Un printemps de monstres


Tadej Pogacar, Mathieu Van der Poel et Remco Evenepoel (à droite), 
ici sur le Tour des Flandres, et Wout Van Aert (en jaune), 
lors de Paris-Roubaix qu’il a remporté.

En Italie puis sur les flandriennes, la première partie de la campagne des classiques s’est refermée dimanche avec Paris-Roubaix et la victoire de Wout Van Aert. Preuve que, malgré l’ossature du duel Pogacar-Van der Poel, des scénarios fous et inattendus 

14 Apr 2026 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS et ALEXANDRE ROOS

Tadej Pogacar 
Au presque parfait 

Quatre jours de course et trois victoires, Tadej Pogacar pouvait difficilement faire mieux en ce début de saison. Après les Strade Bianche, Milan-San Remo pour la première fois, il a concentré ses forces sur les deux plus grandes classiques pavées, évitant de se disperser durant la semaine sainte belge. Comme en 2023 et 2025, il a remporté le Tour des Flandres face à un casting plus dense que d’habitude avec son habituel rival Mathieu van der Poel, un Wout Van Aert de retour au plus haut niveau et ce chien fou de Remco Evenepoel, qui s’est invité dans le Ronde à la dernière minute.

Le leader d’UAE Emirates-XRG a devancé les trois, sans trop trembler, mais sa mission semblait plus périlleuse, une semaine plus tard, sans dénivelé ni berg pour s’envoler en solitaire. Pour s’imposer à Roubaix, un an après sa première participation, il a tout mis en oeuvre, avec des reconnaissances régulières lors du premier trimestre, des tests de matériel (notamment pneus), pour passer les 30 secteurs pavés sans encombre mais, dans l’Enfer du Nord, il a été logé à la mêmeenseigne que tout autre mortel avec trois crevaisons, dimanche.

Elles ne l’ont pas empêché de lutter jusqu’au bout face au futur vainqueur Van Aert mais probablement y a-t-il laissé du gaz. Reste qu’il est tombé sous le charme de l’épreuve nordiste, pas seulement parce qu’elle lui résiste, aussi parce qu’elle est imprévisible comme lui. Peut-être sous le coup de la déception, il n’a pas assuré à 100 % sa présence l’an prochain. Mais, tôt ou tard, il tentera de nouveau de gagner le seul Monument qui lui manque alors que, dans douze jours, il retrouve Liège-Bastogne-Liège, déjà remporté à trois reprises.

Mathieu Van der Poel 
Moins en contrôle

Il est sorti dimanche soir avec dignité, après cette poursuite folle entamée à la suite de ses problèmes dans la trouée d’Arenberg. Plus de 80 km où il n’a cessé de faire planer une menace sur Van Aert et Pogacar, où il a maintenu le suspense jusqu’à loin dans la course. Mais Van der Poel termine bredouille sur les Monuments, ce qui ne lui était plus arrivé depuis 2021.

D’ordinaire chirurgical et implacable, il a paru moins en contrôle, même dans sa victoire dans le GP E3 où il était parti trop tôt, à 60 km de l’arrivée, dans un mouvement irréfléchi et impulsif. Il ne connaissait jamais de pépins, et voilà qu’il est éliminé sur chute dans Milan-San Remo (8e), juste avant la Cipressa, puis sur une succession d’incidents mécaniques dans Paris-Roubaix (4e).

Des défaites plus dures à digérer que celle indiscutable du Tour des Flandres aux mains de Pogacar (2e). Parce qu’il accepte moins d’être battu en raison de la malchance ou d’erreurs, ce qui fut le cas à Roubaix où son équipe, légère, l’a laissé courir avec des pédales différentes de celles de ses équipiers, l’empêchant de pouvoir prendre le vélo de Jasper Philipsen après sa première crevaison.

