tout seul. On le prenait à trois au marquage, mais il n’y avait pas moyen de l’arrêter, sauf lui mettre un coup.» Son entraîneur Quique Dominguez dira qu’il n’a rien appris à Messi. Que son élève savait déjà tout, instinctivement, miraculeusement.
Le phénomène devient la coqueluche de Newell’s. « Ici, tu as du public à n’importe quel match de jeunes, reprend Cano. Les gens parlaient du 10 de Newell’s, du “tout-petit”. Sa taille ajoutait à la curiosité. » On l’envoie à la mi-temps des matches de l’équipe première pour distraire le public par ses jongles, comme Maradona avec Argentinos Juniors dans les années 1970. «Leo faisait de la magie, sourit Rovira. Les gens l’encourageaient en chantant “Maradoo, Maradoo”. On regardait ça avec l’innocence de nos 10 ans, mais on voyait bien qu’il était à part.»
Il avait déjà le Barça en tête
C’est l’époque où Messi se balade avec une petite mallette pour s’injecter chaque jour son ampoule d’hormones. L’époque des rêves, du Barça déjà. «On jouait souvent à la console chez moi, relate Rovira. Mon père, médecin, me rapportait des maillots de ses voyages pour des congrès. Je prenais l’Ajax que j’adorais. Leo choisissait toujours le Barça, celui du centenaire. Il l’a tant porté qu’inconsciemment, c’est son premier maillot du Barça ! Mais son rêve, comme nous, était de jouer en équipe première de Newell’s.»
Après un essai en Catalogne, il quitte pourtant Rosario en 2001. «Ça a été un coup dur, on a perdu notre pilier, souffle Rovira. Sans Leo, la Maquina a cessé d’être la Máquina. » Quelques-uns sont passés pros : Leonel Vangioni (River Plate, AC Milan), Federico Rosso (Brescia), Gerardo Grighini (Serie B). Ou Lucas Scaglia, cousin d’Antonella devenue Madame Messi. D’autres ont évolué dans des clubs locaux secondaires. Aucun n’a eu une carrière notable sur la durée. Avec le temps, les liens se sont distendus. Messi en a invité certains à son mariage ou pour un asado quand il rentrait à Noël. Aux autres, il reste la fierté d’avoir côtoyé un des plus grands joueurs de tous les temps.
***
Sopra, Lionel Messi a 6 anni durante la sua prima stagione al Newell’s Old Boys.
A fianco, una maglia e un paio di scarpette indossate dall’argentino a Rosario, esposte a Parigi nel 2025. Più sotto, la formazione del Newell’s dell’87 soprannominata «la Máquina»,
con Messi in prima fila (il secondo da destra).
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La «Maquina», nascita di un fenomeno
Le prime imprese di Lionel Messi risalgono al periodo in cui vestiva la maglia del Newell’s Old Boys, nel quale, tra i 6 e i 13 anni, il minuscolo mancino ha subito lasciato il segno e fatto impazzire i suoi marcatori.
«Leo faceva magie (…).
Lo guardavamo con l’innocenza dei nostri 10 anni,
ma capivamo bene che era un fenomeno a sé stante»
- DIEGO ROVIRA, ATTACCANTE DI «LA MÁQUINA 87»
27 giugno 2026 - L'Équipe
JOSÉ BARROSO
Prima del Barça di Pep Guardiola e del suo Sextete nel 2009, prima ancora della generazione d’oro della Masia con Cesc Fàbregas e Gerard Piqué, Lionel Messi faceva parte di una prima formidabile squadra a Rosario: la «Máquina dell’87» dei Newell’s Old Boys. «87» come l’anno di nascita di quella allegra combriccola; «Macchina» perché, guidata dal suo maestro in erba, quella squadra ha fatto strage nelle categorie giovanili. «A un certo punto, in ogni torneo, o vincevamo o perdevamo in finale», ricorda Diego Rovira, attaccante di quel “dream team”. «Eravamo la squadra da battere. Un anno abbiamo vinto tutti i nostri tornei senza perdere neppure una partita. Vincevamo 4-0, 5-0, 7-0.»
Le prestazioni erano così impressionanti che la Lega gioivanile accettò di interrompere le partite sul 6-0 per non umiliare troppo gli sconfitti. È difficile tracciare un bilancio esaustivo di quelle imprese. All’epoca non esisteva un campionato nazionale per quella fascia d’età, ma solo campionati regionali accompagnati da tornei nazionali o internazionali. Tutti i testimoni, però, concordano sull’essenziale: in quel calcio a 7 su campo ridotto, la Máquina era il terrore della provincia di Santa Fe e Messi annunciava il suo incredibile percorso. Fin dalla sua prima partita, a non ancora 7 anni.
