GRÉGOIRE, obsession tricolore
Romain Grégoire, ici avant l’Amstel Gold Race, le 19 avril, s’est récemment
imposé sur la deuxième étape du Tour de Suisse à Locarno, le 18 juin (en bas).
Deuxième l’an passé aux Herbiers, le Bisontin s’avance comme le principal favori au maillot de champion de France. Un « grand objectif de carrière » depuis ses premiers titres en juniors.
«Tous les ans, il monte un petit peuu en pression sur cette coourse-là»
- MAXIME LATOURTE, ENTRAÎNEEUR DE ROMAIN GRÉGOIRE
«Le circuit est bien taillé pour Romain, punchy comme il aime»
- BAPTISTE GRÉGOIRE, SON PETIT FRÈRE
«Il n’a vraiment qu’une idée en tête»
- BAPTISTE GRÉGOIRE, SON PETIT FRÈRE
28 Jun 2026 - L'Équipe
JULIEN CHESNNAIS
LA TOUR-DU-PIN (ISÈRE) – Cela commence aussi commec ça, les histoires d’amouur, au hasard des chambardemments d’un calendrier. En octobre 2020, Romain Grégoire, prommesse de l’AC Bisontine, se préépare pour la manche de Coupe ded France de cyclocross de Vitteel (Vosges). « Mais quatre jours avant,a on apprend qu’elle est annuulée à cause du Covid, se remém more Maxime Latourte, déjà sons entraîneur à l’époque. Par contre, les Championnats de Frrance sur route de l’Avenir, qui avaaient lieu le même week-end, à Grray (Haute-Saône), se tenaient touujours. Il y est allé presque par dééfaut. Et il gagne sur un coup de pokeer, se révèle sur une course qu’il ne devait pas disputer. À partir de là, lal dynamique s’est enclenchée. »
Jamais en veeine jusqu’ici sur le rendez-vous naational, le nouveau champion de FranceF juniors évoque alors une « malédiction brisée » . Il ne ce ssera ensuite d’y briller. L’été suuivant, à Lorrez-leBocage-Préaux (Seine-etMarne), il fait lee doublé, course en ligne et chronno. Cinq mois plus tard, tout justee débarqué en Espoirs, il rafle déjà son quatrième maillot, en cycllo-cross.
Aujourd’hui, avvec celle de champ i o n d ’ Euro p e j u n i o r s (2021), les quatre tuniques tricolores trônent fièrement dans la maison familiale, « chez papa » . « Mais si j’arrive un jour à ramener le maillot professionnel, il aura une place encore plus particulière, surtout dans mon coeur, confie Grégoire (23 ans). Depuis que j’ai eu la chance de le revêtir chez les jeunes, c’est devenu un rêve de le porter. Chez les pros, je cours après ce maillot qui me fait beaucoup rêver. »
Dès sa première saison chez Groupama-FDJ United, en 2022, louveteau dans la Conti, il se bat comme un chien pour tenter de ramener Arnaud Démare sur la tête de course. En 2023, il explose à Cassel (Nord) mais vit de l’intérieur le sacre de Valentin Madouas. Aujourd’hui encore, il trouve les liserés de son coéquipier « incroyables », source de respect et de motivation à l’imiter.
« Tous les ans, il monte un petit peu en pression sur cette course-là, observe Latourte. Et clairement, elle l’habite. Il a envie d’avoir son maillot bleu-blanc-rouge, un jour, sur les épaules. »
Après sa 8e place en 2024, le coup n’est pas passé loin, l’an passé aux Herbiers (Vendée). Seul un Dorian Godon auteur d’un « sprint oufissime », se souvient Baptiste Grégoire, avait pu le devancer au mont des Alouettes. « Il était dégoûté, car il déteste perdre, raconte son petit frère, membre de la Conti, qui courait ce jour-là pour la deuxième fois au côté de son aîné. Toute l’équipe s’était sacrifiée pour Romain, et il s’en voulait de n’avoir pas pu la remercier. Mais à froid, il a compris qu’il n’avait pas de regret à avoir, qu’il était juste tombé sur un os, l’un des meilleurs coureurs au monde sur ce type d’effort. »
Cet hiver, sans surprise, Grégoire annonçait que ses « deux grands objectifs » étaient le Championnat de France et une étape du Tour. « Il a gagné des Pro Series, des victoires d’étape en World Tour (3), mais il demeure vraiment en recherche d’une victoire sur ce qu’il appelle une grande course, explique Latourte. Et, dans sa tête, le Championnat de France fait partie de ce package. »
Son printemps a été un peu meilleur que les précédents, fidèle à la « progression tranquille » qui le fait franchir un nouveau cap chaque année. Vainqueur de la Faun Drôme Classic, 4e des Strade Bianche, il n’a certes pas eu les résultats escomptés pour sa découverte des Flandriennes (22e au Tour des Flandres), un pari pas sûr d’être renouvelé. Mais il fut très solide sur son terrain de prédilection, les ardennaises (4e de l’Amstel, 9e de la Flèche Wallonne et 7e de Liège-Bastogne-Liège).