Des regrets d’autant plus grands qu’il était porté par des jambes de feu, à seulement 15 secondes de Van Aert au Vélodrome alors qu’il comptait plus de 2 minutes de retard à la sortie de la forêt. Comme à son habitude, il n’a rien annoncé du reste de sa saison, mais elle devrait désormais passer par le Tour de France, avec peut-être une course de préparation, pourquoi pas le Tour Auvergne-Rhône-Alpes (ex Critérium du Dauphiné) comme l’an passé.

Wout Van Aert 
Vainqueur des coeurs

Milan-San Remo et Paris-Roubaix peuvent se disputer le titre de scénario le plus fou de ce début de printemps, mais il y avait dans le Nord une poudre de magie supplémentaire, une impression de surréalisme, entre le secteur de Briastre, ajouté au parcours cette année, où Michael Goolaerts, équipier de Van Aert, avait succombé à un arrêt card i a que en 2018, les destins de van der Poel et du Belge qui se croisent dans la trouée d’Arenberg, la folie collective au moment où « Wouty » déboîte Pogacar dans le sprint, au vélodrome ou devant les écrans, en Belgique et partout ailleurs.

Alors Van Aert a longtemps attendu pour s’imposer sur un Monument flandrien, mais l’attente en valait la peine et il est dur d’imaginer une manière plus folle de boucler sa quête. Encore plus si on ajoute l’ensemble de la saison, sa fracture à la cheville droite début janvier sur le cyclo-cross de Mol, le contretemps de son forfait au Nieuwsblad pour sa reprise, le duel contre van der Poel à Gand-Wevelgem qui échoue (30e), Filippo Ganna qui le saute dans les derniers mètres d’À Travers la Flandre (2e)…

La scoumoune rôdait encore, mais il y avait des signes, comme cette 3e place à Milan-San Remo fin mars. Le Belge va désormais profiter d’une nouvelle paix de l’esprit. Sauf s’il décidait de s’aligner sur la Flèche Brabançonne (vendredi) pour surfer sur l’état de grâce, on ne devrait pas le revoir avant le Tour Auvergne-RhôneAlpes (du 7 au 15 juin), rampe de lancement avant un doublé Tour de FranceVuelta.

Remco Evenepoel 
Le goût d’y revenir

Passons sur sa forme du début de saison à la fois incertaine sur le Tour UAE et impressionnante sur le plan arithmétique (7 succès), ainsi que sur la mise en scène de sa présence sur le Tour des Flandres, décidée en décembre et annoncée trois jours avant le départ d’Anvers.

Pour sa première sur des routes où il s’entraîne depuis des années, le Belge a réalisé un Ronde bluffant, symbolisé par une belle 3e place derrière Pogacar et Van der Poel. À ce niveau-là, sur ce terrain-là, on ne l’attendait pas si haut, pas sur la durée en tout cas. On le voyait plutôt en agitateur, prêt à tout dynamiter, il a plutôt subi les mouvements du Slovène et du Néerlandais mais il s’est accroché comme un teckel.

Face à une telle concurrence, difficile de dire si le leader de Red Bull-Bora-Hansgrohe, encore foufou et présomptueux dans sa gestion tactique de la course quand il a montré ses muscles à Pogacar, peut apprivoiser le Koppenberg, le Vieux-Quaremont ou le Paterberg. Mais il a confirmé avoir le moteur pour terminer à la 3e place, le mental pour ne pas lâcher derrière le duo et retrouver sa meilleure forme, après sa chute sans gravité sur le Tour de Catalogne.

Un autre terrain s’offre maintenant à lui, plus en rapport avec son potentiel, avec les pentes plus longues mais moins abruptes des Ardennes. Le « Petit Cannibale » devrait lancer sa saison sur l’Amstel Gold Race dimanche avant d’enchaîner par la Flèche Wallonne (22 avril) avant le sommet de ce bloc, Liège-Bastogne-Liège, qu’il a remporté deux fois, la première (2022) en l’absence de Pogacar, la seconde en profitant de la chute et de l’abandon du Slovène (2023).

***

Tadej Pogačar, Mathieu Van der Poel e Remco Evenepoel (a destra),
qui al Giro delle Fiandre, e Wout Van Aert (in giallo),
durante la Parigi-Roubaix che ha vinto.

