JAMAIS RASSASIÉS


La joie des Parisiens sur le podium protocolaire avec le trophée 
de la Supercoupe d’Europe brandi par le capitaine, Marquinhos.

SUPER CONQUÉRANTS

Le Paris-SG a remporté sa deuxième Supercoupe d’Europe, hier soir à Salzbourg, en venant à bout d’Aston Villa. Le 13e trophée de l’ère Luis Enrique et surtout un message envoyé à la concurrence : les Parisiens ont encore faim.

13 Aug 2026 - L'Équipe
LOÏC TANZI

SALZBOURG (AUT) – Les scènes de joie, les poings serrés, les sourires, les embrassades, les médailles autour du cou et les trophées soulevés vers le ciel. On avait quitté le PSG un soir enchanté de mai, on l’a retrouvé plus de deux mois plus tard comme si rien n’avait changé. Le football est un éternel recommencement dans lequel le Paris-Saint-Germain ne connaît presque plus la défaite. Les Parisiens sont allés glaner, à la force de leur courage, le 13e titre de l’ère Luis Enrique pour débuter cette nouvelle saison en battant un Aston Villa plus frais physiquement, mais bien moins talentueux que cette équipe toujours assoiffée de victoires. Comme l’année dernière, la Supercoupe d’Europe, la deuxième dans l’histoire du football français, va revenir dans la capitale et venir enrichir encore un peu plus l’histoire récente d’un club devenu un rouleau compresseur pour ses adversaires. Il n'y avait que l’AC Milan (1989, 1990) et le Real Madrid (2016, 2017) qui avaient réussi ce doublé.

Le tableau de chasse retiendra que c’est encore une équipe de Premier League qui est tombée face aux Parisiens et il n’y a plus qu’un pas pour qu’on commence à évoquer un complexe de nos voisins d’outre-Manche au moment d’affronter ce PSG. Pourtant, le football est un éternel recommencement et ses acteurs n’ont même plus le temps de savourer. La majorité des doubles champions d’Europe n’avait pas eu le temps de célébrer pendant plusieurs jours leur deuxième trophée européen en mai qu’il avait fallu rejoindre leur sélection pour disputer la Coupe du monde. Pas le temps non plus de se reposer avec ce Mondial qu’un nouveau trophée se présentait hier au milieu des montagnes autrichiennes. Sur la planète football, la plus infranchissable des montagnes européennes est pourtant bien française. Plus en forme que l’année dernière à la même époque pour affronter Tottenham (2-2, 4-3 aux t.a.b.), le Paris-Saint-Germain n’avait tout de même pas une forme physique étincelante. Mais il n’y avait pas besoin de lunettes pour se rendre compte que les Anglais étaient inférieurs et ne pouvaient espérer éclipser leurs adversaires.

La tête et le talent pour faire la différence

Contrairement au match de 2025 à Udine, en Italie, Paris avait une force supplémentaire : Khvitcha Kvaratskhelia. Absent de la Coupe du monde avec la Géorgie, l’ailier a eu le temps de se préparer et ça s’est vu. Sur sa première occasion, il a envoyé valser son défenseur pour décocher une mine dans le but de Marco Bizot (1-0, 20e). Dans sa quête du Ballon d’Or, l’ancien Napolitain sait qu’il a besoin de marquer les esprits sur ce début de saison, même si les votants ne doivent prendre en compte que la saison passée.

Même impressionnants dans les duels et dans le pressing en début de match, les coéquipiers de Marquinhos ont logiquement connu un gros moment de vide en deuxième partie de première mitemps. Brian Madjo a longtemps mangé la feuille (28e, 35e, 41e) avant de profiter de la passivité de Willian Pacho pour égaliser (1-1, 45e). Les réflexes sont trop ancrés chez les doubles champions parisiens pour paniquer. La mitemps, combinée à l’entrée d’Ousmane Dembélé à la place d’un surprenant Maghnes Akliouche, a permis aux Parisiens de se remettre tout doucement dans le match en laissant passer l’orage. Quand les jambes tournent moins bien, les champions utilisent leur tête et leur talent pour faire la différence. Sur une passe merveilleuse du Ballon d’Or, Désiré Doué, à la limite du hors-jeu, a fait repasser les siens devant d’une frappe du gauche pleine de sang froid (2-1, 61e). Déjà passeur sur le premier but, l’ancien Rennais s’est rappelé au bon souvenir de Salzbourg, où il s’était révélé en 2024 sous le maillot parisien en Ligue des champions.

Luis Enrique expliquait en conférence de presse mardi qu’il préparait les siens pour être à 100 % en fin de saison et non dès le premier match. Mais ces joueurs ne sont pas vraiment comme les autres. Rien ne dit qu’ils seront encore sur le toit de l’Europe en fin de saison, mais ce nouveau succès ne laisse pas de doute sur leur état d’esprit et sur leur volonté de continuer à marquer l’histoire. Chacun espère alors que le football sera toujours un éternel recommencement en mai prochain. En attendant, un nouveau trophée, celui des champions, est à aller chercher à Lens dimanche.

***


61e minute : parti à la limite du hors-jeu, Désiré Doué inscrit le deuxième but 
parisien d’une frappe enroulée du pied gauche, hier à Salzbourg face à Aston Villa (2-1)

Doué est à l’heure

De retour à l’entraînement seulement lundi, l’attaquant du Paris-SG s’est vite montré en forme, doublement décisif : passeur et buteur.