Il aborde son quatrième Championnat de France Élite avec confiance, « dans des dispositions similaires à celles de l’an passé », relève Latourte, le Bisontin ayant à nouveau remporté une étape sur le Tour de Suisse, à Locarno, au lendemain de « la petite casquette » infligée par Tadej Pogacar. En mai, lors de sa reco, Grégoire a « été impressionné par la difficulté » du circuit de La Tour du-Pin (Isère). « Mais je pense qu’il est bien taillé pour Romain, punchy comme il aime, trouve son frère. C’est plus dur que l’année derrière. Après, la chaleur va jouer un rôle primordial. »
En début de carrière, celle-ci ne lui convenait guère, le FrancComtois performant mieux sous la pluie. « Mais il commence à prendre le pli, note Latourte. Quand il s’impose sur le Tour de Suisse, c’était de très loin la journée la plus chaude sur laquelle il a gagné. » Un indicateur positif sur sa capacité à supporter la fournaise iséroise aujourd’hui. « Avec un bémol, précise Latourte. En Suisse, c’était 150 km, il y avait 3 h 30’ de course. Là, ça va faire deux bonnes heures de plus ( 241,8 km). »
Vendredi soir, à la présentation des équipes, c’était plutôt l’excitation qui grimpait. Tout juste arrivé de son domicile, dans le Doubs, Grégoire s’affichait avec un sourire carnassier, confiait son « impatience » d’en découdre. « Je l’ai eu encore au téléphone cette semaine, il avait trop envie d’y être, se marre son frangin. Et il n’a vraiment qu’une idée en tête. » Se parer de bleu, blanc et rouge.
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Théophile Vassal (à gauche, membre de l’équipe de développement) et Léo Bisiaux font partie des huit coureurs alignés par Decathlon-CMA CGM sur la course en ligne.
Faire aussi bien, avec moins
Decathlon-CMA CGM, qui a décroché les deux derniers titres nationaux avec Paul Lapeira et Dorian Godon, se présente au départ en version réduite. Mais pas sans ambitions.
«On n’a pas la quantité mais on a la qualité»
- JORDAN LABROSSE, COUREUR
DE DECATHLON-CMA CGM
28 Jun 2026 - L'Équipe
THOMAS PEROTTO
LA TOUR-DU-PIN – Ils devaient être neuf, ce qui n’était déjà pas beaucoup. Ils seront finalement huit, ce qui ne change pas radicalement les choses mais symbolise un peu plus l’infériorité numérique à gérer. Pour la première fois de son histoire récente, Decathlon-CMA CGM alignera moins de dix coureurs au départ de la course en lig n e d e s Champio n n a t s d e France. Cinq professionnels (Léo Bisiaux, Noa Isidore, Jordan Labrosse, Paul Lapeira et Antoine L’Hote) et trois membres de l’équipe de développement (Aubin Sparfel, Rémi Arsac et Théophile Vassal) après le forfait de Louis Chaleil, tombé jeudi lors du contre-la-montre. Ils étaient par exemple quatorze en 2025 en Vendée lors du titre de Dorian Godon (désormais chez Netcompany-Ineos).