Il 9 aprile 1994, il Newell’s ospita il Club Pablo VI. Dopo dieci minuti, i rossoneri conducono per 6 a 0… con 4 gol di Messi. Quel giorno, Fede Cano era nella porta avversaria. «Ero un difensore, ma il nostro portiere era malato, quindi mi sono messo io in porta», racconta colui che avrebbe affrontato «la Pulga» in diverse occasioni. Trentadue anni dopo, ha un ricordo un po’ vago di quei primi passi. «Ma i miei genitori erano lì e me lo hanno raccontato: due calci di punizione, un tiro dalla distanza e un tiro akll'incrocio», precisa, orgoglioso di aver conservato la maglia indossata quel giorno.
Secondo le ricerche del giornalista Carlos Durhand, Messi avrebbe segnato 234 gol in 176 partite dal 1994 al 1999, oltre a quelli realizzati fino alla sua partenza nel 2001. «Ci è capitato di vincere 14-0 con 10 gol di Leo», sussurra Rovira. A volte gli avversari imploravano l’allenatore del Newell’s di sostituire il suo numero 10. È affascinante scoprire che tutto era già là.
«Era velocissimo, dotato di un’abilità e una coordinazione pazzesche», continua il suo ex compagno di squadra. «Prendeva la palla e dribblava tutti. Voleva sempre il pallone, voleva sempre segnare. Ma capiva e leggeva già il gioco. Riusciva ad attirare diversi giocatori e a servirmi su un piatto d’argento, mi restava solo da battere il portiere. Era già il padrone del gioco, senza voler tutto per sé. Perché l’importante era vincere. C’è una storia famosa, un giorno in cui giocavamo una finale. Era chiuso in bagno, la serratura era bloccata. Aveva rotto il vetro di una finestra per poter uscire, ed è arrivato proprio mentre la squadra era in svantaggio, ribaltando poi il risultato.»
Cano aggiunge: «C’era lui e c’erano gli altri, la verità è che giocava quasi da solo. Lo marcavano in tre, ma non c’era modo di fermarlo, a meno di colpirlo». Il loro allenatore, Quique Dominguez, dirà di non aver insegnato niente a Messi. Ché il suo allievo sapeva già tutto, istintivamente, miracolosamente.
Il fenomeno diventa il beniamino del Newell’s. «Qui c’è pubblico a qualsiasi partita delle giovanili», continua Cano. «La gente parlava di quel numero 10 del Newell’s, del “piccolino”. La sua statura alimentava la curiosità». Per intrattenere il pubblico lo mandavano in campo a palleggiare durante l’intervallo delle partite della prima squadra, proprio come faceva l’Argentinos Juniors con Maradona negli anni ’70. «Leo faceva magie», sorride Rovira. «La gente lo incitava cantando “Maradooo, Maradooo”. Lo guardavamo con l’innocenza dei nostri 10 anni, ma capivamo bene che era un fenomeno a sé stante».
Aveva già in mente il Barça
Era l’epoca in cui Messi andava in giro con una piccola valigetta per iniettarsi ogni giorno la sua fiala di ormoni. L’epoca dei sogni, già del Barça. «Giocavamo spesso con la console a casa mia», racconta Rovira. «Mio padre, che era medico, mi portava le maglie dai suoi viaggi per i congressi. Io sceglievo l’Ajax, che adoravo. Leo sceglieva sempre il Barça, quella del centenario. L’ha indossata così tante volte che, inconsciamente, è diventata la sua prima maglia del Barça! Ma il suo sogno, come quello di tutti noi, era giocare nella prima squadra del Newell’s».
Dopo un provino in Catalogna, nel 2001 Messi lascia comunque Rosario. «È stato un duro colpo, abbiamo perso il nostro pilastro», sospira Rovira. «Senza Leo, la Máquina ha smesso di essere la Máquina». Alcuni sono diventati professionisti: Leonel Vangioni (River Plate, Milan), Federico Rosso (Brescia), Ruben Gerardo Grighini (Serie B italiana). Oppure Lucas Scaglia, cugino di Antonella (Roccuzzo), poi diventata la signora Messi. Altri hanno giocato in squadre locali di secondo piano. Nessuno ha avuto una carriera degna di nota nel lungo periodo. Con il passare del tempo, i legami si sono allentati. Messi ha invitato alcuni di loro al suo matrimonio o a un asado quando tornava a casa per Natale. Agli altri resta l’orgoglio di aver frequentato uno dei più grandi calciatori di tutti i tempi.

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