«L’objectif, c’est surtout de tout gagner cette année»
   - DÉSIRÉ DOUÉ


13 Aug 2026 - L'Équipe
FRANCK LE DORZE


Il est rentré lundi, il est sorti à la 87e minute. En à peine trois jours, Doué ne s’est pas fait désirer. Comme la majorité des mondialistes, dont l’ensemble des Français, l’attaquant parisien a retrouvé le centre d’entraînement de Poissy en ce début de semaine, ce qui ne l’a pas empêché de débuter, hier, face aux Villans, et d’aller presque au bout de cette Supercoupe d’Europe.

En effet, l’ancien Rennais n’a cédé sa place à Senny Mayulu qu’en toute fin de rencontre. Mais, avant de sortir, il avait illuminé le match inaugural de la saison du PSG. Auteur d’une passe décisive puis d’un but, celui d’un nouveau titre, il n’aura donc pas traîné pour montrer qu’il avait retrouvé de l’appétit aussi vite que des jambes.

Avec Ousmane Dembélé et Bradley Barcola (visé par Liverpool) sur le banc à l’entame de la partie, il a été positionné sur le côté droit, laissant la place d’attaquant axial à Maghnes Akliouche, pour sa première sous ses nouvelles couleurs. Bien sûr, les deux ont permuté, ont décroché et ont naturellement dégagé le couloir pour Achraf Hakimi, lui aussi déjà en bonne forme physique.

C’est ainsi qu’est intervenue l’ouverture du score, avec un centre du Marocain au départ d’une action qui s’est animée en deux temps, avec un Doué qui a d’abord vu sa frappe contrée dans la surface, avant un ballon décalé à Khvitcha Kvaratskhelia, dont la frappe a trompé un Marco Bizot surpris (20e). En seconde période, le héros du soir a retrouvé Dembélé, qui a remplacé Akliouche à la pause. Et les deux ont vite été connectés. Descendu d’un cran comme il aime procéder, le Ballon d’Or a servi son pote dans la profondeur qui, seul, de la droite, a repiqué et conclu du pied gauche face à l’ancien gardien du Stade Brestois, impuissant (61e). Mais l’international aux 15 sélections a d’abord douté de la validité de son joli but, se pensant possiblement hors-jeu, avant que le VAR ne le délivre, car couvert à l’opposé par Matty Cash, déjà pris à défaut sur la réalisation de « Kvara ».

S’il n’a évidemment pas tout réussi (2 dribbles sur 5, 10 duels gagnés sur 19), au sortir d’une Coupe du monde parfois intéressante, mais à l’arrivée frustrante, il a encore fait montre de cette volonté d’être toujours en mouvement, de provoquer face au jeu et d’offrir des solutions à l’intérieur de celui-ci. Insatiable, donc, il a exulté au coup de sifflet final, bondi du banc où il avait bien mérité ses quelques instants de repos, le bras droit pointé au ciel, en allant rejoindre ses coéquipiers pour participer à ses sarabandes improvisées. Avant d’exprimer la motivation de tout un groupe à l’orée de ce nouveau millésime.

Avec, déjà, la 3e étoile de la Ligue des champions à l'horizon. «L’état d’esprit qu’on a, c’est de toujours gagner, être les plus compétitifs qu’on puisse être, a-t-il déclaré au micro de Canal+. On est très contents. Retour de vacances, on sait que ce n’est pas facile, mais on a mis les choses en place, ce soir. L’objectif, c’est surtout de tout gagner cette année. » Ça ne pouvait pas mieux commencer.

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 LUIS ENRIQUE: « Une nouvelle démonstration de l'ADN de l'équipe »

13 Aug 2026 - L'Équipe
J.Ri.

Comment ressortez-vous de ce succès qui vous rapporte un nouveau trophée européen ?

Pour être honnête, on savait avant le match la difficulté de jouer dans ces conditions d'impréparation, et je dois mettre en avant ce qu'on a fait : les joueurs ont montré tout le temps la même capacité à jouer notre football, mais avec la difficulté de n'être pas dans la meilleure condition physique. C'est une nouvelle démonstration de l'ADN de l'équipe, avec aussi nos supporters qui nous aident à gagner des trophées, à maintenir notre ambition et pour moi, c'est très facile de motiver ces joueurs.

Vous n'avez jamais été traversé par le doute face à un adversaire qui vous a posé pas mal de problèmes ?

On a des moments où l'adversaire a joué et s'est créé plus de situations que nous, mais nous savons le type de jeu que nous aimons voir pendant le match, et ce n'est pas facile de faire ça dans ces conditions pour la majorité des joueurs. Mais à la fin, on est très contents de voir léquipe encore compétitive et de soulever encore un trophée. Il faut bien sûr s'améliorer encore mais je suis content d'entrainer une équipe avec une telle personnalité.

Qu'avez-vous pensé des débuts de Maghnes Akliouche ?

C'est un premier match pour lui, il était surpris de démarrer mais j'avais parlé avec lui pour lui dire de jouer la première période. Je l'ai vu jouer comme avec Monaco, il a montré sa qualité, sa personnalité, je suis très content pour lui car il a gagné un trophée européen et très content de voir quel type de joueur on a signé. On espère dans l'avenir avoir encore plus de joueurs qui peuvent aider l'équipe. »

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