Brunson, héros absolu


Avec 45 points dont 15 dans le dernier quart-temps, le meneur a marché sur l’eau pour emmener New York au bout du rêve. Logiquement sacré MVP de la finale, l’Américain s’offre une consécration.

15 Jun 2026 - L'Équipe
SAMI SADIK

SAN ANTONIO (USA) – Les mots se sont étranglés dans sa gorge, comme un refus d’obstacle devant le mic ro t e ndu par Li s a Salt ers d’ESPN. Jalen Brunson a hésité pour la seule fois de la soirée. Mais le meneur des Knicks trouve toujours un chemin et, chargé d’émotion, il a offert ses premiers mots de champion NBA. « C’est tout ce dont j’ai toujours rêvé. Chaque fois que j’ai eu le ballon, je pensais à toutes les heures, tous les étés passés à jouer pour faire de tout ça une réalité» , a soufflé le natif du New Jersey. Encore hagard, il a partagé deux accolades avec ceux qui le connaissent le mieux : ses potes d’université Mikal Bridges et Josh Hart, champions NCAA avec lui sous le maillot de Villanova à… San Antonio, et son père Rick (337 matches NBApour huit équipes entre 1997 et 2006).

Le paternel n’était pas en tribunes comme les autres proches des joueurs. Brunson Sr est membre du staff de la franchise, aux premières loges pour voir son enfant le venger, vingt-sept ans après sa finale perdue contre les Spurs.

Jugé « trop petit » pour emmener une équipe au titre

Comment le 33e choix de la draft 2018 en est-il arrivé là ? L’explication est simple : les scouts et les managers généraux des franchises ont « tout manqué » - dixit Brunson - dans le profil du meneur. « C’est un top 3 candidats au MVP. Les gens ne le prennent pas au sérieux, disent qu’il est trop petit (1,88 m), qu’il est une option 1B, 2B. Mais c’est l’option 1A. J’espère que vous allez le reconnaître » , a lancé son entraîneur Mike Brown à l’assistance.

Devant les mêmes micros, Brunson a pris la parole en posant un dilemme: « Est-ce que je reste moi-même ou est-ce que je balance mes quatre vérités ? » L’une des flèches aurait pu viser Becky Hammon, ancienne assistante de Gregg Popovich à San Antonio, désormais coach de Las

Vegas en WNBA. Il y a trois ans, elle avait exécuté Brunson d’une simple phrase : « Il est trop petit. Si votre meilleur joueur est petit, vous n’allez pas gagner » . La preuve que si : le meneur new-yorkais est certes devenu le deuxième plus petit joueur sacré MVP de la finale derrière Isiah Thomas (1,85 m, Detroit 1989). Mais il est surtout entré dans l’histoire avec 45 points dans ce match décisif, près de la moitié du total des Knicks (94). La 11e meilleure performance de l’histoire de la finale.

Si le scénario a si souvent été le même contre les Spurs, c’est que Brunson avait le premier rôle en fin de pièce : paniers décisifs au match 1, 2 et 4 puis chef-d’oeuvre samedi soir avec 15 unités dans le dernier quart. Le MVP de la finale s’est relevé de tout y compris de cette cheville qui a tourné sur le pied de Victor Wembanyama à la réception d’un tir à 3 points. Brunson a partagé sa fureur aux arbitres, avant de se reconcentrer tout de suite sur le jeu. Face à la défense barbelée des Spurs, le meneur a longtemps été la seule réponse pour maintenir les Knicks en vie. « C’est un excellent joueur. Il mérite tout ce qui lui arrive », a lâché Mitch Johnson, le coach des Spurs.

Le vol du retour, vers une gigantesque fête, devrait asseoir le nouveau statut de Brunson: « Roi de New York », comme écrit sur plusieurs panneaux publicitaires. Ce titre est aussi le sien car il n’a pas hésité à aller contre l’avis de son banquier pour mettre les Knicks sur les rails du titre. En 2024, alors qu’il était éligible à un contrat de quatre ans et 269,5 millions de dollars, Brunson avait signé pour « seulement » 156,5 millions, permettant de faire venir Karl-Anthony Towns et Mikal Bridges. Une attitude de vrai MVP.

Commenti

Post popolari in questo blog

I 100 cattivi del calcio

Echoes' Cycling Biography #4: Jean-Pierre Monseré

Elite 24: Rucker Park legends