Où en est TotalEnergies?
La formation vendéenne devrait prochainement faire quelques annonces pour l’avenir de la structure, à différents échelons, au coeur d’une année marquée par la recherche d’un sponsor.
"Pour trouver un sponsor, en moyenne,
il faut un an et demi, deux ans,
on avait à peine neuf mois pour le faire
et on n’est pas loin d’y arriver.
Mais il faut s’accrocher"
- STÉPHANE HEULOT, MANAGER
GÉNÉRAL DE TOTALENERGIES
27 Jun 2026 - L'Équipe
THOMAS PEROTTO (avec Y. H. et J. C.)
LA TOUR-DU-PIN (ISÈRE) – D’un Championnat de France à l’autre, les choses ont-elles vraiment changé ? L’histoire est-elle un éternel recommencement? Il y a un an, lors du rendez-vous national organisé en Vendée, L’Équipe révélait que le fournisseur d’énergie TotalEnergies poursuivrait son partenariat en tant que sponsor titre de la formation de Jean-René Bernaudeau en 2026, tout en ouvrant une porte pour 2027.
Mais celle-ci s’était refermée lors d’une nouvelle annonce en septembre dernier. « Après sept saisons d’une intensité et d’une richesse remarquables, Total En ergie set la SA Vendée Cyclisme, entitésup port du Team TotalEnergies, annoncent d’un commun accord la fin de leur collaboration à l’issue de l’exercice 2026 » , indiquait le groupe français coté au CAC 40.
Depuis, Jean-René Bernaudeau tente tout ce qui est possible pour pérenniser son équipe, menacée de disparition au 31 janvier prochain. Stéphane Heulot, en partance de chez Lotto, est arrivé au sein de la structure en tant que manager général, dès janvier dernier, pour l’aider à prospecter. À deux semaines du Tour de France, la formation, qui compte dans ses rangs Jordan Jegat (27 ans), 10e au classement général de la dernière édition et qui sera de nouveau au départ ce 4 juillet, oscille entre optimisme et grand flou selon les interlocuteurs, les jours, les vents porteurs ou contraires.
Heulot est « optimiste mais pas rêveur »
Des annonces sont attendues pour vite éclaircir le projet et donner le cap d’une structure historique – vingt-sept ans d’équipe professionnelle (depuis Bonjour en 2000) et presque trente-cinq depuis le départ de l’histoire (1991 et le Vendée U) – qui subit de plein fouet toutes les difficultés économiques du cyclisme actuel. Quelques mois après la disparition d’Arkéa B&B Hotels, qui avait montré pareil optimisme à la même période en 2025, la formation vendéenne ProTeam est-elle en meilleure posture, alors que beaucoup sont sceptiques ou méfiants?
« Je serais très optimiste, je vous dirais que je signe demain, alors que ce n’est pas le cas », confie Heulot. « Il y a beaucoup de choses dans les tuyaux, j’ai beaucoup voyagé en dehors de l’Europe. On est très actifs, je reste optimiste mais pas rêveur. Le timing décisionnel n’est pas le même que ce qu’on aimerait, mais on mouille la chemise. On est bien au-delà de la prise de contact et des échanges mais on travaille sur plusieurs canaux, histoire d’être le plus efficace possible, mais ce ne sont quand même pas des petites sommes à trouver. On ne peut pas vendre notre âme non plus. »
Depuis plusieurs mois, les dirigeants insistent auprès de leurs coureurs et de leurs agents : il faut patienter, ne pas signer ailleurs avant la fin de l’été, bref, croire au travail effectué en coulisse. Selon nos informations, un manager du sport pourrait bientôt être nommé, et le nom de Tony Gallopin est tout en haut de la liste. « On a confiance en Jean-René et Stéphane pour trouver quelque chose », avoue le sprinteur Émilien Jeannière. « Je n’ai pas d’inquiétude véritable. L’équipe a toujours su attirer de bons sponsors, c’est une équipe aimée. Il y a l’air d’avoir quand même des pistes. »
Ces derniers jours, la rumeur d’un maintien de TotalEnergies aux côtés du duo Heulot-Bernaudeau a (un peu) bruissé dans le milieu économique. Histoire de redorer un peu le blason d’un groupe critiqué pour le milliard d’euros de bénéfices réalisés selon le Financial Times depuis le début de la guerre au Moyen-Orient malgré la fermeture du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le pétrole mondial.
Mais cette idée, qu’elle soit concrète ou qu’elle ait simplement été étudiée ces derniers mois, ne nous a pas été confirmée. Elle serait même plutôt improbable. Pour autant, selon nos informations, TotalEnergies a énormément accompagné, depuis la fin de l’hiver, les dirigeants vendéens dans leur recherche d’un sponsor en faisant marcher son réseau interne (fournisseurs, distributeurs, partenaires) et ouvert son carnet d’adresses pour que la formation survive. L’entreprise française serait même prête à sortir le chéquier et compléter un projet mené par un autre sponsor. Et elle ne veut surtout pas donner l’impression qu’elle laisse tomber l’équipe avec son départ.
Au printemps, plusieurs sources évoquaient un premier sponsor prêt à mettre dix millions d’euros si un co- namer était trouvé en parallèle. D’autres évoquaient certaines marques échaudées à l’idée de passer après TotalEnergies en termes d’image.
« On a un sport qui est rentable: très cher quand c’est un projet national, très accessible quand il est européen et c’est cadeau sur le plan mondial. On commence par approcher des boîtes qui ont une envergure internationale » , expliquait Bernaudeau dans nos colonnes en janvier dernier. « Pour trouver un sponsor, en moyenne, il faut un an et demi, deux ans, on avait à peine neuf mois pour le faire et on n’est pas loin d’y arriver, Mais il faut s’accrocher, on est plein d’énergie et on y croit. »
Sur Eurosport au début du mois, le manager général avait confirmé que des choses avançaient déjà dans le bon sens pour une partie de la structure. Cela concernerait le passage à l’échelon Conti (avec statut professionnel) de Vendée U en 2027 et non plus Conti Fédérale. De même, l’équipe féminine Conti basculerait sur un modèle d’équipe professionnelle de développement (sans que le recrutement n’ait à ce jour commencé réellement), un voeu également formulé par le département de la Vendée.
Selon Ouest-France, Bernaudeau aurait déjà discuté de ce projet avec Vendée Féminines RVC et La Roche Vendée Cyclisme pour un rapprochement des entités. En attendant de futures (bonnes?) nouvelles, TotalEnergies présentera 27 de ses 28 coureurs professionnels au départ de la course en ligne des Championnats de France dimanche. Poids lourd, mais jusqu’à quand?

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