Magnier, si frustré


La ligne passée, la déception est énorme pour Paul Magnier, 
revenu à une allure folle après avoir déclipsé et finalement troisième de l’étape.

Auteur d’un retour tonitruant après avoir été ralenti par une chute collective dans le dernier virage, le Français qui a juste déclipsé, a pris une 3e place très frustrante hier à Naples. Et son poisson-pilote Jasper Stuyven (2e), dérailleur cassé, n’a pu remonter Davide Ballerini.

"Je savais que j’avais de très bonnes jambes et 
j’espérais encore que les gars devant craquent"
   - PAUL MAGNIER

15 May 2026 - L'Équipe
JULIEN CHESNAIS

NAPLES (ITA)– La lourde averse tant redoutée à Naples, dont les routes au contact de la pluie se transforment instantanément en patinoire, s’est abattue juste après l’arrivée de la sixième étape, hier. Un cadeau du ciel, un sursis en apparence, qui n’aura pas empêché le carambolage survenu à 400 mètres de l’arrivée, dans un virage à angle droit.

Car quelques gouttes de pluie, subtiles mais diablement efficaces, commençaient à saupoudrer les pavés menant à la Piazza del Plebiscito. En première position, à l’extérieur de la courbe, Elmar Reinders aglissé dela roue arrière et entraîné dans sa chute son sprinteur, Dylan Groenewegen. Calé « en position parfaite » juste derrière les deux Unibet Rose Rockets, Paul Magnier a pu éviter la chute, mais a été contraint de déclipser. « Ça m’a fait perdre beaucoup de temps », convenait-il à l’arrivée. Deux hommes ont pu éviter le carnage, en se frayant un passage à la corde : Davide Ballerini (XDS Astana) et Jasper Stuyven (Soudal-Quick Step).

Le poisson-pilote de Magnier n’a jamais pu remonter Ballerini, vainqueur à 31 ans de sa toute première victoire dans un grand Tour. Et il en était particulièrement énervé. Arrivé au bus, dos à la mer, le Belge évacuait d’un même coup de pédale sa frustration et l’acide lactique sur son home-trainer. Il était trop furax pour se livrer face aux micros. « Les vitesses ne passaient pas », se plaignait-il auprès de Davide Bramati, ce que nous a confirmé le directeur sportif : « On a été très malchanceux. Pour Paul, mais aussi pour Jasper. Un coureur a percuté sa roue et son dérailleur s’est cassé. Il n’a pas pu changer de vitesse ni faire un vrai sprint. C’est comme ça. Et Paul, tout le monde a vu ce qu’il a fait. Il a pu repartir, finir incroyablement vite. Mais c’était trop tard »

Car à l’inverse de Groenewegen (classé 158e) et Jonathan Milan (107e) – qui n’est pas tombé mais a été bloqué par la chute - Magnier ne s’est pas résigné malgré la douzaine de coureurs l’ayant doublé à l’entrée de la dernière ligne droite. « Je savais que j’avais de très bonnes jambes et j’espérais encore que les gars devant craquent », rapportait l’Isérois de 22 ans. S’il n’a pu revenir sur Ballerini et Stuyven, le Français a avalé tous les autres, au prix d’un sprint monstrueux, pour prendre la 3e place avec plusieurs vélos d’avance sur Jensen Plowright et Ben Turner.

Déjà vainqueur à Bourgas (1re étape) et Sofia (3e), Magnier avait encore des jambes de feu, suffisantes pour espérer tripler la mise à Naples. « Je suis bien sûr très déçu, soufflait-il. L’équipe a encore fait un travail incroyable, j’étais dans une position parfaite jusqu’à ce virage en U. J’étais très fort. Mais le résultat n’est pas là »

Il fait toutefois une belle opération pour le maillot cyclamen, plus que jamais ancré sur ses épaules. Sa 3e place, combinée au zéro pointé de Milan, lui permet de compter plus du double de points que l’Italien, 130 contre 64. « Cela fait des points, mais j’espérais bien sûr mieux », terminait-il, alors que le prochain sprint massif n’est prévu que dans dix jours, à Milan, lors de la 15e étape.

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