Una primavera di mostri

In Italia e poi nelle Fiandre, la prima parte della stagione delle classiche si è conclusa domenica con la vittoria di Wout Van Aert alla Parigi-Roubaix. A riprova del fatto che, nonostante il duello tra Pogačar e van der Poel, si possono verificare scenari folli e inaspettati

14 aprile 2026 - L'Équipe
YOHANN HAUTBOIS e ALEXANDRE ROOS

Tadej Pogacar 
quasi perfetto

Quattro giorni di gara e tre vittorie (e un secondo posto, ndr): Tadej Pogačar non avrebbe potuto fare di meglio in questo suo inizio di stagione. Dopo la Strade Bianche e la Milano-Sanremo, conquistata per la prima volta, ha concentrato le sue forze sulle due più grandi classiche sul pavé, evitando di disperdere le energie durante la "Settimana Santa" belga. Come nel 2023 e nel 2025, ha vinto il Giro delle Fiandre contro un gruppo di avversari più agguerrito del solito, con il suo solito rivale Mathieu van der Poel, un Wout Van Aert tornato ai massimi livelli e quel pazzo scatenato di Remco Evenepoel, autoinvitato alla Ronde all’ultimo minuto.

Il leader della UAE Emirates-XRG ha superato senza troppe difficoltà tutti e tre, ma la sua impresa è parsa più ardua la settimana dopo, in assenza di dislivelli o salite che gli consentissero di staccarsi in solitaria. Per imporsi a Roubaix, un anno dopo la sua prima partecipazione (da professionista, ndr), ha fatto di tutto, con ricognizioni a cadenza regolare nel primo trimestre dell'anno e test sull'attrezzatura (in particolare gli pneumatici), per superare indenne i 30 settori di pavé. Ma, nell'Inferno del Nord, domenica, ha subito la stessa sorte di qualsiasi altro mortale: tre forature.

Queste non gli hanno impedito di lottare fino alla fine contro il poi vincitore Van Aert, ma probabilmente gli sono costate un po' di energia. Resta il fatto che è rimasto affascinato dalla gara del nord, non solo perché gli resiste, ma anche perché essa è imprevedibile come lui. Forse sotto l’effetto della delusione, non ha garantito al 100% la sua presenza l’anno prossimo. Ma, prima o poi, tenterà nuovamente di conquistare l’unica Monumento che gli manca, mentre, tra dodici giorni, tornerà alla Liegi-Bastogne-Liegi, già vinta tre volte.

Mathieu van der Poel
meno in controllo

Domenica sera è uscito di scena con dignità, dopo quella folle rimonta iniziata in seguito ai suoi problemi nella Foresta di Arenberg. Più di 80 km in cui mai ha smesso di rappresentare una minaccia per Van Aert e Pogačar, mantenendo viva la suspense fino a ben oltre la metà della gara. Van der Poel però ha finito a mani vuote in queste due monumento, cosa che non gli capitava dal 2021.

Di solito chirurgico e implacabile, è sembrato meno in controllo, anche nella sua vittoria al GP E3 dove era partito troppo presto, a -60 km dall’arrivo, con una mossa avventata e impulsiva. Mai avuto intoppi, ed eccolo eliminato per una caduta - poco prima della Cipressa - alla Milano-Sanremo (8°),  poi per una serie di problemi meccanici alla Parigi-Roubaix (4°).

Sconfitte più dure da digerire di quella - indiscutibile - al Giro delle Fiandre per mano di Pogačar (2°). Perché accetta meno di essere battuto a causa della sfortuna o di errori, come è successo a Roubaix dove la sua squadra, poco attenta, lo ha lasciato correre con pedali diversi da quelli dei compagni, impedendogli così di poter prendere la bici di Jasper Philipsen dopo la sua prima foratura.

