Paris veut passer sa deuxième étoile


FRANCK FIFE/AFP
Entraînement du QSG au campus de qoissy, le 20 mai. 
Au premier plan, Désiré Doué.

Le Paris-saint-germain jouera ce samedi, à 18 heures, sa deuxième finale consécutive de Ligue des champions face, cette fois-ci, aux Anglais d’arsenal. Un seul objectif : devenir la première formation française à réussir le doublé.

Personne ne manque à l’appel. Hakimi et Dembelé, incertains en fin de championnats, sont aptes à aller chercher une nouvelle coupe aux grandes oreilles.

29 May 2026 - L'Humanité
ÉRIC SERRES

Le sport français serait-il en train de devenir le spécialiste du «back-to-back», c’est-à-dire remporter deux fois de suite une finale ? L’union Bordeaux Bègles l’a fait en rugby il y a moins d’une semaine face à la province irlandaise du Leinster en décrochant la Coupe d’europe 2026 après celle de 2025. Le PSG – samedi à partir de 18 heures (M6) – a tous les arguments pour récidiver face à Arsenal, après sa démonstration de l’an dernier à Munich contre l’inter Milan (5-0). 18 heures, en effet, à la Puskas Arena de Budapest, au lieu du traditionnel 21 heures. Cette programmation inédite n’a rien d’un accident de calendrier. Derrière ce bouleversement, L’UEFA a choisi de casser les codes du prime time pour s’adapter aux nouveaux modes de consommation. L’instance européenne vise un public trop souvent exclu : les enfants et les familles. L’objectif affiché est de capter une audience plus jeune et connectée.

Aparté terminé, reste cette finale qui pourrait, en cas de succès de l’équipe parisienne, la faire entrer au Panthéon du football tricolore. L’OM, certes à jamais les premiers, n’y pourrait plus grand-chose.

Quoi qu’il en soit, malgré les fortes chaleurs, les Parisiens, habitués à s’entraîner en fin de matinée, n’ont rien changé durant cette semaine. L’équipe, qui a l’expérience de la Coupe du monde des clubs disputée l’été dernier dans la chaleur suffocante des États-unis, ne semble pas avoir peur des coups de chaud. Autre bonne nouvelle, personne ne manque à l’appel avant ce rendez-vous décisif. Hakimi tout comme Dembelé ont participé aux derniers entraînements et sont donc aptes à aller chercher une deuxième coupe aux grandes oreilles.

Mais au-delà de ces deux retours, certes importants, le club de la capitale a tout un arsenal pour tenter d’arriver à ses fins. Outre une expérience inestimable des grands rendez-vous, Paris, fort de ses 14 titres de champion de France et trois finales de Ligue des champions depuis la saison 2019-2020, est devenu une machine à gagner sous la houlette de Luis Enrique.

Depuis son arrivée et après une saison à tâtonner, Luis Enrique, une fois les grandes stars écartées, a façonné un groupe à son image. Avec une moyenne d’âge en deçà de 23 ans, il dirige l’un des effectifs les plus jeunes parmi les grands clubs européens. Les cadres, comme Marquinhos ou Dembélé, sont entourés de beaucoup de jeunes joueurs talentueux et surtout à l’écoute : Warren Zaïre-emery, Joao Neves, Désiré Doué, Bradley Barcola, Senny Mayulu, etc.

PIEDS CARRÉS OU COUP TACTIQUE ?

De fait, son équipe propose un jeu fondé sur l’intensité, un pressing de tous les instants, ou presque, et des phases de transitions rapides. À cela, ajoutons la science du coach espagnol, qui trouve toujours la petite faille dans le camp adverse. Lors de la demi-finale retour face au Bayern Munich, Safonov le gardien du PSG, s’est évertué à dégager au pied tous ses ballons en touche côté droit. Pieds carrés ? Le Russe n’a pas voulu répondre, mais l’on soupçonne Luis Enrique de l’avoir obligé à se rendre ridicule afin de bloquer les montées rapides du poison Michael Olise. Montées qui, au match aller, avait permis aux Munichois d’être à deux doigts de réaliser l’exploit au Parc des Princes.

Ce coup tactique, n’est pas la seule option de Paris. Avec des attaquants comme Ousmane Dembélé, Khvicha Kvaratskhelia ou Désiré Doué, qui dévorent les espaces laissés par les défenses adverses, le danger vient de partout. Mais tout cela ne serait pas possible sans les hommes du milieu de terrain, et là encore le PSG est bien fourni. Avec Vitinha et Joao Neves ou encore Fabien Ruiz, Enrique possède une panoplie de couteaux suisses inégalée en Europe. Défensivement, encore, le club a son mot à dire, même si parfois, il peut connaître des trous d’air. Hakimi, Mendes, Pacho ont démontré qu’ils savaient malgré tout répondre présent le jour J. Pour résumer, Paris peut monopoliser le ballon et casser le pressing d’arsenal. Si ce dernier court derrière le ballon, ça peut devenir compliqué physiquement.

Malheureusement pour le PSG et heureusement pour le spectacle, une finale se joue à deux. Arsenal, champion d’angleterre en titre, a aussi des arguments à faire valoir. Invaincu en Ligue des champions cette saison, le club londonien peut compter sur une défense de fer, un jeu de coup de pieds arrêtés très bien huilé et, surtout, un entraîneur, Mikel Arteta, qui connaît bien la maison parisienne, puisqu’il a joué sous les couleurs de ce club. Unai Emery, entraîneur d’aston Villa, vainqueur de la Ligue Europa mais aussi ancien coach du PSG et du club du nord de Londres, voit une finale totalement équilibrée : « C’est du 50/50 ! » Réponse samedi soir.

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