Duplantis a les idées claires
Armand Duplantis va retrouver Paris,
deux ans après avoir été sacré champion olympique au Stade de France.
Battu à Stockholm le 7 juin, pour la première fois en trois ans, le recordman du monde suédois et jeune marié revient à Paris avec appétit.
"Paris représente beaucoup pour moi,
j’y ai vécu la compétition la plus marquante de toute ma vie"
- ARMAND DUPLANTIS
28 Jun 2026 - L'Équipe
STÉPHANE KOHLER
Arrivé au siège de L’Équipe à Boulogne-Billancourt vendredi à 20 heures avec sa décontraction habituelle, Armand Duplantis s’était déjà sustenté, laissant de côté les quelques zakouskis de bon aloi préparés à son attention. Détendu et volubile, le double champion olympique et recordman du monde de la perche (6,31 m) a répondu à nos questions durant une petite heure avant de filer à son hôtel voir Norvège-France (1-4), pas très rassuré à l’idée d’une future confrontation entre les Bleus et « sa » Suède, en 16es de finale de la Coupe du monde (mardi, 23 heures).
Côté perche et athlétisme, le tout jeune marié se dit prêt à performer à Charléty, lors d’un meeting qui marquera son retour à Paris après sa soirée magique des JO 2024 (titre et record du monde à 6,25 m). Battu à Stockholm début juin (2e derrière Kurtis Marschall avec 5,80 m), un premier revers en compétition depuis trois ans, Duplantis (26 ans) n’a pas été vraiment perturbé par cette rarissime défaite. « C’était probablement la sensation la plus étrange que j’aie jamais ressentie, convient-il. Pour la première fois de ma vie, je crois que je n’ai pas vraiment été affecté par une défaite. Depuis tout petit, chaque fois qu’un saut ne se passait pas comme je le voulais, je réagissais de façon très émotionnelle. Il fallait absolument que tout soit parfait. Et là… je m’en fichais complètement. » Comment l’expliquer ? « Il s’est passé énormément de choses dans ma vie récemment, pas seulement liées à l’athlétisme, et de très belles choses, sourit-il. Ça a été très intense. Là, j’ai comme une sensation de renouveau, j’ai l’impression que ma saison commence vraiment maintenant, en tout cas je suis totalement concentré sur la compétition. Physiquement, tout va très bien et j’ai hâte de retrouver les sautoirs. »
Ces dernières semaines, Duplantis a assisté au Met Gala à New York début mai, chanté en direct à la télévision suédoise, déménagé à Monaco et donc préparé son mariage, qui a eu lieu près de Cannes à la mi-juin. « C’était magnifique, et au milieu de tout ça, il fallait aussi continuer à me préparer, à m’entraîner, à m’habituer à ma nouvelle approche sur ma course d’élan à 22 foulées, précise-t-il. C’est encore assez nouveau pour moi, mais ça me donne énormément de confiance pour l’avenir. Avec des conditions idéales, pas de vent et une belle adversité, je pense que je peux aller plus haut que je ne l’ai déjà fait. »
Le Suédois a même un petit atout dans sa manche, au besoin. « Le mariage a été évidemment une grosse fête, assez fatigante, glisse-t-il avec le sourire. Mais la plupart de mes principaux concurrents étaient présents, donc ils ont subi les mêmes conséquences… Plus sérieusement, tout le monde s’est beaucoup amusé. » Même si Charléty n’a pas le lustre ni la même importance que le Stade de France pour Duplantis, sauter à Paris revêt pour lui un caractère particulier. « Cette ville représente beaucoup pour moi, j’y ai vécu la compétition la plus marquante de toute ma vie, reconnaît-il. Et le plus beau moment jamais vécu sur une piste. Dès que je passe devant le Stade de France en roulant vers Paris, où je viens souvent avec ma femme, j’ai des frissons et j’ai toujours du mal à croire que cette soirée des JO était bien réelle ! »
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