Un rammarico tanto più grande in quanto era in ottima forma, a soli 15" da Van Aert al Vélodrome, mentre all'uscita dal bosco aveva un ritardo di oltre 2 minuti (2'13", ndr). Come al solito, non ha fatto annunci sul resto della sua stagione, ma questa dovrebbe ora passare per il Tour de France, con forse una gara di preparazione, magari il Tour Auvergne-Rhône-Alpes (ex Critérium du Dauphiné) come l’anno scorso.

Wout Van Aert
il conquistatore di cuori

La Milano-Sanremo e la Parigi-Roubaix possono contendersi il titolo di scenario più folle in questo inizio di primavera, ma nel Nord c'era una polvere magica in più, un'impressione di surrealtà, tra il settore di Briastre, aggiunto al percorso quest'anno, dove Michael Goolaerts, compagno di squadra di Van Aert, aveva ceduto a un arresto cardiaco nel 2018, i destini di van der Poel e del belga che si incrociano nella trincea di Arenberg, la follia collettiva nel momento in cui «Wouty» batte Pogačar allo sprint, al velodromo o davanti agli schermi, in Belgio e ovunque altrove.

Van Aert ha atteso a lungo per imporsi in una Monumento fiamminga, ma l’attesa è valsa la pena ed è difficile immaginare un modo più incredibile per coronare la sua impresa. Ancora di più se si considera la sua intera stagione sin qui, la frattura alla caviglia destra all'inizio di gennaio durante il ciclocross di Mol, l'intoppo del forfait al Nieuwsblad al suo rientro, il duello fallito contro van der Poel alla Gand-Wevelgem (30°), Filippo Ganna che lo supera (in rimonta, ndr) negli ultimi metri alla À Travers la Flandre (2°)...

La sfortuna era ancora in agguato, ma c'erano dei segnali, come il 3° posto alla Milano-Sanremo a fine marzo. Il belga potrà ora godersi una nuova serenità. A meno che non decida di partecipare alla Freccia del Brabante (venerdì) per cavalcare l’onda del momento, non dovremmo rivederlo in gara prima del Tour Auvergne-Rhône-Alpes (dal 7 al 15 giugno), trampolino di lancio prima della doppietta Tour de France-Vuelta.

Remco Evenepoel
la voglia di tornare

Tralasciamo la sua forma di inizio stagione, al tempo stesso incerta allo UAE Tour e impressionante dal punto di vista aritmetico (7 successi), così come la messa in scena della sua presenza al Giro delle Fiandre, decisa a dicembre e annunciata tre giorni prima della partenza da Anversa.

All’esordio su strade dove si allena da anni, il belga ha disputato una Ronde impressionante, coronata da un ottimo terzo posto dietro a Pogačar e van der Poel. A questi livelli, su questo terreno, non ci si aspettava che arrivasse così in alto, almeno non per tutta la gara. Lo vedevamo piuttosto come un agitatore, pronto a mandare tutto all'aria, invece ha subìto le mosse dello sloveno e del neerlandese ma ha tenuto duro come un Dachshund (il bassotto tedesco, ndr).

Di fronte a una concorrenza del genere, è difficile dire se il leader della Red Bull-BORA-hansgrohe, ancora un po' avventato e presuntuoso nella gestione tattica della gara quando ha mostrato i muscoli a Pogačar, possa domare il Koppenberg, il Vecchio Kwaremont o il Paterberg; ma intanto ha confermato di avere la potenza per finire al 3° posto, la forza mentale per non mollare dietro a quei due e ritrovare la sua forma migliore, dopo la sua caduta - senza gravi conseguenze - al Giro di Catalogna.

Ora si apre per lui un altro terreno, più in linea con il suo potenziale, con le salite - più lunghe ma meno ripide - delle Ardenne. Il «Piccolo Cannibale» dovrebbe dare il via alla sua stagione domenica alla Amstel Gold Race, per poi proseguire con la Freccia Vallone (22 aprile) prima del culmine di questo blocco, la Liegi-Bastogne-Liegi, che ha vinto due volte, la prima (2022) in assenza di Pogačar, la seconda approfittando della caduta e del ritiro dello sloveno (2023).

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