Le réveil du volcan


En position de force à 2-0, New York va vivre un match 3 volcanique au mythique Madison Square Garden, dans une ville en effervescence. Les Spurs de Victor Wembanyama devront trouver le feu sacré pour sortir du piège.

8 Jun 2026 - L'Équipe
SAMI SADIK

NEW YORK (USA) – Les mains serrées sur son portable, Ben Stiller immortalise en vidéo le passage de ses Knicks devant les médias hier après-midi. Casquette sur la tête, sac à dos harnaché sur les épaules, l’acteur natif de New York est un journaliste comme les autres au Madison Square Garden, de l’autre côté de la caméra.New York et San Antonio vont s’affronter dans la mythique salle du Madison Square Garden et sa chaude ambiance. Série : 2-0

Au fond de la salle, le rappeur du Bronx, Fat Joe, et son acolyte Jadakiss font le show avec une question du premier pour chambrer l’entraîneur Mike Brown sur ses chaussures. Depuis le retour triomphal des joueurs samedi, deux victoires à San Antonio dans les bagages, « Big Apple » n’a d’yeux que pour eux.

Acteurs, rappeurs, millionnaires… Tous s’inclinent devant une troupe à mi-chemin de sa quête : ramener le trophée Larry O’Brien dans la ville qui ne dort jamais, cinquante-trois ans après.

« J’ai vu des juifs orthodoxes danser avec des enfants noirs. La ville n’a jamais été aussi unie depuis le 11-Septembre ! » , s’enflamme Fat Joe alors que les matches 1 et 2 de la finale ont été suivis de célébrations dignes d’un titre pour les fans des vingt-neuf autres équipes NBA. Tout juste élu dans le fauteuil de maire, Zohran Mamdani a de la concurrence. Sur les écrans géants près du Madison Square Garden, une publicité proclame déjà le meneur Jalen Brunson « roi de New York » .

Une autre fait le décompte avec les chiffres quatre et trois barrés, maintenant que les Knickerbockers n’ont plus que deux succès à décrocher pour faire chavirer la ville.

« Nous, les fans, on a vécu tellement d’épreuves. Il faut profiter de la vibe. Merci à James Dolan (le propriétaire), il avait tellement de pression. Ici, on veut des résultats et tout de suite. On voulait des grands noms, mais ce n’est pas comme ça qu’on arrive à jouer au basket ensemble », poursuit Fat Joe.

Des prix record pour les billets

La dernière fois que la finale avait fait escale au « MSG », en 1999 déjà contre les Spurs (1-4), le rappeur n’en était qu’à son troisième album (sur onze) et Ben Stiller jouait les super-héros amateurs dans Mystery Men. Alors, l’attente et l’effervescence ont abouti à un cocktail complètement fou dans la mythique salle new-yorkaise où les derniers billets en revente sur des plateformes s’arrachent audessus de 10 000 dollars !

« J’aurais aimé que les prix ne soient pas aussi fous. Des gens qui attendent ce moment depuis si longtemps ne vont pas pouvoir venir. Mais la salle sera électrique quand même », a réagi l’ailier Josh Hart. « J’ai regardé et non… Les prix sont fous, confirme John, un fan basé à Long Island, maillot dédicacé de Toney Douglas (meneur de 2009 à 2012) sur le dos. Je vois les Knicks gagner en quatre matches et j’ai parié de l’argent sur un titre il y a un mois. »

Une soirée très sécurisée en attendant Trump

Installé devant l’hôtel des Spurs, à quinze minutes à pied de la salle, John essaie d’apercevoir Victor Wembanyama, en vain. Il ne verra pas non plus Donald Trump, attendu dans la salle pour la première apparition d’un président américain en activité sur un match de finale NBA. Laminé dans sa ville natale aux élections 2024 avec 80 % des voix pour sa rivale démocrate Kamala Harris, le milliardaire ne risque pas d’augmenter sa cote de popularité après cette soirée. Les Knicks ont déjà demandé à leurs fans de venir plusieurs heures en avance pour négocier des contrôles de sécurité draconiens. Et les abords du Madison Square Garden seront fermés au public alors que les fans s’y retrouvaient pour voir le match.

Dans cette ambiance volcanique, San Antonio cherche la clé pour relancer la série. Les 34 points de moyenne de Victor Wembanyama en trois apparitions à « Big Apple » sont un joli signal, même si l’intérieur français peut s’attendre à une soirée agitée. « Wemby, je l’adore, mais je veux que mon équipe gagne, a glissé Fat Joe à L’Équipe. J’ai dansé pour le déconcentrer sur un lancer franc au match 2, je suis un de ses grands fans, mais je devais le faire. »

« Je m’attends à une atmosphère fidèle à New York, j’ai l’impression de faire partie d’un moment spécial, d’être de retour ici après si longtemps », a répondu le meilleur défenseur de l’année. Sera-t-il encore plus difficile de se mettre dans sa bulle de concentration ? « Pas vraiment, c’est quelque chose que j’ai maîtrisé au fil des années. Ce sera comme pendant les Jeux Olympiques de Paris. Il ne faut pas trop réfléchir. Ce genre de matches, c’est tout ce que je désire. » Après un premier entraînement sur le parquet recouvert des logos de la finale NBA, Wembanyama a repris le chemin de l’hôtel, où trois policiers armés et un chien ont été mobilisés devant une petite vingtaine de curieux.

Mais les Spurs ne seront pas les seuls à devoir gérer le bruit et la fureur attendus au Madison Square Garden. « J’essaie de me détacher le plus possible de l’ambiance en ville pour rester concentré », a raconté Josh Hart. Un conseil que son entraîneur n’a pas vraiment appliqué hier. « J’ai rencontré Ben Stiller pour la première fois, je lui ai serré la main et on s’est pris dans les bras. Mon gars Fat Joe est là aussi. C’est un grand jour pour Mike Brown ! », a partagé, heureux comme un gamin, l’ancien assistant-coach des Spurs. Mais pour ne pas gâcher la fête, il faudra vite oublier le strass et les paillettes.



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