Lyles, un «chaud-man» à Paris


Noah Lyles imite le Kamé Hamé Ha de « Dragon Ball », 
après avoir remporté le 100 m de Tokyo, le 17 mai.

Athlète exubérant, le champion olympique du 100 m, est de retour à Paris, deux ans après les JO 2024, avec la ferme intention de faire vibrer Charléty, le spectacle étant finalement tout ce qui l’intéresse.

"Le fun avant toute autre chose, toujours"

28 Jun 2026 - L'Équipe
NICOLAS HERBELOT

Vendredi, en milieu de journée, tandis que l’hôtel de l’organisation du meeting de Paris, porte de Versailles, dans le sud de la capitale, bruissait de la demande d’annulation effectuée par la préfecture en raison de la canicule, Noah Lyles attendait paisiblement de rejoindre la piste de Charléty pour s’entraîner en plein cagnard. « Je n’ai pas le choix, il faut bien que je coure » , souriait-il, confiant sur le maintien du meeting : « Il y a trop d’argent en jeu… » .

La star américaine du sprint, championne olympique du 100 m et quadruple championne du monde du 200 m, a remis ça hier en début d’aprèsmidi, enchaînant les 60 m comme si sa vie en dépendait. On se doute bien que le jeune marié (avec la coureuse de 400 m jamaïquaine Junelle Bromfield) n’est pas venu à Paris en touriste. Il le concède avec une franchise au goût épicé : « Je ne suis pas fan de l’Europe. » C’est désamorcé par un éclat de rire, mais c’est dit quand même et cela donne un parfum de sincérité à ses propos.

comp'te'bien être à l’heure de son nouveau Lyles rendez-vous avec Paris, près de deux ans après les JO 2024. Pour « le fun » et « gagner » . « Le fun avant toute autre chose, toujours » , aime-t-il marteler. Cela inclut de communier avec les fans, sujet qu’il maîtrise si bien que l’ex-empereur Usain Bolt l’a volontiers adoubé comme son héritier. Quant à la victoire, elle lui semble plus essentielle que la perf. D’abord parce que sa légitimité en dépend, lui qui avoue que son titre olympique lui « a ouvert beaucoup de portes, notamment dans le business » . Ensuite en constatant : « Aux États-Unis, le chrono ne représente rien pour le grand public ; ce qui l’intéresse, c’est qui gagne et qui perd, battre mon record personnel ( 9''79) en perdant la course n’aurait aucun intérêt. » Avant de nous quitter, il a aussi glissé : « Je n’ai jamais perdu, ici… » À Charléty, Lyles a déjà couru deux fois pour deux victoires : sur 200 m, sa distance de prédilection, en 19’’65 en 2019, et sur 100 men 9’’97, en 2023.

Son début de saison est pour l’instant convainquant : un 100 mgagné à Tokyo en 9''95, un autre à Rome début juin en 9''88 contre les Eseme, Tebogo, Anthony, Jacobs, Simbine et Omanyala, et un 150 m, distance rare bouclée en un temps record à Ostrava (14''67). Quand on évoque d’ailleurs ses rivaux du jour, Lyles avertit, entre confiance et arrogance : « Je ne sais pas s’ils sont prêts. Moi, je le suis. »

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