En face, aujourd’hui, Groupama-FDJ United aura 33 éléments (23 professionnels et 10 membres de la Conti) et TotalEnergies 28. Un gouffre. « Alors il n’est pas nécessaire d’être trente, mais aux alentours d’une quinzaine c’est quand même mieux, reconnaît Cyril Dessel, l’un des directeurs sportifs de la formation basée dans la Savoie voisine. Ça ne peut pas être un avantage d’être aussi peu nombreux, c’est évident, mais ça ne veut pas dire que je ne crois pas au titre. Par contre, on est condamnés à courir juste. »
En sous-nombre, les hommes de Decathlon, sans Paul Seixas, Aurélien Paret-Peintre ou Nicolas Prodhomme, en pleine préparation pour le Tour de France, ne pourront pas se jeter sur tout ce qui bouge et peser comme ils pouvaient le faire par le passé. « Ces deux dernières années, on avait plus de pression au départ car on était plus nombreux, remarque Jordan Labrosse, presque un aîné avec ses 23 ans. Là, on aborde ça totalement différemment. C’est bien aussi. » « On ne pourra pas avoir la même capacité de réaction pendant la course que les autres, ajoute Dessel. Groupama ou Total, eux, ils auront les clés. Nous, on a besoin de trouver des solutions pour tirer notre épingle du jeu. » La stratégie sera encore plus prépondérante, même si les leviers à activer sont moins nombreux.
Pour autant, les coureurs de Decathlon, qui comptent dans leurs rangs le champion de France 2024, Lapeira (26 ans), s’attendent à exister sur les phases de transition et dans les deux montées du parcours. Certains auront une petite pancarte (Lapeira, Bisiaux), d’autres un peu moins (Sparfel, Labrosse, L’Hote). Hier, lors du point presse d’avantcourse, Lapeira expliquait qu’un coureur comme Sparfel serait peut-être moins surveillé et donc un atout très malin à jouer, tout comme Labrosse. « On n’a pas la quantité mais on a la qualité, assume justement Labrosse. On est huit et ça peut sourire aux huit. On peut faire de très belles choses. »
« Je suis persuadé qu’on a plusieurs cartes à jouer dans le final. Mais pas avant. À nous d’être là quand il le faudra, Au moment où c’est le feeling du coureur qui prédomine. » Liseré bleublanc-rouge sur la manche jusqu’à la fin de sa carrière, Lapeira sourit : « On a toutes les raisons d’y croire car on a tous le bon profil pour ce genre de parcours. Il faudra être intelligent dans notre manière de courir, ne pas avoir un coup de retard. »
« On sera tous un peu protégés car on n’aura pas le poids de la course à assumer » , salive même Bisiaux, bien en place sur le contre-la-montre jeudi (6e), et qui a un dernier gros coup de collier à mettre aujourd’hui avant de couper puis de se préparer pour la Vuelta (22 août-13 septembre). Seul avantage à être huit et non pas quinze ou trente ? Sans oreillettes, les informations ou consignes seront plus faciles à faire passer.
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Des absents de marque
28 Jun 2026 - L'Équipe
Th. P.
Paul Seixas, Aurélien Paret-Peintre, Nicolas Prodhomme (Decathlon-CMA CGM), Julian Alaphilippe (Tudor), Kévin Vauquelin (Netcompany-Ineos), Lenny Martinez (Bahrain Victorious), aux quels on pourrait presque ajouter Mathys Rondel (Tudor), Clément Champoussin (XDS-Astana) ou Warren Barguil (Picnic-PostNL) : la liste des absents de marque pour la course en ligne des Championnats de France est très longue, entre ceux qui se préparent pour le Tour de France, ceux qui viennent de terminer un stage en altitude, récupèrent d’un virus ou simplement font un peu de jus à la maison. Cela ne rend pas les « France » moins prestigieux, mais il y a une pointe de regret.
Sans ces hommes-là, la liste de départ aura quand même de la gueule, avec Romain Grégoire comme grand favori avec son armada Groupama-FDJ United, talonné par Benoît Cosnefroy (UAE Emirates-XRG), Axel Laurance et Dorian Godon (Netcompany-Ineos), Paul Lapeira (Decathlon-CMA CGM) et même un sprinteur
(maillot cyclamen du Giro !) comme Paul Magnier, qui peut rêver d’un scénario de course tranquille pour jouer la victoire dans le final. Il fera très, très (trop ?) chaud aujourd’hui autour de La Tour-du-Pin, et le maillot bleu-blanc-rouge sacrera forcément un grand.
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