NBA : Wembanyama et les Spurs prêts pour le rendez-vous ultime
San Antonio a réussi le tour de force d’éliminer le champion sortant pour défier les Knicks en finales NBA.
1 Jun 2026 - Le Figaro
Christophe Remise
Je veux gagner le plus vite possible », claironnait Victor Wembanyama, déjà impatient, avant même d’être drafté par les Spurs, en 2023. Ambitieux, très ambitieux, sachant qu’il y avait tout à faire, tout à construire au sein d’une franchise qui naviguait en fond de classement depuis plusieurs années. La NBA ne fait généralement pas la part belle aux jeunes équipes. Il faut du temps, de l’expérience, des cicatrices pour viser les plus hauts honneurs au sein de la ligue nord-américaine de basket. Oui, mais voilà, San Antonio compte dans ses rangs un extraterrestre de 2,24 m, un talent générationnel qui a tout pour lui, tout pour devenir l’un des meilleurs joueurs de l’histoire, pas seulement de son époque.
« Je veux connaître ce sentiment encore de nombreuses fois dans ma vie, (…) je veux le refaire quinze ou vingt fois… J’espère que ça ne va pas devenir une addiction, mais c’est peut-être déjà le cas. (Sourire.) Impossible de ne pas savourer, mon réservoir à émotions n’est pas encore assez grand, ça déborde. Il faudra se reconcentrer rapidement, mais pour l’instant, c’est un plaisir incroyable», a soufflé le Français, passé par Nanterre, l’asvel et les Mets 92, après la victoire décisive contre le tenant du titre, Oklahoma City, qui lui ouvre les portes des finales NBA.
Victor Wembanyama, un modèle unique. Les dieux du basket se sont penchés sur son berceau pour lui donner la panoplie complète : taille, technique, agilité… Brillant en attaque, encore plus fort en défense. Le tout avec un mental de champion. C’est bien simple, il sait tout faire. Et sa thrombose de l’année dernière l’a invité à gommer les défauts qu’on lui connaissait en termes de sélection de tirs, ça lui a donné un sentiment d’urgence qu’un gamin de 22 ans n’a pas forcément. « Wemby » a compris que le temps est précieux, compté.
Inestimable
Dans sa troisième saison seulement, sa première campagne en play-off, le voilà en piste pour les finales NBA, à partir de mercredi (dans la nuit de mercredi à jeudi, 2 h 30), contre les Knicks de New York. La même affiche qu’en 1999. Wembanyama n’était même pas né à l’époque, pas davantage que les autres stars de San Antonio, Stephen Castle (20 ans) et Dylan Harper (19 ans), lesquels jouent respectivement leur deuxième et première saison. Successeur d’un Gregg Popovich toujours très présent, Mitch Johnson, lui, ne boucle que sa première saison en tant qu’entraîneur principal. S’il y a de l’expérience, c’est dans les bureaux, chez les anciens qui gravitent autour de cette jeune escouade. Inestimable. On savait que les Texans étaient promis à un brillant avenir. Personne ne pensait qu’ils pourraient viser les sommets en début de saison. Les regards ont changé depuis février, avec notamment quatre victoires en cinq matchs de saison régulière face aux tenants du titre d’oklahoma City, dont une en demie de la NBA Cup, avant de s’incliner contre… NYC. Et c’est justement OKC qui se dressait sur la route de Wembanyama et compagnie en finale de Conférence Ouest. Tous les observateurs attendaient un choc légendaire, entre deux clubs à plus de 62 victoires en saison régulière. Et la série a tenu ses promesses. San Antonio a réussi le tour de force de composter son billet sur le parquet du champion, samedi (103-111), dans l’oklahoma, au terme d’un match 7 à couper le souffle, comme le reste de la série. « Ils sont jeunes, talentueux, bien entraînés, ils jouent comme il faut et ensemble », a expliqué Shai Gilgeous-alexander. Ils ont le bon état d’esprit. On ne nous bat pas sans avoir ce qu’il faut, et ils nous ont battus.»
Le MVP de la série ? Victor Wembanyama, bien évidemment. Comme une évidence. À pas de géant. « Il en reste quatre », martèle-t-il. Comprenez, quatre victoires jusqu’au sacre qu’il convoite en finale. Nous sommes déjà entrés dans l’ère Wembanyama. Charge à lui et ses petits camarades du club texan de gravir la dernière marche, pas forcément la plus simple.

Commenti
Posta un commento